L’EU­ROPE EST-ELLE CA­PABLE DE SE PRO­JE­TER CONTRE UNE CÔTE DÉ­FEN­DUE?

DSI Hors-Série - - SOMMAIRE - Alexandre SHEL­DON-DUPLAIX

des prin­ci­paux em­pires co­lo­niaux de la ci­vi­li­sa­tion hu­maine, l’eu­rope, sai­gnée par ses propres guerres, puis pro­té­gée par le bou­clier amé­ri­cain de l’al­liance at­lan­tique, n’a ja­mais vrai­ment dis­po­sé d’une ca­pa­ci­té d’ac­tion dé­ci­sive contre une côte dé­fen­due.

En 1956, la France et le Royaume-uni n’ont pas les moyens de ré­agir im­mé­dia­te­ment à la na­tio­na­li­sa­tion du ca­nal de Suez par l’égypte et leur ac­tion dif­fé­rée est blo­quée par l’al­lié amé­ri­cain. En 1982, le Royaume-uni par­vient, au prix d’une mo­bi­li­sa­tion de sa ma­rine mar­chande, à re­prendre les îles Ma­louines en y pro­je­tant 10 000 sol­dats, mais on no­te­ra que l’ar­gen­tine n’avait pas for­ti­fié l’ar­chi­pel. La ca­pa­ci­té de ré­pé­ter une telle en­tre­prise de­vient en­suite un élé­ment struc­tu­rant du for­mat de la Royal Na­vy. Deux ans plus tard, la France se pré­pare à me­ner seule une at­taque, fi­na­le­ment sus­pen­due, contre les côtes de la Li­bye qu’elle com­bat au Tchad. En 1991, 15 pays eu­ro­péens par­ti­cipent à la gi­gan­tesque en­tre­prise de li­bé­ra­tion du Ko­weït, en­va­hi par l’irak, avec seu­le­ment 79 000 hommes, dont 53 000 Bri­tan­niques. Sans la vo­lon­té amé­ri­caine, l’eu­rope n’au­rait pas agi, au­tant pour des rai­sons po­li­tiques que pour des rai­sons mi­li­taires, parce qu’elle n’au­rait pas eu les moyens de l’em­por­ter sur terre.

En 1992-1995, les contin­gents eu­ro­péens dé­pê­chés en ex-you­go­sla­vie et plus par­ti­cu­liè­re­ment en Bos­nie pour s’in­ter­po­ser entre les com­bat­tants doivent être li­bé­rés par l’ar­mée amé­ri­caine, fer de lance d’une in­ter­ven­tion dé­ci­sive de L’OTAN. En 1999 au Ko­so­vo, en 2011 en Li­bye et en 2013 lors de l’opé­ra­tion an­nu­lée contre la Sy­rie, les prin­ci­paux ac­teurs eu­ro­péens ne pa­raissent pas avoir les moyens de neu­tra­li­ser seuls les dé­fenses an­ti­aé­riennes des ad­ver­saires et la par­ti­ci­pa­tion amé­ri­caine pa­raît in­dis­pen­sable au suc­cès. C’est le constat qui pré­vaut au mo­ment où la crise ukrai­nienne fait craindre à cer­tains une ac­tion im­pré­vi­sible de la Rus­sie et où le pré­sident Trump vou­drait condi­tion­ner une in­ter­ven­tion amé­ri­caine à un par­tage du far­deau plus équi­table, c’est-à-dire 2 % du PIB pour chaque État membre, une dé­pense sup­plé­men­taire qui pour­rait conduire au ren­for­ce­ment des ca­pa­ci­tés de pro­jec­tion d’un pays très en des­sous de ce seuil, l’al­le­magne. Si les mis­sions de pro­jec­tion peuvent être aé­ro­por­tées, la plu­part des opé­ra­tions conduites de­puis 1945 l’ont été par voie ma­ri­time, né­ces­si­tant dans au moins cinq cas la neu­tra­li­sa­tion préa­lable des dé­fenses an­ti­aé­riennes et na­vales de l’ad­ver­saire.

Si les mis­sions de pro­jec­tion peuvent être aé­ro­por­tées, la plu­part des opé­ra­tions conduites de­puis 1945 l’ont été par voie ma­ri­time, né­ces­si­tant dans au moins cinq cas la neu­tra­li­sa­tion préa­lable des dé­fenses an­ti­aé­riennes et na­vales de l’ad­ver­saire.

