RNT : RTL, NRJ, Eu­rope 1 et RMC virent leur cu­ti

Après avoir ti­ré à bou­lets rouges sur la ra­dio nu­mé­rique ter­restre ( RNT) qu’ils es­ti­maient trop coû­teuse et non ren­table, les grands groupes de ra­dios pri­vées ( La­gar­dère/ Eu­rope 1, M6/ RTL, Al­tice- Nex­tra­diotv/ RMC et NRJ) se portent can­di­dats aux DAB+

Edition Multimé[email protected] - - La Une -

Pourquoi un tel re­vi­re­ment en fa­veur de la ra­dio nu­mé­rique ter­restre ( RNT) de la part de La­gar­dère Ac­tive ( mai­son mère d’eu­rope 1), RTL ( main­te­nant aux mains de M6), Nex­tra­diotv ( au­jourd’hui pro­prié­té du groupe Al­tice) et NRJ Group ( tou­jours dé­te­nu par la fa­mille Bau­de­croux) ? Alors que ces grands groupes pri­vés de ra­dios avaient jus­qu’alors voué aux gé­mo­nies cette innovation ra­dio­pho­nique, via no­tam­ment leur feu Le Bureau de la Ra­dio qui les re­pré­sen­tait.

Ce qu’en dit Nicolas Cu­rien ( CSA)

