Du coeur à l'ou­vrage

De Ligne en Ligne - - Édito | Sommaire -

En ce dé­but de prin­temps, la Bi­blio­thèque pu­blique d’in­for­ma­tion a le plai­sir de lan­cer le se­cond cycle de sa pro­gram­ma­tion de films sous l’égide de la Ci­né­ma­thèque du do­cu­men­taire – À l’oeuvre, être(s) au tra­vail. Ce cycle thé­ma­tique se­ra no­tam­ment l’oc­ca­sion d’une plon­gée dans le fonds Ci­né-ar­chives – un siècle de films fai­sant ri­mer tra­vail ou­vrier et conquête des droits so­ciaux. On me­sure les évo­lu­tions ra­di­cales qui bou­le­versent le tra­vail en li­sant l’in­ter­view de Ber­nard Stie­gler sur le « re­ve­nu contri­bu­tif ». S’es­quisse ici un mo­dèle qui re­pla­ce­rait l’hu­main au coeur de l’ac­ti­vi­té pro­duc­tive : re­don­ner puis­sance et ca­pa­ci­té d’agir aux in­di­vi­dus, au ser­vice de l’in­té­rêt de la col­lec­ti­vi­té et du de­ve­nir de la pla­nète.

Le tra­vail créa­tif a une belle part dans ce nu­mé­ro de de ligne en ligne : de la tra­duc­tion à la créa­tion d’uni­vers so­nores en pas­sant par le jeu vi­déo, il s’agit en­core et tou­jours d’un lent et pa­tient pro­ces­sus de trans­mu­ta­tion de ma­té­riaux di­vers, mots, per­cep­tions, idées, his­toires, ma­tières… À la lec­ture de l’in­ter­view de Joëlle Du­feuilly, la tra­duc­trice de László Krasz­na­hor­kai, on sai­sit ce qu’il entre à la fois de ri­gueur, d’aus­té­ri­té, et aus­si d’écoute et de sub­ti­li­té pour que s’opère ce mi­racle qu’est le pas­sage d’un texte lit­té­raire d’une langue à l’autre. Ces qua­li­tés sont aus­si le propre du de­si­gner so­nore ; un tra­vail mé­con­nu qui s’ap­pa­rente là en­core à une in­las­sable quête de jus­tesse.

La nou­velle édi­tion de Press Start, fes­ti­val an­nuel consa­cré au jeu vi­déo qui se dé­rou­le­ra du 18 au 29 avril, se­ra l’oc­ca­sion de vé­ri­fier que jouer est af­faire sé­rieuse ; qu’à re­bours des cli­chés sur l’abê­tis­se­ment et l’ad­dic­tion aux­quels le jeu vi­déo condam­ne­rait iné­luc­ta­ble­ment ceux qui s’y adonnent, il s’agit d’une pra­tique cultu­relle aux ver­tus pé­da­go­giques, cog­ni­tives, thé­ra­peu­tiques, voire ca­thar­tiques lors­qu’à la ma­nière du conte, il fait vivre des émo­tions fortes et pro­voque non seule­ment la peur ou la tris­tesse, mais aus­si l’at­ta­che­ment et l’empathie.

Fa­vo­ri­ser la com­pré­hen­sion mu­tuelle, créer du lien, une belle am­bi­tion qu’à tra­vers ses pro­po­si­tions de ren­contres, de dé­bats, de pro­jec­tions, d’ate­liers, la Bpi s’at­tache à culti­ver.

Ch­ris­tine Car­rier Di­rec­trice de la Bi­blio­thèque pu­blique d’in­for­ma­tion

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