La pé­nu­rie a im­pac­té la dis­tri­bu­tion eu­ro­péenne de se­mi-conduc­teurs

Au 2e tri­mestre, les dif­fi­cul­tés en com­po­sants – no­tam­ment la pé­nu­rie de cer­taines ca­té­go­ries de conden­sa­teurs – ont été la cause de re­ports de com­mandes et de hausses des prix. La crois­sance n’a été que de 5,7 % sur un an.

Electronique S - - Sommaire - DI­DIER GI­RAULT

Au 2e tri­mestre 2018, la pé­nu­rie de com­po­sants a joué un rôle non né­gli­geable dans les ventes de la dis­tri­bu­tion eu­ro­péenne de se­mi-conduc­teurs in­dus­triels (hors com­po­sants pour PC). Ce do­maine n’a af­fi­ché qu’une crois­sance de 5,7 % sur un an, à 2,32 mil­liards d’eu­ros, se­lon DMASS ( Dis­tri­bu­tors and Ma­nu­fac­tu­rers As­so­cia­tion of Se­mi­con­duc­tor Spe­cia­lists). Même si cette hausse est con­for­table, « en pé­riode d’al­lo­ca­tion, on au­rait pu ima­gi­ner une plus grande dy­na­mique », re­marque DMASS. Rap­pe­lons que cet or­ga­nisme re­pré­sente quelque 80 à 85 % du DTAM ( Dis­tri­bu­tion To­tal Avai­lable Mar­ket) eu­ro­péen du se­mi­con­duc­teur in­dus­triel. « Il semble que la pé­nu­rie per­sis­tante en conden­sa­teurs obère la crois­sance en se­mi-conduc­teurs. En ef­fet, les ma­té­riels ne pou­vant être com­plè­te­ment fa­bri­qués, les clients ne veulent pas prendre le risque de consti­tuer des stocks. En outre, il semble que la crois­sance ait da­van­tage re­po­sé sur le prix que sur le vo­lume », ex­plique Georg Stein­ber­ger, le pré­sident de DMASS.

+ 2 % seule­ment en Al­le­magne

L’ana­lyse par ré­gions des ré­sul­tats DMASS du 2e tri­mestre 2018 montre que c’est l’Al­le­magne qui a été la plus tou­chée avec une pro­gres­sion sur un an de seule­ment 2 % (à 671 mil­lions d’eu­ros). La France af­fiche éga­le­ment une crois­sance in­fé­rieure à la moyenne eu­ro­péenne : + 5,4 % à 161 M . Alors qu’au Royaume-Uni, la hausse a été lé­gè­re­ment su­pé­rieure à cette moyenne : + 6,9 % à 166 M . Par contre, le mar­ché des pays de l’Est s’est avé­ré (une fois de plus) très dy­na­mique (+ 14,4 % à 386 M ). DMASS men­tionne éga­le­ment de bons scores pour l’Au­triche et le Be­ne­lux ain­si que des ré­sul­tats ho­no­rables pour l’Ita­lie (+ 9,2 % à 224 M ) et les pays nor­diques (+ 8,1 % à 200 M ). Au plan des pro­duits, les plus fortes hausses ont été pour les se­mi- conduc­teurs dis­crets (+ 20,2 % à 138 M ), les dis­crets de puis­sance (+ 16,4 % à 245 M ) et les cap­teurs. De même, des crois­sances à deux chiffres ont été consta­tées pour cer­taines mé­moires pro­gram­mables, des lo­giques stan­dards, des mi­cro­pro­ces­seurs et des mi­cro­con­trô­leurs haut de gamme. Toutes ces ca­té­go­ries de pro­duits ont pu connaître des hausses de prix liées aux dif­fi­cul­tés d’ob­ten­tion de cer­taines ré­fé­rences. DMASS note aus­si que l’en­semble Mi­cro MOS a pro­gres­sé de 6,4 % à 479 M . Les mé­moires, elles, ont en­re­gis­tré une hausse de 5,5 % à 194 M . Les cir­cuits ana­lo­giques ont af­fi­ché une hausse de 3,2 % à 679 M et les cir­cuits op­to­élec­tro­niques, une hausse de 3,8 % à 223 M . En­fin, des baisses ont été consta­tées pour les ré­seaux l ogiques pro­gram­mables (- 3,4 % à 150 M ) et les « autres lo­giques » (- 4,3 % à 115 M ).

