SPÉ­CI­FI­CI­TÉS ET ÉVO­LU­TIONS DU C2 DES OPÉ­RA­TIONS AÉ­RIENNES QUELLES PERS­PEC­TIVES ?

DSI Hors-Série - - QUELS DEFIS ? - Pa­trick BOUHET

Nous pou­vons consi­dé­rer qu’en 1918 le contrôle exer­cé sur les opé­ra­tions est

in­exis­tant dans le champ tac­tique bas. En re­vanche, les avan­tages d’une cen­tra­li­sa­tion pour la pla­ni­fi­ca­tion, l’ob­ten­tion de la concen­tra­tion des moyens et des ef­forts, en ti­rant no­tam­ment par­ti de la sou­plesse d’em­ploi des moyens aé­riens qui peuvent bas­cu­ler ra­pi­de­ment leur point d’ap­pli­ca­tion d’un en­droit à un autre du théâtre des opé­ra­tions, sont dé­jà lar­ge­ment re­con­nus et mis en oeuvre dans la li­mite des ca­rac­té­ris­tiques des ou­tils alors dis­po­nibles.

LES PRO­GRÈS DE LA DEUXIÈME

GUERRE MON­DIALE

L’entre-deux-guerres est l’oc­ca­sion de deux évo­lu­tions ma­jeures pour le com­man­de­ment des opé­ra­tions aé­riennes : le ra­dar et la ra­dio em­bar­quée. Le pre­mier sys­tème de dé­tec­tion ra­dar com­plet est consi­dé­ré comme opé­ra­tion­nel en 1938. C’est le Chain Home qui joue un rôle dé­fen­sif fon­da­men­tal pen­dant la ba­taille d’An­gle­terre, de juillet à oc­tobre 1940 pour sa pé­riode la plus in­tense. Ce­pen­dant, la vraie dif­fi­cul­té ré­side dans la fa­cul­té à trans­mettre des in­for­ma­tions uti­li­sables aux chas­seurs, en vol en par­ti­cu­lier, afin qu’ils puissent in­ter­cep­ter dans de bonnes condi­tions les raids ad­verses. Les liai­sons ra­dio, bien que né­ces­saires, n’y suf­fisent pas à

Di­vi­sion veille et études stra­té­giques -

Le Ra­fale est l’hé­ri­tier d’un siècle de guerre aé­rienne. (© DoD)

Bu­reau Plans de l’EMAA.

elles seules. Il faut créer un sys­tème com­plet, connu après les évé­ne­ments comme le Dow­ding Sys­tem, de re­cueil et de trai­te­ment des in­for­ma­tions et ren­sei­gne­ments, d’ores et dé­jà ju­gés suf­fi­sam­ment im­por­tants en vo­lume, puis une or­ga­ni­sa­tion per­met­tant de mettre en oeuvre les so­lu­tions les plus adap­tées.

Il s’agit dé­jà de fu­sion­ner les ren­sei­gne­ments ob­te­nus soit par le dé­chif­fre­ment des mes­sages al­le­mands, soit par le re­pé­rage élec­tro­ma­gné­tique ou vi­suel, puis de co­or­don­ner l’ac­tion des moyens aé­riens, an­ti­aé­riens et de dé­fense pas­sive. Un tel sys­tème est mis en oeuvre pa­ral­lè­le­ment en Al­le­magne (ligne Kamm­hu­ber) et dé­ve­lop­pé au fur et à me­sure de l’aug­men­ta­tion de la pres­sion des bom­bar­de­ments diurnes et noc­turnes qui frappent ses villes et in­fra­struc­tures in­dus­trielles et mi­li­taires. C’est au cours de cette lutte de plus de quatre an­nées que sont dé­ve­lop­pées les pre­mières tech­niques et tac­tiques de guerre élec­tro­nique. Un avan­tage tech­nique peut très vite de­ve­nir un piège, comme l’em­ploi du ra­dar H2S an­glais, uti­li­sé par les bom­bar­diers pour la na­vi­ga­tion et la dé­tec­tion des chas­seurs de nuit, qui conduit di­rec­te­ment ces der­niers à leurs cibles grâce au dé­tec­teur pas­sif FuG 350 Naxos Z dont ils sont équi­pés (1).

De fait, à la fin de la guerre, c’est la chasse de nuit qui a mon­tré la voie des dé­ve­lop­pe­ments tech­niques les plus avan­cés. La guerre

