SPECTRE DE QUOI?

DSI Hors-Série - - SOM­MAIRE - Paul SCHARRE

Une dé­cen­nie de conflits a raf­fi­né et élar­gi notre com­pré­hen­sion de la guerre. Notre lexique doit éga­le­ment chan­ger. Les opé­ra­tions vi­sant à sta­bi­li­ser des ré­gions dans les­quelles l’état est trop faible pour as­seoir son au­to­ri­té et gé­rer l’in­sta­bi­li­té in­té­rieure, que l’on qua­li­fiait au­tre­fois d’«opé­ra­tions autres que la guerre» ou de «conflits de faible in­ten­si­té», ap­pa­raissent au­jourd’hui comme des guerres pou­vant connaître d’in­tenses com­bats. Dans le même temps, des ad­ver­saires éta­tiques com­plexes ont élar­gi le spectre des opé­ra­tions mi­li­taires en in­ves­tis­sant dans des tech­no­lo­gies avan­cées pour at­té­nuer la pro­jec­tion de puis­sance des États-unis et contre­car­rer leur avan­tage tra­di­tion­nel.

Les mis­siles ba­lis­tiques de pré­ci­sion à longue por­tée, les mis­siles de croi­sière an­ti­na­vires, les sys­tèmes de dé­fense aé­rienne in­té­grés, les armes an­ti­sa­tel­lites et les armes cy­ber sont en me­sure de com­plexi­fier le concept d’opé­ra­tion amé­ri­cain face à des ad­ver­saires qui en se­raient do­tés. En­tre­temps, non sa­tis­faits de re­cou­rir uni­que­ment au ter­ro­risme et à l’in­sur­rec­tion comme mé­thodes de guerre, les ac­teurs non éta­tiques re­cherchent des armes plus avan­cées leur per­met­tant d’im­po­ser de nou­veaux coûts et risques aux ar­mées oc­ci­den­tales et de contrer leurs ten­ta­tives de prise de ter­rain. On trouve par­mi ces armes, his­to­ri­que­ment ac­ces­sibles aux seuls ac­teurs éta­tiques, des mis­siles an­ti­chars gui­dés de pré­ci­sion, des vé­hi­cules aé­riens in­ha­bi­tés, des sys­tèmes de dé­fense aé­rienne per­for­mants por­tables, des mis­siles de croi­sière an­ti­na­vires et des ca­pa­ci­tés RAM (Ro­quettes, Ar­tille­rie, Mor­tiers). Les pla­ni­fi­ca­teurs de la Dé­fense amé­ri­cains se ré­fèrent à ces nouvelles me­naces et aux concepts per­met­tant d’y faire face par les termes de Contre-in­sur­rec­tion (COIN), D’A2/AD (An­tiac­cess/area De­nial, dé­ni d’ac­cès et in­ter­dic­tion de zone) et de guerre « hy­bride » (1).

Nous de­vons re­voir et élar­gir le spectre des opé­ra­tions ou la gamme des opé­ra­tions mi­li­taires afin de cou­vrir ces nouvelles me­naces, avec des opé­ra­tions ir­ré­gu­lières comme la COIN, la lutte contre le ter­ro­risme et les opé­ra­tions de sta­bi­li­sa­tion pour la par­tie « basse » de ce spectre et les concepts d’opé­ra­tions an­ti-a2/ad pour sa par­tie « haute ». La guerre conven­tion­nelle de ma­noeuvre, sou­vent qua­li­fiée d’opé­ra­tion de com­bat ma­jeure, re­pré­sente au­jourd’hui une part re­la­ti­ve­ment ré­duite du spectre des opé­ra­tions. La guerre conven­tion­nelle ne se place pas dans la par­tie haute de ce spectre des conflits, mais plu­tôt au milieu. La par­tie haute in­tègre des me­naces A2/AD com­plexes né­ces­si­tant des États-unis de nou­veaux concepts et ca­pa­ci­tés d’opé­ra­tion (cette gamme pour­rait être éten­due plus en­core, et de ma­nière cré­dible, pour in­té­grer la confron­ta­tion nu­cléaire). Ce nou­veau spectre d’opé­ra­tions, ré­vi­sé, va­rie

Le nou­veau spectre d'opé­ra­tions, ré­vi­sé, va­rie non pas se­lon le ni­veau d'ef­fort ou l'in­ten­si­té de la vio­lence (les opé­ra­tions de Contre-in­sur­rec­tion (COIN) peuvent né­ces­si­ter d'énormes res­sources et être ex­trê­me­ment vio­lentes), mais plu­tôt en fonction de l'éch elle et du de­gré de so­phis­ti­ca­tion des ca­pa­ci­tés ad­verses.

Photo ci-des­sus :

Forces blin­dées amé­ri­caines et bul­gares à l'en­traî­ne­ment. L'A2/AD signe le re­tour de la guerre conven­tion­nelle dans les dé­bats stra­té­giques amé­ri­cains, mais n'éli­mine pas pour au­tant la pré­oc­cu­pa­tion pour d'autres opé­ra­tions. (© US Ma­rine Corps)

non pas se­lon le ni­veau d’ef­fort ou l’in­ten­si­té de la vio­lence (les opé­ra­tions de COIN peuvent né­ces­si­ter d’énormes res­sources et être ex­trê­me­ment vio­lentes), mais plu­tôt en fonction de l’échelle et du de­gré de so­phis­ti­ca­tion des ca­pa­ci­tés ad­verses.

