MAGYD CHERFI

CHAN­TEUR MI­LI­TANT

Detours en France - - Grand Angle -

C’est l’his­toire d’un jeune mec qui li­sait Mau­pas­sant au pied de son HLM des Izards, dans la ban­lieue de Tou­louse. De­puis, Magyd Cherfi a connu le suc­cès avec son groupe de mu­sique Zeb­da : Tom­ber la che­mise, Le Bruit et l’odeur, Mo­ti­vés… Dans son ré­cit, Ma part de Gau­lois, il livre avec style son iti­né­raire. Ce­lui qui va de pair avec une iden­ti­té écar­te­lée entre le ghet­to et la so­cié­té fran­çaise, le par­ler de la rue et le goût des au­teurs du xixe siècle. Tou­louse ap­pa­raît en fi­li­grane, telle une terre quasi étran­gère : « Ce n’est qu’au ly­cée que j’ai dé­cou­vert Tou­louse, donc la France. Au­jourd’hui, je me sens Toulousain avant d’être Fran­çais. » Il ra­conte: « Les Izards, à l’époque, c’était au­tant le bé­ton que les cultures ma­raî­chères. Tou­louse est à la fois ville et vil­lage car la cam­pagne est toute proche, même si l’ur­ba­ni­sa­tion la re­pousse chaque fois un peu plus loin. »

En 2001, Zeb­da a été à l’ori­gine du mou­ve­ment ci­toyen bap­ti­sé Mo­ti­vé-e-s. Aux élec­tions mu­ni­ci­pales, la liste a ob­te­nu quatre sièges au conseil : « Il y a tou­jours eu un sé­di­ment contes­ta­taire fort à Tou­louse. Il n’y a qu’ici qu’on peut voir ou­vriers, ho­mos, fé­mi­nistes, ar­tistes et anars mar­cher en­semble. Ça couve et ça n’ex­plose que quand ça veut. Il y a, ici, une co­lère sourde. On a vite 100 000 per­sonnes dans les rues. Tou­louse est rouge, sans dire son nom. »

Ma part de Gau­lois est pa­ru en 2016 aux édi­tions Actes Sud. En 2017, Magyd Cherfi a sor­ti son troi­sième al­bum so­lo, Ca­té­go­rie reine, sous le la­bel LKP.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.