QU’EST-CE QUI VOUS EM­PÊCHE DE VOUS EN­GA­GER ?

Ils en voient, des femmes. Pour un soir, une se­maine, quelques mois… Pour­tant, quand vient le mo­ment de se mettre en couple, ils s’en­fuient. Et s’ils avaient une bonne rai­son ?

Cosmopolitan (France) - - SOMMAIRE - Par Ma­thilde Ef­fosse. Pho­to An­drea Ca­pel­li.

Ils en voient, des femmes. Pour un soir, une se­maine, quelques mois… Quand vient le mo­ment de se mettre en couple, ils s’en­fuient. Et s’ils avaient une bonne rai­son ? Par Ma­thilde Ef­fosse.

il y a six mois, je me fais vi­rer de ma boîte. Je touche le chô­mage, mais ce n’est pas as­sez pour payer mon loyer et mes courses. J’es­saie quand même, un mois, deux mois, mais je fi­nis par l’ad­mettre : soit je quitte Pa­ris, soit je re­tourne ha­bi­ter chez mes pa­rents, qui vivent ici. J’opte pour la deuxième op­tion. Me voi­là donc, à presque 30 ans, à squat­ter la chambre d’amis de mes pa­rents… Quand je ren­contre une femme, je n’ose pas lui dire. OK, ce n’est pas la fin du monde mais, pour moi, c’est la honte. Je pré­fère at­tendre de re­trou­ver du bou­lot et mon propre ap­part avant de m’en­ga­ger… De toute fa­çon, pour le mo­ment, j’ai d’autres pré­oc­cu­pa­tions. Maxime, 27 ans Mon di­vorce n’est pas en­core si­gné. Tant que je n’ai pas dé­fi­ni­ti­ve­ment mis cette par­tie de ma vie der­rière moi, je ne peux pas me lan­cer dans une nou­velle his­toire. Pierre, 32 ans

J’ai dé­cou­vert Tin­der il y a deux mois, alors j’ai en­vie de kif­fer un peu, d’abord. Va­lère, 27 ans

Ga­brielle, qui n’ar­rive pas à se dé­ci­der. Ka­rim, 28 ans

J’ai vé­cu cinq ans avec mon ex, et j’étais per­sua­dé que c’était avec elle que je fe­rais ma vie. Il n’y a pas eu de trom­pe­rie, mais notre re­la­tion s’est étio­lée avec le temps : on s’en­gueu­lait en per­ma­nence, on n’était plus sur la même lon­gueur d’onde… Jus­qu’à ce qu’on dé­cide d’en res­ter là. Même si c’était une rup­ture que je sa­vais né­ces­saire, je pense qu’au fond de moi j’étais en­core amou­reux d’elle. Ou peut-être que bri­ser une « rou­tine » de cinq ans, ça me fai­sait peur. On s’est quit­tés il y a huit mois main­te­nant, et je n’ar­rive pas à me la sor­tir de la tête. Je vis sans elle, je suis heu­reux mais, quand je com­mence à fré­quen­ter une fille, je ne peux pas m’em­pê­cher de la com­pa­rer à mon ex. Je ne par­viens pas à ins­tal­ler de nou­velles ha­bi­tudes. Et c’est très dif­fi­cile pour moi d’en­ta­mer une re­la­tion avec quel­qu’un quand le sou­ve­nir de mon ex n’est pas en­core to­ta­le­ment dis­si­pé. Ju­lien, 28 ans

Je veux m’amu­ser. J’ai en­vie d’être libre, de ren­con­trer des femmes, de dra­guer… J’adore sé­duire et être sé­duit. Cer­tain.e.s potes disent que je

suis un don Juan, et je sens bien la conno­ta­tion né­ga­tive, mais c’est faux. Je ne joue pas avec les femmes que je fré­quente, et je ne les ai ja­mais bles­sées. Dès les pre­miers ins­tants, je leur ex­plique que je n’ai pas en­vie d’être en couple, et celles qui res­tent sont celles qui veulent la même chose. Je sais bien que je fi­ni­rai par me ca­ser, que je vais avoir be­soin de vivre et construire quelque chose avec une femme, un jour ou l’autre. Mais, pour le mo­ment, je suis heu­reux comme ça. Vic­tor, 29 ans

Si vous le sa­vez, dites-le moi, parce que

je n’en ai au­cune idée. Adrien, 30 ans

En couple, moi ? Ah, non, non, je suis cé­li­ba­taire… Du moins, c’est ce que pensent tous mes col­lègues. En vrai, je sors avec ma boss de­puis deux ans. Chut !

