Au quo­ti­dien : Re­con­naître ses li­mites

Courrier Cadres - - SOMMAIRE - Em­ma­nuel To­niut­ti

Il y a un temps pour tout ; pour ma­na­ger, pour dé­ci­der, pour ac­com­pa­gner, pour at­teindre les ob­jec­tifs, pour per­for­mer, pour cé­lé­brer, pour “re­la­tion­ner” et pour s’ar­rê­ter. Nous at­tei­gnons nos li­mites quand nous sommes loin de nous­mêmes, loin de la réa­li­té du terrain et qu’il existe un écart gran­dis­sant entre la per­cep­tion que nous avons d’une situation et de sa réa­li­té. Par Em­ma­nuel To­niut­ti, fon­da­teur de l’In­ter­na­tio­nal Ethics Con­sul­ting Group.

Cha­cun at­teint à un mo­ment, ou un autre, ses propres li­mites phy­siques et psy­cho­lo­giques. Ce­la pro­vient très sou­vent d’un manque d’écoute de notre part, d’un manque de re­con­nais­sance des signes pré­mo­ni­toires qui an­non­çaient dé­jà, par an­ti­ci­pa­tion, notre fa­tigue, notre las­si­tude, notre ras-le-bol. Signes qui sou­li­gnaient par avance com­bien nous avions per­du de notre éner­gie po­si­tive mais qui nous lais­saient in­dif­fé­rents car ob­sé­dés par la réus­site. Les rythmes sou­te­nus aux­quels nous de­vons faire face et qui de­mandent de conju­guer l’art d’ac­com­pa­gner nos équipes en de­vant être per­for­mants, hu­mains et connec­tés de­viennent, tout simple- ment, déshu­ma­ni­sants. Re­con­naître nos li­mites re­vient à ré­ap­prendre à nous hu­ma­ni­ser. Il faut ain­si avoir conscience que dans un monde hy­per connec­té, les plus per­for­mants sont fi­na­le­ment ceux qui dé­ve­loppent la ca­pa­ci­té à se dé­con­nec­ter pour oxy­gé­ner leur cer­veau et le main­te­nir en état d’éveil et de créa­ti­vi­té.

AU­TO­RI­TÉ ET FLEXIBILITÉ

Re­con­naître nos li­mites consiste aus­si à prendre en compte des fac­teurs clés de com­por­te­ments es­sen­tiels pour notre ré­sis­tance. L’aug­men­ta­tion du rythme de vie nous de­mande un équi­libre bio­lo­gique et men­tal beau­coup plus fort qu’avant. Ce­la né­ces­site un in­ves­tis­se­ment per­son­nel dans notre propre san­té : com­prendre et ap­pri­voi­ser nos peurs per­son­nelles, man­ger une nour­ri­ture saine et adap­tée à notre bio­lo­gie, faire du sport pour pré­pa­rer notre corps à ab­sor­ber les ten­sions de stress dues à l’ac­cé­lé­ra­tion gé­né­rale. Re­con­naître nos li­mites, c’est sa­voir aus­si conju­guer au­to­ri­té et flexibilité. L’au­to­ri­té de­mande à ac­com­pa­gner les autres pour les faire gran­dir, elle re­quiert pa­tience, com­pas­sion, ri­gueur et par­fois de la sé­vé­ri­té. La flexibilité né­ces­site le lâ­cher prise, de se re­mettre en ques­tion en per­ma­nence en ac­cep­tant d’avoir par­fois tort et de confier le lea­der­ship, sans le perdre, à une per­sonne de son équipe si la situation et le contexte le jus­ti­fient. Mais sur­tout ne res­tons pas seul ! En­tou­rons-nous des bonnes per­sonnes qui veille­ront sur nous pour nous confron­ter au fait que nous avons at­teint nos li­mites. Car seul, et sous stress, l’être hu­main a une tendance na­tu­relle à croire qu’il a rai­son contre tous.

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