Pho­to ci-des­sus :

aé­rienne a at­teint dans le com­man­de­ment et le contrôle (C2) un ni­veau de ma­tu­ri­té com­pa­rable à ce­lui at­teint pen­dant la Pre­mière Guerre mon­diale pour les mis­sions. Les moyens tech­niques mis en oeuvre per­mettent en­fin au com­man­de­ment de dis­po­ser d’une «image», non pas du ter­rain et de la dis­po­si­tion gé­né­rale des troupes en­ne­mies et amies se­lon une car­to­gra­phie clas­sique, mais d’une si­tua­tion gé­né­rale fluc­tuante et très sou­vent confuse. L’im­por­tance de la no­tion de contrôle ap­pa­raît alors à tra­vers l’obli­ga­tion de dé­tec­ter, d’iden­ti­fier puis de clas­si­fier les don­nées ob­te­nues par les ou­tils de dé­tec­tion. L’in­for­ma­tion est ana­ly­sée afin de de­ve­nir le fon­de­ment des dé­ci­sions du com­man­de­ment qui conduit les opé­ra­tions. Les li­mites du sys­tème sont celles in­duites par la tech­nique d’une part, par la doc­trine d’autre part. Tech­ni­que­ment, les moyens de dé­tec­tion prin­ci­paux ain­si que les éche­lons de com­man­de­ment sont si­tués au sol; les moyens d’ac­tion aé­riens sont dé­pen­dants des in­for­ma­tions qu’ils ont re­cueillies et de leurs ordres.

Ce­pen­dant, le ni­veau d’ap­pli­ca­tion de ce sys­tème est es­sen­tiel­le­ment tac­tique. Il vise à or­ga­ni­ser les moyens et à les conduire au com­bat, mais pas à pla­ni­fier au ni­veau stra­té­gique ou opé­ra­tif. Par ailleurs, le com­bat ne change pas de na­ture : il est tou­jours li­vré au plus près avec des règles et des consé­quences le rap­pro­chant du com­bat de mê­lée. Ce­pen­dant, les grandes for­ma­tions de bom­bar­diers, pro­té­gés par des chas­seurs, se montrent en po­si­tion de ré­sis­ter à l’at­taque de chas­seurs do­tés, comme eux, de mo­teurs à pis­ton. C’est l’at­tri­tion de l’un des deux ad­ver­saires qui conduit à la vic­toire, que les pertes soient ju­gées trop fortes par l’as­saillant pour pour­suivre l’ef­fort, ou que le dé­fen­seur ne soit plus en po­si­tion de s’op­po­ser aux opé­ra­tions ad­verses. Dans les deux cas, la ques­tion de l’ob­ten­tion de la su­pé­rio­ri­té aé­rienne est cen­trale.

En ma­tière de com­man­de­ment, la cen­tra­li­sa­tion dé­jà consta­tée aux ni­veaux tac­tiques de co­or­di­na­tion, de pla­ni­fi­ca­tion et conduite su­pé­rieurs – c’est-à-dire sou­vent au ni­veau de théâtres en­tiers – s’ac­cen­tue grâce aux moyens tech­niques de com­mu­ni­ca­tion et d’éva­lua­tion des in­ten­tions ad­verses. Cette cen­tra­li­sa­tion, à tra­vers le contrôle de plus en plus pous­sé et pré­cis des flux et des mis­sions, ren­force l’ab­sence de dé­lé­ga­tion jus­qu’au contact de l’ad­ver­saire dans le cas de mis­sions d’in­ter­cep­tion. Ce­pen­dant, dans la plu­part des cas, l’im­pos­si­bi­li­té de dis­po­ser de moyens de com­mu­ni­ca­tion à longue dis­tance suf­fi­sants et de des­si­ner une « image » tac­tique as­sez pré­cise oblige à ac­cor­der aux équi­pages une large part d’au­to­no­mie, tou­jours plus in­évi­table que sou­hai­tée, li­mi­tée

par des mé­thodes vi­sant à la «dé­con­flic­tion », en dé­fi­nis­sant des zones d’ac­tion fixes, ou des routes tout aus­si fixes et des points ob­jec­tifs, plus géo­gra­phiques que vé­ri­tables cibles compte te­nu de l’im­pré­ci­sion glo­bale des moyens de vi­sée et des ar­me­ments. Il ap­pa­raît qu’au ni­veau tac­tique le plus bas,

“La cen­tra­li­sa­tion, à tra­vers le contrôle de plus en plus pous­sé et pré­cis des flux et des mis­sions, ren­force l’ab­sence de dé­lé­ga­tion jus­qu’au conta„ct de l’ad­ver­saire dans le cas de mis­sions d’in­ter­cep­tion.

le mode de com­man­de­ment ap­pli­qué s’ap­pa­rente au Mis­sion Com­mand/Auf­trag­stak­tik, plus par pra­tique que par doc­trine – c’es­tà-dire plus par obli­ga­tion que par choix –, et que dans le cadre des champs su­pé­rieurs, y com­pris le tac­tique « haut », c’est le De­tai­led Com­mand qui est la règle. Plus la puis­sance de trans­mis­sion et la por­tée des moyens de

com­mu­ni­ca­tion et de liai­son pro­gressent, plus la masse d’in­for­ma­tions pou­vant être échan­gées et sur­tout leur pré­ci­sion et sû­re­té s’amé­liorent. Elles passent de la seule ra­dio aux liai­sons de don­nées tac­tiques dès les an­nées 1950 (Liai­son-1 de l’OTAN pour l’échange de don­nées tac­tiques de dé­fense aé­rienne). La Liai­son-16, conçue dès l’ori­gine pour as­su­rer les liai­sons air/air et uti­li­sée ac­tuel­le­ment sur le Ra­fale et le Mi­rage 2000-5, en de­hors de son im­por­tant dé­bit d’en­vi­ron 100 kbit/s(2), est aus­si consi­dé­rée comme ré­sis­tante au brouillage. Cette évo­lu­tion per­met de trans­mettre et sur­tout par­ta­ger plus lar­ge­ment, pas uni­que­ment du sol vers une plate-forme, mais aus­si de la plate-forme au sol et à d’autres plates-formes.

