Otite? Ten­dez l’oreille!

Connaissance de la Chasse - - Point Véto - Par Ch­ris­tophe Au­bin (texte et pho­tos)

Votre com­pa­gnon se gratte sans cesse les oreilles, se­coue ré­gu­liè­re­ment la tête ou a les oreilles sales ? Au­tant de signes qui doivent vous mettre la puce à l’oreille. Les otites touchent nombre de nos auxi­liaires, et ne sont pas sans consé­quence sur leur san­té. Pe­tit cours d’ana­to­mie

L’oreille du chien se com­pose de 3 par­ties dis­tinctes : - l’oreille dite ex­terne com­pre­nant le pa­villon et le conduit au­di­tif ; - l’oreille dite moyenne in­cluant la caisse du tym­pan, le tym­pan et ses 3 os­se­lets que sont mar­teau, en­clume et étrier ; - l’oreille in­terne com­po­sée du la­by­rinthe, de la co­chlée et de l’ap­pa­reil ves­ti­bu­laire. L’oreille ex­terne, en forme de L chez le chien comme chez la plu­part des car­ni­vores, est l’or­gane de per­cep­tion des ondes so­nores qui se­ront trans­mises en­suite par l’oreille moyenne. L’oreille in­terne as­sure quant à elle la trans­duc­tion du son per­çu en un si­gnal élec­trique, et joue un rôle pré­pon­dé­rant dans l’équi­libre du corps dans l’es­pace.

Otite, qué­sa­ko ?

Une otite se tra­duit par une in­flam­ma­tion de la mem­brane qui ta­pisse l’oreille. Très dou­lou­reuse pour le chien, elle peut tou­cher l’oreille in­terne, moyenne ou ex­terne. De la même fa­çon, elle af­fec­te­ra une seule ou les deux oreilles. Tou­te­fois, l’otite dite ex­terne reste la forme la plus ré­pan­due chez nos auxi­liaires, et re­pré­sente à elle seule près de 10% des consul­ta­tions vé­té­ri­naires.

Plu­sieurs otites, plu­sieurs causes

Outre leur lo­ca­li­sa­tion, il n’existe pas une, mais des otites, tant leurs causes peuvent être di­verses : - l’al­ler­gie Plus de 50% des chiens pré­sen­tant des al­ler­gies ali­men­taires ou sai­son­nières souffrent ain­si d’otites de type ex­terne et bi­la­té­rale. Ce type d’in­flam­ma­tion au­ri­cu­laire étant par ailleurs bien sou­vent le seul et unique symp­tôme de ces al­ler­gies ; - les germes pa­tho­gènes Des bac­té­ries ( sta­phy­lo­coques Pseu­do­mo­nas) ou des le­vures ( Ma­las­se­zia Pa­chy­der­ma­tis) peuvent co­lo­ni­ser l’oreille en lieu et place des germes né­ces­saires à la consti­tu­tion de la flore na­tu­relle de l’oreille. Leur pro­li­fé­ra­tion est due à un coup de froid ou à un manque d’aé­ra­tion de l’oreille ; - l’in­fec­tion pa­ra­si­taire Les pa­ra­sites les plus fré­quem­ment ren­con­trés dans l’oreille du chien sont Oto­dectes Ca­nis et De­mo­dex Ca­nis, res­pec­ti­ve­ment res­pon­sables de la gale au­ri­cu­laire et de la dé­mo­dé­cie. Ces mi­cro-aca­riens se mul­ti­plient dans le conduit au­di­tif en se nour­ris­sant de dé­bris cu­ta­nés, de sang et de cé­ru­men, et pro­voquent chez le chien de très fortes dé­man­geai­sons ; - les corps étran­gers Dé­bris vé­gé­taux, sable, bourre de poils ou en­core épillets sont au­tant d’élé­ments ex­té­rieurs pou­vant être les causes pri­maires d’une otite ex­terne. Du fait de leur ten­dance mi­gra­trice, les épillets sont par­ti­cu­liè­re­ment dan­ge­reux et peuvent créer des lé­sions du tym­pan et pro­vo­quer une otite moyenne, voire in­terne ; - mais aus­si… Une tu­meur du conduit au­di­tif, des po­lypes in­flam­ma­toires, des ma­la­dies au­to-im­munes ou en­core l’hy­po­thy­roï­die peuvent éga­le­ment fa­vo­ri­ser le dé­ve­lop­pe­ment d’otites.

