DU KIPPOUR AUX SA-5 SYRIENS : IS­RAËL FACE À L’A2/AD

DSI Hors-Série - - SOMMAIRE - Jo­seph HEN­RO­TIN

En oc­tobre 1973, Is­raël se re­trouve dans une si­tua­tion stra­té­gique dé­li­cate, pris en étau face à l’at­taque com­bi­née des forces arabes. À l’ouest, les troupes égyp­tiennes tra­versent le ca­nal de Suez sous l’om­brelle pro­tec­trice d’un dis­po­si­tif an­ti­aé­rien éta­gé et uti­li­sant des sys­tèmes par­mi les plus avan­cés de l’époque, au risque d’une at­tri­tion ca­tas­tro­phique.

Le contexte du dé­clen­che­ment de la guerre entre les deux pays est bien connu, sa­chant éga­le­ment qu’ils ont mul­ti­plié les oc­ca­sions de me­su­rer leurs avia­tions. La guerre des Six Jours de juin 1967 fut ain­si sui­vie d’une « guerre d’at­tri­tion » (1969-1970) (1), non li­néaire, al­ter­nant entre des pé­riodes d’ac­cal­mie et des opé­ra­tions re­la­ti­ve­ment im­por­tantes. Is­raël mit alors en place la ligne Bar-lev face au ca­nal de Suez, tout uti­li­sant sa force aé­rienne et ses com­man­dos pour des ac­tions of­fen­sives(2). Les opé­ra­tions furent suf­fi­sam­ment in­tenses pour que, de juillet 1967 à no­vembre 1969, la force aé­rienne égyp­tienne perde 51 ap­pa­reils (34 dans des com­bats aé­riens, 9 du fait de la DCA et 8 du fait de mis­siles MIM-23B Hawk), alors que les raids is­raé­liens ont cau­sé la des­truc­tion de 30 bat­te­ries SAM égyp­tiennes. Le 23 dé­cembre 1969, un raid de com­man­dos is­raé­liens per­mit même la cap­ture d’un tout nou­veau ra­dar P-12 d’ori­gine so­vié­tique, en­suite ex­pé­dié aux États-unis.

LA GUERRE D’AT­TRI­TION COMME LEURRE DES CA­PA­CI­TÉS ÉGYP­TIENNES

La pour­suite des opé­ra­tions mon­tra l’au­dace is­raé­lienne(3). Le 7 jan­vier 1970, quatre F-4 is­raé­liens at­ta­quaient la base égyp­tienne de Bil­beis, cau­sant une sur­prise to­tale. Le 10 du même mois, plu­sieurs dé­pôts égyp­tiens étaient ci­blés et, le 18, les bases de Hul­wan et Wat­za. La force aé­rienne is­raé­lienne cher­chait ain­si sys­té­ma­ti­que­ment à conser­ver la su­pé­rio­ri­té aé­rienne au-des­sus du ca­nal de Suez, mais aus­si à dé­mon­trer sa ca­pa­ci­té à frap­per dans la pro­fon­deur du ter­ri­toire égyp­tien, re­tour­nant au pro­fit d’is­raël la guerre d’usure sur la­quelle Le Caire comp­tait afin d’af­fai­blir la su­pé­rio­ri­té mo­rale de Tel-aviv. À ce stade, les Is­raé­liens n’avaient pas op­té pour la concen­tra­tion de leurs at­taques dans le temps, pré­fé­rant me­ner des opé­ra­tions deux ou trois fois par se­maine.

Tou­te­fois, de telles opé­ra­tions abou­tirent à un ré­ar­me­ment égyp­tien avec l’aide de l’union so­vié­tique (70 MIG-21 et au­tant de MIG-17, des Su-7, de même que des SAM). En réa­li­té, L’URSS ne dis­po­sait pas à ce mo­ment d’ap­pa­reils équi­va­lents aux F-4 et aux A-4 ali­gnés par Is­raël, et tint la po­si­tion po­li­tique se­lon la­quelle les forces arabes de­vaient être ca­pables de se dé­fendre, mais pas d’at­ta­quer. Elle dé­ploya, el­le­même, plu­sieurs de ses uni­tés de dé­fense

La force aé­rienne is­raé­lienne cher­chait sys­té­ma­ti­que­ment à conser­ver la su­pé­rio­ri­té aé­rienne au-des­sus du ca­nal de Suez, mais aus­si à dé­mon­trer sa ca­pa­cit é à frap­per dans la pro­fon­deur du ter­ri­toire égyp­tien. Pho­to ci-des­sus :

En­tré en ser­vice en 1969 en Is­raël, le F-4 Phan­tom a payé un lourd tri­but aux opé­ra­tions de 1973. (© D.R.)