Par ailleurs, cette plate-forme, un avion par exemple, de­vient aus­si bien un cap­teur qu’un ef­fec­teur. Ain­si, en 1943, le chas­seur de nuit al­le­mand Hein­kel 219 A2, donc un ap­pa­reil spé­cia­li­sé, at­teint 560 km/h à 5700 m d’al­ti­tude et est équi­pé d’un ra­dar FuG 212 Lich­ten­stein C1 qui porte de 200 à 2 000 m et couvre un angle de 120° et d’un FuG 220 Lich­ten­stein SN-2 qui porte de 300 à 4 000 m et couvre 120° en azi­mut et 100° en site. Il est équi­pé de deux ca­nons de 30 mm et de quatre à six ca­nons de 20 mm dont la por­tée ef­fi­cace est tout au plus de 400 m. Ac­tuel­le­ment, le Ra­fale, avion om­ni­rôle dans son stan­dard F3, at­teint Mach 1,8 en haute al­ti­tude et Mach 1,4

Dans le cock­pit d’un B-1B. Les liai­sons de don­nées changent pro­fon­dé­ment la ma­nière de com­man­der et contrô­ler les ap­pa­reils de com­bat, avec une in­ci­dence sur les types de mis­sions dans les­quelles ils peuvent être en­ga­gés. (© US Air Force)

en su­per­croi­sière. Il est équi­pé d’un ra­dar RBE2-AESA qui est don­né pour une por­tée de plus de 200 km en air/air avec un sec­teur an­gu­laire de 140° tan­dis que, par exemple, en com­bat aé­rien, il est ca­pable de pour­suivre 40 cibles et d’en en­ga­ger huit si­mul­ta­né­ment. Deux mis­siles Meteor (plus de 100 km de por­tée) et jus­qu’à six MICA (ra­dar ou IR, por­tée d’en­vi­ron 80 km) peuvent dès lors être em­por­tés pour une mis­sion, en confi­gu­ra­tion de su­pé­rio­ri­té aé­rienne. Ce­la sans par­ler des autres moyens de dé­tec­tion, OSF par exemple ou pods spé­cia­li­sés, et des ca­pa­ci­tés air-sol dont la por­tée et la pré­ci­sion n’ont plus rien de com­mun non plus avec ceux de 1943. Ce­la im­plique no­tam­ment, en termes de C2, que la plate-forme n’en est plus sim­ple­ment dé­pen­dante pour rem­plir sa mis­sion mais de­vient un cap­teur ma­jeur, en cou­vrant un es­pace 100 fois plus grand, et en four­nis­sant un flux im­por­tant d’in­for­ma­tions à son pro­fit, tout en la condui­sant en bé­né­fi­ciant po­ten­tiel­le­ment d’un ni­veau de dé­lé­ga­tion plus éle­vé.

Dé­sor­mais, plus rien n’est com­pa­rable. D’au­tant que la pré­ci­sion ac­crue des ar­me­ments, de­puis l’ap­pa­ri­tion des pre­mières PGM de la guerre du Viet­nam, puis la mon­tée en puis­sance de la pre­mière guerre du Golfe et jus­qu’aux opé­ra­tions du Ko­so­vo en 1999(3), est un autre fac­teur fon­da­men­tal qui consti­tue un game chan­ger de la puis­sance aé­rienne mi­li­taire(4). Par ailleurs, l’avion n’a plus le même be­soin d’être gui­dé jus­qu’au plus près d’une cible qu’il peut main­te­nant dé­tec­ter de beau­coup plus loin, en cou­vrant un es­pace 100 fois plus grand, ce qui lui per­met aus­si de re­cueillir un très grand nombre de don­nées. Le pi­lote ne s’en­gage plus dans un com­bat s’ap­pa­ren­tant à une mê­lée, mais le mène à une dis­tance qui per­met la ma­noeuvre, la

