L’ART DU POTAGER BIO AU SEIN DE VOTRE CAM­PING

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Les mots tels que du­rable, éco­lo­gie, tran­si­tion éco­lo­gique ou en­core per­ma­cul­ture sont om­ni­pré­sents. Bien que su­jets à des com­pré­hen­sions et adap­ta­tions in­di­vi­duelles, cha­cun de ces thèmes peut ap­por­ter un plus à votre ter­rain de cam­ping. La conscience que cha­cun d’entre nous peut agir en fa­veur d’un monde moins pire se ré­pand dans la so­cié­té. Le co­li­bri, bien que tout pe­tit, fait sa part. Dis­po­sant de terres, les cam­pings peuvent de­ve­nir four­nis­seurs d’ac­ti­vi­tés et de pro­duits du ter­roir de bonne qua­li­té.

La dé­marche de créa­tion et d’ani­ma­tion au­tour d’un jar­din potager au sein d’un cam­ping s’ins­crit dans la mou­vance de l’éloge de la len­teur et du slow tou­risme. Ce­la veut dire : prendre le temps d’al­ler à la ren­contre des ha­bi­tants, s’en­ga­ger dans une meilleure connais­sance de l’autre et des lieux, lais­ser fi­ler le temps pour faire la sieste, jouer à la pé­tanque, cui­si­ner sai­ne­ment et culti­ver son potager. Les cam­pings ont une belle carte à jouer sur ce ter­rain. Ils dis­posent de ré­serves fon­cières pour af­fec­ter de la terre à des ac­ti­vi­tés agri­coles. Leur ac­ti­vi­té colle à celle de la belle sai­son des lé­gumes et des fruits. Ils ont des clients sur place, ma­jo­ri­tai­re­ment ci­ta­dins, ha­bi­tués aux to­mates ca­li­brées et po­ten­tiel­le­ment aptes à de nou­velles aven­tures agri­coles et ali­men­taires. En tant que va­can­ciers, ils ont tout à ga­gner de votre

« Il faut se po­ser la ques­tion de sa­voir qui va créer le potager, en prendre soin, quel temps y consa­crer… »

ac­tion sur le su­jet. Et de votre cô­té, au-de­là de votre en­ga­ge­ment ter­rien, ima­gi­nez les belles pho­tos et vi­déos sur les ré­seaux so­ciaux de per­sonnes heu­reuses au­tour de vos to­mates, ra­dis et sa­lades ! Ce­la au­ra plus fière al­lure que des pho­tos d’ac­ti­vi­tés sur des dalles de bé­ton, qui lui ne se mange pas ! L’agri­cul­ture bio­lo­gique, à des fins d’ani­ma­tion et de pro­duc­tion par­ta­gée avec les cam­peurs, est un acte vo­lon­taire concret. Elle a l’avan­tage, sans les ex­clure par ailleurs, de te­nir à dis­tance les chartes et les la­bels que per­sonne ne connaît ni ne re­tient. On n’est pas loin des dé­marches nudge, mé­thodes douces qui font ap­pel aux émo­tions ou au jeu pour in­ci­ter les ci­toyens à chan­ger de com­por­te­ment.

Com­ment s’y prendre ?

Dé­jà il convient de pré­ci­ser que vous vi­sez une ani­ma­tion po­ta­gère et non un com­merce de votre pro­duc­tion. En­suite, il vous faut iden­ti­fier l’es­pace voué à cette ac­ti­vi­té de faux ma­raî­chage in­terne au cam­ping et à son po­ten­tiel agri­cole. Sur­face, qua­li­té de la terre, condi­tions d’ar­ro­sage ou pas... Il faut en­suite tra­cer des pas­sages per­met­tant d’ac­cé­der aux plan­ta­tions. Les car­rés de 1 x 1 m sont bien pra­tiques pour fa­ci­li­ter les évo­lu­tions des grands et des pe­tits.

