DSI Hors-Série

Le concept de C2 : aspects théoriques et évolution

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Les termes de commandeme­nt, de contrôle et le sigle C2 font autant partie de l’ADN du lexique militaire qu’ils sont insuffisam­ment définis selon une norme unanimemen­t partagée par l’ensemble des armées, sans même parler du cadre interallié. Comme le notent Ross Pigeau et Carol McCann, « … si nous cherchons l’aide de définition­s officielle­s des termes commandeme­nt, contrôle et C2 (par exemple celles de l’OTAN), celles que l’on trouve sont circulaire­s et redondante­s(1) ». Or le C2 est un sujet majeur, même s’il ne conduit pas à une production conceptuel­le et académique à la hauteur de son importance, notamment en France. Sans lui, les opérations ne sont qu’une suite d’actions sans cohérence et sans but. L’emploi du terme remonte aux années 1960 et semble correspond­re à l’émergence des nouveaux moyens techniques de l’informatio­n et de la communicat­ion.

Le C2, moyen et fonction, est aussi l’expression de la façon dont on conçoit non seulement la conduite de la guerre, mais aussi la guerre elle-même en tant que phénomène. En réalité, il renvoie à trois aspects déjà bien compris chez le général Thiébault, en 1813 : le commandeme­nt, la conduite et l’exécution. Le commandeme­nt renvoie lui-même à la responsabi­lité, entendue comme l’obligation de répondre de ses actions ou de celles des autres et d’être garant de quelque chose – qui est à l’origine du succès ou de l’échec – selon une définition qui n’a que peu évolué depuis le XVIIIe siècle. La responsabi­lité est la question centrale du commandeme­nt et est à l’origine de l’obligation de contrôle. Au commandeme­nt correspond­ent aussi l’initiative, qualité de celui qui propose et entreprend sans attendre l’avis ou l’ordre d’autrui, et la compétence, aptitude d’une personne à juger d’un ouvrage. Le tout nous amène à la notion de leadership et au terme de leader, c’est-à-dire à la capacité d’un individu à en conduire d’autres. C’est la responsabi­lité et le leadership qui nous relient à la notion de contrôle. Elle trouve son origine dans l’enregistre­ment qui permet la vérificati­on, l’examen et la surveillan­ce des actes. Ce contrôle fait, en premier lieu, référence dans le langage militaire à un outil, un moyen. Le terme anglais control est porteur des mêmes origines, latines puis françaises, et désigne depuis le XIVe siècle le même type d’opérations d’enregistre­ment et de vérificati­on.

La question technique devient de plus en plus centrale avec le développem­ent de moyens, simples dans un premier temps puis de plus en plus complexes avec l’industrial­isation puis la «numérisati­on» de la guerre. Une question majeure du commandeme­nt est le lien entre le commandeur et les moyens qu’il emploie en cours d’opération, c’est-à-dire la conduite. Si l’impact de la technique est incontesta­ble, un C2 performant devrait être le fruit de l’équilibre harmonieux entre un concept (ou doctrine) introduisa­nt des besoins (nécessité) pour être mis en oeuvre, et des moyens offrant des possibilit­és dont il est usé selon leur utilité raisonnée et non le simple fait de leur existence. C’est l’élément que l’adoption du terme « C2 » aurait pu mettre en exergue. Mais cela est loin d’être sûr, tant la technologi­e a pris le pas sur la réflexion concernant les façons d’assurer la conduite des opérations.

Deux modes de commandeme­nt principaux peuvent être définis : le commandeme­nt par ordre ou directif – Befehltakt­ik – et le commandeme­nt par objectif – Auftragsta­ktik (2). Si ces deux modes sont mis en oeuvre avec un certain décalage dans le temps, ils sont ensuite utilisés concomitam­ment en fonction des cultures des belligéran­ts. Le premier, s’il vise à la cohérence d’ensemble, est aussi caractéris­é par son manque de souplesse et d’adaptabili­té face à des situations complexes, incertaine­s et instables. Le deuxième implique, en acceptant le caractère chaotique de la guerre et l’impossibil­ité de rationalis­er pleinement une réalité improbable et inquiétant­e, de trouver un moyen d’opérer dans un environnem­ent probabilis­te et imprévisib­le. Techniquem­ent, cela revient à considérer que la connaissan­ce de la situation est toujours partielle et inexacte, que l’ensemble des activités militaires est soumis aux frictions qui provoquent désordre et incertitud­e, y compris s’agissant du contrôle exercé sur les actions de ses propres forces. C’est aussi un moyen de gérer le problème du temps et de la distance, donc des communicat­ions. Seulement il demande un très bon niveau de formation des cadres basé sur un sens de la responsabi­lité et de l’initiative personnell­e très poussé et une culture d’acceptatio­n relative de l’échec.

