L’in­no­va­tion est au coeur de la sous-trai­tance hexa­go­nale

Al­lian­sys et STEE ont été no­mi­nés aux Tro­phées de la sous-trai­tance in­dus­trielle 2016 pour leurs in­no­va­tions: Al­lian­sys pour sa par­ti­ci­pa­tion à la réa­li­sa­tion d’un sys­tème an­ti­vieillis­se­ment; STEE pour la mise au point d’un dé­mons­tra­teur de vé­lo à as­sis­ta

Electronique S - - Actualité -

La sous-trai­tance en élec­tro­nique de France est une sous-trai­tance in­ven­tive. La no­mi­na­tion aux Tro­phées de la sous-trai­tance in­dus­trielle 2016, un évé­ne­ment du Mi­dest, de deux en­tre­prises de ce do­maine (sur 20 no­mi­nés au to­tal) est là pour le rap­pe­ler. Le ju­ry a ain­si re­mar­qué Al­lian­sys et STEE. Al­lian­sys (75 per­sonnes, 9 mil­lions d’eu­ros de chiffre d’af­faires) a co-dé­ve­lop­pé avec et pour l’en­tre­prise Sten­do un sys­tème dé­dié à l’ac­ti­va­tion de la pro­duc­tion d’oxyde ni­trique dans le sang. Ce sys­tème per­met de mul­ti­plier par 2 cette pro­duc­tion – et même par 4 au dé­mar­rage de l’ap­pli­ca­tion. Or, la pré­sence d’oxyde ni­trique pré­vient le vieillis­se­ment ain­si que l’a dé­cou­vert un prix Nobel de mé­de­cine à l’ori­gine de la tech­nique N.O. Lo­gy de sti­mu­la­tion de la pro­duc­tion de cette mo­lé­cule. La pré­sence d’oxyde ni­trique com­bat l’hy­per­ten­sion, conserve aux ar­tères leur sou­plesse, évite la for­ma­tion de caillots et, par là même, ré­duit

Mi­chel de No­nan­court a au moins deux rai­sons de se ré­jouir: Al­lian­sys, qu’il a ac­quis en fé­vrier 2016, a été no­mi­né dans la ca­té­go­rie In­no­va­tion des Tro­phées de la sous- trai­tance in­dus­trielle, et le Snese, dont il est le pré­sident, va re­ce­voir le prix spé­cial du ju­ry. les risques de ma­la­dies car­dio­vas­cu­laires et d’ac­ci­dent vas­cu­laire cé­ré­bral (AVC). Mais la pro­duc­tion na­tu­relle d’oxyde ni­trique dé­croît sous l’in­fluence de plu­sieurs fac­teurs : l’âge, la sé­den­ta­ri­té et le ta­ba­gisme. D’où la né­ces­si­té de sti­mu­la­tion de cette pro­duc­tion et la mise au point d’un ap­pa­reil réa­li­sant ce­la. Ce sys­tème pro­cède par com­pres­sions et dé­com­pres­sions suc­ces­sives, ap­pli­quées à la sur­face de la peau et syn­chro­ni­sées sur le rythme car­diaque. Ces dif­fé­rences de pres­sion sti­mulent la couche in­terne des vais­seaux, ce qui dope la pro­duc­tion d’oxyde ni­trique. Dans la pra­tique, le pa­tient re­vêt une com­bi­nai­son r ecou­vrant l es membres in­fé­rieurs jus­qu’à l ’ ab­do­men, com­bi­nai­son in­cluant des poches d’air gon­flables grâce à une uni­té de pro­duc­tion d’air ré­gu­lée. C’est Al­lian­sys qui a réa­li­sé la console de contrôle et ré­gu­la­tion. L’ap­pa­reil est com­mer­cia- li­sé de­puis un an. Sten­do en a ven­du qua­rante – la moi­tié en France, l ’ autre moi­tié à l’ex­port – et en a prê­té une ving­taine en vue d’éva­lua­tion. Les clients sont des car­dio­logues, des gé­riatres et des ki­né­si­thé­ra­peutes qui uti­lisent cet ou­til pour lut­ter contre les consé­quences vas­cu­laires du dia­bète, les in­suf­fi­sances au plan de la cir­cu­la­tion san­guine, l’hé­mi­plé­gie et pour l’aide à la ré­cu­pé­ra­tion chez les spor­tifs ain­si que, tout sim­ple­ment, pour le bien-être.

Un vé­lo à as­sis­tance élec­trique sans bat­te­rie

La PME STEE (15 per­sonnes, 1,5 M€ de CA 2015) a, quant à elle, réa­li­sé, avec l’aide du CNRS et du La­bo­ra­toire Am­père, un vé­lo à as­sis­tance élec­trique sans bat­te­rie et à au­to­no­mie illi­mi­tée. Ce vé­lo uti­lise des su­per-conden­sa­teurs qui se re­chargent beau­coup plus ra­pi­de­ment que les bat­te­ries et ne posent pas de pro­blème de re­cy­clage. STEE a dé­po­sé un bre­vet pour ce dis­po­si­tif qui en est au stade du dé­mons­tra­teur. Adrien Le­lièvre, qui a re­pris STEE en fé­vrier 2016, en­vi­sage la pos­si­bi­li­té de com­mer­cia­li­ser un vé­lo pour par­ti­cu­liers d’ici à trois ans. Avant ce­la, le pa­tron de STEE pré­voit de four­nir, dans le cadre d’un pro­jet pi­lote, de tels vé­los à la ville d’Or­léans. Le ju­ry a éga­le­ment sou­hai­té ré­com­pen­ser le Snese, le syn­di­cat de la sous-trai­tance au­quel ap­par­tiennent les deux so­cié­tés pré­ci­tées, avec le prix spé­cial du ju­ry, pour sa concep­tion de l’ap­pli­ca­tion e-Fi­cio (an­cien­ne­ment or­tho­gra­phiée Ef­fi­cio) qui per­met à toute en­tre­prise de connaître la struc­ture de ses coûts et donc la marge qu’elle peut ap­pli­quer. L’ou­til e-Fi­cio a été conçu par Alain-Jean Gau­thier, Éric Bur­notte, le di­rec­teur gé­né­ral d’Al­lian­sys, et Gé­rard Guer­rin, contrô­leur de ges­tion chez Tech Po­wer Elec­tro­nics. En ren­sei­gnant au fur et à me­sure les ru­briques d’e-Fi­cio, l’uti­li­sa­teur ob­tient une vue glo­bale de ses dé­penses, vi­sua­lise les amé­lio­ra­tions pos­sibles et peut fixer les li­mites de ses né­go­cia­tions com­mer­ciales tant avec les clients qu’avec les four­nis­seurs. En fai­sant va­rier l’un des pa­ra­mètres de sa struc­ture de coûts, il a une idée de la ré­per­cus­sion que ce­la peut avoir sur sa marge. Dans tous les cas, e-Fi­cio lui per­met d’éta­blir ra­pi­de­ment des de­vis.

DI­DIER GI­RAULT

≥ Al­lian­sys a réa­li­sé la console de contrôle et ré­gu­la­tion de l’ap­pa­reil de sti­mu­la­tion de la pro­duc­tion d’oxyde ni­trique dans le sang, com­mer­cia­li­sé par Sten­do. Cet ap­pa­reil per­met de com­battre le vieillis­se­ment des ar­tères.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.