LE LEXIQUE AC­TUEL

L’ac­tuel lexique in­ter­ar­mées du DOD ne couvre pas ce nou­veau spectre élar­gi des opé­ra­tions de ma­nière si­gni­fi­ca­tive et in­té­res­sante. La Joint Pu­bli­ca­tion (JP) 3-0, in­ti­tu­lée Joint Ope­ra­tions, dé­crit la gamme des opé­ra­tions mi­li­taires comme al­lant des « opé­ra­tions de ré­ac­tion à la crise et de contin­gence li­mi­tée » aux « opé­ra­tions et cam­pagnes ma­jeures » (2).

Le spectre de la JP 3-0 dé­fi­nit les opé­ra­tions mi­li­taires se­lon le ni­veau d’ef­fort, ce qui n’est pas par­ti­cu­liè­re­ment utile. L’opé­ra­tion «En­du­ring Free­dom» en Af­gha­nis­tan et la sta­bi­li­sa­tion de l’irak sont des «opé­ra­tions ma­jeures». Par mo­ments, ces cam­pagnes ont en­glou­ti les ef­forts de 100 000 per­son­nels ou plus pour chaque État, ont vu des an­nées de conflit in­tense et coû­té des cen­taines de mil­liards de dol­lars avec des mil­liers de morts et des di­zaines de mil­liers de bles­sés dans les forces amé­ri­caines. En toute rai­son, les guerres d’irak et d’af­gha­nis­tan sont des opé­ra­tions ma­jeures. Les phases de sta­bi­li­sa­tion de ces conflits ont im­pli­qué un ni­veau d’ef­fort et une du­rée au­tre­ment plus im­por­tants que les in­va­sions vi­sant à ren­ver­ser ces États, qui n’ont du­ré que quelques se­maines et non des an­nées. Les opé­ra­tions de sta­bi­li­sa­tion et les conflits conven­tion­nels force contre force se dis­tinguent consi­dé­ra­ble­ment par les forces, l’en­traî­ne­ment et l’équi­pe­ment né­ces­saires.

Toutes les opé­ra­tions né­ces­sitent des ca­pa­ci­tés, mé­thodes et concepts dif­fé­rents. Un spectre défini par le seul ni­veau d'ef­fort ne sai­sit pas ces dif­fé­rences es­sen­tielles entre les opé­ra­tions et, en consé­quence, n'est que mar­gi­na­le­ment utile.

Les forces ayant par exemple en­va­hi l’irak en 2003 étaient ex­trê­me­ment bien en­traî­nées et équi­pées pour vaincre l’ar­mée de Sad­dam, mais moins pré­pa­rées (ini­tia­le­ment) pour les dé­fis de sta­bi­li­sa­tion et de contre-in­sur­rec­tion qui ont fait suite. Le spectre des opé­ra­tions mi­li­taires pré­sen­tées dans la JP 3-0 n’opère pas cette dis­tinc­tion. Se­lon celle-ci, l’in­va­sion ini­tiale de l’irak comme la cam­pagne de sta­bi­li­sa­tion, plus longue, plus san­glante et plus coû­teuse, sont pla­cées à la droite du spectre. En te­nant compte du ni­veau d’ef­fort, il n’est pas cer­tain que l’in­va­sion ini­tiale de l’af­gha­nis­tan (conduite par un nombre li­mi­té de forces spé­ciales et du per­son­nel au sol de la CIA cou­plés avec la puis­sance aé­rienne) ait at­teint le ni­veau d’une opé­ra­tion «ma­jeure». Étant don­né que le spectre des opé­ra­tions mi­li­taires dé­crites dans la JP 3-0 est cen­tré au­tour du ni­veau d’ef­fort, il ne sai­sit pas les dif­fé­rences qua­li­ta­tives cri­tiques entre COIN, conflits « hy­brides », opé­ra­tions mi­li­taires conven­tion­nelles et opé­ra­tions contre les me­naces A2/AD. Toutes ces opé­ra­tions né­ces­sitent des ca­pa­ci­tés, mé­thodes et concepts dif­fé­rents. Un spectre défini par le seul ni­veau d’ef­fort ne sai­sit pas ces dif­fé­rences es­sen­tielles entre les opé­ra­tions et, en consé­quence, n’est que mar­gi­na­le­ment utile.

LES PAR­TIES HAUTE ET BASSE DE QUOI ?

Les opé­ra­tions mi­li­taires va­rient en fonction du ni­veau d’ef­fort, de la du­rée, du type de conflit, de l’ad­ver­saire ou en­core de nom­breuses autres va­riables. Les pla­cer sur un spectre uni­di­men­sion­nel est trop sim­pliste et pro­blé­ma­tique à de nom­breux égards. Tou­te­fois, un « spectre d’opé­ra­tions » de­meure un ou­til heu­ris­tique ou per­met­tant de sché­ma­ti­ser. Bien que les termes « haute in­ten­si­té» et «basse in­ten­si­té» n’existent plus dans le lexique in­ter­ar­mées of­fi­ciel du DOD, nombre de mi­li­taires et de per­son­nels ci­vils de la dé­fense conti­nuent à em­ployer les termes «haute» et «basse» pour qua­li­fier les ex­tré­mi­tés d’un spectre concep­tuel des opé­ra­tions mi­li­taires. La « par­tie basse » de ce spectre re­couvre no­tam­ment la COIN, les opé­ra­tions de lutte contre le ter­ro­risme et les opé­ra­tions de sta­bi­li­sa­tion. Dans sa «par­tie haute» se trouvent les opé­ra­tions an­ti-a2/ad, qui comptent par­mi les dé­fis les plus com­plexes aux­quels sont confron­tés les États-unis.

