« LE PLUS IM­POR­TANT, C’EST L’ÂME DU LIEU »

Décisions - - Reportage -

Le di­rec­teur ad­joint tra­vaille pour le cam­ping Ca­la Lle­vadó de­puis 1984, et est très at­ta­ché au site. Suite au ra­chat par Sea Green, sa mo­ti­va­tion et son en­thou­siasme sont re­nou­ve­lés. Igna­si Cal­vet est le meilleur am­bas­sa­deur du cam­ping Ca­la Lle­vadó. Il en connaît le moindre re­coin. Il a com­men­cé à y tra­vailler en tant que sai­son­nier à l’âge de 18 ans en 1984, et n’en suis ja­mais vrai­ment par­ti. « Je suis ori­gi­naire de Vic, une pe­tite ville près de Bar­ce­lone. Je suis ve­nu à Tos­sa de Mar en 1983 pour tra­vailler comme ser­veur, un peu par ha­sard. Après cette sai­son, j’ai trou­vé que l’uni­vers du tou­risme était sym­pa. J’ai donc dé­ci­dé d’étu­dier le tou­risme à Gé­rone, et pen­dant mes trois an­nées d’école, j’ai fait des sai­sons à Ca­la Lle­vadó » ra­conte-t-il. Son cur­sus ter­mi­né, il conti­nue les sai­sons pour être libre de faire ce que bon lui semble en hi­ver. « Ce­la m’a per­mis de voya­ger, de tra­vailler en hô­tel­le­rie, en agence de voyages. Je suis même par­ti deux hi­vers en tant que jeune homme au pair en Al­le­magne pour ap­prendre la langue, car beau­coup de clients al­le­mands ve­naient à Ca­la Lle­vadó » se re­mé­more-t-il. Ce dé­sir d’ap­pren­tis­sage ca­rac­té­rise bien Igna­si Cal­vet, et a gui­dé tout son par­cours. « J’avais en­vie de re­ve­nir chaque été car je m’en­ten­dais très bien avec Fi­del Aro­mir. En mars 1993, il m’a pro­po­sé un poste à l’an­née comme chef de ré­cep­tion. Puis à par­tir de 1997, j’ai eu plus de res­pon­sa­bi­li­tés, je me suis oc­cu­pé des ré­ser­va­tions, de l’or­ga­ni­sa­tion. Je pense que Fi­del voyait mon im­pli­ca­tion, ma mo­ti­va­tion. À son dé­part en 2012, j’ai été nom­mé au poste de di­rec­teur ad­joint » dé­taille-t-il. À l’ins­tar d’Igna­si Cal­vet, cer tains sa­la­riés sont pré­sents de­puis 25 ans. Pierre Tes­tas sou­ligne d’ailleurs les grandes com­pé­tences de l’équipe en place. « La sé­lec­tion du per­son­nel est pri­mor­diale. Des gens mo­ti­vés, ça se sent. Et par­fois, il suf­fit de quelques ré­ajus­te­ments pour amé­lio­rer une si­tua­tion. Par exemple avant, il y avait cinq per­sonnes à la ré­cep­tion : la coor­di­na­tion n’était pas for­cé­ment fluide. Au­jourd’hui, deux per­sonnes s’en oc­cupent et ça fonc­tionne mieux » constate Igna­si Cal­vet.

Un at­ta­che­ment et un dé­voue­ment sin­cères

Le di­rec­teur ad­joint ne craint pas le chan­ge­ment de pro­prié­taire, bien au contraire. « Pour moi, le chan­ge­ment est po­si­tif. Le ra­chat par Sea Green nous donne une nou­velle mo­ti­va­tion. Je sens que je peux ex­pri­mer mes idées, mes at­tentes, je suis écou­té. Je par­tage la vi­sion de Sea Green sur le cam­ping. Il est né­ces­saire de pro­po­ser des pro­duits dif­fé­rents des autres cam­pings. Cer­tains de nos em­pla­ce­ments sont pe­tits, or les men­ta­li­tés ont chan­gé, les gens veulent plus d’es­pace. Du lo­ca­tif se­rait plus adap­té sur ces zones. Et il faut ac­cor­der de l’im­por tance aux en­fants, no­tam­ment au ni­veau des hé­ber­ge­ments. Les cam­pings de­viennent des concur­rents des hô­tels­clubs. L’évo­lu­tion la plus im­por­tante ici, c’est le chan­ge­ment de clien­tèle. Lors­qu’ils sont dans des tentes, les clients se tournent plus vers les autres. En bun­ga­lows, c’est un peu comme à l’hô­tel : on constate de la dis­tance entre les gens, car cha­cun a son es­pace pri­vé. Pour moi le cam­ping idéal est fa­mi­lial, avec un bon ni­veau de ser vice pour que les clients se sentent aus­si bien que chez eux, et non pas comme des nu­mé­ros » ana­lyse-t-il. Le di­rec­teur ad­joint ap­pré­cie le contact, le fait de pou­voir ai­der aus­si. « Un ré­cep­tion­niste qui se borne à faire le check-in, ce n’est pas as­sez se­lon moi. Dans le poste que j’oc­cupe, j’aime beau- coup l’as­pect or­ga­ni­sa­tion­nel, gé­rer les sa­la­riés, ré­flé­chir à des stra­té­gies pour, par exemple, at­ti­rer les clients hors sai­son. Ce­la peut pas­ser par des offres pro­mo­tion­nelles, faire ve­nir des jeunes en tentes, mi­ser sur la fête na­tio­nale de la Ca­ta­logne… » énu­mère-t-il, en­thou­siaste. Très at­ta­ché à ce cam­ping, Igna­si Cal­vet est prêt pour le re­nou­veau avec le groupe Sea Green. « J’ai tout ap­pris ici, j’ai évo­lué en tant que per­sonne et en tant que pro­fes­sion­nel. J’aime pro­fon­dé­ment cet en­droit, j’y ai beau­coup de sou­ve­nirs. L’an­cien pré­sident de l’as­so­cia­tion des cam­pings de Ca­ta­logne m’a dit un jour : “Tu ne tra­vailles pas à Ca­la Lle­vadó, tu ES Ca­la Lle­vadó !” » sou­rit-il. « Lle­vadό » si­gni­fie « le­ver l’ancre » . Igna­si Cal­vet est, lui, bien an­cré sur ce ter­ri­toire et sou­haite y res­ter. ■

Igna­si, à la ter­rasse du res­tau­rant, en com­pa­gnie de Ca­ro­line et Eve­lyne Tey­che­ney.

Igna­si Cal­vet tra­vaille au Ca­la Lle­vadó de­puis plus de 30 ans.

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