« NOTRE CHOIX: PRÉ­SER­VER LA MASSE DES GENS QUI PARTENT EN VA­CANCES DANS VOS ÉTA­BLIS­SE­MENTS »

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À l’oc­ca­sion de l’as­sem­blée gé­né­rale de la FNHPA or­ga­ni­sée dans le cadre du Sett à Mont­pel­lier, le pré­sident de l’ANCV Fré­dé­ric Vi­gou­roux est in­ter­ve­nu pour ex­pli­quer les rai­sons qui ont pous­sé l’Agence à aug­men­ter de 1 à 2,5 % le taux de com­mis­sion sur les Chè­quesVa­cances sup­por­tée par les pres­ta­taires. Une in­ter­ven­tion plus longue que pré­vue, ponc­tuée d’in­ter­ven­tions in­ci­sives, re­flet d’une pro­fes­sion sa­tu­rée par les taxa­tions. C’est en pleine sai­son, le 24 juillet 2018, qu’est pa­ru au jour­nal of­fi­ciel un Ar­rê­té ap­pli­cable au 1er jan­vier 2019, gar­dant à 1 % le taux de com­mis­sion ap­pli­qué à la vente des Chèques-Va­cances et aug­men­tant à 2,5 % le taux de com­mis­sion ap­pli­qué au rem­bour­se­ment des Chè­quesVa­cances. Au­tre­ment dit, si la par­ti­ci­pa­tion des bé­né­fi­ciaires (les va­can­ciers) pour la bonne ges­tion des Chèques-Va­cances n’aug­mente pas, celle des pres­ta­taires (no­tam­ment les cam­pings) aug­mente et passe de 1 à 2,5 %. « Cette an­nonce a créé un émoi énorme au sein de la pro­fes­sion. À la FNHPA, nous avons re­çu beau­coup de de­mandes d’in­ter ven­tion. Je tiens donc à rap­pe­ler que la FNHPA, par la voix de notre re­pré­sen­tant Guyl­hem Fé­raud, s’est bien en­ten­du op­po­sée au prin­cipe de toute aug­men­ta­tion. Nous avons fait des pro­po­si­tions com­plé­men­taires pour s’as­su­rer que l’évo­lu­tion soit équi­li­brée entre les bé­né­fi­ciaires et les pres­ta­taires. Le choix du Conseil d’ad­mi­nis­tra­tion de l’Agence Na­tio­nale des Chèques-Va­cances a été dif­fé­rent », a ex­pli­qué le pré­sident de la FNHPA Ni­co­las Dayot en pré­am­bule de l’in­ter­ven­tion de Fré­dé­ric Vi­gou­roux, pré­sident de l’ANCV. Ce der­nier a en ef­fet ac­cep­té de se rendre à Mont­pel­lier à l’oc­ca­sion du Congrès na­tio­nal de la FNHPA pour ex­pli­quer les rai­sons de cette aug­men­ta­tion. De­vant une salle aux trois quarts pleine, il a rap­pe­lé l’his­to­rique de l’ANCV et la rai­son fon­da­men­tale de sa créa­tion qui est celle de per­mettre aux Fran­çais dont les sa­laires sont les plus bas, de bé­né­fi­cier d’une épargne sup­plé­men­taire pour favoriser le dé­par t en va­cances.