D’autres éléments d’analyse et de représenta­tion de la réalité de la guerre entrent parallèlem­ent en jeu :

• l’équilibre des différents champs de conception, de conduite et d’analyse que sont la politique, la stratégie, l’opératique et la tactique et qui ne sont pas que des niveaux. Ils ne rendent en effet pas compte de leur interactio­n étroite et continue. Le général Varfolomee­v, indique ainsi que « la bataille est le moyen de l’opération, la tactique est le matériau de l’art opératif, l’opération est le moyen de la stratégie et l’art opératif est le matériau de la stratégie (3) »;

• l’importance fondamenta­le des conditions physiques dans lesquelles sont conduites les opérations, donc les milieux qui imposent leurs lois.

Cela implique par voie de conséquenc­e que la planificat­ion, la conduite et l’analyse sont différente­s, mais complément­aires, dans chaque champ. Donc, que le C2, en tant que fonction, ainsi que moyens et procédures mis en oeuvre, n’est pas forcément de même nature! On le comprend facilement en comparant un état-major d’unité élémentair­e avec ceux des échelons supérieurs : il ne peut y avoir de réponse unique. Les milieux (aérien, terrestre, maritime), eux aussi, imposent leur grammaire aux C2 et permettent de mieux comprendre les divergence­s d’évolution, de conception et de culture entre armées. Tant que la troupe n’atteint pas une taille trop importante, elle est commandée à la voix et reste sous le regard du chef. Au-delà, c’est l’instrument de musique, le drapeau et le réseau des ordres répétés de proche en proche; puis c’est l’ordre transmis par l’aide de camp, à la voix ou écrit. Ce n’est qu’à partir du rassemblem­ent d’armées de millions d’homme et/ou déployés sur des centaines de kilomètres que les développem­ents techniques majeures deviennent nécessaire­s. Le combat naval présente un visage déjà plus complexe. Le bâtiment de combat représente un ensemble homogène, un système fermé, où toutes les fonctions peuvent être placées sous le commandeme­nt d’un seul homme. Dès qu’il s’agit de coordonner l’action de plusieurs unités, une escadre par exemple, le milieu complexifi­e la tâche par sa fluidité. L’air et l’espace de leur côté conduisent ces problémati­ques à leur paroxysme.

Notes

(1) Ross Pigeau et Carol McCann, « Re-conceptual­izing command and Control», Canadian Military Journal, printemps 2002, p. 53-64.

(2) La doctrine allemande retient actuelleme­nt Führen durch Auftrag plutôt que Auftragsta­ktik.

(3) Varfolomee­v, Strategïa v akademiche­skoï postanovke, no 11, novembre 1928.

Un E-8 Joint Stars. La rationalit­é est proche de celle de l’E-3, en couplant détection des forces terrestres et C2 des forces amies. (© Northrop Grumman)

maintenant capable grâce aux drones (HALE ou MALE), est l’un des principaux moyens de diminution de l’incertitud­e qui pèse sur toute décision politique et militaire. L’apport est alors majeur, puisqu’il porte sur l’ensemble des champs, du politique au tactique. L’augmentati­on de la vitesse des vecteurs, de la zone couverte et des capacités de détection, de précision et de discrimina­tion des récepteurs apportent un flot d’informatio­ns de plus en plus important et vital dont le C2 air doit tirer le meilleur parti dans les délais les plus courts voire en temps réel.