Des passifs en grande forme

En Al­le­magne et en France, les syn­di­cats de la dis­tri­bu­tion de com­po­sants (res­pec­ti­ve­ment le FBDi et le SPDEI) ont pu­blié les chiffres de leurs mar­chés de la dis­tri­bu­tion de com­po­sants élec­tro­niques pour le 2e tri­mestre 2018. En Al­le­magne, le FBDi an­nonce une pro­gres­sion de 5 % sur un an, à 949 M pour l’en­semble des com­po­sants élec­tro­niques. La crois­sance en se­mi-conduc­teurs y est très faible : + 2,8 % sur un an à 654 M (hausse co­hé­rente avec celle in­di­quée par DMASS – soit + 2 % à 671 M ). Dans ce pays, une fois de plus, ce sont les com­po­sants passifs qui ont en­re­gis­tré la plus forte hausse : + 14,4 % à 137 M . Par contre, les ventes de com­po­sants élec­tro­mé­ca­niques n’ont pro­gres­sé que de 7,7 % à 100 M . Le FBDi an­nonce aus­si une crois­sance de 13,7 % à 27 M pour les ali­men­ta­tions de puis­sance et un re­cul de 4,3 % sur un an à 21 M pour les écrans de vi­sua­li­sa­tion. Au fi­nal, mal­gré une va­leur du book-to-bill (rap­port des com­mandes sur les fac­tu­ra­tions) de 1,09, le syn­di­cat reste pru­dent quant à sa pré­vi­sion du mar­ché de la dis­tri­bu­tion al­le­mande de com­po­sants élec­tro­niques pour l’en­semble de 2018, du fait des re­ports de li­vrai­sons pour les com­mandes pas­sées, ain­si que des re­ports de com­mandes de la part des clients. Dans l’Hexa­gone, le SPDEI a in­di­qué une pro­gres­sion de 15 % sur un an à 366,6 M du mar­ché fran­çais de la dis­tri­bu­tion de com­po­sants élec­tro­niques au 2e tri­mestre 2018. Le syn­di­cat an­nonce une hausse de 13 % à 185,7 M pour les se­mi-conduc­teurs. No­tons que cette hausse dif­fère de celle in­di­quée par DMASS (+ 5,4 %). Nous n’avons pas trou­vé d’ex­pli­ca­tion à cette dif­fé­rence. Pour les autres sous-en­sembles (com­po­sants passifs, élec­tro­mé­ca­niques), on note de grandes si­mi­la­ri­tés d’évo­lu­tion de chiffres d’af­faires entre la dis­tri­bu­tion outre-Rhin et la dis­tri­bu­tion de l’Hexa­gone. Ain­si, les passifs ont af­fi­ché de fortes pro­gres­sions : + 20 % à 63,5 M en France et + 14,4 % en Al­le­magne. Alors que les com­po­sants élec­tro­mé­ca­niques ont da­van­tage été à la peine : + 4 % à 14,6 M en France et + 7,7 en Al­le­magne. Le SPDEI an­nonce aus­si une hausse de 19 % à 58,1 M pour la connec­tique et les câbles, une pro­gres­sion de 5 % à 30,6 M pour les sys­tèmes em­bar­qués et une crois­sance de 28 % à 14,1 M pour le seg­ment de l’éner­gie.

GEORG STEIN­BER­GER, pré­sident de DMASS “

Il semble que la pé­nu­rie per­sis­tante en conden­sa­teurs obère la crois­sance en se­mi-conduc­teurs. En ef­fet, les ma­té­riels ne pou­vant être com­plè­te­ment fa­bri­qués, les clients ne veulent pas prendre le risque de consti­tuer ” des stocks.

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