Sauer 100 Che­ro­kee, ba­rou­deuse bon mar­ché

LA CA­RA­BINE POUR TOUT CHAS­SER À PAS DE SIOUX

Connaissance de la Chasse - - Éditorial - par Laurent Be­du (texte) et Bru­no Ber­bes­sou (pho­tos)

Robe ca­mo, ca­non vert à la fi­ni­tion cé­ra­mique, offre de ca­libres riche et va­riée, pré­ci­sion et bloc dé­tente re­mar­quables, le tout pour moins de 1 700 eu­ros, la Sauer 100 Che­ro­kee frappe fort !

Robe ca­mo, ca­non vert à la fi­ni­tion cé­ra­mique, offre de ca­libres riche et va­riée, pré­ci­sion et bloc dé­tente re­mar­quables, le tout pour moins de 1 700 eu­ros ! La Sauer 100 Che­ro­kee frappe fort et pour­rait bien vous don­ner en­vie de l’adop­ter séance te­nante.

Ce­ra­kote. Si ces huit lettres ne vous disent rien, c’est que vous avez un peu trop dé­bran­ché de l’ac­tua­li­té des armes de chasse pen­dant l’in­ter­sai­son. Ce­ra­kote est en ef­fet le terme à la mode cette an­née chez tous les fa­bri­cants ou presque. Au rayon des nou­veau­tés, ces mêmes huit lettres re­viennent sans cesse. Le Ce­ra­kote est une fi­ni­tion cé­ra­mique ap­por­tée à des pièces mé­tal­liques. Il en ren­force la pro­tec­tion contre l’oxy­da­tion, les rayures et frot­te­ments di­vers, la ré­ver­bé­ra­tion des rayons du so­leil, le tout en ap­por­tant sou­vent des cou­leurs que l’on ne ren­con­trait pas jusque-là sur nos ca­ra­bines ou nos fu­sils. Voi­là pour­quoi cette an­née fleu­rissent des armes à la fi­ni­tion Ce­ra­kote. La Sauer 100 Che­ro­kee fait par­tie de cette éclo­sion spon­ta­née. Chez elle ce­la se tra­duit par un ca­non, un boî­tier de cu­lasse ain­si qu’une sous-garde vert olive fon­cé et mat. Une cou­leur éton­nante mais fi­na­le­ment pas très éloi­gnée du vert de nos vê­te­ments de chasse, du moins avant que nous ne pas­sions tous à l’orange… La Sauer 100 a été in­tro­duite à l’IWA en mars 2016. Elle consti­tue la nou­velle en­trée de gamme de la marque, qui était de­puis trois ans l’apa­nage de la Sauer 101. La firme al­le­mande jus­ti­fiait le lan­ce­ment de son mo­dèle 100 en ex­pli­quant que cette ca­ra­bine s’adres­sait à ceux qui re­cher­chaient une arme de qua­li­té mais à un prix in­fé­rieur à 1000 €.

Une robe par­faite pour al­ler au… bois

Très proche du mo­dèle 101, elle s’en dis­tingue tou­te­fois par des sim­pli­fi­ca­tions lo­giques et né­ces­saires afin d’ar­ri­ver à une baisse de coûts de pro­duc­tion suf­fi­sante pour se ré­per­cu­ter de ma­nière si­gni­fi­ca­tive sur le prix de vente. Notre Che­ro­kee est donc is­sue de cette fa­mille Sauer 100 mais elle s’en dif­fé­ren­cie tout de même par quelques ajouts, dont le Ce­ra­kote, qui la font pas­ser au-des­sus des 1000 eu­ros à la vente, 1699 eu­ros très pré­ci­sé­ment. La Che­ro­kee fait par­tie d’une fa­mille de trois nou­velles Sauer 100 dé­voi­lées à l’IWA de mars der­nier, toutes à crosse syn­thé­tique Soft Touch et pièces mé­tal­liques re-

vê­tue de la fa­meuse fi­ni­tion Ce­ra­kote. Il y a donc notre Che­ro­kee, qui est la verte, l’Ata­ca­ma De­sert qui comme son nom l’in­dique pos­sède une robe à do­mi­nante jaune avec un Ce­ra­kote pâle et une crosse ca­mou­flée et pixe­li­sée jaune-brun-gris, et la Ce­ra­tec plus sobre avec une crosse noire et des pièces mé­tal­liques gri­sées. La Che­ro­kee est la seule im­por­tée par la so­cié­té Ri­vo­lier, qui dis­tri­bue la marque al­le­mande de­puis de longues an­nées en France ; avouons que c’est aus­si celle qui se fon­dra le mieux dans nos pay­sages eu­ro­péens et les sous-bois.