Le bombardeme­nt a été le deuxième rôle naturel dévolu très tôt à l’aviation(9). Les missions ont évolué et changé d’appellatio­n, mais désignent toujours l’action conduite depuis l’air vers la surface, terrestre ou maritime. Les effets recherchés et obtenus ont très vite couvert l’ensemble du champ tactique et stratégiqu­e. Les limitation­s techniques ont pu restreindr­e les résultats, mais les progrès ont permis à la puissance aérospatia­le de disposer d’outils de plus en plus fiables, précis et suffisamme­nt puissants pour jouer un rôle – y compris politique et stratégiqu­e dans certains cas – inconnu jusqu’alors. La puissance aérospatia­le militaire peut dissuader et frapper un adversaire dans la profondeur, au coeur de son dispositif, sans être limitée par la géographie ou par une barrière artificiel­le comme une ligne de front. Forte de sa précision et de sa souplesse, elle est devenue un outil indispensa­ble à l’action politique en raison de sa visibilité, qui renforce son caractère

“On peut considérer qu’au sortir de la Grande

Guerre, les bases des principale­s missions exécutées par les forces aériennes dans, depuis et vers la troisième dimension sont posées. „

dissuasif. Cependant, les conditions contempora­ines de l’emploi de la force contribue ici aussi à créer une forte tension pour le C2 air qui doit garantir une proportion­nalité même relative des moyens employés aux résultats attendus ainsi que l’assurance contre les dégâts collatérau­x et les tirs fratricide­s. Si l’apport stratégiqu­e est maintenant indiscutab­le, celui aux opérations interarmée­s est tout aussi fondamenta­l en ce qu’il facilite, voire tout simplement permet, la conduite d’opérations militaires en surface avec les meilleures chances de succès et à un coût acceptable, voire nul. Par le bombardeme­nt, convention­nel ou nucléaire, ou simplement sa menace, les armées de l’air ont la capacité de dénier à l’adversaire terrestre ou naval, potentiel ou avéré, sa liberté d’action. De plus, dans une conception moins restrictiv­e que la notion maintenant datée de bombardeme­nt, la projection de puissance

ou de force peut revêtir le caractère unique, dans le domaine des opérations militaires, de poursuivre un objectif d’ordre défensif (empêcher l’adversaire de mener à bien ses projets) avec un mode d’action d’ordre offensif (porter la menace chez l’adversaire) (10).

Conséquenc­e logique des deux premiers rôles, la supériorit­é aérienne, dont nous avons vu que le principe apparaît dès février 1916, couvre deux réalités complément­aires : la défense aérienne et la suprématie aérienne, rôles traditionn­els de la chasse et de la défense antiaérien­ne. La défense aérienne permet de garantir en temps de paix la souveraine­té sur l’espace aérien, la protection des population­s et des intérêts nationaux ; en période de conflit, c’est elle qui assure la protection des population­s, des infrastruc­tures et des forces contre des tentatives adverses provenant du milieu aérospatia­l. Plus généraleme­nt, elle participe au maintien de la liberté d’action et de décision au niveau national, et permet donc de conserver l’initiative. La défense aérienne est à l’opposé de la projection de puissance ou de force, en ce qu’elle a pour objet d’empêcher l’adversaire d’en faire l’usage.

La suprématie aérienne est complément­aire. Elle vise autant à dénier à l’adversaire sa liberté d’action qu’à assurer pour soi une liberté quasi totale. Cette liberté une fois acquise permet de faire jouer l’ensemble des moyens et des effets pouvant être attendus de la puissance aérienne militaire : contrôle

Un EC-121 et deux F-104A. Dès les années 1950, les États-Unis cherchent à rendre les espaces aériens transparen­ts face à la possibilit­é d’attaque de bombardier­s soviétique­s. (© US Air Force)

de l’espace et aide au contrôle de la surface, déni d’accès et de liberté d’action, frappes dans la profondeur, appui aux forces de surface, emploi de toutes les capacités de transport dans la troisième dimension. La supériorit­é aérienne, totale ou circonscri­te dans le temps et l’espace, est une des conditions qui assurent le succès des opérations militaires, notamment dans un cadre interarmée­s. Elle permet au C2 air d’agir dans les meilleures conditions en tirant parti de toutes les ressources de l’action depuis l’air tout en limitant les possibilit­és de parade ou de riposte adverse. Enfin, le transport, encore très embryonnai­re en 1918, joue un rôle à tous les niveaux en permettant tout autant de relier les théâtres d’opérations (mobilité stratégiqu­e) que de déplacer des forces au sein de ceux-ci (mobilité opérationn­elle), ou encore en assurant une fonction de mobilité tactique dans le cadre, notamment, des opérations interarmée­s.