ruse, la de­cep­tion et sur­tout l’ac­tion, en col­la­bo­ra­tion et de fa­çon co­or­don­née, avec d’autres ap­pa­reils et, dans un ave­nir très proche, avec d’autres sys­tèmes d’armes. Il s’agi­ra soit de trai­ter des ob­jec­tifs aé­riens, en col­la­bo­ra­tion étroite avec la dé­fense an­ti­aé­rienne par exemple, y com­pris em­bar­quée sur des na­vires, soit de dé­truire des ob­jec­tifs ter­restres en liai­son avec l’en­semble des moyens à por­tée, qu’ils ap­par­tiennent aux forces ter­restres ou à la ma­rine. Car les liai­sons de don­nées tac­tiques n’ont pas seule­ment pour ob­jet de com­mu­ni­quer, mais aus­si de par­ta­ger une vi­sion col­lec­tive de la si­tua­tion et d’évi­ter les tirs fra­tri­cides tout en per­met­tant une meilleure im­bri­ca­tion des moyens amis dans un même es­pace de com­bat dans le cadre de l’ac­com­plis­se­ment d’une mis­sion com­mune. C’est la dé­fi­ni­tion même d’un com­bat in­ter­armes ou même réel­le­ment in­ter­ar­mées me­né au ni­veau tac­tique. Ce qui n’est pas sans pro­vo­quer à son tour une charge sup­plé­men­taire pour le C2 Air, voire mul­ti-do­maine, qui doit co­or­don­ner l’en­semble des ac­tions dans un es­pace où l’im­bri­ca­tion dans des en­vi­ron­ne­ments dif­fi­ciles, comme les zones ur­baines, est la ca­rac­té­ris­tique la plus fré­quente du com­bat contem­po­rain.

LES CONSÉ­QUENCES DE LA TECH­NIQUE

Cette évo­lu­tion est aus­si l’oc­ca­sion de ques­tion­ne­ments qui nous ra­mènent aux fon­da­men­taux du C2. L’ac­crois­se­ment des ca­pa­ci­tés de liai­son et d’échange d’in­for­ma­tion, sur de fortes élon­ga­tions, ren­force la ca­pa­ci­té des éche­lons su­pé­rieurs à com­man­der di­rec­te­ment les opé­ra­tions. Le pre­mier dan­ger d’une telle si­tua­tion est le re­tour à

une forme de com­man­de­ment di­rect, mode le plus ar­chaïque, où le dé­ci­deur po­li­tique ou le com­man­dant mi­li­taire de haut ni­veau pres­se­rait le bou­ton de lar­gage de l’arme par pi­lote in­ter­po­sé, ou même sans au­cun

“Plus rien n’est com­pa­rable. D’au­tant que la pré­ci­sion ac­crue des ar­me­ments, de­puis l’ap­pa­ri­tion des pre­mières PGM de la guerre du Viet­nam, puis la mon­tée en puis­sance de la pre­mière guerre du Golfe et jus­qu’aux opé­ra­tions du Ko­so­vo en 1999, est un autre fac­teur fon­da­men­tal qui consti­tue un game chan­ger de la puis­sance aé­rienne mi­li­taire. „

in­ter­mé­diaire. Ce qui ra­mè­ne­rait le dé­ci­deur au rang d’un simple exé­cu­tant et l’éloi­gne­rait de sa tâche fon­da­men­tale en lui ôtant le re­cul né­ces­saire, c’est-à-dire pro­vo­que­rait un écra­se­ment ex­ces­sif des ni­veaux, et sur­tout ex­po­se­rait son pou­voir aux mêmes risques que ceux des di­ri­geants des temps hé­roïques : la chute à la moindre dé­faite ou er­reur (5). Le se­cond dan­ger consiste en la sub­mer­sion de tous les ni­veaux sous un flot d’in­for­ma­tions et de ren­sei­gne­ments. Lié in­ti­me­ment au pre­mier, il consiste dans les risques d’in­dé­ci­sion, de dé­pen­dance, de coût pro­hi­bi­tif des moyens tech­niques né­ces­saires pour ne réa­li­ser qu’une fonc­tion de l’acte com­bat­tant. De plus, cette si­tua­tion peut conduire à deux tra­vers : l’in­dé­ci­sion et la dé­pen­dance.

L’in­dé­ci­sion pro­vient d’un re­tour à des concep­tions clas­siques de la guerre, au titre des­quelles une image tou­jours plus pré­cise de l’ad­ver­saire pour­rait être ob­te­nue grâce à l’af­flux d’in­for­ma­tions dis­po­nibles. En consé­quence, la ten­dance pour­rait être de vou­loir at­teindre un ni­veau de cer­ti­tude tou­jours plus éle­vé, et ce d’au­tant plus que l’on est éloi­gné phy­si­que­ment du ter­rain. Ce sou­ci est com­pré­hen­sible dans le cadre d’un conflit asy­mé­trique, si­tua­tion ac­tuelle en ma­jo­ri­té, où le risque ju­ri­dique et po­li­ti­co-mé­dia­tique est per­çu comme étant plus im­por­tant que ce­lui de pertes liées à l’ac­tion ad­verse (6). Mais

La ques­tion du C2 ne peut se res­treindre aux seuls do­maines ma­té­riels et pro­cé­du­riers, au risque de perde en sou­plesse. (© DoD)

Même des ap­pa­reils dont les ori­gines sont re­la­ti­ve­ment an­ciennes – comme ce Mi­rage 2000D – peuvent se re­trou­ver, par le tru­che­ment de la mo­du­la­ri­té des sys­tèmes (pods, liai­sons de don­nées), en­ga­gés aux cô­tés d’ap­pa­reils plus ré­cents. (© DoD)

c’est aus­si contraire aux prin­cipes clau­se­wit­ziens de la guerre qui se rap­pellent tou­jours dans le cas d’une sy­mé­trie re­trou­vée : in­cer­ti­tude, brouillard de la guerre et fric­tions. C’est-à-dire aus­si lors­qu’elle re­trouve son ca­rac­tère dia­lec­tique, quand l’ad­ver­saire est bien plus qu’une cible plus ou moins fu­gace, mais une me­nace ma­jeure.