aé­rienne – et n’hé­si­ta pas à en­ga­ger les ap­pa­reils is­raé­liens –, la pre­mière bat­te­rie de SA-3 étant dé­cla­rée opé­ra­tion­nelle en 1970. Ce qui re­pré­sen­tait 18 ba­taillons, cha­cun do­té de quatre bat­te­ries de SA-3, de même que de ZSU-23/4 et de SA-7 pour leur dé­fense rap­pro­chée. Des pi­lotes ont éga­le­ment été en­voyés en Égypte en tant que for­ma­teurs. En­ga­gés dans des com­bats aé­riens, plu­sieurs d’entre eux furent abat­tus. Le dé­ploie­ment de sys­tèmes de contre-me­sures élec­tro­niques par les États-unis, mais sur­tout le haut de­gré de mo­ral et de qua­li­fi­ca­tion des pi­lotes is­raé­liens, en même temps que la su­pé­rio­ri­té des ma­té­riels à leur dis­po­si­tion furent tels qu’in fine, les Égyp­tiens au­raient su­bi de 101 à 113 pertes, contre 15 ou 16 du cô­té is­raé­lien, les So­vié­tiques es­ti­mant pour leur part avoir cinq vic­toires à leur ac­tif.

Un ces­sez-le-feu of­fi­ciel entre les deux pays fut dé­cré­té le 4 août 1970, sans tou­te­fois que le conten­tieux po­li­tique ait été ré­glé. C’est dans ce contexte que la guerre de 1973, lan­cée par la Sy­rie et l’égypte, écla­tait en dé­pit des aver­tis­se­ments des services de ren­sei­gne­ments amé­ri­cains et is­raé­liens. Plu­sieurs ana­lystes ont en­suite consi­dé­ré que si Is­raël avait me­né une opé­ra­tion pré­emp­tive contre les dé­fenses sy­riennes et égyp­tiennes, il au­rait pu dé­truire jus­qu’à 90 % des bat­te­ries SAM. Une telle ac­tion au­rait alors per­mis à la Heyl Ha’avir is­raé­lienne de conduire des opé­ra­tions contre les forces terrestres ad­verses (4).

LE CHOC DU KIPPOUR

Les Is­raé­liens, après avoir été sé­vè­re­ment bous­cu­lés par le pas­sage du ca­nal de Suez par des troupes égyp­tiennes et par la per­cée sy­rienne sur le Go­lan (5), réus­sirent à re­prendre l’avan­tage (6). La puis­sance aé­rienne is­raé­lienne fut con­si­dé­rée comme dé­ci­sive (7) dans les mis­sions de su­pé­rio­ri­té aé­rienne – on es­ti­mait alors que le F-4E Phan­tom II était le meilleur in­ter­cep­teur au monde –, d’ap­pui aé­rien rap­pro­ché et d’in­ter­dic­tion(8). Quant à l’uti­li­sa­tion des mis­siles de dé­fense aé­rienne MIM-23 Hawk, elle per­met­tait d’at­teindre un taux de pro­ba­bi­li­té de des­truc­tion proche de 100 %. In fine, les forces aé­riennes arabes per­dirent ain­si 450 ap­pa­reils, dont 338 en com­bat aé­rien, contre seule­ment quatre pour Is­raël. Au 26 oc­tobre 1973, Is­raël avait re­pous­sé Syriens et Égyp­tiens et, après être pas­sé de l’autre cô­té du ca­nal de Suez, a été en me­sure d’en­cer­cler la 3e ar­mée du Caire, avec des po­si­tions à moins de 120 km de la ca­pi­tale égyp­tienne. Le suc­cès a donc bien été at­teint – mais la si­tua­tion a été cri­tique.

En ef­fet, les pertes de la Heyl Ha’avir is­raé­lienne face aux ri­deaux de SAM que l’égypte avait dis­po­sés le long du ca­nal de Suez et ceux que les Syriens avaient po­si­tion­nés sur le Go­lan ont obé­ré sa su­pé­rio­ri­té aé­rienne au-des­sus de la zone de ba­taille dans un pre­mier temps. Ce­la a eu pour consé­quence de li­mi­ter ses opé­ra­tions d’ap­pui rap­pro­ché, contrai­re­ment à ce qui s’était pro­duit en 1967 (9). Au dé­but de la guerre, Is­raël dis­po­sait de 380 ap­pa­reils de com­bat : 125 F-4, 185 A-4, 45 Mi­rage III et 25 Su­per Mys­tère mo­der­ni­sés (10), de 650 pi­lotes et d’en­vi­ron 80 hé­li­co­ptères. Il est à no­ter que, sur les 115 ap­pa­reils de com­bat et de sou­tien per­dus par Is­raël entre le 6 et le 24 oc­tobre, 80 le furent du­rant les trois pre­miers jours – soit une moyenne de 26,66 ap­pa­reils/ jour (11). À ce rythme, il était évi­dem­ment im­pos­sible de te­nir bien long­temps. La Heyl Ha’avir a ain­si per­du plus de 26 % de ses ap­pa­reils de com­bat au cours de la guerre. Plu­sieurs fac­teurs sont à l’ori­gine de ce re­vers. Le pre­mier est la den­si­té de la me­nace. En pré­pa­ra­tion de l’opé­ra­tion, l’égypte avait ren­for­cé sa dé­fense aé­rienne avec 18 bat­te­ries de SA-6 Gain­ful (soit trois bri­gades) (12), aux­quelles il faut ajou­ter les bat­te­ries de SA-2/3 dé­jà dé­ployées (soit un to­tal de 60 bat­te­ries le long du ca­nal de Suez). La Sy­rie a pour sa part re­çu 12 bat­te­ries de SA-6 et dis­po­sait elle aus­si de sys­tèmes plus an­ciens. Avec les forces ira­kiennes éga­le­ment en­ga­gées, les trois as­saillants ali­gnaient 180 bat­te­ries au to­tal. Si les pertes is­raé­liennes sont im­por­tantes, elles sont à com­pa­rer à la quan­ti­té de mis­siles ti­rés par les Égyp­tiens, es­ti­mée à 2 100 (13), et au nombre d’ap­pa­reils des forces aé­riennes arabes abat­tus, y com­pris lors­qu’ils étaient do­tés d’iden­ti­fi­ca­teurs ami/en­ne­mi. Une tren­taine d’ap­pa­reils is­raé­liens ont été tou­chés par des SA-7, mais seuls deux ont été abat­tus par ce moyen.