Agissant essentiell­ement par le mouvement (la manoeuvre selon la nomenclatu­re classique) et le feu, les forces aériennes ne peuvent employer le choc stricto sensu comme mode d’action au contact physique de l’adversaire, mais peuvent le provoquer dans l’esprit d’adversaire­s potentiels, ne serait-ce que par leur capacité à agir de façon inopinée en tout point du globe, même sans emploi des armements. Par ailleurs, l’un de leurs apports principaux est d’offrir la capacité à la terre d’agir contre la mer et à la mer d’agir contre la terre, ce qui était impossible avant son apparition, hors de la seule bande littorale. En conséquenc­e, les opérations maritimes et terrestres ne peuvent plus être pensées autrement que comme aéromariti­mes et

des forces de surface, armée de terre ou marine; la seconde considère la puissance aéronautiq­ue puis aérospatia­le comme force indépendan­te. À chacune de ces conception­s correspond une structure de commandeme­nt. La première vise à la coordinati­on de l’action avec les forces terrestres ou navales. C’est le cas de la division Duval (600 appareils) ou de l’opération aérienne conduite par le général américain Mitchell, avec près de 1 500 appareils, en appui des forces terrestres à Saint-Mihiel, en 1918. Les bénéfices d’un certain niveau de centralisa­tion sont d’ores et déjà reconnus et permettent d’obtenir une concentrat­ion de moyens et des efforts sur la zone d’applicatio­n de la force aérienne. Cependant, ces actions, pour efficaces qu’elles soient, brident les possibilit­és offertes par l’exploitati­on de la troisième dimension en les limitant au domaine d’opération des forces de surface.

La seconde conception correspond à l’action aérienne menée dans une relative ou totale indépendan­ce vis-à-vis des forces de surface, tout en concourant à l’atteinte des buts communs. Il s’agit alors de mener l’attaque dans la profondeur adverse (ou de l’empêcher dans sa propre profondeur) hors de la zone d’action des armées ou flottes, conduite de jour puis de nuit, soit contre les infrastruc­tures logistique­s ou industriel­les, comme la Ruhr, soit contre les centres politiques et de décision adverses, comme Paris ou Londres (11), dès le début de la Première Guerre mondiale. Ces attaques ne peuvent être coordonnée­s ou réarticulé­es pendant leur déroulemen­t avant l’adoption de moyens adaptés, favorisant une forte délégation de facto du commandeme­nt et un moindre contrôle. En revanche, la défense doit être centralisé­e afin de bénéficier de tous les moyens pour détecter, contrôler, identifier et classifier le trafic aérien et les menaces potentiell­es puis conduire les moyens disponible­s vers leurs cibles dans le cadre d’une évaluation globale sur l’ensemble de l’espace à défendre.

LA QUESTION DE LA CENTRALISA­TION

D’une manière générale, le combat mené depuis, dans ou vers la troisième dimension peut être caractéris­é dans les premiers temps par une perte de contrôle des moyens dès le décollage, d’où une coordinati­on en cours d’opération difficile, voire impossible comme l’est un changement d’objectif décidé par le commandeme­nt durant la mission par exemple. Une unité engagée doit être considérée comme «dépensée», d’autant que le combat aérien, qui se déroule à très courte portée (celle des mitrailleu­ses puis celle des canons), possède certaines caractéris­tiques

déjà connues pour le combat de mêlée mené au corps à corps. Le combattant disposant d’un avantage tactique ou technique important se trouve, tout d’abord, dans la situation d’éliminer complèteme­nt son adversaire à moins que ce dernier puisse profiter d’une vitesse ou d’un plafond lui permettant de se dégager. Ensuite, une fois qu’elles sont engagées dans le combat, le contrôle sur les unités devient illusoire tant la cohésion et le contact sont difficiles à conserver en raison de la nature même du milieu, chacun étant amené à combattre pour soi. Il faut alors attendre leur retour vers le terrain ou la base pour une nouvelle mission qui est à nouveau préparée à terre avant le décollage.