LE CADRE DES IN­TER­VEN­TIONS EU­RO­PÉENNES

En 1992, la fin de la guerre froide et les conflits en ex-you­go­sla­vie conduisent les pays eu­ro­péens à adop­ter une Po­li­tique Étran­gère et de Sé­cu­ri­té Com­mune (PESC) par le trai­té

de Maas­tricht. Aux cô­tés de L’OTAN, prin­ci­pal ins­tru­ment de dé­fense col­lec­tive, l’union de l’eu­rope Oc­ci­den­tale (UEO) donne l’autre cadre pour me­ner des mis­sions de sou­tien hu­ma­ni­taire, d’éva­cua­tion de res­sor­tis­sants, de main­tien ou de ré­ta­blis­se­ment de la paix, bap­ti­sées « mis­sions de Pe­ters­berg ». L’ob­jec­tif est de faire face à un pos­sible ef­fon­dre­ment de l’eu­rope de l’est. De fait, c’est sous man­dat UEO que plu­sieurs pays eu­ro­péens in­ter­viennent dans l’ex-you­go­sla­vie dé­chi­rée par la guerre ci­vile. En 1997, le trai­té d’am­ster­dam donne une base ju­ri­dique aux « mis­sions de Pe­ters­berg » pour les fu­tures opé­ra­tions com­munes de dé­fense et de sé­cu­ri­té de L’UE. L’an­née sui­vante, la dé­cla­ra­tion fran­co­bri­tan­nique de Saint-ma­lo ex­prime la vo­lon­té de créer une po­li­tique de dé­fense com­mune. Londres ac­cepte que L’UE dis­pose « d’une ca­pa­ci­té au­to­nome d’ac­tion, ap­puyée sur des forces mi­li­taires cré­dibles, afin de ré­pondre aux crises in­ter­na­tio­nales ». Aux cô­tés de la mis­sion dé­fen­sive de L’OTAN, L’UE doit pou­voir gé­rer les fa­meuses « mis­sions de Pe­ters­berg ». En 2007, l’ac­cord de Lis­bonne pré­voit la dé­fi­ni­tion d’une po­li­tique de dé­fense com­mune de l’union et des struc­tures po­li­tiques et mi­li­taires, pour des opé­ra­tions mi­li­taires et ci­viles à l’étran­ger. De­puis jan­vier 2007, 60 000 sol­dats doivent pou­voir être mis à dis­po­si­tion par les États membres pour la consti­tu­tion d’une éven­tuelle force de ré­ac­tion ra­pide eu­ro­péenne.

En 2016, L’UE pu­blie une « stra­té­gie glo­bale pour la po­li­tique étran­gère et de sé­cu­ri­té de l’union eu­ro­péenne » qui ap­pelle au dé­ve­lop­pe­ment de ca­pa­ci­tés de pro­jec­tion eu­ro­péennes : « Il faut […] que les États membres ren­forcent la dé­ploya­bi­li­té et l’in­ter­opé­ra­bi­li­té de leurs forces par des en­traî­ne­ments et des exer­cices. Nous de­vons éga­le­ment dé­ve­lop­per la ca­pa­ci­té de ré­ac­tion ra­pide en éli­mi­nant les obs­tacles de na­ture pro­cé­du­rale, fi­nan­cière et po­li­tique qui em­pêchent le dé­ploie­ment des grou­pe­ments tac­tiques (“Battle Groups”), en­travent la consti­tu­tion de gé­né­ra­tion de forces et ré­duisent l’ef­fi­ca­ci­té des opé­ra­tions mi­li­taires re­le­vant de la PSDC. Dans le même temps, nous de­vons conti­nuer à ren­for­cer nos mis­sions ci­viles – une ca­rac­té­ris­tique de la PSDC – en en­cou­ra­geant la consti­tu­tion de gé­né­ra­tion de forces, en ac­cé­lé­rant le dé­ploie­ment et en four­nis­sant une for­ma­tion ap­pro­priée fon­dée sur les pro­grammes à l’échelle de L’UE ».

Si l’on consi­dère in­di­vi­duel­le­ment les pays eu­ro­péens, on re­marque que l’af­fi­chage des mis­sions de pro­jec­tion ap­pa­raît im­mé­dia­te­ment dans les stra­té­gies de dé­fense fran­çaise et bri­tan­nique. Dès l’in­tro­duc­tion pré­si­den­tielle du livre blanc fran­çais, Fran­çois Hol­lande pré­cise qu’une « vo­lon­té claire est af­fi­chée au bé­né­fice de ca­pa­ci­tés au­to­nomes et ré­ac­tives de pro­jec­tion re­po­sant sur des forces bien en­traî­nées, bien équi­pées et bien ren­sei­gnées [qui] de­vront être en me­sure d’avoir un im­pact dé­ci­sif dans les ré­gions où les me­naces sont les plus grandes sur nos in­té­rêts et ceux de nos par­te­naires et al­liés ». La re­vue de dé­fense stra­té­gique bri­tan­nique pré­cise que les forces ar­mées et les ser­vices de ren­sei­gne­ment « pro­jettent la puis­sance an­glaise glo­ba­le­ment pour com­battre au­près des al­liés amé­ri­cains et fran­çais ». Le Royaume-uni af­fiche l’in­ten­tion de pro­je­ter sa puis­sance pour des du­rées plus longues en uti­li­sant les meilleures tech­no­lo­gies pour conser­ver son avan­tage dans tous les do­maines, y com­pris cy­ber­né­tique. La France veut pou­voir pro­je­ter à 3 000 km dans un dé­lai d’une se­maine une Force In­ter­ar­mées de Ré­ac­tion Im­mé­diate (FIRI) de 2 300 hommes. Dans un dé­lai plus long, elle af­fiche l’ob­jec­tif de dis­po­ser de 66 000 hommes pro­je­tables avec trois bâ­ti­ments de pro­jec­tion et de com­man­de­ment, un porte-avions et une cin­quan­taine d’avions de trans­port tac­tique. À l’ho­ri­zon 2025, Londres veut pou­voir pro­je­ter 50 000 hommes (contre 30 000 en 2020) avec un groupe de com­bat cen­tré au­tour d’un porte-avions Queen Eli­za­beth ar­mé de F-35, trois bri­gades de l’ar­mée de terre, un groupe aé­rien avec des com­po­santes trans­port et veille avan­cée et un groupe de forces spé­ciales.