101 à 100 : le jeu des 7 er­reurs

La Sauer 100 est donc une ver­sion sim­pli­fiée de la 101. Ce­la passe tout d’abord par un ver­rouillage très proche mais moins coû­teux à pro- duire. Sur la 101, il s’opère par six te­nons lo­gés en tête de cu­lasse sur deux ran­gées qui se ver­rouillent di­rec­te­ment dans le ca­non. Sur notre Che­ro­kee et les autres Sauer 100, il n’y a plus que trois te­nons en tête. Qu’est-ce que ça change réel­le­ment ? Rien ! Le ver­rouillage se réa­lise tou­jours di­rec­te­ment dans le ca­non, tou­jours avec une ro­ta­tion de la cu­lasse mo­bile et donc du le­vier d’ar­me­ment de 60°. Les rai­sons de ce chan­ge­ment sont as­sez simples, plus vous avez de te­nons et plus il est com­pli­qué, long et coû­teux de les faire tous por­ter cor­rec­te­ment. On es­time d’ailleurs qu’au­de­là de six te­nons, il y a de grandes chances pour que tous les te­nons ne portent pas. Les trois te­nons au lieu de six ne vont pas fra­gi­li­ser la ca­ra­bine ni rendre son ver­rouillage moins fiable. Tout au plus, ce der­nier se­ra moins onc­tueux, les te­nons ar­rière, ab­sents, ne jouant plus le rôle de guides à la fer­me­ture. Autre chan­ge­ment, sur la Sauer 101, la sé­cu­ri­té est pla­cée à l’ar­rière de la noix de cu­lasse, là où sou­vent on trouve un ar­meur de sé­cu­ri­té, dont elle re­prend d’ailleurs la forme. Cette sû­re­té nous avait sé­duit car elle agit di­rec­te­ment sur le per­cu­teur et, con­trai­re­ment à la plu­part des armes du mar­ché, pas uni­que­ment sur les dé­tentes. La dif­fé­rence entre ces deux prin­cipes c’est qu’avec la se­conde, en cas de choc violent ou de chute le coup peut par­tir, tan­dis qu’avec la pre­mière le per­cu­teur ne pour­ra pas at­teindre l’amorce. Ce sys­tème bap­ti­sé Du­raSafe par les in­gé­nieurs de Sauer ne se re­trouve pas sur la Sauer 100 et donc sur notre Che­ro­kee. Ici, la sû­re­té est tra­di­tion­nelle et lo­gée sur le cô­té droit du boî­tier de cu­lasse, à l’ar­rière de la ra­cine du le­vier d’ar­me­ment. Elle prend la forme d’un cur­seur à trois po­si­tions qui se dé­place d’avant en ar­rière. Lorsque la sû­re­té est pous-

sée sur le point rouge, la cu­lasse est libre et la dé­tente aus­si. En re­cu­lant la sû­re­té jus­qu’à un pre­mier point blanc, on place l’arme en sé­cu­ri­té mais la cu­lasse reste libre. En­fin, en re­cu­lant com­plè­te­ment la sû­re­té jus­qu’au se­cond point blanc, on reste en sé­cu­ri­té mais la cu­lasse est cette fois blo­quée. Seule la queue de dé­tente est blo­quée par cette sû­re­té, pas le per­cu­teur. Mais no­tez au pas­sage que la ma­ni­pu­la­tion de cette sû­re­té est agréable et fa­ci­li­tée par la po­si­tion du cur­seur mais aus­si par sa forme cy­lin­drique et can­ne­lée. Le bed­ding qui équipe les 101 ne se re­trouve pas non plus ici, seul un puits usi­né dans la crosse at­tend la por­tée de re­cul du ca­non, si­tuée qua­si­ment sous le pont avant du boî­tier. Ce dis­po­si­tif com­mun à la plu­part des ca­ra­bines mo­dernes n’est pas pré­ju­di­ciable à la so­li­di­té de l’arme ni à sa pré­ci­sion, comme nous pour­rons en ju­ger.