De ma­nière ex­pli­cite ou im­pli­cite, l’« in­ten­si­té» est sou­vent la va­riable par la­quelle se dis­tinguent les opé­ra­tions sur le spectre des conflits. Se­lon l’in­ter­lo­cu­teur, l’«in­ten­si­té» pour­rait dé­si­gner le ni­veau d’ef­fort, tel que dé­crit dans la JP 3-0 ou le de­gré de vio­lence. Quoi qu’il en soit, le terme est in­ap­pro­prié. Les opé­ra­tions ir­ré­gu­lières comme la COIN, la lutte contre le ter­ro­risme ou les opé­ra­tions de sta­bi­li­sa­tion peuvent im­pli­quer des ni­veaux d’ef­fort dif­fé­rents, dans cer­tains cas sen­si­ble­ment plus im­por­tants que les opé­ra­tions conven­tion­nelles force contre force, face à un État, pour le même ter­ri­toire. La COIN, la lutte contre le ter­ro­risme et les opé­ra­tions de sta­bi­li­sa­tion peuvent être ex­trê­me­ment vio­lentes. Pour le mi­li­taire au sol pris dans une em­bus­cade com­plexe sous des tirs de mi­trailleuse, avec des en­gins ex­plo­sifs im­pro­vi­sés, des mines et des lance-ro­quettes, peu im­porte que l’en­ne­mi ait ou non un uni­forme. Les ac­tions qu’il ac­com­plit sur le ter­rain sont les mêmes. En Irak et en Af­gha­nis­tan, les mi­li­taires amé­ri­cains ont conduit des com­bats san­glants et in­tenses au ni­veau du groupe, de la sec­tion et de la com­pa­gnie. Ca­rac­té­ri­ser ce com­bat de « basse in­ten­si­té » dé­fie toute lo­gique. Les opé­ra­tions mi­li­taires s’alignent sur un spectre qui va­rie se­lon l’échelle et le de­gré de so­phis­ti­ca­tion de l’ad­ver­saire. À

l’« ex­tré­mi­té basse » de ce spectre se trouvent la COIN, la lutte contre le ter­ro­risme et les opé­ra­tions de sta­bi­li­sa­tion. À l’«ex­tré­mi­té haute», les opé­ra­tions an­ti-a2/ad. Lorsque l’on se dé­place de l’«ex­tré­mi­té basse» vers l’«ex­tré­mi­té haute» du spectre, les ca­pa­ci­tés de l’ad­ver­saire aug­mentent : avan­cée tech­no­lo­gique, en­traî­ne­ment et pos­si­bi­li­té d’am­pli­fier les opé­ra­tions grâce à de plus grandes for­ma­tions de com­bat or­ga­ni­sées et co­hé­rentes.

Il est in­té­res­sant d’ob­ser­ver que ce qui fut un temps l’«ex­tré­mi­té haute» du spectre en consti­tue au­jourd’hui le centre. La tra­di­tion­nelle guerre de ma­noeuvre contre des forces ar­mées conven­tion­nelles n’est pas le dé­fi le plus com­plexe pour les forces amé­ri­caines, con­trai­re­ment aux me­naces po­sées par des ad­ver­saires do­tés de ca­pa­ci­tés A2/AD. Ce spectre est si­gni­fi­ca­tif et utile, car dif­fé­rentes mé­thodes, ca­pa­ci­tés et concepts d’opé­ra­tion sont né­ces­saires pour faire face aux ad­ver­saires si­tués à dif­fé­rents en­droits le long du spectre. Les ca­pa­ci­tés et ap­proches utiles contre des ad­ver­saires conven­tion­nels ne suf­fisent gé­né­ra­le­ment pas en en­vi­ron­ne­ment A2/AD, où les nouvelles ap­proches des ad­ver­saires visent à contrer les modes tra­di­tion­nels de pro­jec­tion de puis­sance des États-unis. Alors que les chars, hé­li­co­ptères, vé­hi­cules de com­bat, avions de chasse, bom­bar­diers, na­vires, porte-avions et sa­tel­lites amé­ri­cains ac­tuels conviennent gé­né­ra­le­ment, d’un point de vue qua­li­ta­tif, aux opé­ra­tions contre des ar­mées conven­tion­nelles, les opé­ra­tions an­tia2/ad exigent que les États-unis se dotent de nouvelles armes, ca­pables no­tam­ment de frap­per à longue dis­tance, et de nou­veaux concepts d’opé­ra­tion, comme les bases dis­per­sées et ren­for­cées per­met­tant d’ac­croître la ré­si­lience à une at­taque de mis­siles.