Garde-fou, la stra­té­gie eu­ro­péenne pose comme préa­lable que les in­ter­ven­tions mi­li­taires de L’UE doivent s’ef­fec­tuer « dans le res­pect ab­so­lu de la Charte des Na­tions unies ». Le livre blanc fran­çais pré­cise que « le suc­cès des opé­ra­tions est sou­vent lui-même en par­tie lié à la lé­gi­ti­mi­té de l’ins­ti­tu­tion qui en est le sup­port […], les in­ter­ven­tions ex­té­rieures ne [de­vant] pas être soup­çon­nées d’être un nou­vel ins­tru­ment de pro­jec­tion abu­sive de puis­sance ».

L’EX­PÉ­RIENCE EU­RO­PÉENNE RÉ­CENTE FACE À L’AN­TI-AC­CÈS ET AU DÉ­NI D’AC­CÈS

L’an­ti-ac­cès et le dé­ni d’ac­cès sont les dé­fis que doit af­fron­ter une force ex­pé­di­tion­naire. Les deux concepts s’ap­pliquent

La France veut pou­voir pro­je­ter à 3 000 km dans un dé­lai d’une se­maine une Force In­ter­ar­mées de Ré­ac­tion Im­mé­diate (FIRI) de 2 300 hommes. Dans un dé­lai plus long, elle af­fiche l’ob­jec­tif de dis­po­ser de 66 000 hommes pro­je­tables avec trois bâ­ti­ments de pro­jec­tion et de com­man­de­ment, un porte-avions et une cin­quan­taine d’avions de trans­port tac­tique.

res­pec­ti­ve­ment aux armes à longue et courte por­tée qui in­ter­disent l’ac­cès des ap­proches et du point de dé­bar­que­ment à une force ex­pé­di­tion­naire. Ils com­prennent les dé­fenses cô­tières (mines, mis­siles, ar­tille­rie) et les dé­fenses an­ti­aé­riennes d’une côte. For­ma­li­sée par les États-unis pour ca­rac­té­ri­ser les obs­tacles que ren­con­tre­raient leurs forces au­tour du monde, l’ex­pres­sion A2AD est ab­sente des do­cu­ments fran­çais et bri­tan­niques. D’un point de vue mi­li­taire, la ques­tion est de sa­voir si l’eu­rope a la ca­pa­ci­té d’in­ter­ve­nir ef­fi­ca­ce­ment face à des moyens an­ti-ac­cès. Les cas ré­cents de la Bos­nie, du Ko­so­vo, de la Li­bye et main­te­nant de la Sy­rie ap­portent des élé­ments de ré­ponse.

Après un dé­ploie­ment ini­tial dans le cadre de la FORPRONU en Bos­nie (1993-1995), la France, le Royaume-uni, les Pays-bas, la Bel­gique et l’ita­lie re­joignent les autres membres de L’OTAN dans le cadre des opé­ra­tions de blo­cus et d’in­ter­dic­tion « Ma­ri­time Guard » (22 no­vembre 1992-1993), « De­ny Flight » (12 avril 1993-20 oc­tobre 1995) et « Sharp Guard » (15 juin 1993-2 oc­tobre 1996). L’en­tre­prise se conclut par une opé­ra­tion de L’OTAN bap­ti­sée « De­li­be­rate Force » (30 août20 sep­tembre 1995) qui met fin au conflit. Les moyens na­vals en­ga­gés sont consi­dé­rables : un ou deux porte-avions amé­ri­cains (six dé­ployés au to­tal), un porte-avions fran­çais (deux dé­ployés) et un porte-aé­ro­nefs bri­tan­nique (deux dé­ployés) au plus fort de l’ac­tion. Mais l’op­po­si­tion est faible. Les forces you­gos-

D’un point de vue mi­li­taire, la ques­tion est de sa­voir si l’eu­rope a la ca­pa­ci­té d’in­ter­ve­nir ef­fi­ca­ce­ment face à des moyens an­ti-ac­cès.