Dé­faut de tré­so­re­rie pour l’ANCV

De­puis 1982, date de la créa­tion de l’Agence Na­tio­nale des Chè­quesVa­cances, plu­sieurs mil­lions de Fran­çais bé­né­fi­cient chaque an­née d’une épargne com­plé­men­taire uti­li­sable sur des pres­ta­tions de ser vices liées es­sen­tiel­le­ment aux va­cances. Par l’in­ter­mé­diaire de leur en­tre­prise, de leur co­mi­té d’en­tre­prise, de la col­lec­ti­vi­té ter­ri­to­riale ou lo­cale qui les em­ploie, ou en­core de l’État, ils peuvent bé­né­fi­cier d’un car­net de Chèques-Va­cances sur les­quels ils ont payé préa­la­ble­ment un pour­cen­tage en fonc­tion de la tranche de sa­laire dans la­quelle ils se si­tuent. Et de­puis sa créa­tion, l’ANCV fonc­tionne sur un mo­dèle éco­no­mique et so­cial 100 % au­to­fi­nan­cé grâce à la par­ti­ci­pa­tion équi­li­brée et équi­table des pres­ta­taires comme des bé­né­fi- ciaires. La com­mis­sion per­çue par quelque 3,8 mil­lions de bé­né­fi­ciaires et quelque 200000 en­tre­prises conven­tion­nés, était gé­rée en tré­so­re­rie par l’ANCV. Une tré­so­re­rie qui, pla­cée sur les mar­chés fi­nan­ciers, prend de la va­leur et per­met d’avoir des flux fi­nan­ciers d’in­té­rêts à près de 23 mil­lions d’eu­ros que l’ANCV ré­in­jecte dans sa ges­tion et dans l’aide au dé­part en va­cances de 130 000 bé­né­fi­ciaires sup­plé­men­taires. Mais de­puis la ré­forme de la comp­ta­bi­li­té pu­blique qui a en­traî­né l’in­té­gra­tion de la tré­so­re­rie de l’ANCV dans le Trésor Pu­blic, le mo­dèle s’est dés­équi­li­bré et l’ANCV se trouve au­jourd’hui dans la né­ces­si­té de trou­ver d’autres fa­çons de se fi­nan­cer. « Je viens vous voir pour vous dire qu’il y avait un risque très im­por­tant que l’Agence dis­pa­raisse et que près de 11 mil­lions de bé­né­fi­ciaires di­rects et in­di­rects ne puissent plus avoir cette épargne qui les pousse à faire le choix de par­tir en va­cances », ex­pli­quait Fré- dé­ric Vi­gou­roux. « Nous au­rions pu bais­ser le nombre d’émet­teurs de titres, ce qui au­rait en­traî­né une baisse des bé­né­fi­ciaires. Nous avons fait le choix de pré­ser­ver la masse des gens qui partent en va­cances dans vos éta­blis­se­ments. »

Réa­li­té du trai­te­ment du Chèque-Va­cances sur le ter­rain

Dans la salle, les pro­fes­sion­nels de l’HPA ont te­nu à faire part de leur im­pli­ca­tion dans la bonne ges­tion des Chèques-Va­cances pour la­quelle ils se sentent mal ré­com­pen­sés. « Nous sa­vons bien qu’en tant qu’en­tre­prises pri­vées, nous al­lons être obli­gées de ré­per­cu­ter cette hausse sur nos clients. Ce n’est pas pos­sible au­tre­ment. Car nous ne sommes pas des puits sans fond et nous sommes taxés de tous cô­tés. D’autre part, c’est nous qui fai­sons tout le tra­vail. Ce n’est pas l’ANCV qui nous amène des clients, c’est nous qui al­lons les cher­cher, grâce à nos sites in­ter­net et la com­mu­ni­ca­tion que nous fai­sons. Nous ac­cueillons vos clients, nous tam­pon­nons vos Chèques- Va­cances, les dé­cou­pons, nous vous les en­voyons en re­com­man­dé avec AR. Par­fois, on nous pré­sente des car­nets où il manque des Chèques-Va­cances, donc nous avons in­té­rêt à être vi­gi­lants. Nous at­ten­dons en­suite 21 jours que vous vou­liez bien ac­cu­ser ré­cep­tion et nous les payer après. La so­lu­tion des pres­ta­taires se­ra de li­mi­ter le nombre de Chè­quesVa­cances parce qu’il n’est pas ques­tion de pé­na­li­ser nos clients en ré­per­cu­tant les frais sur eux », a dé­cla­ré une gé­rante de cam­ping du Var.

Vers la dé­ma­té­ria­li­sa­tion du Chèque-Va­cances

Fré­dé­ric Vi­gou­roux a rap­pe­lé que la hausse du taux de ges­tion ap­pli­qué aux pres­ta­taires a non seu­le­ment pour ob­jec­tif de par­ve­nir à l’équi­libre fi­nan­cier de l’Agence et aug­men­ter le nombre de bé­né­fi­ciaires de Chè­quesVa­cances, mais éga­le­ment de sé­cu­ri­ser l’ou­til par la dé­ma­té­ria­li­sa­tion des Chèques-Va­cances de fa­çon à abo­lir toutes les contraintes ma­té­rielles ci­tées plus haut et rem­bour­ser les pres­ta­taires au bout de 5 jours et non 21 jours comme c’est le cas en­core au­jourd’hui. Entre équi­libre fi­nan­cier, ap­proche so­ciale et dy­na­misme tou­ris­tique, les prio­ri­tés de cha­cun doivent elles aus­si trou­ver leur point d’orgue. ■

« Je viens vous voir pour vous dire qu’il y avait un risque que l’Agence dis­pa­raisse »

Fré­dé­ric Vi­gou­roux, pré­sident du Conseil d’Ad­mi­nis­tra­tion de l’ANCV est éga­le­ment maire de Mi­ra­mas et Conseiller dé­par­te­men­tal de Sa­lon-de-Pro­vence.

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