Dans le même temps, les pertes is­raé­liennes sont aus­si im­pu­tables à un em­ploi de l’avia­tion dans des mis­sions d’at­taque des têtes de pont égyp­tiennes (avec d’ailleurs peu d’ef­fi­ca­ci­té), le­quel se com­prend ai­sé­ment. En ef­fet, l’égypte a fait pro­gres­ser ses forces terrestres avec

Au dé­but de la guerre, Is­raël dis­po­sait de 380 ap­pa­reils de com­bat : 125 F-4, 185 A-4, 45 Mi­rage III et 25 Su­per Mys­tère mo­der­ni­sés, de 650 pi­lotes et d'en­vi­ron 80 hé­li­co­ptères.

un so­lide ap­pui d’ar­tille­rie, écra­sant les dé­fenses terrestres is­raé­liennes : dans les pre­mières mi­nutes de l’at­taque, 175 obus égyp­tiens tom­baient chaque se­conde sur la ligne Bar-lev. Les ten­ta­tives de contreat­taque des uni­tés terrestres is­raé­liennes se heur­taient à une forte den­si­té d’armes an­ti­chars. Dans pa­reil contexte, l’usage de l’avia­tion comme fac­teur de com­pen­sa­tion sem­blait lo­gique, mais a ra­pi­de­ment pro­vo­qué une forte at­tri­tion. Cette ra­tio­na­li­té s’est, par ailleurs, ap­puyée sur la croyance en l’ef­fi­ca­ci­té des sys­tèmes de contre-me­sures. S’ils étaient dis­po­nibles sur les ap­pa­reils – no­tam­ment au terme d’une opé­ra­tion spé­ciale ayant per­mis de cap­tu­rer un ra­dar Spoon Rest, en 1969 –, ils ne cou­vraient ce­pen­dant pas l’en­semble du spectre des me­naces, en par­ti­cu­lier les SA-6.

Un deuxième fac­teur ré­side dans les hé­si­ta­tions is­raé­liennes dans la conduite de la cam­pagne aé­rienne. Si l’état-ma­jor de la Heyl Ha’avir a mieux an­ti­ci­pé la guerre que le reste des forces et que la ré­ac­tion a été ra­pide, les pre­miers ordres étaient de lan­cer des frappes non sur les sites SAM, mais sur les bases aé­riennes et les po­si­tions d’ar­tille­rie antiaérienne (opé­ra­tion «Ta­gar»). La conduite de ces opé­ra­tions fut en soi coû­teuse, les ap­pa­reils, qui vo­laient à basse al­ti­tude, s’ex­po­sant aux SA-7 et sur­tout à l’ar­tille­rie, no­tam­ment les ZSU-23/4. Is­raël lan­ça en­suite l’opé­ra­tion « Dug­man-5 », vi­sant spé­ci­fi­que­ment les sites SAM, sur le front sy­rien. Mais au­cune re­con­nais­sance im­mé­dia­te­ment préa­lable ne fut réa­li­sée, de sorte que les chan­ge­ments de po­si­tion des bat­te­ries, même s’ils étaient connus, ne per­mirent pas de lo­ca­li­sa­tion pré­cise. In fine, les ren­sei­gne­ments, vieux de 48 heures, n’eurent au­cune uti­li­té et seule une bat­te­rie sur les 25 ci­blées fut dé­truite. Six F-4 furent éga­le­ment per­dus et 10 autres sé­rieu­se­ment en­dom­ma­gés, 11 pi­lotes étant tués(14). Pa­ra­doxa­le­ment, les Is­raé­liens dis­po­saient de mu­ni­tions an­ti­ra­dars comme L’AGM-45 Sh­rike, mais ne se sont pas pla­cés en po­si­tion de les uti­li­ser.