laves n’em­ploient pas de mines ni de mis­siles an­ti­na­vires contre la coa­li­tion. Elles s’op­posent seu­le­ment aux opé­ra­tions aé­riennes. Les moyens na­vals fran­çais et bri­tan­niques viennent en sou­tien de moyens amé­ri­cains su­pé­rieurs. Les Éten­dard IVP fran­çais et Ali­zé du Cle­men­ceau ef­fec­tuent 44 sor­ties de re­con­nais­sance pho­to­gra­phique et 91 sor­ties d’in­ter­cep­tion élec­tro­nique. Le 15 avril et le 12 dé­cembre 1994, deux Su­per Éten­dard de re­con­nais­sance frap­pés par des mis­siles par­viennent à re­joindre le porte-avions Cle­men­ceau pour l’un et l’ita­lie pour l’autre. Au to­tal, les pertes de la coa­li­tion sont faibles (cinq avions), en par­tie en rai­son de l’écra­sante su­pé­rio­ri­té amé­ri­caine. La guerre du Ko­so­vo (28 fé­vrier 1998-11 juin 1999) voit se ré­pé­ter un scé­na­rio ana­logue. La par­ti­ci­pa­tion des forces na­vales de L’OTAN n’est pas en­tra­vée. La France s’en­or­gueillit d’avoir su convaincre l’al­lié amé­ri­cain de ne pas dé­truire la flotte you­go­slave dont elle in­ter­dit la sor­tie en blo­quant les bouches de Ko­tor, au Mon­té­né­gro, avec un SNA (Sous-ma­rin Nu­cléaire d’at­taque). Pour la pre­mière fois, une plate-forme eu­ro­péenne, le SNA bri­tan­nique Swift­sure, tire des mis­siles de croi­sière au cô­té de la ma­rine amé­ri­caine contre les dé­fenses an­ti­aé­riennes de la Ser­bie-mon­té­né­gro. Avec seu­le­ment 20 To­ma­hawk, contre 198 pour L’US Na­vy, la par­ti­ci­pa­tion bri­tan­nique est sur­tout sym­bo­lique. La proxi­mi­té des côtes ita­liennes li­mite la né­ces­si­té d’em­ployer les porte-avions. Ceux-ci ap­portent ce­pen­dant leur contri­bu­tion : en avril 1999, le por­tea­vions amé­ri­cain Theo­dore Roo­se­velt re­joint le porte-avions fran­çais Foch pour par­ti­ci­per aux frappes sur la Ser­bie. Dix-huit Su­per Éten­dard ef­fec­tuent le tiers des frappes fran­çaises : 450 sor­ties en 70 jours, 268 GBU-12 gui­dées par la­ser lan­cées, avec le taux de suc­cès le plus éle­vé dans l’al­liance (73 %). Mais ces frappes ne re­pré­sentent que 4 % des sor­ties de l’al­liance, re­flé­tant en­core une fois la do­mi­na­tion amé­ri­caine. Le trans­port des troupes pro­pre­ment dites s’ef­fec­tue sans

op­po­si­tion. Du 24 avril au 1er mai 1999, le TCD Ou­ra­gan trans­porte les troupes fran­çaises à Durrës (Al­ba­nie). En­core une fois, les pertes de L’OTAN sont mi­nimes (quatre avions).

La troi­sième opé­ra­tion est la mis­sion de pro­tec­tion des po­pu­la­tions ci­viles de Mis­ra­ta et Benghazi, en Li­bye, au­to­ri­sée par le Conseil de sé­cu­ri­té de L’ONU. La France et le Royaume-uni sont les ini­tia­teurs de cette en­tre­prise, re­joints par les États-unis dont la par­ti­ci­pa­tion est in­dis­pen­sable pour as­su­rer la neu­tra­li­sa­tion de la dé­fense an­ti­aé­rienne li­byenne par des frappes préa­lables de mis­siles de croi­sière. Une nou­velle fois, la par­ti­ci­pa­tion bri­tan­nique est sym­bo­lique (12 To­ma­hawk) par rap­port aux tirs amé­ri­cains (112 To­ma­hawk). La France prend en­suite la tête des frappes aé­riennes (35 %), re­pous­sant aus­si long­temps que pos­sible (29 mars) le trans­fert de l’opé­ra­tion sous man­dat de L’OTAN afin que la Tur­quie ne puisse pas im­mé­dia­te­ment im­po­ser son ve­to sur les frappes. Les forces li­byennes ne par­viennent pas à abattre un

Ni la France, ni le Royaume-uni, ni au­cun pays eu­ro­péen ne pa­raissent dis­po­ser des moyens suf­fi­sants pour neu­tra­li­ser seuls les dé­fenses an­ti­na­vires et an­ti­aé­riennes sy­riennes.

seul avion mal­gré un ar­se­nal es­ti­mé à 400450 lan­ceurs (dont 130-150 SA-6 et plu­sieurs SA-8). La Li­bye tente d’in­ter­dire ses côtes avec des mines qui sont neu­tra­li­sées, des tirs de bat­te­ries d’ar­tille­rie cô­tière qui manquent de peu et des bat­te­ries an­ti­aé­riennes qui sont neu­tra­li­sées par les mis­siles To­ma­hawk puis par des tirs d’ar­tille­rie de 100 et 76 mm. Les pertes de L’OTAN sont en­core une fois in­si­gni­fiantes : un hé­li­co­ptère néer­lan­dais, et un chas­seur-bom­bar­dier amé­ri­cain ac­ci­den­té.

