Emi­lia Clarke: l’adieu aux dra­gons

Ren­contre avec une femme en mou­ve­ment.

Cosmopolitan (France) - - GOOD NEWS - Pho­tos Williams + Hi­ra­ka­wa

LLes bou­le­ver­se­ments de la vie d’ac­trice, Emi­lia connaît. À 22 ans, elle a à peine ter­mi­né ses études d’art dra­ma­tique quand elle com­mence le tour­nage de la sai­son 1 de « Game of Th­rones ». En un an, elle de­vient l’un des per­son­nages prin­ci­paux d’une des sé­ries les plus re­gar­dées de tous les temps. Ce mois-ci, la my­thique sé­rie HBO en­tame sa hui­tième et der­nière sai­son. La fin d’une époque… C’est en tour­nant une scène qu’elle réa­lise : « Sou­dain ça m’a frap­pée : c’est fi­ni ! Je me suis tour­née vers l’ac­teur avec qui je jouais et je lui ai dit : “Oh mon Dieu, je ne fe­rai plus ja­mais ça…” » Le tour­nage des der­niers épi­sodes a éga­le­ment été éprou­vant pour Lena Hea­dey (Cersei Lannister) et Kit Ha­ring­ton (Jon Snow). « On était tous très tristes, on sen­tait qu’on per­dait quelque chose de fort, qu’on ne vi­vrait plus ja­mais rien de pa­reil », se sou­vient Lena. Kit, lui, a re­fu­sé de lire le scé­na­rio de l’épi­sode fi­nal jus­qu’au tout der­nier mo­ment. Il a alors fon­du en larmes : « Chaque sai­son, on ar­rive au der­nier épi­sode et on lit ‘‘Fin de la sai­son 1’’, ‘‘Fin de la sai­son 2’’... Là, c’est ‘‘Fin de Game of Th­rones’’. » Emi­lia l’avoue, elle aus­si a « pleu­ré comme un bé­bé ». Parce qu’elle a fait ses adieux à ses dra­gons, aux ba­tailles épiques et à la per­ruque blonde de Daenerys Tar­ga­ryen : « C’est comme perdre une par­tie de soi. J’étais une en­fant quand j’ai fou­lé pour la pre­mière fois le pla­teau… » À 32 ans, elle réa­lise à quel point la sé­rie et son per­son­nage l’ont ai­dée à de­ve­nir une femme forte, qui sait où elle va.

Comment vi­vez-vous la fin de la sé­rie ?

Ça va être dif­fi­cile de pas­ser à autre chose. Ne plus être en­tou­rée de tous ceux qui ont fait par­tie de cette aven­ture, et qui sont comme une fa­mille pour moi… C’est comme le der­nier jour de ly­cée : c’est triste, même si on a tou­jours su que ça se ter­mi­ne­rait. On a par­ti­ci­pé à un voyage ex­traor­di­naire, et au­jourd’hui en­core les ac­teurs ne savent pas vrai­ment comment se ter­mi­ne­ra la sai­son ! On a tour­né des fins dif­fé­rentes, il y a tel­le­ment d’his­toires dans l’his­toire, tel­le­ment de per­son­nages, que seuls quelques-uns d’entre nous ont une vague idée du dé­noue­ment fi­nal.

Tour­ner aux quatre coins du monde, c’est com­pli­qué à gé­rer ?

Au dé­but, j’avais sou­vent le mal du pays. J’avais l’im­pres­sion que ma vie n’était pas stable, que je n’étais at­ta­chée qu’à mon tra­vail. Mais j’ai ap­pris à en ti­rer le meilleur, et j’ai réa­li­sé ma chance. Quand je tourne autre chose que « Game of Th­rones » et que je suis loin de Londres pen­dant une longue pé­riode, j’es­saie de faire ve­nir ma fa­mille ou mes amis. Je me sens plus à l’aise, plus sou­te­nue. Une fois, j’ai em­me­né ma mère et mon frère sur un tour­nage en Égypte ! C’était gé­nial et hy­per ré­con­for­tant de les avoir à mes cô­tés.

Quelle a été la ré­ac­tion de vos pa­rents quand vous leur avez an­non­cé vou­loir être ac­trice ?

Mon père a été très hon­nête et di­rect. Il m’a dit : « Ah oui ? OK. Fais ce que tu veux. Mais tu sais, très peu d’ac­teurs sont ca­pables de vivre de leur pas­sion. Si tu com­prends ça et que tu es prête à t’y te­nir, on te sou­tient. » J’ai tou­jours su que je réus­si­rais, d’une fa­çon ou d’une autre. Quand mes pa­rents ont dé­cou­vert que j’al­lais jouer dans « Game of Th­rones », ils se sont écriés : « Fan­tas­tique, elle a dé­cro­ché un job ! » Ils n’avaient au­cune idée de ce que ce­la re­pré­sen­tait, ni de quoi par­le­rait la sé­rie. Pour eux, Hollywood était sur une autre pla­nète.

Vous réa­li­sez que vous êtes l’un des per­son­nages prin­ci­paux d’une des plus grandes sé­ries de l’his­toire ?

J’ai par­fois du mal à le croire. C’est le genre de rôle dont rêve toute ac­trice, il a été in­croya­ble­ment ins­pi­rant. Au dé­but, Daenerys est sou­mise, c’est fan­tas­tique de la voir de­ve­nir une com­bat­tante, un sym­bole de force fé­mi­nine. C’est une me­neuse, une bat­tante, une sur­vi­vante. Elle com­bine la force d’un homme et la sen­si­bi­li­té d’une femme. Dans la vie, j’es­saie de m’ins­pi­rer du courage et de la dé­ter­mi­na­tion de Daenerys. Au fond, ce n’est pas dans ma na­ture – j’ai un cô­té très vul­né­rable. Mais au fil des an­nées, j’ai énor­mé­ment pris confiance en moi.

Drôle et in­tré­pide: voi­ci les deux ad­jec­tifs qui qua­li­fient le mieux Emi­lia Clarke. Mais au­jourd’hui, son sou­rire se teinte d’une pointe de tris­tesse. L’aven­ture « Game of Th­rones » touche à sa fin… Mais Emi­lia garde les pieds sur terre.

Comment Daenerys vous a-t-elle ren­due plus forte ?

Elle a fait res­sor­tir des qua­li­tés qui étaient en moi mais que je n’avais ja­mais dé­ve­lop­pées. On a gran­di en­semble : on était deux filles sans dé­fense, elle est de­ve­nue une guer­rière, moi une ac­trice bien éta­blie. À tra­vers ce per­son­nage, je me suis découverte. J’ai ap­pris à être plus au­da­cieuse. Dans la sé­rie, elle est pous­sée à des li­mites extrêmes en tant que femme, et de mon cô­té j’ai vé­cu un pro­ces­sus si­mi­laire en fai­sant face à mes craintes pour les sur­mon­ter.

Des jeunes femmes vous confient-elles que votre per­son­nage les a ins­pi­rées ?

Oui, beau­coup ! C’est une fa­cette mer­veilleuse de mon job. J’aime tou­cher les gens à tra­vers mon tra­vail, peut-être les ai­der à avoir confiance en eux et leur don­ner les moyens de réa­li­ser leurs rêves. Avoir confiance, croire en soi, c’est dif­fi­cile pour beau­coup de jeunes femmes. Je suis très fière de mon per­son­nage : elle n’avait pas beau­coup d’estime d’elle-même au dé­but, mais elle a évo­lué pour de­ve­nir une femme puis­sante et confiante. C’est un super mo­dèle pour prendre conscience de notre force et de notre sen­si­bi­li­té.

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