Que valent les contrôles tech­niques low cost ?

DE PLUS EN PLUS SÉ­VÈRE ET ONÉ­REUSE, LA VI­SITE TECH­NIQUE DURCIRA SON TEST DE POL­LU­TION EN JAN­VIER 2019. DANS CE CONTEXTE, PEUT-ON CROIRE AUX PRO­MESSES DE CONTRÔLE TECH­NIQUE GRA­TUIT OU À PE­TIT PRIX?

Dossier Familial - - SOMMAIRE - Par Jean Sa­va­ry

LA GRA­TUI­TÉ EN ÉCHANGE DE DON­NÉES PER­SON­NELLES

Le prin­cipe. Après vous être ins­crit sur le site Con­tro­le­tech­ni­que­gra­tuit.com, avoir choi­si votre centre de contrôle et lais­sé vos nu­mé­ros de carte ban­caire, vous de­vez four­nir de nom­breuses don­nées per­son­nelles. Im­pos­sible d’in­ven­ter : il s’agit de scan­ner carte verte, contrat et re­le­vé d’as­su­rance, carte grise, per­mis, fac­tures de ré­vi­sion ou de ré­pa­ra­tion et car­net d’en­tre­tien, rap­port du der­nier contrôle tech­nique, voire avis d’im­pôt sur le re­ve­nu. Plus le dos­sier contient de do­cu­ments, plus la ré­duc­tion sur le contrôle tech­nique est im­por­tante, jus­qu’au rem­bour­se­ment in­té­gral. « C’est le cas pour en­vi­ron un tiers des ins­crits, af­firme Jo­na­than Ha­bersz­trau, fon­da­teur du site. Un autre tiers ob­tient des ré­duc­tions al­lant de 15 à 70 %. En­fin, un der­nier tiers paie plein ta­rif soit parce que les do­cu­ments nu­mé­ri­sés ne sont pas four­nis, soit parce que la de­mande de rem­bour­se­ment n’est pas rem­plie. » Ces don­nées sont en­suite trans­mises à des en­tre­prises clientes du site : as­su­reurs, or­ga­nismes de cré­dit, man­da­taires, conces­sion­naires… « Nous sommes ré­mu­né­rés à la com­mis­sion sur les contrats si­gnés par notre en­tre­mise », ex­plique Jo­na­than Ha­bersz­trau.

Les con­traintes.

Outre le fait de de­voir scan­ner tout un tas de do­cu­ments, vous de­vez pas­ser par un centre de contrôle par­te­naire. Ils sont peu nom­breux, et même ab­sents des zones ru­rales. En cas de contre-vi­site, vous vous en­ga­gez à faire pro­cé­der aux ré­pa­ra­tions chez un par­te­naire du site. « J’ai dû payer 40 eu­ros pour rem­pla­cer un col­lier d’échap­pe­ment alors que j’au­rais pu le faire moi-même en vingt mi­nutes », té­moigne Jé­ré­my.

Les li­mites

Co­cher « oui » aux cases pro­po­sant d’être contac­té par les par­te­naires du site ex­pose à re­ce­voir de nom­breux SMS, ap­pels et cour­riels.

Le plan­ning des centres de contrôle et ce­lui du site n’étant pas re­liés en di­rect, le ren­dez-vous peut être re­por­té. Sans ré­ac­tion ra­pide au mail de­man­dant le re­port, la somme est dé­bi­tée. De votre cô­té, vous ne pour­rez mo­di­fier l’ho­raire qu’au moins cinq jours à l’avance, sur le site im­pé­ra­ti­ve­ment. Im­pos­sible de té­lé­pho­ner, tous les échanges se fai­sant par mail. Un manque de sou­plesse qui ex­plique les nom­breux té­moi­gnages sur in­ter­net fai­sant état de litiges avec le site. Li­sez bien les condi­tions générales !

La ré­duc­tion de prix se­ra mo­dique si votre voi­ture est ré­cente, avec peu de fac­tures

d’en­tre­tien et au­cun bi­lan de contrôle. « Ma voi­ture n’a que 4 ans, et je n’ai eu que 15 eu­ros de ré­duc­tion, dé­plore Da­mien. Comme le prix de base était éle­vé, j’au­rais pu trou­ver moins cher ailleurs et sans rem­plir de ques­tion­naire. »

DES RÉ­DUC­TIONS AUX HEURES CREUSES

Le prin­cipe. Pour évi­ter de payer leurs tech­ni­ciens à perte, Ctea­sy.com per­met aux centres de contrôle tech­nique de bra­der leurs heures creuses. Ren­du cé­lèbre par son ti­rage au sort pour des contrôles à 1 eu­ro (un seul par mois), le site re­groupe les offres de 250 centres avec des ré­duc­tions al­lant de 8 à 50 %. Les plus gros ra­bais s’ob­tiennent en ré­ser­vant six mois à l’avance par­mi les dates et ho­raires pro­po­sés. Cer­tains centres soldent les pre­miers ren­dez-vous (8 h ou 8 h 45), d’autres en mi­lieu de ma­ti­née ou d’après-mi­di. Vous re­ce­vrez un SMS de rap­pel la veille.

Les con­traintes. Il faut payer dès la ré­ser­va­tion. Même en sous­cri­vant l’op­tion « Mo­di­fi­ca­tion de ren­dez-vous » moyen­nant 1 eu­ro, vous ne pour­rez le dé­ca­ler qu’une seule fois et au mi­ni­mum qua­rante-huit heures avant.

« J’ai dû an­nu­ler la veille pour gar­der mon fils ma­lade, ra­conte Bé­né­dicte. On ne m’a pas rem­bour­sée et j’ai dû prendre un autre ren­dez­vous, certes en­core moins cher. » L’op­tion n’est dis­po­nible que si le jour choi­si est au-de­là des qua­torze jours du dé­lai lé­gal de ré­trac­ta­tion.

Les li­mites

Les centres de contrôle tech­nique par­ti­ci­pants sont peu nom­breux dans les zones ru­rales.

Si vous avez des ques­tions, vous de­vrez vous conten­ter d’une fe­nêtre de « chat » qui ap­pa­raît aux heures ou­vrables sur le site.

« Le client “nor­mal” a prio­ri­té sur le client “dis­count” qui peut voir son ren­dez-vous re­por­té, com­mente Pierre Chas­se­ray, dé­lé­gué gé­né­ral de l’as­so­cia­tion 40 mil­lions d’au­to­mo­bi­listes. En fait, il est plus sûr de né­go­cier soi-même son ra­bais avec le centre de contrôle tech­nique proche de chez soi, en se dé­cla­rant souple sur l’ho­raire ou prêt à ac­cep­ter un ren­dez-vous de der­nière mi­nute. »

L’obli­ga­tion est bis­an­nuelle pour toutes les voi­tures au moins trois ans et de­mi après leur pre­mière im­ma­tri­cu­la­tion.

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