Consi­dé­rées comme pré­oc­cu­pantes – bien plus que du­rant la guerre du Viet­nam –, les évo­lu­tions des sys­tèmes de dé­fense aé­rienne so­vié­tiques al­laient don­ner lieu à un vaste mou­ve­ment de re­cherche dans le do­maine des contre­me­sures élec­tro­niques, en Is­raël comme ailleurs(15). Sur­tout, les Égyp­tiens com­mirent l’er­reur d’avan­cer dans le Si­naï au-de­là de la bulle de pro­tec­tion de leurs SAM, qui n’avaient pas été dé­pla­cés : la force aé­rienne is­raé­lienne re­ga­gna alors en li­ber­té de ma­noeuvre. De ce fait, les Égyp­tiens per­dirent 28 ap­pa­reils dans la seule jour­née du 14 oc­tobre. S’étant res­sai­sies, les forces is­raé­liennes me­nèrent une contre-at­taque qui les ame­na à pas­ser le ca­nal de Suez et à en­cer­cler la 3e ar­mée égyp­tienne, pro­vo­quant la prise de 12 des 60 bat­te­ries SAM égyp­tiennes, ce qui a en­suite per­mis d’in­ten­si­fier les opé­ra­tions aé­riennes is­raé­liennes (65 % des mis­sions réa­li­sées à par­tir de ce mo­ment ont été des frappes tac­tiques), avant que n'in­ter­viennent un pre­mier puis un se­cond ces­sez-le-feu. Des sys­tèmes ra­dars cap­tu­rés furent ex­pé­diés

Si les pertes is­raé­liennes sont im­por­tantes, elles sont à com­pa­rer à la quan­ti­té de mis­siles ti­rés par les Égyp­tiens, es­ti­mée à 2100, et au nombre d'ap­pa­reils des forces aé­riennes arabes abat­tus.

aux États-unis, per­met­tant de mettre au point les contre-me­sures né­ces­saires et d’op­ti­mi­ser les en­gins an­ti­ra­dars. In fine, la me­nace a donc sur­tout été trai­tée par la voie ter­restre, avec une prise « clas­sique » des po­si­tions égyp­tiennes, un trai­te­ment par l’ar­tille­rie, ou en­core par des opé­ra­tions spé­ciales (16).

L’uti­li­sa­tion de mu­ni­tions de pré­ci­sion li­vrées en ur­gence par les États-unis (au tra­vers de l’opé­ra­tion «Ni­ckel Grass») – des mis­siles AGM-65 Ma­ve­rick et des AGM-62 Wal­leye – s’est ré­vé­lée par­ti­cu­liè­re­ment ef­fi­cace, cer­tains rap­ports fai­sant état de ce que 90 % des en­gins at­tei­gnaient leurs cibles avec pré­ci­sion. Le gé­né­ral C. Her­zog sou­li­gnait ain­si que cet épi­sode de co­opé­ra­tion entre les forces terrestres et aé­riennes – confi­nant à la sy­ner­gie des forces – avait été pour le moins in­édit. Il ajou­tait, par ailleurs, qu’à l’ave­nir, la pro­li­fé­ra­tion des sys­tèmes SAM – et no­tam­ment des SA-7 por­tables et leurs évo­lu­tions – obli­ge­rait les forces aé­riennes à se concen­trer sur la su­pé­rio­ri­té aé­rienne et, pour les mis­sions de frappe, sur l’iso­la­tion de la zone de ba­taille et la des­truc­tion de l’ad­ver­saire à sa proxi­mi­té (17). Les li­vrai­sons amé­ri­caines dans le cadre de « Ni­ckel Grass » concer­naient éga­le­ment des ap­pa­reils de com­bat – au moins 100 F-4 et 36 A-4 – pré­le­vés sur les uni­tés ou les stocks amé­ri­cains. L’at­tri­tion a ain­si été plus que com­pen­sée.

Les le­çons qui dé­cou­le­ront de la guerre se­ront nom­breuses, tant en Is­raël qu’aux États-unis. L’as­ser­vis­se­ment de la stra­té­gie aé­rienne is­raé­lienne au sou­tien des troupes au sol a, en ef­fet, été cri­ti­qué en rai­son du nombre de pertes qu’une telle pos­ture avait en­gen­dré(18). De même, contrai­re­ment aux plans d’en­ga­ge­ment, les forces aé­riennes avaient été uti­li­sées afin de ré­pondre à des contin­gences im­mé­diates, comme l’at­taque des pon­tons égyp­tiens sur le ca­nal de Suez ou celle des forces blin­dées sy­riennes sur le Go­lan. D’autres pro­blèmes ont été iso­lés, comme les dé­fi­cits en ma­tière de com­man­de­ment et de contrôle, qui ont abou­ti à une ci­né­ma­tique où les forces étaient en­ga­gées tan­tôt contre l’égypte, tan­tôt contre la Sy­rie, mais pas d’une ma­nière pa­ral­lèle alors que la masse dis­po­nible le per­met­tait pour­tant.

