Conseils pour que le voyage au pair soit une belle ex­pé­rience.

POUR PAR­TA­GER AVEC SUC­CÈS LE QUO­TI­DIEN D’UNE FA­MILLE ÉTRANGÈRE DU­RANT PLU­SIEURS MOIS, IL CONVIENT DE CONNAÎTRE SES DROITS ET SES DE­VOIRS, MAIS AUS­SI NOUER DE BONNES RE­LA­TIONS AVEC SES HÔTES.

Dossier Familial - - SOMMAIRE - Par Ma­rie Zeyer

QUELLE EST LA MIS­SION DU JEUNE ?

Il s’oc­cupe des enfants de sa fa­mille d’ac­cueil. « S’ac­quit­ter des tâches mé­na­gères en lien avec les enfants fait par­tie du contrat, mais pas de faire le mé­nage de tout le foyer », pré­cise Bruno Bu­reau, di­rec­teur de l’agence Oli­ver Twist. En contre­par­tie, le jeune est nour­ri et lo­gé.

UN CONTRAT DE TRA­VAIL EST-IL EXI­GÉ ?

Non. Le sé­jour « au pair » est un échange cultu­rel for­ma­li­sé par un ac­cord. Il n’y a pas de contrat de tra­vail, mais des règles : le nombre d’heures heb­do­ma­daires dues à la fa­mille est de 30 heures en Eu­rope, 45 heures au maxi­mum aux États-unis. Le mon­tant de l’ar­gent de poche ver­sé par la fa­mille d’ac­cueil est de 65 à 80 eu­ros par se­maine en Eu­rope et 195 dol­lars (en­vi­ron 160 eu­ros) aux États-unis. Comp­tez au moins un jour et de­mi de re­pos par se­maine (cer­taines agences de pla­ce­ment en exigent deux). Le jeune bé­né­fi­cie de l’as­su­rance so­ciale du pays d’ac­cueil. Bon à sa­voir : la France, l’al­le­magne et l’ita­lie font par­tie des si­gna­taires de l’« Ac­cord de pla­ce­ment au pair d’un sta­giaire aide fa­mi­lial », qui for­ma­lise les obli­ga­tions de la fa­mille d’ac­cueil et de la per­sonne au pair (Cer­fa n° 61-2116).

Je suis de­ve­nue la « grande soeur » française

EN QUOI CONSISTE LA FOR­MULE DE­MI-PAIR ?

Moins connue que la for­mule au pair, elle met l’ac­cent sur la for­ma­tion lin­guis­tique. Nour­ri et lo­gé, le jeune est re­de­vable de 15 à 20 heures de tra­vail do­mes­tique par se­maine, ce qui lui per­met de suivre des cours in­ten­sifs de langue.

QUEL PRO­FIL FAUT-IL AVOIR ?

La grande ma­jo­ri­té des mis­sions au pair reste confiée aux filles. « On ar­rive à pla­cer quelques gar­çons en Eu­rope. Aux États-unis, c’est très dif­fi­cile », confirme Bruno Bu­reau. L’âge re­quis est de 18 à 26 ans aux États-unis, 17 à 29 ans en Eu­rope même si, dans la pra­tique, « les

fa­milles re­chignent à ac­cueillir un mi­neur ». Le bre­vet d’ap­ti­tude aux fonc­tions d’ani­ma­teur (BA­FA) n’est pas obli­ga­toire, mais une ex­pé­rience d’en­ca­dre­ment d’enfants (ba­by­sit­ting, etc.) est attendue. Les fa­milles exigent de plus en plus des jeunes non fu­meurs.

QUELLE DES­TI­NA­TION CHOI­SIR ?

Si la Grande-bre­tagne et l’ir­lande res­tent les deux des­ti­na­tions les plus pri­sées, l’aus­tra­lie et la Nou­velle-zé­lande gagnent du ter­rain, of­frant

« de belles ex­pé­riences, mais elles sont à conseiller aux jeunes dé­jà ma­tures. En cas de coup de blues, la fa­mille est loin et, dans cer­tains lieux re­cu­lés, le wi­fi passe mal », pré­vient Bruno Bu­reau.

