RO­CA­MA­DOUR

Detours en France Hors-série - - Sommaire - TEXTE DE SO­PHIE DE­NIS

Vé­né­rée pour sa mys­té­rieuse Vierge noire, cette ci­té du Lot était au xiie siècle consi­dé­rée comme le qua­trième grand sanc­tuaire après Rome, Jé­ru­sa­lem et Saint-jacques-deCom­pos­telle. Pè­le­rins et tou­ristes s’y rendent tou­jours mas­si­ve­ment, stu­pé­faits par ce village qui s’ac­croche à la fa­laise. Ro­ca­ma­dour semble bous­cu­ler les lois de la pe­san­teur.

Quel cou­rage il a fal­lu pour éri­ger une ci­té d’une telle ver­ti­ca­li­té ! En ar­ri­vant par la route de l’hospitalet, Ro­ca­ma­dour in­flige tou­jours la même émo­tion de­vant l’in­vrai­sem­blance du site et l’au­dace de ses bâtisseurs. La ci­té du Lot s’agrippe comme par mi­racle à une fa­laise haute de 120 mètres au­des­sus d’un ca­nyon où coule la ri­vière l’al­zou.

SEPT SANC­TUAIRES

La ville a gar­dé sa struc­ture mé­dié­vale, re­flé­tant la hié­rar­chi­sa­tion des trois ordres : au som­met, le châ­teau ; à mi-hau­teur de la fa­laise, la ci­té re­li­gieuse ; les ha­bi­ta­tions sont, elles, re­grou­pées près de la ri­vière. De­puis le xiie siècle, les pè­le­rins se rendent à Ro­ca­ma­dour pour s’in­cli­ner de­vant saint Ama­dour (qui a don­né son nom au village) et une mys­té­rieuse Vierge noire. Met­tez alors vos pas dans ceux des pè­le­rins et em­prun­tez la Voie sainte qui dé­marre à l’hospitalet, ce ha­meau sur­plom­bant Ro­ca­ma­dour. Comme eux, vous al­lez pé­né­trer dans la ci­té par la porte du Fi­guier ( xiiie siècle) et prendre la rue unique (la rue des Cou­ron­ne­ries), où s’ache­taient au­tre­fois les ob­jets pieux. Les de­meures mé­dié­vales et Re­nais­sance de la place de la Car­re­ta, avec la Mai­son de la Louve et la Mai­son Hu­gon, sont tout sim­ple­ment ma­gni­fiques. Celles si­tuées vers la val­lée de l’al­zou ont des al­lures de mai­sons fortes : elles pro­té­geaient la ci­té d’éven­tuels as­sauts. Pour ac­cé­der à la ci­té re­li­gieuse, il faut grim­per les 216 marches du grand es­ca­lier – on dit qu’au­tre­fois les pè­le­rins les gra­vis­saient à ge­noux ! Il n’y a pas un sanc­tuaire à Ro­ca­ma­dour, mais… sept, or­ga­ni­sés au­tour d’un par­vis. Une vé­ri­table ci­té dans la ci­té, avec son pa­lais des Évêques néo­go­thique et sa place des Sen­hals.

AU COEUR DU MYS­TÈRE

Vi­si­tez en prio­ri­té la ba­si­lique Saint-sau­veur, la plus grande. Elle abrite la crypte où re­po­se­raient les re­liques de saint Ama­dour. Le corps de cet an­cien ser­vi­teur de la Vierge, de­ve­nu er­mite, au­rait été re­trou­vé in­tact en 1166. À cô­té, la cha­pelle Saint-mi­chel vaut le dé­tour pour ses fresques ro­manes du xiie siècle. Quant à la cha­pelle Notre-dame, blot­tie contre la fa­laise et re­cons­truite après un ébou­le­ment au xve siècle, elle abrite la fa­meuse Vierge noire en bois. Nous sommes dans la fa­laise, au coeur du mys­tère de Ro­ca­ma­dour, où fut peu­têtre cé­lé­bré le culte d’une déesse-mère il y a des mil­liers d’an­nées. Cette « grotte-temple » est à dé­cou­vrir hors sai­son : avec un mil­lion et de­mi de vi­si­teurs par an, Ro­ca­ma­dour est un des sites les plus vi­si­tés de France. ∫

Of­fice de tou­risme : L’hospitalet, 46500 Ro­ca­ma­dour. 05 65 33 22 00. www.ro­ca­ma­dour.com À la ver­ti­cale. Ro­ca­ma­dour, village per­ché, tient son nom de saint Ama­dour, un er­mite ser­vi­teur de la Vierge. Vue de­puis le che­min de ronde des rem­parts. Ce haut lieu de la chré­tien­té a été bâ­ti sur un flanc de fa­laise do­mi­nant la gorge de l’al­zou.

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