LE CONTRE-EXEMPLE SY­RIEN

Une fois ti­rées, les le­çons ont dé­bou­ché sur une nou­velle ap­proche des opé­ra­tions aé­riennes. Lorsque la dé­ci­sion fut prise de s’en­ga­ger au Li­ban en juin 1982 afin d’y éli­mi­ner L’OLP, les res­pon­sables is­raé­liens sa­vaient qu’ils au­raient éga­le­ment à faire face à une forte den­si­té de me­naces SAM, les Syriens ayant dé­ployé 19 bat­te­ries de SA-6 dans la plaine de la Be­kaa, en plus de dis­po­ser d’une im­por­tante force aé­rienne sus­cep­tible d’in­ter­ve­nir au-des­sus du pays. Les mis­siles contrai­gnaient donc la ca­pa­ci­té à four­nir un ap­pui aux forces terrestres de­vant pro­gres­ser vers Bey­routh. La Heyl Ha’avir dis­po­sait ce­pen­dant d’une nou­velle gé­né­ra­tion d’équi­pe­ments. Les F-15, F-16 et Kfir à pré­sent dis­po­nibles étaient contrô­lés de­puis des E-2C Haw­keye de dé­tec­tion aé­rienne avan­cée. La re­con­nais­sance bé­né­fi­ciait quant à elle de l’ar­ri­vée de drones tac­tiques de dif­fé­rents types.

Le 9 juin 1982, Is­raël lan­çait l’opé­ra­tion « Art­zav-19 » en en­voyant des drones Mas­tiff sur les­quels se sont ver­rouillés les ra­dars syriens, tout en trans­met­tant en temps réel l’image de leur po­si­tion. Les mis­siles SA-6, dont 57 au­raient vi­sé les drones – confon­dus par les Syriens avec des avions –, per­mirent aux E-2 et aux B-707 de guerre élec­tro­nique de cap­ter puis de brouiller les fré­quences. C’est alors qu’une par­tie des 96 ap­pa­reils de com­bat is­raé­liens en­ga­gés lâ­chèrent des salves de mis­siles an­ti­ra­dars et dé­trui­sirent les lan­ceurs à coups d’armes gui­dées par la­ser et élec­tro-op­tiques. L’opé­ra­tion, me­née en quinze mi­nutes, af­fi­chait des ré­sul­tats écla­tants : 17 des 19 bat­te­ries de SAM avaient été anéan­ties, au­cune perte n’étant

La me­nace a sur­tout été trai­tée par la voie ter­restre, avec une prise « clas­sique » des po­si­tions égyp­tiennes, un trai­te­ment par l'ar­tille­rie, ou en­core par des opé­ra­tions spé­ciales.

à dé­plo­rer du cô­té is­raé­lien. La Sy­rie a évi­dem­ment ten­té de ré­pli­quer, en­ga­geant à son tour une cen­taine de chas­seurs, es­sen­tiel­le­ment des MIG-21 et MIG-23, mais elle en per­dit 26 en trente mi­nutes dans les com­bats aé­riens qui s’en­sui­virent.

Le len­de­main, les ap­pa­reils is­raé­liens re­vinrent pour éli­mi­ner les deux bat­te­ries res­tantes et s’im­po­ser dé­fi­ni­ti­ve­ment, abat­tant 35 ap­pa­reils syriens, la Heyl Ha’ha­vir n’en­re­gis­trant tou­jours au­cune perte. Le 10 juin, 21 autres ap­pa­reils syriens furent abat­tus : en trois jours, 82 avaient donc été dé­truits, ce qui po­sait un évident pro­blème d’at­tri­tion à Da­mas, qui ne dis­po­sait avant la guerre que d’un peu plus de 460 ap­pa­reils de com­bat (19). Fin juillet 1982, il man­quait 87 ap­pa­reils aux Syriens, Is­raël ayant fi­na­le­ment per­du quelques hé­li­co­ptères, un RF-4E de re­con­nais­sance et un A-4, dé­truits par des mis­siles ti­rés à l’épaule SA-7 de L’OLP. Des fautes sy­riennes ont éga­le­ment pu être sou­li­gnées, comme ne pas dé­pla­cer fré­quem­ment les bat­te­ries, ne pas po­si­tion­ner les ra­dars sur les points hauts (20), ou en­core avoir cher­ché à mas­quer leur po­si­tion par des écrans de fu­mée, ren­for­çant en fait leur vi­si­bi­li­té de­puis les airs(21). Reste ce­pen­dant que l’avan­tage tac­tique et tech­no­lo­gique is­raé­lien était bel et bien réel.