Tan­dis que les ar­mées conven­tion­nelles en­ne­mies peuvent être consi­dé­rées comme «moindres et in­cluses» aux forces ar­mées éta­tiques avan­cées et do­tées de ca­pa­ci­tés A2/AD, ce n’est pas le cas d’en­ne­mis s’en­ga­geant dans une guerre ir­ré­gu­lière. Au fur et à me­sure que l’on se dé­place vers l’ex­tré­mi­té basse du spectre, où les ad­ver­saires ne dis­posent pas d’armes tech­no­lo­gi­que­ment avan­cées, d’en­traî­ne­ment, d’exer­cices et d’or­ga­ni­sa­tion per­met­tant de se confron­ter en face à face avec des ar­mées conven­tion­nelles, ils ré­pondent par les «armes du faible » : l’in­sur­rec­tion et le ter­ro­risme. Plu­tôt que de cher­cher une confron­ta­tion mi­li­taire di­recte, ils comptent sur le sou­tien des po­pu­la­tions ci­viles, au sein des­quelles ils dis­si­mulent leur mou­ve­ment. Le DOD qua­li­fie ce mode de conflit de guerre ir­ré­gu­lière, dé­fi­nie par la Di­rec­tive 3000.07 du DOD, Ir­re­gu­lar War­fare, comme « une lutte vio­lente où des ac­teurs éta­tiques et non éta­tiques se dis­putent la lé­gi­ti­mi­té et l’in­fluence sur la (les) po­pu­la­tion(s) concer­née(s). La guerre ir­ré­gu­lière fa­vo­rise des ap­proches in­di­rectes et asy­mé­triques, bien qu’elle puisse avoir re­cours à la to­ta­li­té du spectre des ca­pa­ci­tés mi­li­taires

Ce qui fut un temps l'« ex­tré­mi­té haute » du spectre en consti­tue au­jourd'hui le centre. La tra­di­tion­nelle guerre de ma­noeuvre contre des forces ar­mées conven­tion­nelles n'est pas le dé­fi le plus com­plexe pour les forces amé­ri­caines, con­trai­re­ment aux me­naces po­sées par des ad­ver­saires do­tés de ca­pa­ci­tés A2/AD.

autres, afin d’éro­der la puis­sance, l’in­fluence et la vo­lon­té d’un ad­ver­saire (3) ».

La Di­rec­tive 3000.07 du DOD jux­ta­pose guerre ir­ré­gu­lière et « guerre tra­di­tion­nelle », cette der­nière étant dé­fi­nie comme « une forme de guerre entre les ar­mées ré­gu­lières d’états, ou d’al­liances d’états avec l’ob­jec­tif de vaincre les forces ar­mées ad­verses, de dé­truire leur ca­pa­ci­té à conduire une guerre ou de sai­sir ou re­te­nir un ter­ri­toire afin d’im­po­ser par la force un chan­ge­ment dans le gou­ver­ne­ment ou la po­li­tique ad­verse (4) ».

Aus­si bien la guerre ir­ré­gu­lière que la guerre tra­di­tion­nelle sont des mé­thodes de conduite de la guerre. La guerre tra­di­tion­nelle op­pose di­rec­te­ment des forces mi­li­taires ad­ver­saires dans un conflit force contre force. La guerre ir­ré­gu­lière consiste à in­fluen­cer des po­pu­la­tions pour at­teindre des buts po­li­tiques, y com­pris en en­cou­ra­geant l’in­sur­rec­tion, en ter­ro­ri­sant les prin­ci­paux groupes de po­pu­la­tion ou en mi­nant la vo­lon­té po­li­tique de com­bat d’un en­ne­mi.

Étant don­né que les types d’opé­ra­tions évo­qués ci-des­sus sont dif­fé­rents en termes d’échelle et de com­plexi­té tech­no­lo­gique, les opé­ra­tions clas­sées au milieu et à droite du spectre ré­pondent gé­né­ra­le­ment à la dé­fi­ni­tion de la guerre tra­di­tion­nelle puis­qu’elles op­posent des ad­ver­saires do­tés de forces mi­li­taires or­ga­ni­sées. Les opé­ra­tions si­tuées à l’ex­tré­mi­té gauche de ce spectre ont un ca­rac­tère plus ir­ré­gu­lier, les ad­ver­saires re­cou­rant à des ap­proches cen­trées sur la po­pu­la­tion afin de com­pen­ser le manque de so­phis­ti­ca­tion de leurs moyens mi­li­taires tra­di­tion­nels. En re­vanche, il est né­ces­saire pour les vaincre de mettre en oeuvre des ap­proches cen­trées sur la po­pu­la­tion, comme la COIN.