La dé­pen­dance, c’est le fait jus­te­ment de consi­dé­rer que les com­mu­ni­ca­tions, les liai­sons et les don­nées elles-mêmes se­ront tou­jours dis­po­nibles en qua­li­té et en quan­ti­té suf­fi­santes au mo­ment de l’ac­tion. Ce­pen­dant, dès le dé­but de la guerre élec­tro­nique, le brouillage et la cor­rup­tion des don­nées ont été des modes d’ac­tion par­ti­cu­liè­re­ment pri­sés. À l’heure du cy­ber, la cer­ti­tude dans la sé­cu­ri­té et la dis­po­ni­bi­li­té des liai­sons est très dan­ge­reuse : le rap­pel de l’his­toire du bom­bar­de­ment et de la chasse de nuit doit pou­voir conduire, toutes choses étant égales par ailleurs, à tou­jours consi­dé­rer le re­vers et les dan­gers de l’em­ploi de nou­velles tech­no­lo­gies. L’ex­pé­rience his­to­rique tend à mon­trer qu’une nou­velle ca­pa­ci­té est sou­vent à l’ori­gine d’une nou­velle vul­né­ra­bi­li­té et que l’ef­fi­ca­ci­té se cal­cule alors à l’aune d’une éva­lua­tion, évo­luant dans le temps, entre avan­tages et désa­van­tages (7). Ce­la im­plique, en pre­mier lieu, de li­mi­ter cette dé­pen­dance à tra­vers des me­sures en ma­tière de C2 qui pour­raient pas­ser pour pa­ra­doxales compte te­nu des seules ca­pa­ci­tés tech­niques dis­po­nibles. Car ces der­nières ont aus­si pour

“À l’heure du cy­ber, la cer­ti­tude dans la sé­cu­ri­té et la dis­po­ni­bi­li­té des liai­sons est très dan­ge­reuse : le rap­pel de l’his­toire du bom­bar­de­ment et de la chasse de nuit doit pou­voir conduire, toutes choses étant égales par ailleurs, à

tou­jours consi­dé­rer le re­vers et les dan­gers de l’em­ploi de nou­velles tech­no­lo­gies.

ten­dance de fa­vo­ri­ser un re­tour au com­man­de­ment di­rect tan­dis que la prise en compte des risques in­duits de­vrait faire pen­cher vers la mise en oeuvre d’un mode, ici contrein­tui­tif, plus proche du Mis­sion Com­mand. Ce­la est d’au­tant plus vrai dans le cas d’opé­ra­tions of­fen­sives où l’élon­ga­tion et la pé­né­tra­tion de la pro­fon­deur ad­verse sont les plus mar­quées. C’est-à-dire les mis­sions où la spé­ci­fi­ci­té du fait aé­rien est la plus mar­quée et la plus dé­ci­sive. Mais cette po­si­tion im­plique aus­si un ques­tion­ne­ment sur l’adop­tion de modes de com­man­de­ment al­ter­na­tifs se­lon les pos­tures et les mis­sions. Ain­si, si l’on consi­dère

la ba­taille d’An­gle­terre comme un ar­ché­type, il est clair que la lec­ture des in­ten­tions de l’en­ne­mi, per­met­tant de pa­rer et rendre si pos­sible ses coups, de­mande une concen­tra­tion des in­for­ma­tions, mais aus­si de la dé­ci­sion et de la res­pon­sa­bi­li­té, afin no­tam­ment de gé­rer au mieux les ré­serves, non seule­ment d’un point de vue tac­tique, mais aus­si de ce­lui de la «cam­pagne» dans son en­semble, y com­pris sur­tout la no­tion d’ac­tion dans la du­rée. Ce­pen­dant, il est fort pro­bable que l’on de­man­de­ra aux mêmes moyens tech­niques et sur­tout aux mêmes per­son­nels de trai­ter les deux cas de fi­gure, condui­sant en

„quelque sorte à un « C2 hy­bride », c’est-à-dire souple et non pré­vi­sible dans sa conduite, ti­rant le meilleur par­ti de moyens tou­jours trop li­mi­tés en ap­por­tant la ré­ponse la plus adap­tée à des si­tua­tions par dé­fi­ni­tion chan­geantes et im­pré­vi­sibles.