COMMENT TROU­VER UNE FA­MILLE D’AC­CUEIL ?

Gare aux annonces qui cir­culent li­bre­ment sur in­ter­net. « Les fa­milles ne sont pas contrô­lées. En cas de pro­blème, il n’existe pas de re­cours », alerte An­nie Rou­gier, se­cré­taire de l’union française des agences au pair. Un conseil : contac­tez un or­ga­nisme de sé­jours au pair.

« Nous vé­ri­fions les ré­fé­rences des fa­milles, or­ga­ni­sons la mise en re­la­tion, le sui­vi et veillons à ce que les jeunes ne soient pas ex­ploi­tés », as­sure An­nie Rou­gier. Ce ser­vice coûte entre 300 et 450 eu­ros au to­tal se­lon la des­ti­na­tion et la du­rée du sé­jour. À titre d’exemple, Oli­ver Mé­la­nie BÉLURIER, 22 ans, a sé­jour­né un an aux États-unis À la fin de ma deuxième an­née d’études d’an­glais à l’uni­ver­si­té de Bor­deaux, j’ai eu en­vie de par­tir aux États-unis pour par­ta­ger le quo­ti­dien d’un mé­nage amé­ri­cain. Pour trou­ver une fa­mille, je suis pas­sée par une agence, Au Pair in Ame­ri­ca. Les sé­jours au pair aux États-unis sont très en­ca­drés: il est obli­ga­toire d’uti­li­ser un or­ga­nisme agréé par le dé­par­te­ment d’état. Ma fa­mille d’ac­cueil, ba­sée à San Jo­sé, en Ca­li­for­nie, était mo­no­pa­ren­tale: une ma­man et ses deux filles de 10 et 13 ans. Âgée de 20 ans à l’époque, je suis ra­pi­de­ment de­ve­nue la «grande soeur». Mon tra­vail consis­tait sur­tout à conduire les enfants à droite et à gauche: école, ac­ti­vi­tés ex­tra­s­co­laires… Du­rant un se­mestre, j’ai sui­vi des cours d’an­glais à rai­son de trois heures par jour. Aux États-unis, les fa­milles d’ac­cueil sont te­nues de ver­ser 500 eu­ros pour fi­nan­cer une for­ma­tion lin­guis­tique à leur jeune au pair. Mais comme le coût de la vie est éle­vé en Ca­li­for­nie, je n’ai pas pu fi­nan­cer un se­cond se­mestre de cours. Je suis ren­trée en France, il y a un an, pour ter­mi­ner ma li­cence d’an­glais et je pro­jette de re­par­tir aux États-unis mais, cette fois, pour tra­vailler.

Twist fac­ture 120 eu­ros les frais de dossier, aux­quels s’ajoutent 180 eu­ros (Eu­rope) ou 280 eu­ros (Océa­nie) pour le sui­vi. Un dé­part s’an­ti­cipe au moins trois mois à l’avance. Au mo­ment du choix de la fa­mille, « le bon contact doit l’em­por­ter sur la lo­ca­li­sa­tion géo­gra­phique, car c’est avec la fa­mille que l’on va pas­ser du temps », conseille Bruno Bu­reau.

QUELLES SONT LES DIF­FI­CUL­TÉS FRÉ­QUEM­MENT REN­CON­TRÉES PAR LE JEUNE ?

« Il a par­fois le mal du pays. S’oc­cu­per d’enfants dans une langue étrangère, c’est dif­fi­cile, dit

An­nie Rou­gier. Mais la ma­jo­ri­té des pro­blèmes ré­sulte d’un manque de com­mu­ni­ca­tion entre une fa­mille qui a ses ha­bi­tudes et un jeune qui n’ose pas po­ser de ques­tions. »

En Eu­rope, les jeunes peuvent tra­vailler au pair jus­qu’à 29 ans.

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