Si­tuée quelque part entre l’in­sur­rec­tion et la guerre conven­tion­nelle, la «guerre hy­bride» est une com­bi­nai­son entre les ap­proches ir­ré­gu­lière et tra­di­tion­nelle. Le terme «guerre hy­bride» a été dé­bat­tu dans de nom­breux fo­rums(5). Dans le cadre du spectre ré­vi­sé évo­qué ci-des­sus, la «guerre hy­bride » consiste en des opé­ra­tions me­nées par des ac­teurs éta­tiques ou non éta­tiques com­bi­nant ap­proche ir­ré­gu­lière et ap­proche tra­di­tion­nelle. Il s’agit par exemple d’ac­teurs non éta­tiques dis­po­sant d’ar­me­ments avan­cés ha­bi­tuel­le­ment ré­ser­vés aux forces ar­mées des États. Ces tech­no­lo­gies peuvent in­clure des mis­siles an­ti­chars à gui­dage de pré­ci­sion, des sys­tèmes de dé­fense aé­rienne per­for­mants por­tables, des vé­hi­cules aé­riens in­ha­bi­tés, des mis­siles de croi­sière an­ti­na­vires et des ca­pa­ci­tés RAM. Ces ca­pa­ci­tés pour­raient per­mettre aux ac­teurs hy­brides de ré­sis­ter aux forces mi­li­taires or­ga­ni­sées au cours d’en­ga­ge­ments force contre force. Dans le même temps, les com­mu­ni­ca­tions stra­té­giques vi­sant à in­fluen­cer les po­pu­la­tions concer­nées sont des as­pects es­sen­tiels de la guerre hy­bride. Vaincre les forces d’un en­ne­mi sur le champ de ba­taille ne suf­fit pas, en soi, à as­su­rer la vic­toire.

L’IM­PACT DU SPECTRE RÉ­VI­SÉ

Toute opé­ra­tion pour­rait pas­ser par de mul­tiples étapes, tra­ver­sant plu­sieurs, voire toutes les par­ties du spectre des conflits. La guerre en Irak, par exemple, a dé­bu­té comme une cam­pagne mi­li­taire tra­di­tion­nelle contre des forces éta­tiques or­ga­ni­sées, avant d’évo­luer par la suite vers une phase de contre-in­sur­rec­tion et une opé­ra­tion d’im­po­si­tion de la paix vi­sant à stop­per une guerre ci­vile en pleine ex­pan­sion entre sun­nites et chiites. Elle s’est fi­na­le­ment trans­for­mée en une mis­sion d’as­sis­tance aux forces de sé­cu­ri­té pour construire la ca­pa­ci­té de sé­cu­ri­té des forces gou­ver­ne­men­tales ira­kiennes. Cer­tains ad­ver­saires peuvent même em­ployer si­mul­ta­né­ment des tac­tiques et modes de guerre de­puis de mul­tiples points du spectre.

Les forces amé­ri­caines doivent être pré­pa­rées à une évo­lu­tion des opé­ra­tions, par­fois de ma­nière sou­daine ou in­at­ten­due, sur ce spectre, car les ad­ver­saires re­cherchent le mode le plus avan­ta­geux pour at­teindre leurs ob­jec­tifs. Les ac­teurs, éta­tiques et non éta­tiques, cherchent à mo­der­ni­ser leurs équi­pe­ments et leurs tac­tiques mi­li­taires ain­si qu’à faire évo­luer leurs ca­pa­ci­tés vers la droite de ce spectre. Les avan­tages his­to­riques de l’ar­mée amé­ri­caine en ma­tière de su­pé­rio­ri­té tech­no­lo­gique conduisent à ce que les ad­ver­saires éta­tiques comme non éta­tiques pri­vi­lé­gient, de leur cô­té, des ap­proches ir­ré­gu­lières, cen­trées sur la po­pu­la­tion, pour ré­soudre les conflits dans leur sens, en re­tour­nant les po­pu­la­tions contre les États-unis et en mi­nant la vo­lon­té de com­battre de ces der­niers.

Les États-unis ont tou­jours été puis­sants sur la par­tie mé­diane du spectre, au­tre­ment dit dans la guerre conven­tion­nelle. La par­tie haute du spectre, nou­velle et ren­voyant aux opé­ra­tions an­ti-a2/ad, s’est dé­ve­lop­pée au fur et à me­sure que les ad­ver­saires ont mo­der­ni­sé leurs ar­mées et dé­ve­lop­pé des ap­proches plus adap­tées face aux forces amé­ri­caines. Si la par­tie basse du spectre existe de­puis des mil­lé­naires, elle a ré­cem­ment ga­gné en per­ti­nence pour les forces amé­ri­caines, car la su­pé­rio­ri­té des États-unis dans la guerre conven­tion­nelle conduit leurs ad­ver­saires à pri­vi­lé­gier des ap­proches ir­ré­gu­lières comme l’in­sur­rec­tion et le ter­ro­risme. La ma­jeure par­tie des ca­pa­ci­tés amé­ri­caines se si­tuent au milieu du spectre et, comme ces ca­pa­ci­tés in­ter­mé­diaires ne se tra­duisent pas né­ces­sai­re­ment dans le haut ou le bas du spectre par A2/AD ou COIN, la ca­pa­ci­té et la com­pé­tence des forces amé­ri­caines à ces deux ex­tré­mi­tés sont in­sa­tis­fai­santes.