Ce­la nous amène à la troi­sième ques­tion : celle du coût d’un C2 qui doit ré­pondre à une foule de contextes et de fonc­tions très dif­fé­rents. Pour être ef­fi­cace, il de­vra avant tout fu­sion­ner de plus en plus d’in­for­ma­tions d’ori­gines très di­verses, très ra­pi­de­ment. Ce qui ren­voie as­sez na­tu­rel­le­ment à la no­tion de C2 mul­ti­do­maine : le cy­ber, l’es­pace tout d’abord, mais aus­si les cap­teurs des autres ar­mées et des ser­vices de ren­sei­gne­ment sont tous po­ten­tiel­le­ment por­teurs d’in­for­ma­tions d’im­por­tance pour les opé­ra­tions aé­ro­spa­tiales. Or, si pen­dant des dé­cen­nies le com­bat dans, de­puis et vers la troi­sième

La ques­tion du C2 est d’au­tant plus es­sen­tielle qu’elle est cen­trale dans les opé­ra­tions mul­ti­na­tio­nales. (© DoD)

di­men­sion a été me­né se­lon des struc­tures en « si­lo », c’est-à-dire non pas pour soi, mais dans son propre do­maine d’ac­tion avec peu d’in­ter­ac­tion et de col­la­bo­ra­tion, les nou­velles tech­niques de com­mu­ni­ca­tion (connec­ti­vi­té et in­ter­opé­ra­bi­li­té), de trai­te­ment des don­nées (big da­ta, da­ta lake et in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle ou sys­tèmes ex­perts) et les nou­velles doc­trines les ac­com­pa­gnant ou les pro­vo­quant(8) de­vraient chan­ger ra­di­ca­le­ment ces pra­tiques dans les an­nées à ve­nir.

LA QUES­TION DU TRAI­TE­MENT

DE L’IN­FOR­MA­TION

Consi­dé­rant que le trai­te­ment de l’in­for­ma­tion et son par­tage est au centre du com­bat du fu­tur, cha­cun des ac­teurs de­vrait pou­voir y avoir ac­cès en connec­tant les ap­pli­ca­tions qu’il uti­lise à un centre de don­nées (da­ta lake) ac­ces­sible et par­ta­gé en confor­mi­té avec les règles de sé­cu­ri­té et de confi­den­tia­li­té mises en place a prio­ri ou adap­tées aux cir­cons­tances. Ce da­ta lake de­vra com­prendre l’en­semble des don­nées brutes, trai­tées en­suite par l’homme ou des sys­tèmes (ex­perts ou in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle) qui le sou­tien­dront dans son tra­vail afin d’être adap­tées au be­soin des ac­teurs. Et au­tant l’in­for­ma­tion était au­pa­ra­vant soit uti­li­sée im­mé­dia­te­ment puis per­due ou consi­dé­rée comme ob­so­lète, soit em­ployée avec re­tard compte te­nu des dé­lais de trai­te­ment né­ces­saires, au­tant elle conser­ve­ra à l’ave­nir son uti­li­té dans le cadre d’un his­to­rique afin d’ana­ly­ser un phé­no­mène dans la du­rée ou se­ra dis­po­nible im­mé­dia­te­ment pour un uti­li­sa­teur agis­sant dans le temps réel. L’évo­lu­tion de l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle,

re­pré­sen­tant la conjonc­tion de deux fonc­tions : la ré­flexion (règles) et l’ap­pren­tis­sage (ma­chine lear­ning, deep lear­ning), joue un rôle fon­da­men­tal dans l’at­teinte de ces nou­velles ca­pa­ci­tés. Les pro­grès tech­niques ont per­mis

“Pour être ef­fi­cace, le C2 de­vra avant tout fu­sion­ner de plus en plus d’in­for­ma­tions d’ori­gines très di­verses, très ra­pi­de­ment. Ce qui ren­voie as­sez na­tu­rel­le­ment à la no­tion de C2 mul­ti­do­maine : le­cy­ber,l’es­pa­ce­toutd’abord, mais aus­si les cap­teurs des autres ar­mées et des ser­vices de ren­sei­gne­ment sont tous po­ten­tiel­le­ment por­teurs d’in­for­ma­tion„s d’im­por­tance pour les opé­ra­tions aé­ro­spa­tiales.

d’ac­croître la marge de l’ap­pren­tis­sage, d’où une nette aug­men­ta­tion de la vi­tesse d’adap­ta­tion et de trai­te­ment d’un flot de plus en plus im­por­tant au pro­fit du dé­ci­deur, qui se­ra tou­jours un être hu­main. Le deuxième point concerne la né­ces­saire ra­pi­di­té, sou­vent ex­pri­mée sous la forme de la boucle OODA(9).

