Le dé­part du roi pour ver­sailles sonne le dé­clin du lou­vre­pa­lais

Detours en France Hors-série - - Du Palais Au Musée -

ébauche du châ­teau du Roi-so­leil ? « Le Brun, Le Vau : ces ar­tistes ont ex­plo­ré au Louvre des pistes qu’ils ont en­suite lar­ge­ment dé­ve­lop­pées à Ver­sailles. Au Louvre, le contexte était plus dif­fi­cile : il fal­lait faire du neuf avec du vieux. À Ver­sailles, tout était pos­sible. »

sans toi­ture, Le pa­lais prend L’eau

Bien­tôt, Louis XIV se pas­sionne pour Ver­sailles : Col­bert prend ou­vriers et ar­gent sur le chan­tier du Louvre pour nour­rir la nou­velle ma­rotte royale. Le dé­part du roi pour Ver­sailles sonne le dé­clin du Louvre-pa­lais. Les ailes nord, sud et est vont res­ter des an­nées sans toi­ture, l’eau s’in­filtre dans les bâ­ti­ments, même la Co­lon­nade va­cille. Pa­lais in­ache­vé, le Louvre de­vient un chef-d’oeuvre en pé­ril, abri­tant des lo­ge­ments de for­tune pour va­lets et jar­di­niers et, dans ses cours, bou­tiques et même bor­dels ! Des in­cen­dies s’y dé­clarent, ac­cen­tuant les dé­gra­da­tions. En 1749, Vol­taire fait grin­cer sa plume : « Louvre, pa­lais pom­peux dont la France s’ho­nore ! Sois digne de Louis, ton maître et ton ap­pui ; Sors de l’état hon­teux où l’uni­vers t’abhorre, Et dans tout ton éclat montre-toi comme lui. » Chef-d’oeuvre clas­sique du dé­but du règne de Louis XIV, la ga­le­rie d’apol­lon telle que nous la voyons au­jourd’hui a pour­tant né­ces­si­té 188 ans de chan­tier. Com­men­cé avec les pein­tures de Le Brun en 1663, le dé­cor s’achève en 1851 avec De­la­croix et la pein­ture du cais­son cen­tral re­pré­sen­tant le com­bat d’apol­lon contre le serpent Py­thon. La ga­le­rie d’apol­lon sym­bo­lise bien l’his­toire du pa­lais du Louvre : un chan­tier per­pé­tuel.

de vastes tra­vaux

Une autre pé­riode a pro­fon­dé­ment mar­qué le Louvre : le Se­cond Em­pire. En 1852, le prince-pré­sident Louis Na­po­léon Bo­na­parte en­tre­prend de vastes tra­vaux de ré­amé­na­ge­ment du Louvre en même temps qu’il quitte l’ély­sée pour s’ins­tal­ler aux Tui­le­ries. Dé­sir

d’ins­crire son règne dans une conti­nui­té avec la mo­nar­chie ? Be­soin de place aus­si, pour abri­ter mi­nis­tère d’état (aile Ri­che­lieu), ap­par­te­ments des­ti­nés aux chefs d’état et séances des as­sem­blées dans la salle des États (là où est ex­po­sée La Jo­conde, dans l’aile De­non). C’est sous cette salle que nous conduit Sophie : at­mo­sphère beau­coup plus feu­trée dans cet es­pace à l’en­tre­sol, qui abrite une par­tie des sculp­tures an­tiques des col­lec­tions his­to­riques. « Bien­ve­nue dans les écu­ries de Na­po­léon III ! »

une écu­rie de 140 che­vaux

Écu­ries, oui, mais im­pé­riales : des voûtes de brique et pierre aux cha­pi­teaux or­nés de têtes de che­vaux, de fines co­lonnes, un beau dal­lage au sol. « L’équi­ta­tion était très en vogue sous le Se­cond Em­pire. On a comp­té ici pas moins de 40 che­vaux de selle, une cen­taine pour l’at­te­lage et plus de trente voi­tures. » Sans comp­ter la ma­ré­cha­le­rie, une sel­le­rie, des lo­ge­ments pour les pa­le­fre­niers dis­po­sés tour au­tour de la cour Le­fuel. Les che­vaux étaient bien soi­gnés : les auges étaient en marbre et les râ­te­liers en cuivre do­ré !

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