Je n’ai au­cune idée de ce que je vais faire de ma vie de­puis que je suis en­tré dans le monde du tra­vail. En­fin, si : mon rêve, c’est d’ou­vrir ma boîte de pro­duc­tion. Et d’écrire un bou­quin. Et de lan­cer une marque de fringues. Quand je suis avec une fille, j’ai ten­dance à me lais­ser por­ter, à mi­ser tout mon bon­heur sur mon couple, alors que c’est sur ma vie que je dois tra­vailler. Il faut que je ré­flé­chisse à ce que je veux, com­ment je vais y ar­ri­ver. Et je sais que c’est en étant seul face à mes doutes que je les ré­sou­drai. Ser­gio, 28 ans

Je vis à Pa­ris de­puis vingt ans et je rêve de bou­ger. Je vais pro­ba­ble­ment par­tir à l’étran­ger dans pas long­temps : la chaîne de res­tau­rants dans la­quelle je suis chef cui­si­nier va se lan­cer à l’in­ter­na­tio­nal, et le pre­mier sur la liste pour par­ti­ci­per à l’aven­ture, c’est moi. Dans deux ans maxi­mum, je dé­colle. Alors me mettre en couple main­te­nant, ce se­rait égoïste de ma part. Quen­tin, 29 ans Mon ex m’a trom­pé. Ça m’a fait tel­le­ment de mal que je suis ter­ro­ri­sé à l’idée d’of­frir de nou­veau ma confiance et mon coeur à une femme. Ah­med, 29 ans

Je dé­teste qu’on pique dans mes frites. Léo, 29 ans

Ma der­nière re­la­tion, c’était avec la fille la plus ja­louse du monde. Si je ne ré­pon­dais pas à un tex­to dans la de­mi­heure, elle m’ap­pe­lait et m’in­cen­diait, si j’avais le mal­heur de li­ker une pho­to fé­mi­nine sur Ins­ta­gram, elle était per­sua­dée que je la trom­pais. J’ai fi­ni par vivre en flip per­ma­nent. Il y a un an, j’ai fi­ni par mettre un terme à cette his­toire, et j’ai eu l’im­pres­sion de re­naître. Au­jourd’hui, je vois des filles, mais je veux pro­fi­ter de mon in­dé­pen­dance, vivre un peu pour moi. Je suis ter­ri­fié à l’idée de re­tom­ber sur une fille ja­louse. Saïd, 28 ans

J’at­tends le coup de foudre, tout sim­ple­ment. Jé­ré­my, 29 ans C’est la plus belle chose qui me soit ar­ri­vée, et la rai­son pour la­quelle je pro­tège énor­mé­ment mon in­ti­mi­té : j’ai une fille de 3 ans, Ele­na. Sa ma­man a dé­ci­dé de dis­pa­raître peu après sa nais­sance et, de­puis, c’est nous deux contre le reste du monde. Ce n’est pas le dé­part de mon ex qui me re­tient de me mettre en couple – quand elle a aban­don­né son en­fant, elle a per­du toute va­leur à mes yeux. C’est par rap­port à Ele­na que je suis mé­fiant vis-à-vis des re­la­tions : j’ai peur de lui pré­sen­ter une fi­gure ma­ter­nelle qui fi­ni­ra par par­tir, elle aus­si. Je me dis : et si ça ne marche pas ? Ce se­rait in­juste en­vers Ele­na. Je veux lui of­frir le plus de sta­bi­li­té pos­sible. Si je tombe fou amou­reux d’une femme, j’at­ten­drai d’être cer­tain que notre his­toire fonc­tionne avant de la pré­sen­ter à ma fille, mais, pour le mo­ment, je me consacre ex­clu­si­ve­ment au bon­heur d’Ele­na. Bas­tien, 31 ans

Ça com­mence à me gon­fler, mais

mes deux der­nières his­toires se sont ter­mi­nées à cause de mon mé­tier : je suis ska­teur pro­fes­sion­nel. Tous les trois ou quatre mois, je pars en tour­nage de do­cu­men­taires, films, pubs – un mois en Thaï­lande, deux en Chine, trois au Ca­na­da… Non seule­ment je ne suis pas sou­vent chez moi, mais en plus je tourne avec des man­ne­quins, je me fais sou­vent dra­guer. Bref, je ne suis pas le genre de mec qui offre une re­la­tion stable, confor­table, ras­su­rante. Même si je suis très droit et fi­dèle, mes co­pines fi­nissent tou­jours par se las­ser, par flip­per ou par m’en­gueu­ler de n’être ja­mais là. Ré­mi, 28 ans

J’avoue : je suis ce que les femmes ap­pellent un connard. Je ren­contre une femme, on se fré­quente quelque temps et, quand elle me de­mande « On en est où ? » ou « On fait quoi, tous les deux ? », je me ca­ra­pate. Je n’en suis pas fier, mais l’idée d’avoir des comptes à rendre, ça me fait flip­per. Mettre des mots sur une his­toire, ça me donne l’im­pres­sion que la fougue du dé­but, c’est fi­ni, qu’on va de­ve­nir chiants, en­trer dans le monde des en­gueu­lades, des obli­ga­tions. C’est peut-être à cause de la re­la­tion chao­tique de mes pa­rents que j’ai vue s’ef­fri­ter sous mes yeux mais, pour le mo­ment, je n’ar­rive pas à pen­ser au­tre­ment. Xa­vier, 27 ans

« Fan­tô­mas », 30 ans

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