Tac­ti­que­ment, il n’est pas dis­cu­table que l’ap­pa­ri­tion d’ap­pa­reils de com­bat dis­po­sant de ca­pa­ci­tés de vol à grande vi­tesse à très basse al­ti­tude as­so­ciées à une fur­ti­vi­té plus ou moins grande et à des ar­me­ments stand-off, peut-être hy­per­vé­loces et/ou hy­per­ma­noeu­vrants, ait pour consé­quence la né­ces­si­té de dé­ve­lop­per des moyens de dé­tec­tion de plus grande por­tée, plus pré­cis ain­si qu’une prise de dé­ci­sion plus ra­pide. C’est la ca­pa­ci­té de contrô­ler son propre es­pace aé­rien qui rend né­ces­saires ces pro­grès. Ce ne sont pas seule­ment les moyens tech­niques qui sont en ques­tion, mais aus­si le mode et la chaîne de com­man­de­ment ap­pli­qués, dont la ré­ac­ti­vi­té et la ré­si­lience se­ront mises du­re­ment à l’épreuve. Or, outre la ques­tion fon­da­men­tale du C2 en lui-même, se pose celle de l’équi­libre et du poids re­la­tif de cette fonc­tion, no­tam­ment en termes fi­nan­ciers et hu­mains, dans la struc­ture glo­bale. En un mot, une puis­sance moyenne cher­chant à tout prix à suivre les États-Unis, par exemple, dans ses concep­tions et ses moyens dans le do­maine du C2 construi­rait un édi­fice bien trop haut par rap­port à sa base et hy­po­thé­que­rait ses ca­pa­ci­tés à agir phy­si­que­ment et ef­fi­ca­ce­ment dans le champ du réel. Rien ne sert d’avoir les moyens de pré­voir et de pla­ni­fier si l’on est in­ca­pable d’agir en consé­quence. On ne peut « dé­mul­ti­plier » ce qui tend à zé­ro.

En conclu­sion, il ap­pa­rait clai­re­ment à tra­vers ce court rap­pel de cer­tains élé­ments de l’his­toire des opé­ra­tions aé­riennes que la fonc­tion de com­man­de­ment et de contrôle, si l’on conserve cette ap­pel­la­tion, y joue un rôle cen­tral. Car la ca­pa­ci­té de conce­voir, conduire et ana­ly­ser est un élé­ment aus­si né­ces­saire à l’in­dé­pen­dance, à

la sou­ve­rai­ne­té et à la place de la France dans le concert des puis­sances que les ar­me­ments ci­né­tiques eux-mêmes. C’est le com­man­de­ment qui donne un sens à leur ac­tion. Mais c’est aus­si vrai s’agis­sant du re­cueil du ren­sei­gne­ment stra­té­gique dont l’im­por­tance a par­ti­cu­liè­re­ment été re­con­nu de­puis la der­nière guerre du Golfe et la prise de po­si­tion mar­quée d’in­dé­pen­dance de la France. C’est ce ren­sei­gne­ment qui est aus­si le préa­lable aux opé­ra­tions d’en­trée en pre­mier, ca­pa­ci­té of­ferte aux dé­ten­teurs de la puis­sance aé­ro­spa­tiale mi­li­taire. Par une in­ter­ac­tion na­tu­relle, le C2 dans ses fonc­tions et ses moyens est aus­si né­ces­saire à l’exer­cice de la sou­ve­rai­ne­té na­tio­nale qui se ca­rac­té­rise par la ca­pa­ci­té à contrô­ler son es­pace donc à dé­nier à un ad­ver­saire po­ten­tiel la ca­pa­ci­té d’uti­li­ser ses propres moyens aé­ro­spa­tiaux au-des­sus du ter­ri­toire na­tio­nal ou de tout théâtre que l’on a dé­ci­dé de dé­fendre et d’in­ter­dire.

Il y a donc une né­ces­si­té ab­so­lue pour la France de conser­ver ces ca­pa­ci­tés, au pro­fit même de l’Eu­rope, en conti­nuant de dé­ve­lop­per ses concepts et sa doc­trine propres sans comp­ter tou­jours sur les moyens des Etats-Unis, par exemple. En consé­quence, dans le cadre des tra­vaux que mène l’ar­mée de l’air sur son fu­tur sys­tème de com­bat aé­rien et sur le C2 qui lui cor­res­pon­dra, une ré­flexion fon­dée sur les fon­da­men­taux qui dé­fi­nissent les spé­ci­fi­ci­tés de l’ac­tion dans, de­puis et vers la troi­sième di­men­sion et leurs évo­lu­tions po­ten­tielles est une né­ces­si­té. D’au­tant que les opé­ra­tions en cours n’ap­portent pas de so­lu­tions toutes faites. Que ce soit dans la mise en oeuvre de la pos­ture per­ma­nente de sû­re­té ou dans la par­ti­ci­pa­tion aux opé­ra­tions Cham­mal ou Bar­khane, on peut en ef­fet consta­ter la

“La fonc­tion de com­man­de­ment et de contrôle, si l’on conserve cette ap­pel­la­tion, est cen­trale pour les opé­ra­tions aé­riennes. Mais cette ca­pa­ci­té à conce­voir, conduire et ana­ly­ser est aus­si un élé­ment né­ces­saire à l’in­dé­pen­dance, à la sou­ve­rai­ne­té et à la place de la France dans le concert non seule­ment

des na­tions, mais aus­si des puis­sances.