Les adap­ta­tions et in­ves­tis­se­ments mi­li­taires des États-unis, des uni­tés flu­viales et des af­faires ci­viles jus­qu’au nou­veau bom­bar­dier à long rayon d’ac­tion, se sont concen­trés sur les ex­tré­mi­tés du spectre. En quête d’éco­no­mies, le DOD s’est ré­cem­ment orien­té vers les ca­pa­ci­tés conven­tion­nelles de milieu de spectre. Au cours des an­nées pré­cé­dentes, l’ar­mée de terre a par exemple ré­duit les ca­pa­ci­tés blin­dées et ar­tille­rie au pro­fit de celles

cen­trées sur la COIN comme les af­faires ci­viles ou les équipes de sou­tien à l’in­for­ma­tion. De vé­ri­tables ca­rences per­sistent tou­te­fois aux deux ex­tré­mi­tés du spectre. Alors que les pres­sions bud­gé­taires aug­mentent, le pro­ces­sus de ré­équi­li­brage ca­pa­ci­taire par l’al­lo­ca­tion des res­sources sur les deux ex­tré­mi­tés du spectre se pour­sui­vra, au sein de L’US Ar­my comme des autres ar­mées.

CE N’EST PAS UN CAS DE « MOINDRE ET IN­CLUS »

Pour dé­pas­ser les dé­fis po­sés par des ad­ver­saires com­bat­tant en dif­fé­rents points du spectre, di­verses ca­pa­ci­tés sont né­ces­saires. Les dé­fis po­sés par des ad­ver­saires ayant re­cours à des ca­pa­ci­tés moins per­for­mantes, et donc à des ap­proches ir­ré­gu­lières, ne sont pas «moindres et in­clus» à ceux po­sés par les ad­ver­saires conven­tion­nels plus avan­cés ou do­tés de ca­pa­ci­tés A2/AD. La ma­nière de conduire la guerre change d’un point de vue qua­li­ta­tif au fur et à me­sure que l’on se dé­place vers l’ex­tré­mi­té « basse » du spectre. Les forces ar­mées amé­ri­caines doivent pou­voir cou­vrir la to­ta­li­té du spectre, mais ce der­nier af­fecte dif­fé­rem­ment les ar­mées.

Les ap­proches A2/AD mettent en dif­fi­cul­té les concepts de pro­jec­tion de puis­sance aé­rienne et ma­ri­time des États-unis. La ma­rine et l’ar­mée de l’air doivent donc concen­trer l’es­sen­tiel de leurs ef­forts sur les opé­ra­tions en en­vi­ron­ne­ment A2/AD. La conduite tra­di­tion­nelle de la guerre contre des ad­ver­saires moins avan­cés ap­pa­raît lar­ge­ment comme «moindre et in­cluse» aux opé­ra­tions an­ti-a2/ad. Les avions de chasse de 5e gé­né­ra­tion peuvent par exemple ef­fec­tuer les mêmes mis­sions que ceux de 4e gé­né­ra­tion. Il est tou­te­fois consi­dé­ra­ble­ment plus oné­reux d’opé­rer des avions de chasse de 5e gé­né­ra­tion, ce qui sug­gère, lorsque ce­la est pos­sible, une com­bi­nai­son entre aé­ro­nefs de dif­fé­rentes gé­né­ra­tions (high-low mix). Ce­la est éga­le­ment va­lable pour les na­vires. Ar­mer un des­troyer pour une mis­sion de lutte contre la pi­ra­te­rie ou de sé­cu­ri­té ma­ri­time, là où une ve­dette ou une fré­gate se­raient une so­lu­tion ac­cep­table, est une ap­proche ex­ces­si­ve­ment coû­teuse. Com­bi­ner des ca­pa­ci­tés de ni­veaux haut et bas se­rait une ma­nière plus ef­fi­cace d’al­louer la haute qua­li­té des moyens né­ces­saires au pe­tit nombre de mis­sions, les plus dif­fi­ciles, de l’ex­tré­mi­té haute, ain­si que la quan­ti­té né­ces­saire à une large gamme de pos­sibles contin­gences.

Néan­moins, cer­taines ca­pa­ci­tés aé­riennes et maritimes se trou­vant vé­ri­ta­ble­ment dans le bas du spectre et per­met­tant de conduire des opé­ra­tions de COIN, de contre-me­nace et de sta­bi­li­sa­tion ain­si que d’ap­puyer les forces au sol dans ces types de conflits sont tou­jours né­ces­saires et ne sont pas obli­ga­toi­re­ment «moindres et in­cluses» aux opé­ra­tions du haut du spectre. Des ca­pa­ci­tés comme les forces flu­viales, les af­faires ci­viles maritimes, les aé­ro­nefs opé­rés à dis­tance Pre­da­tor et Rea­per, ain­si que les aé­ro­nefs lé­gers d’at­taque sont qua­li­ta­ti­ve­ment dif­fé­rents des des­troyers, des avions de chasse de 5e gé­né­ra­tion et des bom­bar­diers. Si l’air Force et la Na­vy doivent se concen­trer prin­ci­pa­le­ment sur les me­naces A2/AD, cer­taines res­sources doivent res­ter ré­ser­vées aux mis­sions de guerre ir­ré­gu­lière.