En août 2013, Pa­ris, Londres et Wa­shing­ton s’en­tendent pour pu­nir le ré­gime de Da­mas convain­cu d’avoir em­ployé des armes chi­miques. Par­mi les obs­tacles à l’in­ter­ven­tion oc­ci­den­tale, la pré­sence de mis­siles an­ti­na­vires su­per­so­niques Ya­khont : en 2010, la Rus­sie avait an­non­cé le trans­fert de deux sys­tèmes (72 mis­siles) à la Sy­rie pour ho­no­rer un contrat si­gné en 2007 et en avait li­vré d’autres, do­tés d’un ra­dar amé­lio­ré, en mai 2013 ; le 5 juillet, l’avia­tion is­raé­lienne avait op­por­tu­né­ment dé­truit un site de sto­ckage de Ya­khont à Lat­ta­quié sans que l’on sût si tous les mis­siles étaient anéan­tis. Alors que les flottes amé­ri­caine, fran­çaise et bri­tan­nique se trouvent au large, la Rus­sie per­suade fi­na­le­ment les États-unis de ne pas at­ta­quer et de tra­vailler sur un plan rus­so-si­no-amé­ri­cain d’éli­mi­na­tion des armes chi­miques. L’an­cien se­cré­taire à la Dé­fense, Chuck Ha­gel, ré­vèle dans une in­ter­view qu’il a ap­prou­vé des plans de frappe. Mais le pré­sident Oba­ma s’y op­pose et une par­tie des armes chi­miques sy­riennes sont li­vrées et dé­truites. En 2015-2016, Mos­cou rem­place ou com­plète les Ya­khont sy­riens par de nou­velles bat­te­ries Bas­tion, cette fois sous contrôle russe, et dé­ploie des bat­te­ries an­ti­aé­riennes S-400 qui com­pli­que­raient une at­taque aé­rienne de la coa­li­tion. Ni la France, ni le Royaume-uni, ni au­cun pays eu­ro­péen ne pa­raissent dis­po­ser des moyens suf­fi­sants pour neu­tra­li­ser seuls les dé­fenses an­ti­na­vires et an­ti­aé­riennes sy­riennes.

DES CA­PA­CI­TÉS D’EN­TRÉE IN­SUF­FI­SANTES ?

L’ar­mée de l’air et l’aéronavale fran­çaises em­ploient de­puis les an­nées 1990 des bombes gui­dées par la­ser na­tio­nales BGL-1000 (Ma­tra BAE Dy­na­mics), com­plé­tées par des Pa­ve­way et des kits amé­ri­cains de gui­dage la­ser adap­tables sur les bombes fran­çaises de 227 kg. Em­ployées en Bos­nie et au Ko­so­vo, les pre­mières, très coû­teuses, ont été en par­tie rem­pla­cées par les se­condes et par les kits adap­tables, pour la cam­pagne de Li­bye. Pour sa part, la Royal Air Force lance de­puis 2005 le mis­sile air-sur­face Brim­stone gui­dé par la­ser. Comme la France, le Royaume-uni me­sure lors de la cam­pagne de Li­bye la fai­blesse de ses stocks. La RAF lance 60 Brim­stone dès la pre­mière se­maine du conflit et au moins 140 du­rant la guerre, for­çant de nou­velles com­mandes.

Pour des frappes à dis­tance, y com­pris stra­té­giques, la France et le Royau­meU­ni com­mandent res­pec­ti­ve­ment 400 et 900 exem­plaires du mis­sile de croi­sière à longue por­tée (400 km) SCALP-EG/STORM Sha­dow, en­tré en ser­vice en 2005 en France et en 2002 au Royaume-uni. Pa­ris et Londres vont mo­der­ni­ser leurs exem­plaires, mais le pro­gramme fran­çais ne por­te­ra que sur 100 uni­tés. Le Royaume-uni est la pre­mière na­tion eu­ro­péenne à dé­ployer des mis­siles de croi­sière na­vals sur ses sous-ma­rins nu­cléaires d’at­taque Tra­fal­gar et As­tute. En 2004 et 2008, il achète 64 et 107 mis­siles de croi­sière To­ma­hawk pour re­com­plé­ter ses stocks. En 2006, la France com­mande 50 mis­siles de croi­sière SCALP-NA­VAL, re­bap­ti­sés Mis­sile de Croi­sière Na­vals (MDCN),

des­ti­nés aux nou­velles fré­gates Aqui­taine, sui­vis en 2009 de 100 uni­tés sup­plé­men­taires et de 50 mis­siles pour les SNA classe Suf­fren. Les pre­miers MDCN sont en ser­vice de­puis cette an­née. Les Pays-bas (2005) et l’es­pagne (2002-2005) pa­raissent in­té­res­sés par l’ac­qui­si­tion de mis­siles To­ma­hawk, mais les com­mandes sont an­nu­lées, res­pec­ti­ve­ment en 2007 et 2009. Ayant dé­ci­dé que ses fu­turs sous-ma­rins se­ront ar­més de mis­siles de croi­sière, la Po­logne de­vien­dra la troi­sième na­tion eu­ro­péenne à en ti­rer de­puis la mer, à l’ho­ri­zon 2025.