Si la dis­po­si­tion de sys­tèmes d’armes mo­dernes par les Is­raé­liens a ra­pi­de­ment été mise en évi­dence – la Sy­rie ne dé­ployant que des ap­pa­reils plus an­ciens (MIG-21 Fi­sh­bed, MIG-23 Flog­ger et Su-22 Fit­ter) –, les ca­pa­ci­tés de com­man­de­ment et de contrôle de la Heyl Ha’avir ont re­pré­sen­té un avan­tage dé­ci­sif. C’était en ef­fet la pre­mière fois que des AWACS (Air­borne War­ning And Control Sys­tem) mo­dernes, en l’oc­cur­rence des E-2C Haw­keye, étaient uti­li­sés au com­bat. Ils dé­tec­taient sou­vent les ap­pa­reils syriens dès leur dé­col­lage – un avan­tage is­su de la po­si­tion plus éle­vée du ra­dar, com­pa­ra­ti­ve­ment à ses équi­va­lents terrestres qui, du fait de la cour­bure de la Terre, ne peuvent « voir » des ap­pa­reils vo­lant trop bas – et gui­daient vers eux les ap­pa­reils is­raé­liens. Des drones ont éga­le­ment sur­vo­lé les bases aé­riennes sy­riennes afin de re­pé­rer les dé­col­lages (22).

D’après cer­taines es­ti­ma­tions, dans 60 % des cas, les pi­lotes syriens ne se se­raient ren­du compte de la pré­sence d’un appareil is­raé­lien qu’au mo­ment où ce­lui-ci les en­ga­geait. Com­pa­ra­ti­ve­ment, les Syriens s’ap­puyaient tou­jours sur le concept de Ground Control In­ter­cep­tor (GCI) or­ga­ni­sé « à la so­vié­tique », où des contrô­leurs ra­dars au sol guident les ap­pa­reils vers leurs cibles (23). Des ap­pa­reils d’alerte avan­cée so­vié­tiques Tu-126 Moss étaient pré­sents dans le pays avant le lan­ce­ment des opé­ra­tions, mais l’ont ra­pi­de­ment quit­té. En­fin, le sys­tème C3I sy­rien a quant à lui fait l’ob­jet d’une guerre élec­tro­nique in­tense, pen­dant que les Is­raé­liens se pré­ser­vaient d’at­taques si­mi­laires (24).

L'opé­ra­tion, me­née en quinze mi­nutes, af­fi­chait des ré­sul­tats écla­tants : 17 des 19 bat­te­ries de SAM avaient été anéan­ties, au­cune perte n'étant à dé­plo­rer du cô­té is­raé­lien. La Sy­rie a évi­dem­ment ten­té de ré­pli­quer, en­ga­geant à son tour une cen­taine de chas­seurs, es­sen­tiel­le­ment des MIG-21 et MIG-23, mais elle en per­dit 26 en trent e mi­nutes dans les com­bats aé­riens qui s'en­sui­virent.

DES EF­FETS IN­DI­RECTS POR­TEURS DE LE­ÇONS

La réus­site de l’opé­ra­tion is­raé­lienne a eu plu­sieurs consé­quences dans la ma­nière d’ap­pré­hen­der la me­nace des SAM dans la ré­gion, mais éga­le­ment ailleurs. La perte de ses bat­te­ries a conduit la Sy­rie à de­man­der à Mos­cou de po­si­tion­ner dans le pays des SA-5 Gam­mon, à bien plus longue por­tée. Huit bat­te­ries y ont été dé­ployées à par­tir de 1983, dont quatre au­tour de Da­mas, ma­niées par des So­vié­tiques. Avec 300 km de por­tée, l’en­gin fai­sait pe­ser – contrai­re­ment aux SA-6 – une me­nace sur l’es­pace aé­rien is­raé­lien. Une pre­mière ré­ponse is­raé­lienne a consis­té à de­man­der à Wa­shing­ton l’au­to­ri­sa­tion d’ache­ter des mis­siles de moyenne por­tée Per­shing-2

– d’au­tant plus pré­cis qu’ils bé­né­fi­cient d’un gui­dage ter­mi­nal ra­dar. La re­quête, au vu du contexte glo­bal, fut évi­dem­ment re­je­tée(25). La deuxième ré­ac­tion is­raé­lienne a été de ren­for­cer les tra­vaux au­tour de la guerre élec­tro­nique, mais aus­si d'en­vi­sa­ger des op­tions an­ti­mis­siles, avec des ver­sions adap­tées du Py­thon-3 et du Ba­rak. Les re­cherches alors lan­cées avaient éga­le­ment in­té­res­sé L’OTAN, dont les E-3 AWACS et les ra­vi­tailleurs en vol étaient eux aus­si me­na­cés par les SA-5, cette fois en Eu­rope. Pour au­tant, « Art­zav-19 » a eu d’autres consé­quences, en Is­raël et ailleurs dans le monde. En ce qui concerne les Is­raé­liens, « c’est alors qu’ils ont com­men­cé à ache­ter des Scud (26) », se­lon le gé­né­ral Da­vid Ivry, qui avait com­man­dé l’opé­ra­tion.

