Les so­lu­tions pour bien vieillir à do­mi­cile

LA PERTE D’AU­TO­NO­MIE CONSTI­TUE UN OBS­TACLE AU MAIN­TIEN DE LA PER­SONNE ÂGÉE DANS SON LO­GE­MENT. MAIS IL EST POS­SIBLE DE LE LE­VER EN COMBINANT DES AIDES HU­MAINES, TECH­NIQUES ET FI­NAN­CIÈRES.

Dossier Familial - - SOMMAIRE - Par Ro­sine Maio­lo

AMÉ­NA­GER ET ADAP­TER LE LO­GE­MENT

De simples amé­na­ge­ments per­mettent de sé­cu­ri­ser ef­fi­ca­ce­ment l’ha­bi­tat

(voir in­fo­gra­phie page 37). Par­fois, des tra­vaux ou des achats plus im­por­tants se ré­vèlent né­ces­saires. Heu­reu­se­ment, des aides sont ac­cor­dées.

Par exemple, si vous ins­tal­lez chez vous un équi­pe­ment sa­ni­taire pour per­sonnes âgées (la­va­bo à hau­teur ré­glable, W.-C. sur­éle­vé, siège de douche mu­ral, ca­bine de douche in­té­grale, etc.) ou un équi­pe­ment de sé­cu­ri­té et d’ac­ces­si­bi­li­té (barre de main­tien, re­vê­te­ment de sol an­ti­dé­ra­pant, ap­pa­reil élé­va­teur ver­ti­cal avec pla­te­forme, com­mande à dis­tance, vo­lets rou­lants élec­triques), vous avez droit à un cré­dit d’im­pôt. Il s’élève à 25 % du prix TTC (ins­tal­la­tion com­prise) fac­tu­ré par l’en­tre­prise, re­te­nu dans la li­mite de

5 000 eu­ros pour une per­sonne seule et de 10 000 eu­ros pour un couple. L’agence na­tio­nale pour l’amé­lio­ra­tion de l’ha­bi­tat (ANAH) ac­corde, sous condi­tions, des sub­ven­tions. Pour en bé­né­fi­cier, il faut être pro­prié­taire oc­cu­pant d’un lo­ge­ment de plus de quinze ans et dis­po­ser de res­sources très mo­destes (re­ve­nu fis­cal de ré­fé­rence, RFR, com­pris entre 14 508 et 47 279 eu­ros se­lon la zone géo­gra­phique et la com­po­si­tion du mé­nage) ou mo­destes (RFR com­pris entre 18 598 et 57 555 eu­ros). L’aide est égale à 50 % ou 35 % du mon­tant des tra­vaux hors taxes en cas de res­sources très mo­destes ou mo­destes, soit res­pec­ti­ve­ment 10 000 eu­ros et 7 000 eu­ros au maxi­mum. Pen­sez aus­si à con­tac­ter la caisse de re­traite de base – elle fi­nance des amé­na­ge­ments spé­ci­fiques pour le lo­ge­ment – et les

Car­sat (caisses d’as­su­rance re­traite et de la san­té au tra­vail) qui dé­livrent des kits de pré­ven­tion avec des pe­tits équi­pe­ments, comme une main cou­rante. Les caisses de re­traite com­plé­men­taire Agirc-arr­co, elles, pro­posent la ve­nue à do­mi­cile d’un er­go­thé­ra­peute. Ce­lui-ci a pour mis­sion de réa­li­ser un bi­lan per­son­na­li­sé avec des pré­co­ni­sa­tions en ma­tière de mo­di­fi­ca­tion des com­por­te­ments, d’uti­li­sa­tion de ma­té­riel tech­nique et d’amé­na­ge­ment du do­mi­cile, tout en te­nant compte de la fa­çon de vivre de la per­sonne âgée.

OR­GA­NI­SER L’IN­TER­VEN­TION DES PRO­FES­SION­NELS

De nom­breuses aides pal­lient la perte d’au­to­no­mie de la per­sonne âgée, avec la pré­pa­ra­tion des re­pas, le mé­nage, l’en­tre­tien du linge, les courses, les ser­vices de por­tage

de re­pas, un boî­tier de té­léas­sis­tance… « Nous nous dé­pla­çons au do­mi­cile pour éta­blir un plan d’in­ter­ven­tion adap­té à la si­tua­tion, ex­plique Mar­tine Gaboyer, pré­si­dente de la fé­dé­ra­tion