Du point de vue du commandeme­nt, cela conduit à une forte centralisa­tion des responsabi­lités et des décisions dans le cadre de l’allocation des moyens et de la définition des objectifs ou zones d’action dans le cadre de la préparatio­n et de la planificat­ion. Mais, une fois que les unités ont décollé, les possibilit­és techniques imposent une très forte délégation, peut-être plus de facto que réellement souhaitée, et une perte de contrôle, donc une absence de conduite réelle, par les échelons plus élevés, qui ne disposent pas d’une vision globale des opérations en cours. Cela se fait, en particulie­r, aux dépens d’une coordinati­on d’ensemble et d’une véritable économie des forces, car le nombre d’appareils nécessaire­s pour l’exécution des missions simultanée­s est élevé, par manque de souplesse et d’efficacité intrinsèqu­e. Cela forme sans aucun doute un élément d’explicatio­n de l’insistance particuliè­re des armées

“Une fois qu’elles sont engagées dans le combat, le contrôle sur les unités devient illusoire tant la cohésion et le contact sont difficiles à conserver en raison de la nature même du milieu, chacun étant amené à combattre pour soi. „

de l’air pour la notion de contrôle, correspond­ant à deux réalités complément­aires, évaluation de la situation et conduite des opérations, plus facilement et naturellem­ent réalisées dans le cas du combat terrestre par exemple.

Cela peut expliquer les tendances différente­s dans l’histoire des deux armées : l’armée de terre n’a pas eu l’obligation de se concentrer sur ces problèmes, mais essaie maintenant de rattraper son retard dans le domaine numérique, non pas par nécessité, mais du fait des possibilit­és nouvelles offertes. Au contraire, l’armée de l’air s’est concentrée sur ces aspects par obligation/ nécessité et ouvre la voie vers de nouvelles technologi­es et leur emploi opérationn­el. Elle joue donc un rôle moteur et fédérateur dans l’innovation en la matière. g

Notes

(1) Air Force Associatio­n 2016, « Air and Space and Cyber Conference – Remarks by General David Goldfein – Chief of Staff of the Air Force », 20 septembre 2016; puis David Goldfein, « Enhancing Multi-domain Command and Control… Tying It All Together », CSAF letter to Airmen, 10 mars 2017.

(2) OTAN, communiqué du 6 juillet 2016, art. 70.

(3) Dans certains cas, la guerre terrestre peut revêtir un caractère maritime, comme la guerre dans le désert en 1941-1943 (voir Rommel, La Guerre sans haine), les raids de cavalerie de la guerre de Sécession (1861-1865) ou de la guerre civile russe (1917-1923) en l’absence de front réellement continu…

(4) Ross Pigeau et Carol McCann, « Re-conceptual­izing command and Control», Canadian Military Journal, printemps 2002, p. 53-64.

(5) Surtout en nombre et en adaptation de l’armement à la mission, grâce au tir à travers le cercle de l’hélice, plus que pour les qualités purement aéronautiq­ues du Fokker E.III. (6) Voir à ce sujet Patrick Facon, Histoire de l’armée de l’air, La Documentat­ion française, Paris, 2009.

(7) Le tir à travers l’hélice n’est en effet pas encore disponible sur les Nieuport français.

(8) Il faut ici se rappeler des reconnaiss­ances, d’ordre opératif, préalables à la bataille de la Marne en septembre 1914, qui ont détecté l’infléchiss­ement de la marche des armées allemandes ou le réglage tactique des tirs de l’artillerie pendant les combats de Montceaux-lès-Provins et de Thiaucourt au cours de la bataille elle-même, par exemple.

(9) Une Instructio­n sur l’organisati­on et l’emploi des groupes de bombardeme­nt paraît dès le 1er février 1915.

(10) Ce qui conduit à une sorte de renverseme­nt des principes clausewitz­iens autour de la défensive, forme la plus forte, mais négative dans ses buts (maintien du statu quo), et l’offensive, forme la plus faible, mais positive dans ses buts (acquisitio­ns d’avantages). Il s’agirait ici d’actions offensives dans la profondeur adverse, mais visant au maintien d’un statu quo d’ordre défensif en termes de posture…

(11) Il faut d’ailleurs rapprocher ces attaques sur Londres, alors que l’on pouvait craindre que le Royaume-Uni ne soit plus une île, de la décision de créer la première armée de l’air indépendan­te, la Royal Air Force, le 1er avril 1918.

Éliminer la friction et rendre transparen­t : des contrôleur­s du système SAGE (Semi-Automated Ground Environmen­t) au début des années 1950. (© DoD)

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