Ailleurs, si la Kras­naya Zvez­da a re­layé la ba­taille en in­di­quant que 67 ap­pa­reils is­raé­liens avaient été abat­tus, la plu­part des ob­ser­va­teurs so­vié­tiques et du Pacte de Var­so­vie ont été moins naïfs. Alors que la «deuxième guerre froide» bat­tait son plein, la ba­taille aé­rienne a ain­si par­ti­ci­pé de la per­cep­tion d’une su­pé­rio­ri­té tech­no­lo­gique oc­ci­den­tale et semble avoir été ex­ten­si­ve­ment ana­ly­sée par Mos­cou(27). De fac­to, elle consti­tuait la concré­ti­sa­tion des lo­giques liées à la Se­cond Off­set Stra­te­gy, où la su­pé­rio­ri­té tech­no­lo­gique par l’ar­me­ment de pré­ci­sion et le trai­te­ment de l’in­for­ma­tion étaient cen­traux. Da­vid Ivry ra­conte éga­le­ment sa ren­contre, en 1991, avec un gé­né­ral tchèque en poste à Mos­cou en 1982 qui es­ti­mait que la per­cep­tion russe de la ba­taille était l’un des élé­ments ayant conduit à l’ef­fon­dre­ment de L’URSS (28). L’ob­ser­va­tion des opé­ra­tions is­raé­liennes a, au de­meu­rant, ali­men­té la ré­flexion des mis­si­liers russes. De fac­to, Mos­cou a conti­nué d’ac­cor­der une grande im­por­tance aux sys­tèmes SAM, avec pour ef­fet de cher­cher des dis­tances d’en­ga­ge­ment tou­jours plus longues, tout en conser­vant le prin­cipe d’une dé­fense mul­ti­couche. Les évo­lu­tions des dif­fé­rentes va­riantes des S-300 et S-400 sont à com­prendre comme telles, de même que l’at­ten­tion por­tée au S-300V, à fi­na­li­té an­ti­ba­lis­tique – mais par­tant du prin­cipe que les at­taques ba­lis­tiques peuvent ci­bler les sys­tèmes SAM. Notes

(1) Louis Williams (dir.), Mi­li­ta­ry As­pects of the Is­rae­li-arab Con­flict, Uni­ver­si­ty Pu­bli­shing Pro­jects, Tel-aviv, 1975.

(2) Eliot Co­hen, Is­rael’s Best De­fense: The First Full Sto­ry of the Is­rae­li Air Force, Orion Books, New York, 1993. (3) Lon Nor­deen, Figh­ters over Is­rael: The Sto­ry of the Is­rae­li Air Force from the War of In­de­pen­dence to the Be­kaa Val­ley, Orion Books, New York, 1990.

(4) Ste­ven J. Ro­sen et Mar­tin In­dyk, « The Temp­ta­tion to Pre-empt in a Fifth Arab-is­rae­li War », Or­bis, vol. 20, no 3, été 1976.

(5) Ga­ry Ra­sh­ba, « Sa­cri­fi­cial Stand

Heights », Mi­li­ta­ry His­to­ry, oc­tobre 1998.

(6) Pierre Ra­zoux, La guerre is­raé­lo-arabe de 1973. Une nou­velle donne mi­li­taire au Proche-orient, Eco­no­mi­ca, Pa­ris, 1999. in the Go­lan (7) H. J. Co­le­man, « Is­rae­li Air Force De­ci­sive in War », Avia­tion Week and Space Tech­no­lo­gy, no 23, 3 dé­cembre 1973.

(8) Tho­mas D. Ent­wistle, Les­sons from Is­rae­li Bat­tle­field Air In­ter­dic­tion du­ring the Bat­tle for the Go­lan, Oc­to­ber 1973, Ar­my Com­mand and Ge­ne­ral Staff Col­lege, Fort Lea­ven­worth, 1988.

(9) Chaim Her­zog, The War of Ato­ne­ment, Oc­to­ber 1973, Green­hill Books, Londres, 1998.

(10) Itai Brun, « Is­rae­li Air Po­wer » in John An­dreas Ol­sen (dir.), Glo­bal Air Po­wer, Po­to­mac Books, Wa­shing­ton, 2011.

(11) John F. Da­vis, His­toire de la guerre aé­rienne, El­se­vier, Bruxelles, 1979. Les sources is­raé­liennes in­diquent 103 ap­pa­reils per­dus (Ze’ev Schiff, « The Is­rael Air Force » in Ya’acoov Erez et Ilan Kfir (dir.), The En­cy­clo­pe­dia of Mi­li­ta­ry and Defence, Re­vi­vim, Tel Aviv, 1985). Itai Brun in­dique quant à lui 102 ap­pa­reils de com­bat et sept hé­li­co­ptères (« Is­rae­li Air Po­wer », op. cit.).

(12) Ed­gar O’ba­lance (No Vic­tor, No Van­qui­shed: The Yom Kip­pur War, The Pre­si­dio Press, San Ra­fael, 1978) cite 40 bat­te­ries.

(13) Lon Nor­deen, Air War­fare in the Missile Age, Smith­so­nian, Wa­shing­ton, 1985.