Le prix uni­taire (hors dé­ve­lop­pe­ment) des SCALP se­rait de 2,86 mil­lions d’eu­ros, soit le double de ce­lui des To­ma­hawk (1,59 mil­lion de dol­lars). Lors de la pre­mière guerre du Golfe, les États-unis tirent 288 To­ma­hawk, soit 80 % du stock to­tal de mis­siles de croi­sière pré­vu pour le Royau­meU­ni et la France. Du­rant la se­conde guerre du Golfe, ils lancent 802 mis­siles, soit plus de deux fois et de­mie le stock « eu­ro­péen » re­pré­sen­té par ces deux pays. Au to­tal, le Royaume-uni et la France dis­po­se­ront d’en­vi­ron 350 mis­siles de croi­sière na­vals, dix fois moins que les États-unis dont le stock est d’en­vi­ron 3 500 To­ma­hawk. Les fu­turs SNA Suf­fren n’em­por­te­ront que 20 armes (tor­pilles, MDCN) lan­cées par quatre tubes, un désa­van­tage par rap­port aux As­tute bri­tan­niques (38 armes et six tubes) et aux Los An­geles et Vir­gi­nia amé­ri­cains (37 armes et 12 tubes ré­ser­vés aux To­ma­hawk), ca­pa­ci­tés qui se­ront dou­blées sur les Vir­gi­nia II. Avec seu­le­ment 13 SNA contre 54 aux États-unis et 24 à la Rus­sie, l’eu­rope est très en re­tard.

Du cô­té de la dé­fense an­ti­aé­rienne d’une force na­vale, les ca­pa­ci­tés eu­ro­péennes sont éga­le­ment li­mi­tées. Le Royaume-uni ne pos­sède que six des­troyers an­ti­aé­riens au lieu des douze ini­tia­le­ment pré­vus et la France et l’ita­lie, deux fré­gates de dé­fense aé­rienne cha­cune contre les quatre en­vi­sa­gées, soit un to­tal de dix uni­tés do­tées du mis­sile As­ter 30. Il faut y ajou­ter cinq fré­gates es­pa­gnoles, quatre fré­gates

Au to­tal, le Royau­meU­ni et la France dis­po­se­ront d’en­vi­ron 350 mis­siles de croi­sière na­vals, dix fois moins que les États-unis dont le stock est d’en­vi­ron 3 500 To­ma­hawk.

néer­lan­daises, trois al­le­mandes et trois da­noises, soit quinze autres fré­gates ar­mées du SM-2 amé­ri­cain. L’eu­rope aligne donc 25 bâ­ti­ments an­ti­aé­riens contre plus de 80 pour les États-unis, un dés­équi­libre pa­tent. Note d’es­poir, les quinze fré­gates FREMM fran­çaises pour­ront toutes lan­cer l’as­ter 30, en plus de l’as­ter 15, leur don­nant une ca­pa­ci­té an­ti­aé­rienne à plus longue por­tée, et le Royaume-uni en­vi­sage de do­ter ses des­troyers Type-45 d’une ca­pa­ci­té an­ti-mis­siles ba­lis­tiques.