L’ar­my et le Ma­rine Corps sont confron­tés à d’autres dé­fis. À la dif­fé­rence des forces aé­riennes et maritimes qui font face aux dif­fi­cul­tés po­sées par les concepts A2/AD vi­sant à re­pous­ser les modes tra­di­tion­nels de pro­jec­tion de puis­sance des États-unis, les forces au sol du pays conservent des avan­tages consi­dé­rables face aux forces ter­restres de tout ad­ver­saire. Leurs prin­ci­paux dé­fis pro­viennent des opé­ra­tions de guerre ir­ré­gu­lière dans la par­tie in­fé­rieure du spectre et qui ne sont pas «moindres et in­cluses» à la guerre tra­di­tion­nelle, comme nous l’avons ap­pris en Irak et en Af­gha­nis­tan. Un Ma­rine Corps et une Ar­my tour­nés prin­ci­pa­le­ment vers la guerre tra­di­tion­nelle

Au cours des an­nées pré­cé­dentes, l'ar­mée de terre a ré­duit les ca­pa­ci­tés blin­dées et ar­tille­rie au pro­fit de celles cen­trées sur la COIN comme les af­faires ci­viles ou les équipes de sou­tien à l'in­for­ma­tion. De vé­ri­tables ca­rences per­sistent tou­te­fois aux deux ex­tré­mi­tés du spectre.

contre les ar­mées éta­tiques ne se­ront pas suf­fi­sam­ment com­pé­tents pour contrer, dans des phases de COIN et de sta­bi­li­sa­tion, les ad­ver­saires via des tac­tiques ir­ré­gu­lières.

Aus­si bien l’ar­my que le Ma­rine Corps doivent avoir la ca­pa­ci­té de conduire des opé­ra­tions cen­trées sur la po­pu­la­tion pour sta­bi­li­ser des zones ren­con­trant un pro­blème de gou­ver­nance et mettre en place les forces de sé­cu­ri­té des États par­te­naires. Et ce, tout en conser­vant la ca­pa­ci­té à conduire des ma­noeuvres in­ter­armes qui per­mettent, lors d’un conflit force contre force, de dé­truire des forces mi­li­taires or­ga­ni­sées. Le fait que les opé­ra­tions de sta­bi­li­sa­tion et de contre-in­sur­rec­tion puissent du­rer des an­nées, voire des dé­cen­nies, pose des dé­fis en­core plus com­plexes pour les forces au sol, car ce­la exige des ro­ta­tions de per­son­nels. La com­pé­tence en ma­tière d’opé­ra­tions de prise de ter­rain per­met d’un autre cô­té aux États-unis d’ache­ver des opé­ra­tions conven­tion­nelles en l’es­pace de quelques mois, voire de quelques se­maines ou quelques jours. Dès lors, si les opé­ra­tions conven­tion­nelles et de Coin/sta­bi­li­sa­tion ont une même im­por­tance (puisque les cam­pagnes conven­tion­nelles peuvent évo­luer ra­pi­de­ment vers la COIN), il nous faut for­mer, équi­per et conce­voir la ma­jeure par­tie des forces ter­restres pour des opé­ra­tions de COIN et de sta­bi­li­sa­tion.

Reste en­core à sa­voir si nous sommes en me­sure d’at­teindre une double com­pé­tence en ma­tière de guerre conven­tion­nelle et de COIN en re­cher­chant le «point idéal» entre ces deux types de guerres ou en orien­tant des seg­ments de forces vers chaque type de conflit. S’il existe un point mé­dian entre la guerre conven­tion­nelle et la COIN, c’est la guerre « hy­bride » contre des ac­teurs non éta­tiques do­tés d’ar­me­ments avan­cés, opé­rant par­mi des po­pu­la­tions ci­viles et re­cou­rant dans le même temps à des mé­thodes de guerre ir­ré­gu­lière et de guerre tra­di­tion­nelle. Il ne suf­fit pas de sim­ple­ment s’en­traî­ner et s’équi­per pour le com­bat contre des ar­mées conven­tion­nelles, car les opé­ra­tions de sta­bi­li­sa­tion et de COIN n’en sont pas des «moindres et in­cluses». Tou­te­fois, les me­naces hy­brides re­cou­rant à des moyens tra­di­tion­nels comme ir­ré­gu­liers, il est né­ces­saire, pour les contrer, de mettre en oeuvre si­mul­ta­né­ment des ap­proches cen­trées sur la po­pu­la­tion et des en­ga­ge­ments di­rects force contre force. Une force ter­restre cen­trée sur l’hy­bride, ca­pable de dé­truire les forces en­ne­mies et d’in­fluen­cer les po­pu­la­tions, pour­rait être en me­sure de com­battre à la fois dans le haut et dans le bas du spectre en condui­sant des opé­ra­tions conven­tion­nelles et de COIN.

CLA­RI­FIER LE LEXIQUE

Pour que les pro­fes­sion­nels mi­li­taires et ci­vils de la dé­fense com­mu­niquent de ma­nière si­gni­fi­ca­tive entre eux, la ter­mi­no­lo­gie em­ployée doit être claire. Des termes comme « haute in­ten­si­té » sont trom­peurs et prêtent à confu­sion. Il faut donc y re­non­cer. Se ré­fé­rer aux phases de contre-in­sur­rec­tion de la guerre en Irak et en Af­gha­nis­tan – pro­lon­gées, san­glantes et coû­teuses – comme étant « de basse in­ten­si­té », que ce soit en termes d’ef­fort ou de de­gré de vio­lence, est sim­ple­ment dé­nué de sens.

