AIX-EN-PROVENCE

SAINT- SAUVEUR, LE PANACHE DES SIÈCLES

Detours en France Hors-série - - Sommaire - TEXTE DE HUGUES DEROUARD

La ca­thé­drale Saint-sauveur d’aix-en-provence, dont le haut clo­cher do­mine la vieille ville, peut sur­prendre tant elle fut re­ma­niée. Un bap­tis­tère du ve siècle, un élé­gant cloître du xiie siècle et un chef-d’oeuvre de la pein­ture du xve siècle : voi­ci au moins trois bonnes rai­sons de la vi­si­ter !

Ce qui frappe, lorsque l’on re­garde la fa­çade prin­ci­pale de la ca­thé­drale Saint-sauveur, c’est son as­pect com­po­site. L’édi­fice, qui se­rait bâ­ti sur un temple voué à Apol­lon, n’a ces­sé d’évo­luer entre le ve et le xviiie siècle. On y voit les ves­tiges du mur ro­main, le por­tail ro­man, le por­tail go­thique, presque Re­nais­sance avec ses guir­landes de fleurs sculp­tées. Sans ou­blier le bap­tis­tère du ve siècle, ados­sé à la ca­thé­drale : ce mo­nu­ment oc­to­go­nal consti­tue l’un des rares ves­tiges d’une église des pre­miers temps ch­ré­tiens. À l’in­té­rieur, c’est la même im­pres­sion de patch­work ar­chi­tec­tu­ral : le bas- cô­té droit est ro­man, la grande nef a été re­cons­truite dans un style go­thique pro­ven­çal à par­tir de 1285 et le bas- cô­té gauche est consti­tué d’une nef ba­roque ap­pe­lée Notre- Dame- de- l’es­pé­rance, édi­fiée entre 1694 et 1705 à par­tir de trois cha­pelles la­té­rales. Peu im­porte si vous êtes per­du par cette mul­ti­tude de ré­fé­rences ar­chi­tec­tu­rales, le charme contras­té de l’édi­fice opère très vite ! D’au­tant plus qu’un chef- d’oeuvre vous at­tend dans la deuxième tra­vée : le re­table

ATTENANT À LA CA­THÉ­DRALE, UN JOYAU D’UN GENRE DIF­FÉ­RENT SE DÉ­VOILE : LE CLOÎTRE RO­MAN.

du Buis­son ar­dent, com­man­dé en 1475 par le roi Re­né (qui était aus­si comte de Provence) au peintre Ni­co­las Fro­ment.

UN DIVIN CLOÎTRE RO­MAN

Ce trip­tyque, proche de l’art fla­mand, in­ter­prète la ré­vé­la­tion de Moïse quand Dieu lui ap­pa­rut. Le buis­son ar­dent, qui brûle sans se consu­mer, sym­bo­lise la vir­gi­ni­té de Ma­rie. Attenant à la ca­thé­drale, un joyau d’un genre dif­fé­rent se dé­voile : le cloître ro­man. Édi­fié à la fin du xiie siècle pour la mé­di­ta­tion des cha­noines, puis re­ma­nié au xviiie, il est com­po­sé de quatre ga­le­ries char­pen­tées à huit ar­cades. De fines co­lonnes portent des cha­pi­teaux his­to­riés sur des scènes de l’an­cien et du Nou­veau Tes­tament. À chaque angle, une sculp­ture fi­gure l’un des sym­boles des évan­gé­listes. Sur le pi­lier nord- est, une sta­tue­co­lonne re­pré­sente saint Pierre bran­dis­sant les clés du pa­ra­dis. Dans ce cloître de toute beau­té, nous n’en sommes pas loin !

Of­fice de tou­risme d’aix- en- Provence, 300, ave­nue Giu­seppe-ver­di, 13100 Aix- en- Provence. 04 42 161 161. www. aixen­pro­ven­ce­tou­rism.com

Ci- des­sous, la nef de la ca­thé­drale, de style go­thique pro­ven­çal. Saint-sauveur pré­sente trois ar­chi­tec­tures : la fa­çade de l'église ro­mane du xiie siècle, celle de la nef go­thique du xv et xvie siècles et le clo­cher oc­to­go­nal des et xve. xiv

Le bap­tis­tère de la ca­thé­drale aixoise, édi­fié à l’em­pla­ce­ment de l’an­cienne place du fo­rum d’aquae Sex­tiae (entre les ive et ve siècles), a une ar­chi­tec­ture rap­pe­lant l’an­ti­qui­té ro­maine.

Le cloître est cou­vert de ga­le­ries char­pen­tées. Les pi­liers d’angle ar­borent des sym­boles évan­gé­liques, comme cette sculp­ture de saint Pierre te­nant la clef du Pa­ra­dis.

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