« Il y a une rai­son as­sez simple à cela : le CSA ( sous mon im­pul­sion) a en­fin mis en ap­pel les deux mul­ti­plex na­tio­naux du DAB+, les seuls sus­cep­tibles d’in­té­res­ser les grandes ra­dios na­tio­nales » , a ré­pon­du Nicolas Cu­rien ( pho­to) à Edi­tion Mul­ti­mé­[email protected] L’an­cien pré­sident par in­té­rim du CSA ( fé­vrier- mai 2018), membre du col­lège ( de­puis jan­vier 2015), pour­suit : « Sa­chant qu’il n’y au­rait pas de “ses­sion de rat­tra­page”, que toute la res­source hert­zienne nu­mé­rique na­tio­nale était ain­si d’un coup mise au concours, tous les grands groupes ont can­di­da­té car au­cun ne pou­vait prendre le risque de perdre à terme la com­po­sante broad­castde la dis­tri­bu­tion de la ra­dio, dans un monde tout nu­mé­rique : avec le DAB+, contrai­re­ment à L’IP ou à la 5G, les ra­dios ne sont pas dé­pen­dantes des ac­teurs d’in­ter­net » . Les édi­teurs de ser­vices de ra­dio avaient jus­qu’au 21 no­vembre pour dé­po­ser au CSA leur dos­sier dans le cadre de l’ap­pel à can­di­da­ture pour des fré­quences dans la bande dite « III » ( 1) uti­li­sables sur l’en­semble du ter­ri­toire mé­tro­po­li­tain en tech­no­lo­gie DAB+ ( voire en T- DMB) pour la dif­fu­sion de la RNT. Ré­sul­tat, les grands groupes pri­vés ont tous vi­ré leur cu­ti, que cela soit La­gar­dère Ac­tive pour Eu­rope 1, RFM et Vir­gin Ra­dio, le groupe M6 pour RTL, RTL2 et Fun Ra­dio, le groupe Nex­tra­diotv/ Al­tice pour RMC et BFM Bu­si­ness et BFM Ra­dio ( re­prise de la chaîne BFMTV) et le groupe NRJ pour NRJ, Ché­rie, Nos­tal­gie et Rire & Chan­sons. Ce chan­ge­ment de pied de ces groupes ra­dio­pho­niques, actuellement di­ri­gés par res­pec­ti­ve­ment De­nis Oli­vennes, Ch­ris­to­pher Bal­del­li, Alain Weill et Jean­Paul Bau­de­croux, donne fi­na­le­ment rai­son aux nom­breuses ra­dios in­dé­pen­dantes qui ont pa­rié dès le dé­part sur la RNT ( 2) qui ga­ran­tit un son nu­mé­rique de qua­li­té, d’une grande clar­té et sans in­ter­fé­rences. L’écoute est lar­ge­ment amé­lio­rée par rapport à la FM. « Pour la pre­mière fois l’ap­pel à can­di­da­ture est na­tio­nal avec des coûts de dif­fu­sion ré­duits ( 1,5 mil­lion d’eu­ros). Nous avons consi­dé­ré que les condi­tions étaient réunies pour se por­ter can­di­dat » , confie Alain Weill à [email protected] Jus­qu’alors, son groupe Nex­tra­diotv n’avait eu de cesse avec ceux d’eu­rope 1, de RTL et de NRJ de dis­cré­di­ter de­puis dix ans la RNT pour ten­ter de la tuer dans l’oeuf. Leur syndicat pro­fes­sion­nel, bap­ti­sé « Le Bureau de la Ra­dio » , avait tout fait au­près des pou­voirs pu­blics et du CSA pour dire tout le mal qu’ils pen­saient de cette dif­fu­sion hert­zienne de la ra­dio nu­mé­rique – lui pré­fé­rant la ra­dio sur le pro­to­cole In­ter­net ( ra­dio sur IP). Le Bureau de la Ra­dio n’existe plus de­puis sa dis­so­lu­tion cette an­née ( 3). La voie est dé­sor­mais libre pour le DAB+ qui – après Pa­ris, Marseille, Nice, Lille et, à par­tir de ce mois de décembre, Lyon et Stras­bourg – de­vrait en­fin fran­chir le seuil dé­ci­sif des 20 % de cou­ver­ture de la po­pu­la­tion fran­çaise. Ce taux de 20 % est, par la loi ( 4), dé­clen­cheur de l’obli­ga­tion pour les fa­bri­cants de postes de ra­dios et au­to­ra­dios d’in­té­grer dans les dix- huit mois des puces DAB+. Mal­gré le re­tard chro­nique qui a ca­rac­té­ri­sé la France et le lan­ce­ment tar­dif en juin 2014 des pre­mières émis­sions en RNT à Pa­ris, Marseille et Nice où on la pro­met­tait pour… fin 2009 ( 5), l’an­née 2019 mar­que­ra en­fin la consécration de la RNT sur l’hexa­gone. Et ce, pour la plus grande sa­tis­fac­tion des ra­dios in­dé­pen­dantes – dont les membres des In­dés Ra­dios ( 131 ra­dios ( 6)) et ceux du Sir­ti ( 169 ra­dios). A no­ter que cet ap­pel à can­di­da­tures pour le DAB+ mé­tro­po­li­tain ne concerne pas les Dom- Tom ni le groupe pu­blic Ra­dio France, le­quel avance au rythme de l’etat ( 7). Ce der­nier a dé­jà pré­emp­té en 2016 des fré­quences RNT pour Fip à Lille et Lyon ( en plus de Pa­ris) et Mouv’ à Stras­bourg. Par exemple, Fip émettre en DAB+ à Lille de­puis juin der­nier. Mais la ré­forme de l’au­dio­vi­suel pu­blic pour­rait per­tur­ber la pour­suite du pro­gramme.

Groupe 1981, Ra­dio clas­sique ( LVMH), ...

Une ving­taine de dos­siers « DAB+ mé­tro­po­li­tain » ont été dé­po­sés au­près du CSA. Par­mi les can­di­dats, il y a no­tam­ment deux ra­dios du Groupe 1981 ( La­ti­na et la création de Yin) ou en­core la ra­dio du groupe Les Echos- Le Pa­ri­sien/ LVMH ( Ra­dio Clas­sique). Les édi­teurs re­te­nus de­vront cou­vrir au dé­mar­rage au moins 20 % des au­to­routes et 20 % de la po­pu­la­tion, puis aug­men­ter au bout de deux ans leur cou­ver­ture na­tio­nale. @ Charles de Laubier

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.