Les coûts d’amé­na­ge­ment et de ges­tion sont à en­vi­sa­ger : qui va créer le potager, en prendre soin ? Vous, quel­qu’un de votre équipe ? Quel temps y consa­crer, quand, sa­chant que les bons mo­ments du potager ne sont pas for­cé­ment conformes à ceux du va­can­cier qui se lève tard ? Com­ment contrô­ler l’ac­cès au potager, aux ou­tils et à l’ar­ro­sage pour évi­ter ac­ci­dents et dé­bit in­con­sé­quent d’eau ? En per­ma­cul­ture, on peut ré­duire sen­si­ble­ment les contraintes. Qu’on se le dise : sur­tout ne vi­sez pas la créa­tion d’une ferme ur­baine ! Un mo­deste potager pour tes­ter l’in­té­rêt, puis fi­dé­li­ser les plus ex­pé­ri­men­tés et en­thou­siastes de vos clients se­ra plei­ne­ment ef­fi­cace. A titre d’exemple, un es­pace de 12 x 12 m vous don­ne­ra 100 car­rés de 1 m2 aux­quels vous ajou­te­rez des es­paces de 20 cm pour fa­ci­li­ter les pas- sages et soins à ap­por­ter aux cultures. C’est dé­jà bien grand. Peut-être faut-il consi­dé­rer les choses au­tre­ment, dans un joyeux fa­tras où les lé­gumes se poussent les uns les autres. La lit­té­ra­ture et les conseils sont abon­dants sur le su­jet. Tout est à pro­por­tion­ner en fonc­tion de votre en­vie et de la ca­pa­ci­té d’ac­cueil de votre cam­ping. Lu­cile et Ri­chard Abegg, re­pre­neurs de­puis oc­tobre 2017 du cam­ping Le Rêve au Vi­gan, dans le Lot, ont créé et ani­mé leur pre­mier potager au cours de l’été 2018. Dans ce cam­ping clas­sé *** de 60 em­pla­ce­ments, deux bandes de 2 m sur 8 ont suf­fi. Vous pou­vez pré­voir une clô­ture sym­pa en bois, ain­si que des pa­non­ceaux in­di­quant les plan­ta­tions et les condi­tions de culture. De même qu’un sas d’en­trée et de sor­tie pour ac­cé­der aux ou­tils et aux ar­ro­soirs (pe­tits de pré­fé­rence) est utile. Que faire des lé­gumes (ou des fruits) ? Ils ne peuvent ali­men­ter votre res­tau­rant sauf si vous vous en­ga­gez dans une dé­marche ad­mi­nis­tra­tive spé­ci­fique avec li­cence ap­pro­priée. Ils sont lais­sés en ac­cès libre à vos cam­peurs, mais vous pou­vez conduire des ate­liers au­tour des lé­gumes (re­con­nais­sance, ma­nière de les culti­ver et cui­si­ner). Voi­là de beaux sou­ve­nirs bien tan­gibles. A dé­faut de nour­rir vos clients, vous nour­ri­rez leur es­prit et les conver­ti­rez au bio, sa­chant que la part des vé­gé­ta­riens, sous des ap­pel­la­tions di­verses, pro­gresse ré­gu­liè­re­ment dans la so­cié­té. Ain­si que la part des ci­toyens qui veulent man­ger sai­ne­ment.

L’exemple dans le Lot

Lu­cile Abegg du Cam­ping Le Rêve dans le Lot a conduit un jar­din bio pour ses cam­peurs et la dé­marche a été ap­pré­ciée. « A la base nous sommes en fa­veur de tout ce qui est bio­lo­gique. Très na­tu­rel­le­ment, nous avons sou­hai­té mettre en place un jar­din potager cul­ti­vé en bio ». L’idée de dé­part a consis­té à mettre à dis­po­si­tion des cam­peurs ce jar­din potager. « Ils peuvent plan­ter, désher­ber, ar­ro­ser et se ser­vir quand les lé­gumes ar­rivent à ma­tu­ra­tion ». Un vrai es­prit de par­tage. « Nous l’avons pré­pa­ré se­lon les prin­cipes de la per­ma­cul­ture. Notre idée étant de faire de la pé­da­go­gie. On a ex­pli­qué com­ment fonc­tionne un potager bio. Et il y a eu de l’in­té­rêt pour le su­jet. Mais ça ne veut pas dire que beau­coup de gens se sont ser­vis dans le jar­din. On a fait dé­cou­vrir des lé­gumes à une clien­tèle ha­bi­tuée à des lé­gumes ca­li­brés. Ils ont dé­cou­vert le vrai goût de la to­mate ». Des lé­gumes va­riés et qui poussent seuls ont été plan­tés : po­ti­mar­rons, cour­gettes, au­ber­gines, pe­tits pois, to­mates, ra­dis, ha­ri­cots, sa­lades, poi­vrons et pi­ments. Ce potager se­ra un point d’at­trac­tion ren­for­cé dans ce cam­ping qui oc­cupe 8 ha pour 60 em­pla­ce­ments prin­ci­pa­le­ment nus.

De beaux lé­gumes pour des cam­peurs heu­reux qui s’em­parent du jar­din potager bio que vous al­lez créer, voi­là l’idée.

Oranges et ba­nanes Péi à la Réunion.

Des ex­pli­ca­tions sur le site Web du cam­ping Le Rêve dans le Lot.

Un jar­din bio pour faire de la pé­da­go­gie.

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