co­exis­tence de trois formes de C2 dif­fé­rents. Le pre­mier vise à l’exer­cice de sou­ve­rai­ne­té avec la pos­si­bi­li­té d’un pas­sage ins­tan­ta­né d’une si­tua­tion de paix à la guerre, le deuxième se ca­rac­té­rise par une dé­bauche de moyens no­tam­ment tech­no­lo­giques per­met­tant un com­man­de­ment se­lon un mode très di­rect tan­dis que le troi­sième re­pré­sente la ca­pa­ci­té d’op­ti­mi­sa­tion de moyens somme toute comp­tés par rap­port à l’am­pleur de la tâche. Ce­la conduit à une ques­tion fon­da­men­tale : celle de l’adap­ta­tion des ou­tils à la réa­li­té des moyens, à leurs concep­tions et aux ob­jec­tifs as­si­gnés, tra­duc­tion de choix po­li­tiques et mi­li­taires. Le vé­ri­table noeud du su­jet est alors ce­lui

de la doc­trine plus que ce­lui de la seule tech­nique, sa­chant qu’il fau­dra tou­jours ti­rer le meilleur par­ti de cette der­nière pour amé­lio­rer ou au moins at­teindre ce qui est dé­fi­ni, a prio­ri, par la pre­mière. g

Notes

(1) Jean Cuny, La chasse de nuit al­le­mande, 1939-1945,

EPA, Pa­ris, 1980, 247 pages.

(2) Il faut néan­moins no­ter qu’au­cun dé­bit n’est ju­gé suf­fi­sant, car l’in­for­ma­tion ren­due dis­po­nible ex­cède la plu­part du temps les ca­pa­ci­tés de trans­mis­sion. D’où le ca­rac­tère fon­da­men­tal de la ca­pa­ci­té de trans­mis­sion au-de­là du seul re­cueil puis trai­te­ment de l’in­for­ma­tion.

(3) On peut da­ter le pre­mier em­ploi ef­fi­cace d’armes gui­dées de pré­ci­sion mo­dernes du 13 mai 1972, lorsque 14 F-4 dé­trui­sirent dé­fi­ni­ti­ve­ment le pont de Thanh Hoa, cible bom­bar­dée clas­si­que­ment sans ré­sul­tats dé­ci­sifs de­puis 1965. La pre­mière guerre du Golfe (jan­vier-fé­vrier 1991) voit l’em­ploi d’une pro­por­tion de 9% de PGM par les forces amé­ri­caines; lors de l’opé­ra­tion «De­li­be­rate Force», en août-sep­tembre 1995, elle passe à 98%. Voir à ce su­jet : Richard

P. Hal­lion, Pre­ci­sion Gui­ded Mu­ni­tions and the New Era of

War­fare, Air Po­wer Stu­dies Centre, Pa­per 53, RAAF, 1995. (4) Ce­la est par­ti­cu­liè­re­ment sen­sible à tra­vers les écrits main­te­nant clas­siques du co­lo­nel (US) John War­den III, en par­ti­cu­lier The Air Cam­pai­gn: Plan­ning for Com­bat, Na­tio­nal

Defense Uni­ver­si­ty Press, Wa­shing­ton, D.C., 1988.

(5) Une ré­flexion sur le lien entre la lé­gi­ti­mi­té du di­ri­geant et la vic­toire, de­puis les em­pe­reurs ro­mains jus­qu’à Na­po­léon Ier en pas­sant par cer­taines formes de pou­voir contem­po­rain, se­rait utile avant de se lais­ser ten­ter par une pos­si­bi­li­té tech­nique en fait plus dan­ge­reuse que bé­né­fique pour son uti­li­sa­teur…

(6) Au moins pour les forces aé­riennes jus­qu’à main­te­nant…

(7) Cas par exemple des ma­ga­sins. Avan­tage au dé­but, car ils per­mettent de nour­rir les troupes; mais ils de­viennent une vé­ri­table vul­né­ra­bi­li­té lors­qu’il consti­tuent une li­mite à ses propres ma­noeuvres et l’une des cibles ma­jeures des opé­ra­tions ad­ver­saires. Voir à ce su­jet la conduite des opé­ra­tions pen­dant les guerres de la Ré­vo­lu­tion et de l’Em­pire.

(8) Y com­pris les modes d’ac­tion dits hy­brides ou non li­néaires.

(9) Ce­pen­dant, li­mi­ter la por­tée de cette boucle à la seule vi­tesse, c’est avoir une com­pré­hen­sion res­treinte des théo­ries dé­ve­lop­pées par le co­lo­nel Boyd, en les bor­nant aux seuls as­pects tac­tiques.

Les nou­veaux ap­pa­reils, comme le F-35, sont aus­si bien des cap­teurs que des ef­fec­teurs. L’in­ter­ac­tion avec le C2 de­vra donc être plus pro­fonde. (© DoD)

Un Su­per Tu­ca­no af­ghan de face. L’ap­pa­reil com­man­dé pour Ka­boul par Wa­shing­ton n’a plus grand-chose à voir avec les mo­no­mo­teurs de contre-gué­rilla des an­nées 1950/1960… (© DoD)

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