Autre élé­ment dé­ter­mi­nant, les pla­tes­formes de pro­jec­tion pro­pre­ment dites. Avec un seul vrai porte-avions, le Charles de Gaulle (42 500 t, 28-40 avions), deux gros porte-aé­ro­nefs Queen Eli­za­beth (70 600 t, 20-40 aé­ro­nefs VSTOL (1)) et deux pe­tits porte-aé­ro­nefs, le Ca­vour (30 100 t, 20-30 aé­ro­nefs VSTOL) et le Juan Car­los I (26 000 t, 20 aé­ro­nefs VSTOL), les ca­pa­ci­tés aé­ro­na­vales de l’eu­rope sont in­fé­rieures à celles de deux porte-avions amé­ri­cains, en étant op­ti­miste. Dans la réa­li­té, le Charles de Gaulle em­por­te­ra 24 Rafale, le Queen Eli­za­beth une ving­taine de F-35, le Ca­vour ou le Juan Car­los I moins de dix Har­rier. Au to­tal, les États-unis alignent dix – et bien­tôt onze – su­per porte-avions et neuf porte-aé­ro­nefs, soit près de quinze fois les ca­pa­ci­tés de l’eu­rope. Construits aux normes ci­viles des car-fer­rys, exi­geantes en ma­tière de sé­cu­ri­té in­cen­die, les trois bâ­ti­ments de pro­jec­tion et de com­man­de­ment fran­çais ne sont pas com­par­ti­men­tés au-des­sus de la flot­tai­son. Ils ne ré­sis­te­raient pas mieux qu’un car-fer­ry à une mine ou à des mis­siles : la pre­mière les cou­le­rait et les se­conds les trans­per­ce­raient. Les onze autres trans­ports d’as­saut eu­ro­péens, quatre type Rot­ter­dam (PaysBas, Es­pagne/14 000 t), deux type Al­bion an­glais (19 250 t), trois San Gior­gio italiens (8 000 t) et deux Ab­sa­lon da­nois (6 600 t) sont construits aux normes mi­li­taires, mais tout aus­si vul­né­rables aux mines. Moins bien ar­més et sans la ca­pa­ci­té « Roll Off/roll On » des Ab­sa­lon, les fré­gates 125 al­le­mandes sont éga­le­ment confi­gu­rées pour pro­je­ter des forces spé­ciales.

DES AM­BI­TIONS LI­MI­TÉES

Le Royaume-uni, la France, l’ita­lie, l’es­pagne et les Pays-bas dis­posent donc de ca­pa­ci­tés au­to­nomes pour me­ner une opé­ra­tion am­phi­bie. Comme l’ont dé­mon­tré la guerre des Ma­louines par le Royaume-uni et la guerre du Golfe de 1991, les na­tions eu­ro­péennes peuvent trans­por­ter des troupes vers un port sûr à condi­tion d’af­fré­ter un grand nombre de na­vires mar­chands. Le Royaume-uni, la France, l’ita­lie, l’es­pagne et les Pays-bas ont pour ob­jec­tif de pou­voir mettre à terre 1 000 hommes cha­cun dans un dé­lai d’une à deux se­maines, soit 5 000 hommes au to­tal, contre une plage lé­gè­re­ment dé­fen­due. Mais cette en­tre­prise se­rait im­pos­sible contre un ob­jec­tif for­ti­fié.

L’ini­tia­tive Am­phi­bie Eu­ro­péenne (IAE) re­groupe ini­tia­le­ment les cinq pays fon­da­teurs (France, Royaume-uni, Es­pagne, Pays-bas, Ita­lie) et sept membres as­so­ciés (Al­le­magne, Bel­gique, Da­ne­mark, Fin­lande, Por­tu­gal, Tur­quie et Suède). Si­gnée en 2000, la dé­cla­ra­tion d’in­ten­tion de cette or­ga­ni­sa­tion est re­nou­ve­lée en 2015 lorsque les sept pays as­so­ciés la re­joignent. Trois exer­cices spé­ci­fiques, bap­ti­sés « Eme­rald Move », ont eu lieu de­puis la créa­tion de L'IAE, en 2005, 2010 et 2016. Ce­lui de 2010 cher­chait à dé­mon­trer la ca­pa­ci­té de L’IAE à pla­ni­fier et me­ner une opé­ra­tion com­bi­née pour dé­ployer une bri­gade sur une longue dis­tance pen­dant une pé­riode si­gni­fi­ca­tive. Il a eu lieu sans la par­ti­ci­pa­tion du Royau­meU­ni et de l’es­pagne, mais avec les pays de la Com­mu­nau­té éco­no­mique des États de l’afrique de l’ouest (CEDEAO), dont le Sé­né­gal. La France, l’ita­lie, les Pays-bas et le Sé­né­gal ont dé­ployé 5 000 hommes, dont la moi­tié à terre, 10 na­vires de sur­face, 18 avions, 105 vé­hi­cules. « Eme­rald Move » 2016 a re­pris les mêmes ob­jec­tifs sur une pé­riode de trente jours et a ras­sem­blé la France, l’ita­lie, l’es­pagne, les Pays-bas et la Tur­quie.sur le plan stric­te­ment na­val, l’eu­rope dis­pose d’une force non per­ma­nente créée en 1995 par la France, l’ita­lie, le Por­tu­gal et l’es­pagne, sus­cep­tible d’être ac­ti­vée dans les cinq jours sous man­dat de L’ONU, de L’OSCE ou de L’OTAN pour rem­plir les mis­sions de contrôle de la mer et d’as­sis­tance hu­ma­ni­taire dé­fi­nies dans la dé­cla­ra­tion de Pe­ters­berg de 1992. Dans le cadre de L’OTAN, l’eu­rope dis­pose de quatre forces de ré­ac­tion im­mé­diate : les deux groupes ma­ri­times per­ma­nents de L’OTAN (Snmg/stan­ding NATO Ma­ri­time Group) com­po­sés du SNMG1 et du SNMG2 et les deux groupes per­ma­nents de lutte contre les mines (Snmcmg/stan­ding NATO Mine Coun­ter­mea­sure Ma­ri­time Group).

