Tra­vaux, comment évi­ter les en­nuis ?

TOUT LE MONDE N’A PAS LA FIBRE MANUELLE. MAL­HEU­REU­SE­MENT, CONFIER LA RÉ­FEC­TION DE SON LO­GE­MENT À DES PRO­FES­SION­NELS NE GA­RAN­TIT PAS D’ÊTRE SA­TIS­FAIT. VOI­CI CE QU’IL FAUT DE­MAN­DER AUX AR­TI­SANS POUR OB­TE­NIR UN TRA­VAIL BIEN FAIT, POSTE PAR POSTE.

Dossier Familial - - SOMMAIRE - Par Pau­line Clé­ment

RE­FAIRE LA SALLE DE BAINS

Le risque prin­ci­pal. Une étan­chéi­té mal faite, et l’eau s’in­filtre sous la douche, sous le car­re­lage. Les murs se dé­gradent, les pein­tures s’ef­fritent, vous inon­dez le voi­sin du des­sous et vous ris­quez des dom­mages élec­triques. « Il est même ar­ri­vé que le plan­cher s’ef­fondre », ra­conte Syl­vie Mar­cilly, avo­cate au bar­reau de Pa­ris. La re­mise en état peut coû­ter plu­sieurs mil­liers d’eu­ros.

Pour l’évi­ter. « Seul un plom­bier doit rac­cor­der le si­phon d’une douche à l’ita­lienne à l’éva­cua­tion, car c’est as­sez com­pli­qué », conseille Phi­lippe Le Roy, maître d’oeuvre et pré­sident de l’union na­tio­nale de l’ar­chi­tec­ture et des maîtres d’oeuvre. L’ins­tal­la­teur doit aus­si pré­voir une natte d’étan­chéi­té sur le sol et sur le mur jus­qu’à un mètre de hau­teur au moins, sous le car­re­lage. » Autre con­seil, si vous faites po­ser une bai­gnoire en to­plax, très lé­gère, « il faut la rem­plir d’eau et en­trer de­dans avant de po­ser le car­re­lage car elle peut s’af­fais­ser un peu.

Or, si le car­re­lage a dé­jà été po­sé, un jour se for­me­ra, avec à la clé des in­fil­tra­tions d’eau ». En­fin, une ven­ti­la­tion est in­dis­pen­sable dans la salle de bains et le cir­cuit élec­trique doit être main­te­nu à dis­tance des pro­jec­tions d’eau.

AMÉ­NA­GER LA CUI­SINE

Le risque prin­ci­pal. Des me­sures mal prises, des tuyaux gê­nants ou des murs ir­ré­gu­liers qui n’ont pas été pris en compte : les meubles ou le plan de tra­vail ne s’ajustent pas. Plu­sieurs mil­liers d’eu­ros sont en jeu.

Pour l’évi­ter. Un cui­si­niste ou un ins­tal­la­teur pro­fes­sion­nel sé­rieux ne se conten­te­ra ja­mais de me­sures prises par vos soins ou d’un simple plan d’ar­chi­tecte. Il vien­dra sur place vé­ri­fier les cotes. Dans ce cas, si le cui­si­niste s’est trom­pé en pre­nant les me­sures ou en com­man­dant les meubles, il doit re­com­man­der les bons mo­dèles à ses frais. « Mais si vous avez four­ni les me­sures vous-même, comme pré­vu par le contrat, vous ne pour­rez rien exi­ger de lui », rap­pelle Da­vid Ro­drigues, ju­riste à la CLCV. Par ailleurs, mieux vaut lui confier toute la cui­sine, y com­pris l’élec­tro­mé­na­ger, pour ne pas ris­quer d’ache­ter des ap­pa­reils qui ne s’in­té­gre­raient pas ou dont les portes ne s’ou­vri­raient pas dans le bon sens.

INS­TAL­LER UN POÊLE À BOIS

Le risque prin­ci­pal. L’ache­ter dans une foire ou un sa­lon, par exemple, et ne pas pou­voir l’ins­tal­ler dans la pièce en rai­son des contraintes tech­niques. « Le conduit de fu­mée doit être ins­tal­lé à douze cen­ti­mètres au moins des poutres en bois de la char­pente, avec un dou­blage ig­ni­fu­gé à 38 cm mi­ni­mum des cloi­sons, et une prise d’air doit être faite sous le poêle », rap­pelle Phi­lippe Le Roy. Une

mau­vaise ins­tal­la­tion risque de noir­cir le mur, et même de cau­ser un in­cen­die.

Pour l’évi­ter. Ache­ter le poêle à bois à un ins­tal­la­teur agréé par un fa­bri­cant et as­su­ré pour cette ac­ti­vi­té de fu­mis­te­rie. « Il vous fe­ra bé­né­fi­cier de la ga­ran­tie dé­cen­nale sur les tra­vaux », conseille Phi­lippe Le Roy.