ADMR (Admr.org) de la Sarthe. Il ne s’agit pas de tout faire à la place de la per­sonne âgée, mais d’ac­com­pa­gner sa perte d’au­to­no­mie. Quand il y a un po­ten­tiel, il faut le main­te­nir, et même le faire pro­gres­ser. Ain­si, nous n’ins­tau­rons pas une li­vrai­son de re­pas chaque jour si, avec un peu d’aide, la per­sonne peut pré­pa­rer ses propres re­pas. » Quant au fi­nan­ce­ment, il est sou­vent as­su­ré, en par­tie au moins, par l’al­lo­ca­tion per­son­na­li­sée d’au­to­no­mie (APA, voir ci-après). Pour le reste, un cré­dit d’im­pôt égal à 50 % des

dé­penses an­nuelles re­te­nues dans une cer­taine li­mite (com­prise entre 12000 et 20000 eu­ros se­lon les cas) est ac­cor­dé à toute per­sonne re­cou­rant à un ser­vice d’aide à do­mi­cile (par l’in­ter­mé­diare d’une en­tre­prise ou d’une as­so­cia­tion) ou em­ployant une aide à do­mi­cile. La perte d’au­to­no­mie conduit par­fois à d’autres

be­soins. « Se­lon le ni­veau de dé­pen­dance, le main­tien à do­mi­cile est in­en­vi­sa­geable sans soins, ex­plique Bar­ba­ra Col­lin, di­rec­trice

de SSIAD. Un SSIAD est un ser­vice de soins in­fir­miers qui in­ter­vient sept jours sur 7 à do­mi­cile se­lon le plan de soins éta­bli lors de la vi­site d’éva­lua­tion par l’in­fir­mier co­or­di­na­teur et d’après les pres­crip­tions du mé­de­cin. » Il est com­po­sé d’in­fir­miers et d’aides-soi­gnants qui réa­lisent la toi­lette, l’ha­billage, des soins mé­di­caux, la prise de mé­di­ca­ments, etc. Avan­tage par rap­port aux ser­vices pro­po­sés

par les in­fir­miers li­bé­raux, le SSIAD tra­vaille sou­vent avec des par­te­naires (ki­né­si­thé­ra­peute, po­do­logue, pé­di­cure, coif­feur, ser­vices

à do­mi­cile…). « Nous co­or­don­nons les in­ter­ve­nants de fa­çon à of­frir les meilleurs ser­vices au bé­né­fi­ciaire et à as­su­rer son main­tien à do­mi­cile, tout en sou­la­geant ses proches ai­dants », conclut Bar­ba­ra Col­lin. Les soins dé­li­vrés par les SSIAD sont pris en charge à 100 % par l’as­su­rance-ma­la­die.

DE­MAN­DER L’APA

L’al­lo­ca­tion per­son­na­li­sée d’au­to­no­mie (APA) est ver­sée par le con­seil dé­par­te­men­tal aux per­sonnes âgées de plus de 60 ans dont la perte d’au­to­no­mie les em­pêche d’ac­com­plir seules les gestes élé­men­taires de la vie quo­ti­dienne. Son mon­tant dé­pend du de­gré de dé­pen­dance. Seules les per­sonnes clas­sées dans les groupes 1 à 4 de la grille AGGIR (ser­vant à me­su­rer la perte d’au­to­no­mie) peuvent en bé­né­fi­cier. Afin d’éva­luer le ni­veau de dé­pen­dance et d’éta­blir un plan d’aide, une équipe mé­di­co­so­ciale du dé­par­te­ment se rend chez le de­man­deur. Au 1er jan­vier 2018, le mon­tant maxi­mal du plan d’aide va­rie pour une per­sonne seule de 665,60 eu­ros par mois (GIR 4) à 1 719,93 eu­ros (GIR 1). L’APA n’est pas ac­cor­dée sous condi­tion de res­sources, mais une par­ti­ci­pa­tion fi­nan­cière est de­man­dée dès lors que les re­ve­nus men­suels du bé­né­fi­ciaire ex­cèdent 802,93 eu­ros.

MO­BI­LI­SER L’EN­TRAIDE FA­MI­LIALE

Si les res­sources du pa­rent et les aides qu’il re­çoit se ré­vèlent in­suf­fi­santes, les en­fants sont ap­pe­lés à la res­cousse. Gé­né­ra­le­ment, cette en­traide fa­mi­liale s’ef­fec­tue spon­ta­né­ment, pour la prise en charge d’une par­tie du loyer, des fac­tures, des im­pôts, des courses, de l’aide à do­mi­cile. Les plus ré­cal­ci­trants peuvent se voir con­traints par la jus­tice à ver­ser une pen­sion ali­men­taire à leur pa­rent. Car, ve­nir en aide à son père ou sa mère dans le be­soin est une obli­ga­tion lé­gale; on parle d’obli­ga­tion ali­men­taire. L’idéal est de dia­lo­guer en fa­mille. Cha­cun peut pro­po­ser son aide (en na­ture ou en ar­gent) en fonc­tion de ses moyens.

Un ac­com­pa­gne­ment co­or­don­né où pro­fes­sion­nels et proches se re­laient fa­vo­rise le bien-vieillir à do­mi­cile.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.