Au­cune de mes chèvres an­go­ras ne ter­mine à l’abat­toir

Joëlle BADOIL, 43 ans, éle­veuse et créa­trice de vê­te­ments dans la Loire

Dossier Familial - - AVOIR DES PROJETS -

Un jour, on a of­fert à mon père une chèvre angora qui est morte ra­pi­de­ment. Sur in­ter­net, j’ai dé­cou­vert que l’ani­mal est fra­gile, mais que sa laine per­met de pro­duire une fibre très luxueuse: le mohair. L’idée a vite fait son chemin. J’étais com­mer­ciale dans le sec­teur de la res­tau­ra­tion, je ga­gnais bien ma vie mais je pas­sais mon temps dans les hô­tels. Une vraie vie de pa­ta­chon! En 2012, j’ai dé­ci­dé de pas­ser un BPREA (bre­vet pro­fes­sion­nel res­pon­sable d’en­tre­prise agri­cole), di­plôme de ni­veau bac avec stage de six mois, en pre­nant un congé de for­ma­tion. Puis j’ai né­go­cié une rup­ture conven­tion­nelle qui m’a ou­vert des droits au chô­mage. J’ai ven­du mai­son et mo­to pour concré­ti­ser mon pro­jet. J’ai dé­mar­ré en 2015. Il ne faut pas avoir peur de l’in­sé­cu­ri­té! Mais ma vie est tel­le­ment mieux et plus utile.

Mon éle­vage de soixante chèvres an­go­ras im­plan­té à Cha­zelles-sur-lyon est éthique et éco­lo­gique, pas in­ten­sif. Après quatre ans et beau­coup d’éner­gie dé­ployée, j’ai lan­cé ma marque de vê­te­ments Ten­dan­ce­mo­hair.com. Au­jourd’hui, je fais par­tie d’une coo­pé­ra­tive d’une cen­taine d’éle­veurs. Notre mohair est cer­ti­fié sur la base de règles strictes. Tous les pro­duits sont trans­for­més en France.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.