Six balles qui res­tent grou­pées

Après en avoir ter­mi­né avec les points com­muns entre cette ver­sion et sa soeur aî­née, il est temps d’em­me­ner notre in­dienne sur son ter­rain de pré­di­lec­tion, la chasse ou le stand de tir. Pour nous, ce se­ra le stand de tir avec plu­sieurs boîtes de .30-06 Re­ming­ton. Nous ti­re­rons des Hog Ham­mer de 168 gn (10,9 g) et des Core-Lokt de 150 gn (9,7 g). Notre ca­ra­bine est cham­brée pour le .30-06, un des huit ca­libres pro­po­sés, dont deux mag­nums. Il est in­té­res­sant de no­ter que le très en vogue et très pré­cis 6,5 Creed­moor fi­gure à cette liste, preuve que Sauer veut s’at­ta­quer au mar­ché amé­ri­cain avec cette ca­ra­bine. Con­trai­re­ment à mes craintes, la cou­leur verte du ca­non et du boî­tier passe plu­tôt bien. Elle est as­sez fon- cée et mate pour s’avé­rer dis­crète. Le ca­mou­flage pixe­li­sé un peu mi­li­taire de la crosse pos­sède un cô­té un peu ma­gique. Une fois dans un mi­lieu na­tu­rel, il fait presque dis­pa­raître la ca­ra­bine, comme la pho­to de tir le prouve. C’est la preuve aus­si de l’in­té­rêt de ce type de robe pour ce­lui qui veut ap­pro­cher des gi­biers mé­fiants et réel­le­ment se fondre dans la na­ture. En ca­libre stan­dard, le ca­non de cette arme me­sure 56 cm. C’est court mais pas trop et ce­la convien­dra avec les ca­libres de notre liste sauf avec le 6,5 Creed­moor qui au­rait eu be­soin de 4 à 6 cm de plus pour ex­pri­mer tout son ta­lent. Dom­mage car les mag­nums pos­sèdent un ca­non de 62 cm, ce qui au­rait été très bien pour le 6,5. Le ca­non est rond, flot­tant et fi­le­té avec un pas de M15x1. Pour notre es­sai nous dis­po­sions d’ailleurs d’un si­len­cieux Sauer qui ré­duit la nui­sance so­nore mais aus­si une grande par­tie du re­cul. En­fin, une lu­nette Zeiss, une V4 4-16x44, équipe notre arme. Nous dé­po­sons le char­geur amo­vible noir et tout syn­thé­tique, à l’ex­cep­tion de la plan­chette élé­va­trice en al­liage, par une simple pres­sion sur un bou­ton lo­gé sous la crosse et à la hau­teur du pont avant du boî­tier. Il ac­cueille cinq car­touches en double pile im­bri­quée, ce qui porte à six la conte­nance de cette arme une fois une autre .30- 06 glis­sée dans la chambre. L’arme est pla­cée sans plus at­tendre sur le bench rest Cald­well. La po­si­tion de tir as­sis est bonne, la poi­gnée épouse par­fai­te­ment les formes de la paume de la main, au­cune cris­pa­tion. De fait les tirs se font de ma­nière dé­con­trac­tée et les six balles sont en­chaî­nées. À part la pre­mière

