La blo­ck­chain s'im­misce dans les mé­dias et la culture

Les blocs de chaînes, ré­seaux de tiers de confiances dé­cen­tra­li­sés fonc­tion­nant en mode peer- to- peer, pour­raient ré­vo­lu­tion­ner la mu­sique, le ci­né­ma, le livre, les mé­dias, la pu­bli­ci­té ou en­core les jeux vi­déo. En France, la ré­flexion s’in­ten­si­fie. Mi­ro

Edition Multimé[email protected] - - La Une -

Blo­ck­chain rime dé­sor­mais avec brains­tor­ming. Il ne se passe plus une se­maine sans que des col­loques, des confé­rences, des sa­lons ou des an­nonces ne convoquent la blo­ck­chain dans les su­jets d’ac­tua­li­té. Par exemple, le 27 no­vembre pro­chain, le Grou­pe­ment des édi­teurs de ser­vices en ligne ( Geste) – qui compte 119 membres is­sus des mé­dias et des ac­teurs du Net, par­mi les­quels Edi­tion Mul­ti­mé­[email protected] – se penche sur des cas d’uti­li­sa­tion de la blo­ck­chain.

L’exemple du Groupe Sud Ouest ( GSO)

Le Geste, pré­si­dé de­puis juin 2017 par Ber­trand Gié ( di­rec­teur des nou­veaux mé­dias du groupe Le Fi­ga­ro, où il a été pro­mu il y a plus de six mois di­rec­teur dé­lé­gué du pôle News ( 1)), réuni­ra ce jour- là les par­ti­ci­pants pro­fes­sion­nels, ve­nus de di­vers ho­ri­zons, dans les lo­caux de Dee­zer France. Ils vont ten­ter d’y voir plus clair dans les usages qui peuvent être faits des chaînes de blocs et sur l’im­pact pos­sible sur… la chaîne de va­leur des sec­teurs concer­nés. Et ce, après une pré­sen­ta­tion en avant- pre­mière d’une étude in­ti­tu­lée « La blo­ck­chain : so­lu­tion mi­racle pour les in­dus­tries cultu­relles ? » , que NPA Conseil pré­voit de com­mer­cia­li­ser à par­tir de dé­cembre. « Tous les mé­tiers sont concer­nés : créa­teurs de conte­nus, mé­dias, so­cié­tés de ges­tion de droits, ré­gies pu­bli­ci­taires, an­non­ceurs, agences mé­dia, pou­voirs pu­blics… Des créa­teurs aux an­non­ceurs, se fait en­tendre un be­soin de sim­pli­fi­ca­tion et de confiance res­tau­rée. La blo­ck­chain est- elle le moyen idéal de ré­pondre à ces at­tentes des in­dus­tries cultu­relles ? » , s’in­ter­roge le ca­bi­net de conseil di­ri­gé par Phi­lippe Bailly. Au­tre­ment dit, les blocs de chaîne peuvent- ils être une so­lu­tion technologique et éco­no­mique aux bou­le­ver­se­ments nu­mé­riques qui « ont com­plexi­fié les pro­cess, les chaînes de va­leur et en­gen­dré un émiet­te­ment des re­ve­nus is­sus de la ges­tion des droits, de pro­prié­té in­tel­lec­tuelle et d’ex­ploi­ta­tion des oeuvres d’une part, de mo­né­ti­sa­tion pu­bli­ci­taire des conte­nus de l’autre » ? En at­ten­dant cette étude, qui ana­ly­se­ra aus­si les dé­ve­lop­pe­ments in­ter­na­tio­naux ( Amé­rique du Nord et Eu­rope), la table- ronde du Geste fe­ra état de cas concrets. Un des use cases se­ra ce­lui de l’in­té­gra­tion de la blo­ck­chain dans les mé­dias avec l’exemple du Groupe Sud Ouest ( GSO). Le deuxième plus grand édi­teur fran­çais de quo­ti­diens ré­gio­naux ( der­rière Ouest- France), pré­si­dé par Oli­vier Ge­ro­la­mi ( pho­to), s’est lan­cé au prin­temps der­nier dans la blo­ck­chain avec une start- up, In­blocks, qu’il fi­nance via son fonds d’ac­cé­lé­ra­tion Théo­phraste. Créée en 2017, cette so­cié­té bor­de­laise se re­ven­dique comme étant « la pre­mière pla­te­forme fran­çaise de ‘ preuve d’exis­tence d’ac­tif’ dans la blo­ck­chain » et édite une pla­te­forme en mode Saas ( Soft­ware as a Ser­vice) per­met­tant la créa­tion et mise en place de blo­ck­chains dé­diées pour le compte de ses clients. Avec son aide, l’édi­teur de Sud- Ouest, de Cha­rente Libre ou en­core de Dor­dogne Libre a mis en oeuvre une pre­mière ap­pli­ca­tion qui pour­rait in­té­res­ser non seule­ment les mé­dias mais aus­si toutes les in­dus­tries cultu­relles en ligne te­nues d’ap­por­ter la preuve du consen­te­ment de leurs uti­li­sa­teurs à ac­cep­ter des coo­kies, con­for­mé­ment au rè­gle­ment eu­ro­péen sur la pro­tec­tion des don­nées ( RGPD) en vi­gueur de­puis le 25 mai 2018. Avant de dé­po­ser dans les ter­mi­naux ( or­di­na­teurs, smart­phones, té­lé­vi­seurs, …) de tels pe­tits fi­chiers que d’au­cuns consi­dèrent comme des mou­chards élec­tro­niques, tous les édi­teurs de mé­dias et de sites web doivent obli­ga­toi­re­ment de­man­der le consen­te­ment préa­lable des in­ter­nautes et/ ou des mo­bi­nautes, les­quels peuvent re­fu­ser d’être ain­si tra­cés et géo­lo­ca­li­sés à des fins d’usages ou de pu­bli­ci­tés ( lire p. 8 et 9). « En­ga­gé dans une po­li­tique de trans­pa­rence vis- à- vis de ses lec­teurs et de ses an­non­ceurs, le groupe Sud Ouest va sto­cker les consen­te­ments de ses uti­li­sa­teurs dans une blo­ck­chain pri­vée dé­ve­lop­pée par In­blocks dans la­quelle il se­ra le seul à pou­voir écrire » , ex­plique l’édi­teur de presse ré­gio­nale qui consi­dère cette dé­marche comme un gage de confiance qu’il se de­vait de don­ner à ses clients lec­teurs et ses an­non­ceurs.

Blo­ck­chain ver­sus « opa­ci­té » de la pub

« Ce­la s’ap­pelle le Proof of Consent dans le lan­gage “blo­ck­chain”. Im­mu­table, in­fal­si­fiable, la preuve de l’his­to­rique du consen­te­ment pour­ra être consul­tée par l’uti­li­sa­teur. Elle au­ra une em­preinte pu­blique, gage de sa vé­ra­ci­té. Elle pour­ra éga­le­ment ser­vir de preuve au­près du ré­gu­la­teur » . GSA a dé­jà in­ves­ti dans une pla­te­forme dite DMP ( Da­ta Ma­na­ge­ment Plat­form), en par­te­na­riat avec Google ( Ana­ly­tics), tout en étant

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