In­éga­li­tés ra­ciales

Les hommes naissent, pa­raît-il,

libres et égaux. En se­rait-il de même pour leurs meilleurs com­pa­gnons ? Que nen­ni, face aux otites. Du fait de di­verses par­ti­cu­la­ri­tés ana­to­miques, cer­taines races sont en ef­fet plus pré­dis­po­sées que d’autres à des ma­la­dies et pro­blèmes au­ri­cu­laires. Il s’agit en gé­né­ral des chiens do­tés d’oreilles tom­bantes, comme par exemple le set­ter ou les types bas­set. Le pa­villon re­couvre l’en­trée du conduit, ce qui fa­vo­rise la ma­cé­ra­tion, et fa­ci­lite le dé­ve­lop­pe­ment de nom­breux germes. Rai­son pour la­quelle on cou­pait par le pas­sé les oreilles de cer­taines races. De la même fa­çon, la pré­sence de poils abon­dants au ni veau de l’oreille, comme chez le co­cker, pré­dis­pose éga­le­ment aux otites. En­fin, cer­taines races, à l’ins­tar du la­bra­dor ou du sprin­ger, sont ré­pu­tées pro­duire d’im­por­tantes quan­ti­tés de cé­ru­men, et offrent donc un ter­rain fa­vo­rable au dé­ve­lop­pe­ment de pa­tho­lo­gies au­ri - cu­laires.

D’autres fac­teurs pré­dis­po­sants

L’hu­mi­di­té et l’en­vi­ron­ne­ment sont des fac­teurs pou­vant jouer un rôle pré­pon­dé­rant dans l’ap­pa­ri­tion d’une otite. Exemple ty­pique, ce­lui du chien qui va ré­gu­liè­re­ment à l’eau. La bai­gnade peut in­duire une ma­cé­ra­tion dans l’oreille qui fa­vo­rise en­suite la co­lo­ni­sa­tion par des germes op­por­tu­nistes. Plus que qui­conque, le sau­va­gi­nier de­vra donc être par­ti­cu­liè­re­ment at­ten­tif aux oreilles de son re­trie­ver. De la même fa­çon, les sé­jours en che­nil, et/ou dans des en­vi­ron­ne­ments hu­mides et chauds, peuvent être fac­teurs d’ap­pa­ri­tion d’otites, tout comme les cou­rants d’air. Rai­son pour la­quelle il est for­te­ment dé­con­seillé de lais­ser son chien pas­ser la tête à la fe­nêtre de la voi­ture.

Quand s’in­quié­ter ?

Se­lon le type d’otite, et son stade d’évo­lu­tion, di­vers symp­tômes peuvent être ob­ser­vés et mettre en alerte le pro­prié­taire : - de fortes odeurs éma­nant de l’oreille ; - des rou­geurs au ni­veau du pa­villon ex­terne ; - des ex­cès de cé­ru­men ; - des sé­cré­tions jau­nâtres, bru­nâtres ou noi­râtres ; - un chien qui se gratte les oreilles, qui se­coue de fa­çon in­tem­pes­tive la tête ou la garde pen­chée ; - une perte de l’au­di­tion. Voi­là au­tant de signes qui doivent aus­si­tôt vous aler­ter.

Diag­nos­ti­quez

Au moindre doute, une vi­site im­mé­diate chez le vé­té­ri­naire s’im­pose. Ce­lui-ci ex­plo­re­ra le conduit au­di­tif grâce à l’uti­li­sa­tion d’un oto­scope, per­met­tant de mettre en évi­dence d’éven­tuels corps étran­gers et d’éva­luer les mo­di­fi­ca­tions de l’as­pect du cé­ru­men. Un prélèvemen­t de ces ex­su­dats et leur ob­ser­va­tion sous le mi­cro­scope ren­sei­gne­ront le pra­ti­cien quant à la pré­sence de bac­té­ries, de pa­ra­sites ou de le­vures.

Quels trai­te­ments ?

Le vé­té­ri­naire pres­cri­ra un trai­te­ment, en fonc­tion d’une part de la lo­ca­li­sa­tion de l’otite, mais aus­si de sa cause pri­maire. Le trai­te­ment d’une otite ex­terne dé­bu­te­ra avant tout par un net­toyage com­plet du pa­villon et du conduit avec une so­lu­tion adap­tée. En cas de pré­sence d’un corps étran­ger, le pra­ti­cien pro­cé­de­ra à son re­trait qui pour­ra éven­tuel­le­ment né­ces­si­ter une anes­thé­sie. Dans les cas de germes pa­tho­gènes ou de pa­ra­sites, des an­ti­fon­giques et/ou des aca­ri­cides, voire des an­ti­bio­tiques de­vront être ad­mi­nis­trés. S’il s’agit d’une otite de type al­ler­gique, il de­vien­dra pri­mor­dial d’iden­ti­fier l’agent al­ler­gène, afin d’évi­ter, ou tout au moins mi­ni­mi­ser, tout contact fu­tur. Une dé­sen­si­bi­li­sa­tion pour­ra, si né­ces­saire, être en­vi­sa­gée. En­fin, les cas de tu­meurs ou de po­lypes pour­ront être trai­tés par une opé­ra­tion chi­rur­gi­cale.

Il est pré­fé­rable de ra­ser de près les poils avant tout trai­te­ment.

Chez le chien, le conduit au­di­tif se ca­rac­té­rise par sa forme en L.

Par­mi les causes de l’otite, des germes pa­tho­gènes et des pa­ra­sites : 1- De­mo­dex Ca­nis. 2- Ma­las­se­zia Pa­chy­der­ma­tis. 3- Oto­dectes Ca­nis.

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