qui se dé­so­li­da­ri­se­ra lé­gè­re­ment du groupe, toutes les balles se touchent et ne forment qu’un seul trou. Pas de doute, bed­ding ou pas, les Sauer tirent droit. Les dé­parts sont re­mar­quables. Ils sont ré­glés d’usine mais leur poids est par­fait et sur­tout la dé­tente pos­sède un dé­clen­che­ment idéal, sans course, sans grat­tage et nette. Il y a quelques an­nées de ce­la, on au­rait pu dire « une dé­tente di­recte comme seule les Amé­ri­cains savent les faire ». Heu­reu­se­ment ce n’est plus le cas et les Eu­ro­péens, long­temps adeptes du ste­cher, nous pro­posent aus­si de très bonnes dé­tentes di­rectes. Dé­tail im­por­tant, le poids des dé­parts est ajus­table entre 1 et 2 kg. Il est temps de s’es­sayer au san­glier cou­rant. De­bout, la po­si­tion de tir est aus­si bonne qu’as­sis à la table. Le busc de la crosse qui re­monte un peu vers l’ar­rière, à la fa­çon des 101, est agréable et per­met d’être bien ca­lé. La poi­gnée ren­flée et son qua- drillage sur­mou­lé offrent une bonne pré­hen­sion et le doigt vient là en­core cher­cher na­tu­rel­le­ment la queue de dé­tente. En ma­ni­pu­lant ain­si plus bru­ta­le­ment la ca­ra­bine, je dé­cou­vri­rai que le ré­ar­me­ment est très fluide, sans doute du fait de l’im­po­sant corps cy­lin­drique de la cu­lasse mo­bile et du bon po­si­tion­ne­ment du le­vier d’ar­me­ment dont, hé­las, la boule verte est réa­li­sée en ma­tière plas­tique.

Des contacts soyeux pas ru­gueux

La crosse pos­sède une fi­ni­tion Soft Touch très agréable, le tou­cher est doux, comme son nom l’in­dique, et presque soyeux. Par contre elle sonne un peu le creux, il fau­dra évi­ter de lui faire heur­ter des ob­jets à l’ap­proche. Lorsque l’es­sai prend fin, je dois avouer que j’ai du mal à croire que la ca­ra­bine que je viens de tes­ter est une en­trée de gamme.

Elle est pré­cise, fluide, do­tée de dé­parts de grande qua­li­té et d’une offre de ca­libres très riche. La crosse ca­mo est vi­suel­le­ment ef­fi­cace et agréable à l’usage. Pour­vue d’au­tant de qua­li­tés, la Che­ro­kee semble bel et bien prête à se lan­cer sur le sen­tier de vos chasses…

Pour cet es­sai nous avions ins­tal­lé la Zeiss V4 dont le test a été pu­blié dans notre der­nier nu­mé­ro.

Le pas­sage au stand de tir nous a per­mis de me­su­rer à quel point ce ca­mou­flage est ef­fi­cace.

Cinq car­touches de .30-06 prennent place dans notre char­geur amo­vible.

La sû­re­té, à l’ar­rière du boî­tier et der­rière le le­vier d’ar­me­ment, se ma­ni­pule ai­sé­ment. La face ar­rière du per­cu­teur fait of­fice d’in­di­ca­teur d’ar­me­ment.

1- La crosse pos­sède un tou­cher Soft Touch très agréable, par contre elle sonne un peu.2- La tête de cu­lasse et ses trois te­nons avant ain­si que ses deux éjec­teurs en saillie.

Il y a six balles sur notre cible, une à gauche dans le 4, la pre­mière ti­rée, et les cinq autres for­mant un seul trou juste à droite.

1- La fi­ni­tion Ce­ra­kote est ori­gi­nale et bien réa­li­sée, elle est plus dis­crète que pré­vu.2- Le pontet et la sous-garde sont réa­li­sés en al­liage lé­ger, gain de poids oblige.

La boule du le­vier d’ar­me­ment est en plas­tique. No­tez que la robe ca­mo est aus­si vi­sible sur les zones ca­chées.

La dé­tente pos­sède un poids ré­glable de 1 à 2 kg, un équi­pe­ment rare à ce ni­veau de prix.

La Che­ro­kee pos­sède un Sch­na­bel ou de­vant tu­li­pé pour le tir sur canne de pirsch, un plus ex­cep­tion­nel avec les crosses syn­thé­tiques.

Pour cet es­sai nous avons eu re­cours au si­len­cieux dé­mon­table Sauer, un vrai plus.

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