We Net­work, un sé­rieux atout pour re­lo­ca­li­ser la pro­duc­tion élec­tro­nique en France

Le Grand Ouest, au­tre­fois spé­cia­li­sé dans l’élec­tro­nique grand pu­blic, est à pré­sent un tis­su in­dus­triel de pre­mier plan en élec­tro­nique pro­fes­sion­nelle. Avec le dé­ve­lop­pe­ment de l’IoT, il consti­tue une op­por­tu­ni­té de la ré­in­dus­tria­li­sa­tion de la France.

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Lan­cé en fé­vrier 2013, le cam­pus de la pro­duc­tion élec­tro­nique, ba­sé à An­gers, avait pour ob­jec­tif de fé­dé­rer la fi­lière de la concep­tion et de la pro­duc­tion élec­tro­nique, et d’at­ti­rer les meilleures com­pé­tences dans ce do­maine. Au­jourd’hui, avec un nou­veau nom, Wise (West In­tel­li­gent Sys­tems and Elec­tro­nics) et avec l’une de ses dé­cli­nai­sons, la « Wise Fac­to­ry », il a consi­dé­ra­ble­ment avan­cé sur le plan opé­ra­tion­nel et ne manque pas d’atouts pour re­le­ver ce dé­fi. Il faut dire qu’il pou­vait comp­ter sur une base in­dus­trielle consé­quente. Le Grand Ouest, au­tre­fois spé­cia­li­sé dans l’élec­tro­nique grand pu­blic avec Bull, Thom­son ou Pa­ckard Bell, consti­tue à pré­sent un tis­su in­dus­triel de pre­mier plan en élec­tro­nique pro­fes­sion­nelle. Il oc­cupe, en ef­fet, une forte po­si­tion en Eu­rope dans le do­maine de la pro­duc­tion élec­tro­nique, avec quatre en­tre­prises de sous-trai­tance fran­çaises (As­teel­flash, Eo­lane, All Cir­cuits et La­croix Elec­tro­nics) par­mi les 10 pre­mières so­cié­tés eu­ro­péennes du sec­teur, alors que l’Al­le­magne, l’Ita­lie, la Fin­lande, la Suisse, les Pays-Bas ou la Hon­grie n’ont, cha­cun, qu’un ou deux ac­teurs do­mi­nants lo­caux. À ces lea­ders, il faut ajou­ter les ac­teurs fran­çais de taille moyenne comme Sel­ha, Tro­ni­co ou Co­fi­dur, ain­si que les sites de grands équi­pe­men­tiers (Thales, Va­leo, Ca­non Bre­tagne, At­lan­tic) qui conti­nuent eux aus­si à avoir une pro­duc­tion dans le Grand Ouest. Cet éco­sys­tème mo­bi- lise au to­tal 50000 em­plois, soit le quart de la fi­lière élec­tro­nique fran­çaise. Par­mi les ini­tia­tives de We Net­work, Pleiade a été lan­cé afin de mu­tua­li­ser les pro­cé­dés de pro­duc­tion élec­tro­nique avec l’ap­port de 6 in­dus­triels (Thales, Eo­lane, La­croix, Tro­ni­co, MK Elec­tro­nique et Ac­tia), dont le chiffre d’af­faires cu­mu­lé est de l’ordre d’un mil­liard d’eu­ros. Ils de­vraient être re­joints par d’autres in­dus­triels dans les mois qui viennent. Pour per­mettre aux concep­teurs de dé­ve­lop­per plus vite leurs pro­duits, une offre de briques tech­no­lo­giques a été mise en place dans les do­maines de pré­di­lec­tion du Grand Ouest, par exemple l’IoT, les cap­teurs ou l’éner­gie in­tel­li­gente (de la même ma­nière que ce qui existe dé­jà de­puis très long­temps dans les se­mi-conduc­teurs). Ce­la in­duit des be­soins de for­ma­tion pro­fes­sion­nelle. En outre, un groupe d’in­té­rêt scien­ti­fique a été créé afin de fé­dé­rer de nom­breux la­bo­ra­toires de re­cherche (CNRS, École des Arts et Mé­tiers, Eseo, École Cen­trale de Nantes…) pour tra­vailler sur ces mêmes thé­ma­tiques à fort po­ten­tiel. En­fin, la pre­mière édi­tion de la bien­nale de l’élec­tro­nique a eu lieu pa­ral­lè­le­ment au sa­lon Eno­va An­gers, les 8 et 9 juin der­niers. Les deux jours d’ate­liers or­ga­ni­sés par les pôles de com­pé­ti­ti­vi­té et clus­ters S2E2, I&R, Cap’Tro­nic, iD4CAR et la Mei­to ont por­té plus par­ti­cu­liè­re­ment sur les as­pects de sé­cu­ri­té, de sû­re­té de fonc­tion­ne­ment, d’in­té­gri­té des don­nées, de re­don­dance des ar­chi­tec­tures ap­pli­quées aux sys­tèmes in­tel­li­gents. Une confé­rence sur les « smart ci­ties » dans le cadre de « An­gers French Tech » a éga­le­ment eu lieu.

Fa­bri­quer les pro­duits IoT en France

Autre par­ti­cu­la­ri­té im­por­tante d’An­gers: la ville abrite la Ci­té des ob­jets connec­tés inau­gu­rée l’an­née der­nière, et elle a été la­bel­li­sée en tant qu’éco­sys­tème French Tech de l’IoT. Les plans de la Nou­velle France In­dus­trielle sont pas­sés de 37 à 9 thé­ma­tiques, dont 3 se sont do­tées d’une stra­té­gie com­mune sur l’IoT. « Nous sommes per­sua­dés que le dé­ve­lop­pe­ment de l’IoT consti­tue une op­por­tu­ni­té pour la ré­in­dus­tria­li­sa­tion de la France. Avec la ci­té de l’ob­jet connec­té, nous sommes ca­pables de mettre sur le mar­ché un pro­duit in­dus­triel en moins de trois mois. Nous voyons beau­coup d’ini­tia­tives au­tour de l’IoT, des ac­cé­lé­ra­teurs, des “pitchs” de start-up de­vant les fi­nan­ciers, mais là où le bât blesse, c’est lorsque nous voyons cer­tains de ces en­tre­pre­neurs s’adres­ser en­suite à des sous-trai­tants chi­nois pour in­dus­tria­li­ser et fa­bri­quer leurs pro­duits. Nous leur di­sons qu’il est pos­sible d’in­dus­tria­li­ser très vite des pro­duits dans le Grand Ouest pour des pro­duc­tions de pe­tites et moyennes sé­ries et sous de nom­breuses dé­cli­nai­sons ( high mix, low­me­dium vo­lumes). Pour les pro­duits en grand vo­lume, l’in­dus­trie fran­çaise ne peut pas se battre contre la Chine, par contre, lors­qu’il s’agit d’être ré­ac­tif, elle est ex­trê­me­ment com­pé­ti­tive. C’est no­tam­ment le cas pour les pro­duits IoT pour l’in­dus­triel, le pro­fes­sion­nel, la san­té, comme nous l’avons mon­tré dans un ou­vrage pu­blié en co­opé­ra­tion avec Cap’Tro­nic. » pré­cise Sé­bas­tien Ros­pide, di­rec­teur du clus­ter We Net­work.

JACQUES MAROUANI

≥ We Net­work a pour am­bi­tion de rap­pro­cher les ac­teurs et les uti­li­sa­teurs de l’élec­tro­nique pro­fes­sion­nelle.

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