AC­CEP­TER LES PAIE­MENTS

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L’his­toire est éton­nante. Aux cô­tés de l’eu­ro, vraie mon­naie as­tu­cieuse pour le com­merce eu­ro­péen, naissent de plus en plus de nou­velles mon­naies. L’ob­jec­tif de leurs créa­teurs est de sup­pri­mer le mo­no­pole des banques et les com­mis­sions qui les en­ri­chissent. Un jour pro­chain, peut-être dé­ci­de­rez-vous d’ac­cep­ter des paie­ments en mon­naies vir­tuelles. 1 500 d’entre elles vivent dé­jà en de­hors des au­to­ri­tés éta­tiques. La plus connue étant le bit­coin. Au prin­temps 2018, un pre­mier cam­ping eu­ro­péen, Cam­ping Vil­lage Mi­sa­no en Ita­lie, s’est lan­cé dans le paie­ment en bit­coins. Au­tant en sa­voir plus sur cette nou­velle aven­ture.

Les cryp­to-mon­naies vont pro­ba­ble­ment con­naître en France l’es­sor qu’elles com­mencent à avoir ailleurs en Eu­rope. En ef­fet, une nou­veau­té ma­jeure s’est pro­duite pour la fis­ca­li­té fran­çaise quand le 26 avril 2018 le Con­seil d’État a in­di­qué que les gains gé­né­rés par les cryp­to-mon­naies, nom gé­né­rique pour toutes ces nou­velles mon­naies, doivent dé­sor­mais être consi­dé­rés comme des plus- va­lues de biens meubles. Ain­si, les 200 000 Fran­çais dé­ten­teurs de bit­coins ne se­ront plus im­po­sés au titre de l’im­pôt sur le re­ve­nu mais à un taux for­fai­taire de 19 % aux­quels s’ajoutent 17,2 % de pré­lè­ve­ments so­ciaux.

Il est dif­fi­cile au­jourd’hui de ne pas avoir en­ten­du par­ler des mon­naies en bit­coin, ethe­reum, ripple et com­pa­gnie. Et en­core moins du krach du bit­coin en dé­but d’an­née 2018. En Suisse, il existe une Cryp­to Val­ley qui a don­né nais­sance à la mon­naie nom­mée ether. De nom­breuses start-up s’ins­tallent dans cet es­pace d’un nou­veau genre.

Le pre­mier ar­gu­ment avan­cé est ce­lui de la sé­cu­ri­té

Ces mon­naies sont créées, conser­vées et uti­li­sées élec­tro­ni­que­ment. Au­cune ins­tance of­fi­cielle ne les contrôle, même si cer­tains états veulent créer leurs cryp­to-mon­naies comme la Rus- sie, la Chine ou le Ve­ne­zue­la par exemple avec son Pe­tro (bon, il faut dire qu’avec un taux d’in­fla­tion à 30000 %…). Toutes ces mon­naies ne sont pas im­pri­mées sur des billets, mais pro­duites par des per­sonnes, des com­mu­nau­tés, des en­tre­prises, voire dé­sor­mais des états qui les ac­ceptent comme des ins­tru­ments de paie­ment. Ces mon­naies, contrai­re­ment aux his­to­riques et of­fi­cielles, qui font l’ob­jet de changes, ba­sées sur des va­leurs d’or ou d’ar­gent, règles dont elles sont au­jourd’hui af­fran­chies, re­posent sur des al­go­rithmes et des tech­no­lo­gies de cryp­tage qui en ren­draient l’usage sé­cu­ri­sé. C’est l’un des pre­miers ar­gu­ments des uti­li­sa­teurs : les sys­tèmes in­for­ma­tiques se­raient mieux pro­té­gés par l’es­sor de la blo­ck­chain qui, par sa struc­ture trans­ver­sale et ses vé­ri­fi­ca­tions mul­tiples se­rait plus sûre. J’uti­lise le condi­tion­nel car tant que l’af faire de­meure re­la­ti­ve­ment confi­den­tielle, rien n’a en­core été dé­mon­tré à très grande échelle.

Des lo­gi­ciels sont uti­li­sés par les per­sonnes qui dé­cident de s’im­pli­quer dans la créa­tion de ces mon­naies se­lon une

« Bon nombre d’en­tre­prises in­ter­na­tio­nales ac­ceptent au­jourd’hui la cryp­to-mon­naie. La France est un peu en re­tard »

for­mule ma­thé­ma­tique dé­ter­mi­née. Les lo­gi­ciels sont en open source, ce qui si­gni­fie que tout un cha­cun, moyen­nant une ac­qui­si­tion cultu­relle du su­jet, peut s’y in­té­res­ser et sur­veiller l’évo­lu­tion des cours. La spé­cu­la­tion n’est pas ab­sente, elle est même at­ten­due. Tout le monde a eu connais­sance de ce Néer­lan­dais, Di­di Tai­hut­tu, qui a ven­du ses biens pour les in­ves­tir en bit­coins : avec sa fa­mille, il vit dé­sor­mais dans un cam­ping et passe son temps à faire fruc­ti­fier son in­ves­tis­se­ment.

Un nou­vel uni­vers de « mi­neurs »

Le su­jet est abor­dé comme une ruée vers un nou­vel El­do­ra­do. Le vo­ca­bu­laire

Le Cam­ping ita­lien Vil­lage Mi­sa­no pro­pose le paie­ment en bit­coins.

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