SUR DES RAILS

Décisions - - Sommaire - Dominique BOISSAY

La ré­cente pro­po­si­tion de la SNCF de faire un geste sym­pa en­vers les usa­gers laisse bouche bée. Le pré­sident de la SNCF prend-il les usa­gers pour des de­meu­rés, ou est-il tout bon­ne­ment in­cons­cient? Connais­sant Guillaume Pe­py, il y a hé­las fort à pa­rier pour que ce soit la pre­mière pro­po­si­tion qui l’em­porte. Car pro­mettre d’in­dem­ni­ser des usa­gers las­sés, fa­ti­gués, ex­té­nués, écoeu­rés, avec l’ap­pât de billets va­cances à moins de 40 eu­ros, c’est tout sim­ple­ment du « fou­tage de gueule ». Après avoir lais­sé les che­mi­nots pour­rir la vie de ceux qui tra­vaillent et qui ont dû sup­por­ter les ré­per­cus­sions des grèves au quo­ti­dien, on fait l’au­mône. Par leur ac­tion, il est évident que les gré­vistes du rail (et que dire de ceux d’Air France!) font bien plus que gê­ner les usa­gers: ils in­fluent sur l’éco­no­mie. S’il est dif­fi­cile de chif­frer le coût des grèves sur l’éco­no­mie glo­bale, cer­tains sec­teurs sont à même d’an­non­cer des chiffres alar­mants. Ain­si, l’hô­tel­le­rie de pro­vince au­rait per­du de­puis dé­but avril entre 15 et 25 % de son C.A, y com­pris sur les se­maines de mai très pro­pices aux courts sé­jours. Sur ce point, les ob­ser­va­tions tant de l’UMIH (prin­ci­pal syn­di­cat de l’hô­tel­le­rie), que de MKG et du ca­bi­net Pro­tou­risme se re­joignent. Moins concer­né par les transports fer­ro­viaires et aé­riens, le sec­teur de l’hô­tel­le­rie de plein air n’au­rait, d’après nos pre­mières in­for­ma­tions, pas été trop im­pac­té. La météo conju­guée aux ponts à ré­pé­ti­tion a rem­pli les cam­pings, et comme on a l’ha­bi­tude de l’en­tendre, « ce qui est fait avant la sai­son, c’est du plus et c’est une ga­ran­tie en cas de mau­vaise sur­prise ». Il reste donc à es­pé­rer que les grèves annoncées pren­dront bien fin comme pré­vu avant les va­cances de juillet. Mais avec la SNCF, rien n’est moins cer­tain. Il est vrai que l’im­mense ma­jo­ri­té des va­can­ciers de l’HPA choi­sit la voi­ture in­di­vi­duelle pour se rendre sur son lieu de vil­lé­gia­ture. Mais la mau­vaise image don­née par la SNCF (et là, on ne parle même pas de la dé­gra­da­tion du ré­seau se­con­daire et des re­tards à ré­pé­ti­tion des TGV!) et dans une moindre me­sure par le dé­ni de concur­rence en cours chez les syn­di­cats d’Air France, ne va-t-elle pas à terme faire re­non­cer nombre de tou­ristes à ve­nir au pays du fro­mage, du cam­ping, et des grèves? Al­lez, on vous sou­haite une belle sai­son qui glisse comme… sur des rails!

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