ABATTRE UNE CLOI­SON

Le risque prin­ci­pal. Fra­gi­li­ser la struc­ture de la mai­son ou de l’im­meuble. Connu pour les murs por­teurs, ce risque existe aus­si dans les vieux bâ­ti­ments pour des cloi­sons non por­teuses au dé­part mais qui le sont de­ve­nues au fil des an­nées. « En sup­pri­mant une cloi­son pour­tant non por­teuse, une en­tre­prise a vu la char­pente s’af­fais­ser, em­por­tant la fa­çade de l’im­meuble », ra­conte Syl­vie Mar­cilly. Or, en cas de pro­blème, en tant que maître d’ou­vrage qui a com­man­dé les tra­vaux, vous êtes res­pon­sable. » Les dé­gâts peuvent se chif­frer en cen­taines de mil­liers d’eu­ros.

Pour l’évi­ter. Dès que vous tou­chez à un mur, faites in­ter­ve­nir un maître d’oeuve. À dé­faut, faites au moins ap­pel à un ma­çon.

« Et vé­ri­fiez tou­jours que l’en­tre­prise char­gée de la dé­mo­li­tion est bien as­su­rée pour les tra­vaux tou­chant à la struc­ture de l’édi­fice », conseille l’avo­cate.

CHAN­GER LES PEIN­TURES

Les risques prin­ci­paux. Si l’en­tre­prise ne pré­pare pas cor­rec­te­ment le mur avant de peindre (en­duit, sé­chage, pon­çage), les trous et an­ciennes cou­leurs peuvent se voir net­te­ment ou des cloques se for­mer, une fois le chan­tier

ter­mi­né. La nou­velle pein­ture risque de ne pas ac­cro­cher à l’an­cienne et peut s’écailler ra­pi­de­ment, sur­tout si le peintre n’a pas ap­pli­qué la couche d’im­pres­sion né­ces­saire pour fixer une pein­ture aqueuse nou­velle gé­né­ra­tion sur une pein­ture an­cienne à base de sol­vant, au­jourd’hui in­ter­dite. Il se peut aus­si que la cou­leur que vous aviez choi­sie ne soit fi­na­le­ment pas sa­tis­fai­sante.

Pour les évi­ter. Dès la pre­mière ren­contre avec le peintre, in­sis­tez sur le les­si­vage des murs et le tra­vail de pré­pa­ra­tion à faire, qui doivent être men­tion­nés dans le de­vis.

« Après la pre­mière couche de pein­ture, vé­ri­fiez que le sup­port est bien lisse à la lu­mière du jour mais aus­si de nuit, en éclai­rant avec une lu­mière forte les sur­faces trai­tées, pour faire res­sor­tir les ir­ré­gu­la­ri­tés », conseille Phi­lippe Le Roy. Quant à la cou­leur, pré­ci­sez vos sou­haits dans le de­vis, et de­man­dez un es­sai gran­deur na­ture, sur un mur en­tier, avant l’achat de la pein­ture.

PO­SER UN NOU­VEAU RE­VÊ­TE­MENT DE SOL

Les risques prin­ci­paux. Le plan­cher n’étant pas lisse, toutes les ir­ré­gu­la­ri­tés ap­pa­raissent sur le par­quet po­sé par-des­sus. Ou bien ce der­nier gon­dole et se dé­tache car il ne sup­porte pas le plan­cher chauf­fant. Ou en­core, les lattes se dé­collent, car vous avez fait re­faire la chape, mais l’ar­ti­san ne l’ayant pas lais­sé sé­cher, l’eau conti­nue à s’éva­po­rer et dé­chausse les lattes. À chaque fois, re­mettre les choses en ordre peut coû­ter plus de 10 000 eu­ros. Autre dé­boire pos­sible, dont té­moigne Syl­vie, de Pa­ris : « Pour po­ser mon nou­veau par­quet, le po­seur s’est ca­lé sur la fe­nêtre. Or, elle n’était pas droite. Le dé­ca­lage était peu per­cep­tible au dé­part, mais à l’ar­ri­vée, il at­teint deux cen­ti­mètres par rap­port au mur et se voit net­te­ment. » Le car­re­lage peut éga­le­ment po­ser pro­blème. S’il sonne creux lorsque vous ta­po­tez des­sus, l’en­col­lage a été mal réa­li­sé, les car­reaux

risquent de se cas­ser. « At­ten­tion aus­si aux fis­sures quand vous le po­sez sur un plan­cher chauf­fant », aver­tit Da­vid Ro­drigues.

Pour les évi­ter. « Si votre sol est car­re­lé, mieux vaut par­fois po­ser le par­quet di­rec­te­ment sur ce car­re­lage, car si on ar­rache ce­lui-ci, la chape part avec, ex­plique Phi­lippe

Le Roy. Ce­la évite d’avoir à re­prendre la sur­face sur deux à trois cen­ti­mètres (ra­gréer) pour qu’elle re­de­vienne plane », voire d’avoir à re­faire toute la chape. Pour un lo­ge­ment équi­pé d’un plan­cher chauf­fant, pré­ci­sez au pro­fes­sion­nel s’il s’agit d’un plan­cher élec­trique ou à cir­cu­la­tion d’eau.

« Il fau­dra choi­sir un par­quet adap­té, qui se­ra obli­ga­toi­re­ment col­lé. Le par­quet flot­tant, dans ce cas, est à ban­nir », si­gnale Phi­lippe Le Roy.

Pour une prise de me­sures im­pec­cable, adres­sez-vous plu­tôt à un cui­si­niste !

Po­ser du par­quet ? Pas si simple, par­fois…

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