Un spectre dis­tin­guant les opé­ra­tions mi­li­taires uni­que­ment se­lon le ni­veau d’ef­fort n’est pas utile, car il ne met pas en évi­dence les dif­fé­rences qua­li­ta­tives es­sen­tielles entre la COIN, la guerre hy­bride, la guerre conven­tion­nelle et les opé­ra­tions an­ti-a2/ AD. Un spectre se dé­cli­nant en termes d’échelle et de de­gré de so­phis­ti­ca­tion des ca­pa­ci­tés ad­verses est plus rai­son­nable et utile pour dé­crire la ma­nière dont dif­fé­rents types de conflits, de la COIN à la guerre hy­bride et aux en­vi­ron­ne­ments A2/ AD, af­fectent les forces amé­ri­caines. Ces opé­ra­tions exigent des ca­pa­ci­tés, des modes et des concepts d’opé­ra­tion dif­fé­rents. Les forces ar­mées amé­ri­caines ont été puis­santes his­to­ri­que­ment dans la guerre conven­tion­nelle de milieu de spectre, mais les ca­pa­ci­tés ne se tra­dui­sant pas suf­fi­sam­ment vers le haut ou le bas du spectre, le DOD en apla­tit la courbe. Le Dé­par­te­ment a aug­men­té les in­ves­tis­se­ments des­ti­nés aux ex­tré­mi­tés haute (A2/AD) et basse (COIN) du spectre et, dans la me­sure où les contraintes bud­gé­taires exigent des com­pen­sa­tions, il a pris des risques dans la par­tie mé­diane.

Les pres­sions bud­gé­taires crois­santes di­mi­nuent les res­sources tan­dis que la pour­suite par de po­ten­tiels ad­ver­saires de la mo­der­ni­sa­tion de leurs ca­pa­ci­tés A2/AD et l’in­sta­bi­li­té ré­gnant dans les ré­gions ren­con­trant un pro­blème de gou­ver­nance conti­nuent à re­pré­sen­ter une me­nace pour les in­té­rêts des États-unis. Face à cette si­tua­tion, le ré­équi­li­brage de la force doit se pour­suivre.

Un spectre se dé­cli­nant en termes d'échelle et de de­gré de so­phis­ti­ca­tion des ca­pa­ci­tés ad­verses est plus rai­son­nable et utile pour dé­crire la ma­nière dont dif­fé­rents types de conflit, de la COIN à la guerre hy­bride et aux en­vi­ron­ne­ments A2/AD, af­fectent les forces amé­ri­caines.

* Ar­ticle ini­tia­le­ment pa­ru dans Mi­li­ta­ry Re­view, no­vem­bre­dé­cembre 2012, re­pro­duit avec son ai­mable au­to­ri­sa­tion. Les opi­nions ex­pri­mées sont propres à leur au­teur.

Notes

(1) De­part­ment of De­fense, Qua­dren­nial De­fense Re­view

(fé­vrier 2010), 8-9, consul­table à l’adresse <http://www.de­fense.gov/qdr/images/qdr_as_of_12­feb10_1000.pdf>.

(2) Chair­man of the Joint Chiefs of Staff, Joint Pu­bli­ca­tion 3-0, Joint Ope­ra­tions (22 mars 2010), I-8, consul­table à l’adresse <http://www.fas.org/irp/dod­dir/dod/jp3_0.pdf>.

(3) De­part­ment of De­fense (DOD), DOD Di­rec­tive 3000.07, Ir­re­gu­lar War­fare (IW) (1er dé­cembre 2008), p. 11, consul­table à l’adresse <http://www.dtic.mil/whs/di­rec­tives/corres/ pdf/300007p.pdf>.

(4) Ibid., 11.

(5) Pour un bref aper­çu, voir Frank Hoff­man, « Hy­brid War­fare and Chal­lenges », Joint Force Quar­ter­ly, no 52 jan­vier 2009, p. 36.

La va­rié­té des opé­ra­tions am­phi­bies est un bon exemple d'adap­ta­tion au spectre des opé­ra­tions, de­puis les mis­sions hu­ma­ni­taires jus­qu'aux opé­ra­tions contre-a2/ad. (© Crown Co­py­right)

Des membres d'une uni­té contre-ter­ro­riste is­raé­lienne à l'en­traî­ne­ment. La no­tion de spectre des opé­ra­tions per­met de bor­ner les com­pé­tences à ac­qué­rir, mais aus­si de mon­trer la dif­fi­cul­té po­sée par la re­cherche de po­ly­va­lence. (© IDF Spo­kes­per­son)

Troupes al­le­mandes à l'en­traî­ne­ment. Le ca­rac­tère d'un conflit don­né peut chan­ger par­fois bru­ta­le­ment, en par­ti­cu­lier dans un contexte hy­bride où un ad­ver­saire ir­ré­gu­lier peut ra­pi­de­ment adop­ter des tech­no­lo­gies ni­ve­leuses. (© Bun­des­wehr)

Sol­dat de la bri­gade fran­co-al­le­mande à l'en­traî­ne­ment. La fo­ca­li­sa­tion sur la lutte contre-a2/ad ne doit pas faire ou­blier qu'elle ne re­pré­sente qu'une par­tie des tâches de­man­dées au­jourd'hui aux forces. (© Bun­des­wehr)

Exer­cices d'ar­tille­rie avec des PZH2000. Consé­quence d'un nou­veau spectre des opé­ra­tions, chaque fonction opé­ra­tion­nelle s'éva­lue se­lon sa po­ly­va­lence. (© Bun­des­wehr)

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