(14) Sh­muel L. Gor­don, « Air Su­pe­rio­ri­ty in the Is­rael-arab Wars, 1967-1982 » in John Andres Ol­sen (dir.), A His­to­ry of Air War­fare, Po­to­mac Books, Wa­shing­ton, 2010.

(15) En par­ti­cu­lier, plu­sieurs exem­plaires de missile SA-6 Gain­ful ré­cu­pé­rés sur les Égyp­tiens al­laient être en­voyés aux États-unis pour y su­bir des ana­lyses, et conduire à la mise au point D’ECM. Il en fut de même pour des mis­siles SA-7 Grail ti­rés à l’épaule, n’ayant pas ex­plo­sé et s’étant fi­chés dans les tuyères des ap­pa­reils is­raé­liens.

(16) James R. Brun­gess, Set­ting the Con­text. Sup­pres­sion of Ene­my Air De­fense and Joint War Figh­ting in an Un­cer­tain World, Air Uni­ver­si­ty Press, Max­well AFB, 1994.

(17) Chaim Her­zog, Arab-is­rae­li Wars. War and Peace in the Middle-east, Ran­dom House, New York, 1982. (18) Am­non Gu­rion, « Is­rae­li Mi­li­ta­ry Stra­te­gy Up to the Yom Kip­pur War », Air Uni­ver­si­ty Re­view, sep­tem­breoc­tobre 1982.

(19) Les pertes sy­riennes ont été com­pen­sées nombre pour nombre par L’URSS. Pa­trick Fa­con, « Les forces aé­riennes en pré­sence » in Les guerres du Pro­cheo­rient, IMP, Villennes, 1984.

(20) Les opé­ra­teurs re­fu­sant de creu­ser des la­trines. (21) Mat­thew M. Hur­ley, « The Be­kaa Val­ley Air Bat­tle, June 1982. Les­sons Mis­lear­ned? », Ae­ros­pace Po­wer Jour­nal, hi­ver 1989.

(22) Mi­chael Ras­ka, Mi­li­ta­ry In­no­va­tion in Small States: Crea­ting a Re­verse Asym­me­try, Rout­ledge, Londres, 2015.

(23) Mat­thew M. Hur­ley, « The Be­kaa Val­ley Air Bat­tle, June 1982. Les­sons Mis­lear­ned? », op. cit.

(24) An­tho­ny H. Cor­des­man, « The Sixth Arab-is­rae­li Con­flict: Les­sons Lear­ned for Ame­ri­can De­fense Plan­ning », Ar­med Forces Jour­nal In­ter­na­tio­nal, août 1982.

(25) Dé­ve­lop­pé pour des frappes nu­cléaires à moyenne por­tée contre le Pacte de Var­so­vie, le missile po­sait évi­dem­ment un pro­blème de dis­cri­mi­na­tion ma­jeur s’il était em­ployé, au pic de la « deuxième guerre froide », contre des uni­tés so­vié­tiques…

(26) Re­bec­ca Grant, « The Be­kaa Val­ley War », Air Force Ma­ga­zine, juin 2002 (http://www.air­for­ce­mag.com/ma­ga­zi­near­chive/pages/2002/june%202002/0602be­kaa. aspx).

(27) Da­vid S. Lam­beth, Mos­cow’s Les­sons from the 1982 Le­ba­non Air War, RAND Corp., San­ta Mo­ni­ca, 1984.

(28) Re­bec­ca Grant, « The Be­kaa Val­ley War », op. cit.

La deuxième ré­ac­tion is­raé­lienne a été de ren­for­cer les tra­vaux au­tour de la guerre élec­tro­nique, mais aus­si d'en­vi­sa­ger des op­tions an­ti­mis­siles, avec des ver­sions adap­tées du Py­thon 3 et du Ba­rak.

Pré­sen­ta­tion d'une bat­te­rie égyp­tienne de SA-6 Gain­ful (2K12 Kub). (© DOD)

Des ca­mions égyp­tiens tra­versent l'un des six ponts d'as­saut sur le ca­nal de Suez. Leur at­taque par voie aé­rienne s'avé­re­ra par­ti­cu­liè­re­ment dif­fi­cile. (© D.R.)

Le gros des ca­pa­ci­tés égyp­tiennes était consti­tué de SA-2 et SA-3 (en pho­to). (© D.R.)

L'E-2C (ici aux cou­leurs ja­po­naises) a été cen­tral dans la vic­toire de 1982. Les autres ap­pa­reils is­raé­liens sont res­tés en ser­vice jus­qu'en 1993 et ont entre-temps été do­tés d'une perche de ra­vi­taille­ment en vol, trois ayant en­suite été ven­dus au Mexique. (© US Air Force)

Dé­col­lage d'un F-15C is­raé­lien. Les F-15A uti­li­sés en 1982, do­tés de mis­siles AIM-9L et AIM-7F, ont dé­mon­tré une nette su­pé­rio­ri­té sur les ap­pa­reils syriens. (© US Air Force)

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