Le Royaume-uni, la France, l’ita­lie, l’es­pagne et les Pays-bas ont pour ob­jec­tif de pou­voir mettre à terre 1 000 hommes cha­cun dans un dé­lai d’une à deux se­maines, soit 5 000 hommes au to­tal, contre une plage lé­gè­re­ment dé­fen­due. Mais cette en­tre­prise se­rait im­pos­sible contre un ob­jec­tif for­ti­fié.

Note CONCLU­SIONS

Gé­né­ra­le­ment dictées par des rai­sons hu­ma­ni­taires, les in­ter­ven­tions eu­ro­péennes de l’après-guerre froide n’au­raient pas pu s’ef­fec­tuer sans une par­ti­ci­pa­tion amé­ri­caine qui, en fin de compte, s’avère tou­jours dé­ci­sive. Si l’at­taque de la Li­bye en 2011 peut être consi­dé­rée comme un suc­cès, l’in­ca­pa­ci­té de l’eu­rope à pou­voir y dé­ployer des troupes, comme au­pa­ra­vant dans l’ex-you­go­sla­vie, em­pêche le re­dres­se­ment du pays qui reste en proie à la guerre ci­vile. Re­gret­tée par le pré­sident Hol­lande, l’in­ter­ven­tion avortée d’août 2013 contre le ré­gime sy­rien de Ba­char al-as­sad au­rait pu se tra­duire par des pertes sé­rieuses cau­sées par les dé­fenses cô­tières et an­ti­aé­riennes sy­riennes sans que les ac­teurs eu­ro­péens puissent dé­ployer de troupes au sol, seule ma­nière d’em­pê­cher la prise de contrôle du pays par des élé­ments hos­tiles comme l’état is­la­mique.

Au re­gard de ces exemples pas­sés, les ca­pa­ci­tés des prin­ci­paux ac­teurs eu­ro­péens pa­raissent très in­suf­fi­santes pour en­vi­sa­ger de pro­je­ter des forces sur les côtes de pays en crise, en par­ti­cu­lier sur le théâtre moye­no­rien­tal et nord-afri­cain. En Bal­tique, les grands pays eu­ro­péens dis­posent des forces né­ces­saires pour ren­for­cer leurs pe­tits al­liés en temps de paix. Mais, en l’état, ils n’au­raient pas les ca­pa­ci­tés de re­prendre seuls des ter­ri­toires per­dus dans l’hy­po­thèse ex­trê­me­ment im­pro­bable d’un coup de force russe contre les pays baltes. L’OTAN et la par­ti­ci­pa­tion amé­ri­caine de­meurent donc in­dis­pen­sables. À l’ave­nir, les grands ac­teurs eu­ro­péens de­vraient cher­cher à contrer le dé­ni d’ac­cès en aug­men­tant le nombre de leurs mis­siles de croi­sière dé­ployés sur sous-ma­rins et ce­lui de leurs sous-ma­rins nu­cléaires d’at­taque.

* Les pro­pos de l’au­teur n’en­gagent pas le mi­nis­tère de la Dé­fense. (1) Ver­ti­cal/short Take-off Lan­ding.

Le SS-C-1 Se­pal équipe en­core les bat­te­ries de dé­fense cô­tière de plu­sieurs pays. Peu mé­dia­ti­sées, ces bat­te­ries consti­tuent une réelle me­nace pour une force na­vale ex­pé­di­tion­naire. (© Shutterstock/an­drey 69)

Le lan­ceur 9A83 du sys­tème S-300VM (SA-23 Gla­dia­tor). Les lo­giques A2AD re­posent éga­le­ment sur la mise en place d'une « bulle an­ti­aé­rienne » com­pre­nant gé­né­ra­le­ment plu­sieurs types de sys­tèmes. En l'oc­cur­rence, le Gla­dia­tor peut être uti­li­sé contre les mis­siles de croi­sière. (© Shutterstock/id 1979)

Contrai­re­ment aux pays do­tés D'AV-8B Har­rier (Es­pagne, Ita­lie), la France dis­pose avec ses Rafale Ma­rine d'ap­pa­reils de com­bat équi­va­lant, par l'em­port, la vi­tesse et l'au­to­no­mie, à ceux opé­rant de­puis des bases ter­restres. (© DOD)

L'un des deux LPD de classe Rot­ter­dam néer­lan­dais. Dans l'en­semble, les ca­pa­ci­tés am­phi­bies eu­ro­péennes res­tent mar­quées par le faible nombre de bâ­ti­ments dis­po­nibles. (© De­fen­sie)

De­puis le re­trait du porte-aé­ro­nefs Prin­cipe de As­tu­rias, le Juan Car­los I (à l'avant­plan, es­cor­té par un LPD de classe Ga­li­cia) est le conti­nua­teur de ses mis­sions au­tant qu'un grand bâ­ti­ment am­phi­bie do­té d'un ra­dier (LHD). (© Ar­ma­da)

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