Unique au monde, « Iron Dome » est ca­pable d’in­ter­cep­ter plus de 90% des mis­siles

Un jour­na­liste du ma­ga­zine is­raé­lien Globes a pu vi­si­ter, dé­but oc­tobre, le complexe ul­tra-se­cret de Le­shem, en Gal­li­lée, dans le nord d’Is­raël, où la so­cié­té Ra­fael pro­duit les in­ter­cep­teurs de mis­siles is­raé­liens à courte por­tée.

Electronique S - - Dossier - JACQUES MA­ROUA­NI

Lors­qu’Is­raël a su­bi une pluie de r oquettes ve­nant de la bande de Ga­za, le 12 no­vembre der­nier, le pays a as­su­ré la sé­cu­ri­té de sa po­pu­la­tion ci­vile avec ses fa­meux in­ter­cep­teurs de mis­siles « Ta­mir Iron Dome » conçus et fa­bri­qués de­puis 7 ans par la so­cié­té is­raé­lienne Ra­fael. Ces in­ter­cep­teurs de mis­siles pèsent 90 ki­lo­grammes et me­surent trois mètres de long. Ils ont à leur ac­tif 1800 in­ter­cep­tions de ro­quettes lan­cées contre des cibles hu­maines et ma­té­rielles vul­né­rables dans des zones peu­plées du sud et du nord d’Is­raël.« Pour nous, cha­cun de ces mis­siles est comme le corps d’une per­sonne », dé­clare Ra­fi, in­gé­nieur sys­tème de pro­duc­tion, qui tra­vaille chez Ra­fael de­puis 20 ans et dont Globes ne connaî­tra que le pré­nom.

« Chaque in­ter­cep­teur de mis­sile a une tête – le sys­tème sen­so­riel et l’au­to­gui­dage. Il a des “mains” qui sont uti­li­sées pour le ti­rer. Il a des jambes– le mo­teur. Cha­cune de ces pièces est fa­bri­quée sé­pa­ré­ment, et nous les as­sem­blons en­semble,

comme un Le­go », ex­plique-t-il. La pro­chaine fois qu’un mis­sile in­ter­cep­teur se­ra ex­po­sé à l’oeil hu­main, c’est lorsque le centre de com­man­de­ment don­ne­ra l’ordre de bri­ser le boî­tier dans le­quel il est sto­cké et de le lan­cer. Lorsque ce­la se pro­dui­ra, il ne se­ra ex­po­sé à l’oeil nu que quelques se­condes avant de de­ve­nir un point du ciel en train de dis­pa­raître, lais­sant der­rière lui une traî­née blanche in­di­quant son che­min me­nant à la cible. Il peut s’agir de n’im­porte quelle cible, d’une fu­sée ou un mor­tier. La ren­contre se ter­mine par une ex­plo­sion dans le ciel de deux ob­jets rem­plis d’ex­plo­sifs. Il n’y a au­cune marge d’er­reur. Chaque com­po­sant et chaque pièce sont sur­veillés et tes­tés sé­pa­ré­ment, et pla­cés à cô­té de sys­tèmes de sur­veillance. Les in­gé­nieurs de la so­cié­té af­firment qu’ils sont ca­pables de cal­cu­ler avec une grande pré­ci­sion ce que Ta­mir a per­mis de sau­ve­gar­der en ma­tière de vies hu­maines et de biens is­raé­liens du fait des 1800 lan­ce­ments de Ta­mir. Ra­fael ne di­vulgue pas de chiffres pré­cis. « Ce­la re­pré­sente plu­sieurs mil­liards », dé­clare le chef de la di­vi­sion des sys­tèmes de su­pé­rio­ri­té aé­rienne de Ra­fael. « Croyez­moi, vous ne pou­vez pas ima­gi­ner ce qu’il se se­rait pas­sé ici sans Iron Dome », ajoute-t-il.

50000 dol­lars par in­ter­cep­teur de mis­sile

Se­lon les es­ti­ma­tions de Globes, le mi­nis­tère de la Dé­fense verse à Ra­fael 50 000 dol­lars, ou un peu plus, pour chaque mis­sile in­ter­cep­teur li­vré. Ra­fael n’in­dique pas le prix, mais sou­ligne que, de­puis que le pre­mier in­ter­cep­teur a été four­ni au mi­nis­tère de la Dé­fense, le prix n’a même pas été aug­men­té d’un seul she­kel « et ce­ci mal­gré l’énorme dif­fé­rence de ca­pa­ci­tés entre le pre­mier in­ter­cep­teur et celles de l’in­ter­cep­teur le plus ré­cent. C’est une dif­fé­rence énorme », a dé­cla­ré un em­ployé de Ra­fael. Se­lon les chiffres du mi­nis­tère de la Dé­fense, au moins 90% des tirs de Ta­mir ont abou­ti à une in­ter­cep­tion réus­sie. Les sys­tèmes de dé­fense de dif­fé­rents types mis au point ailleurs dans le monde ga­ran­tissent un taux de dé­fense de moins de 70%, ce qui ne se­rait pas suf­fi­sant pour sau­ve­gar­der des vies hu­maines constam­ment me­na­cées par les ro­quettes de Ga­za lan­cées par le Ha­mas ou du nord d’Is­raël lan­cées par le Hez­bol­lah et four­nies par l’Iran. Ra­fael a in­ves­ti 400 mil­lions de she­kels (100 mil­lions d’eu­ros) sur son bud­get au dé­but du dé­ve­lop­pe­ment d’Iron Dome. Plus tard, les ÉtatsUnis sont en­trés en scène et l’ad­mi­nis­tra­tion Oba­ma a oc­troyé à Is­raël des cen­taines de mil­lions de dol­lars qui ont per­mis à Iron Dome de pas­ser d’une idée tech­no­lo­gi­que­ment éprou­vée à un pro­duit dé­ployé sur le ter­rain ca­pable d’in­ter­cep­ter des mis­siles de ma­nière pré­cise. En contre­par­tie, 70% des composants du mis­sile in­ter­cep­teur sont pro­duits aux États-Unis dans di­verses so­cié­tés et usines et im­por­tés en Is­raël pour le mon­tage fi­nal.

≤ Ra­fael a in­ves­ti 400 mil­lions de she­kels ( 100 mil­lions d’eu­ros) au dé­but du dé­ve­lop­pe­ment d’Iron Dome. Plus tard, l’ad­mi­nis­tra­tion Oba­ma a oc­troyé à Is­raël des cen­taines de mil­lions de dol­lars qui ont per­mis à Iron Dome de pas­ser d’une idée tech­no­lo­gi­que­ment éprou­vée à un pro­duit dé­ployé sur le ter­rain ca­pable d’in­ter­cep­ter des mis­siles de ma­nière pré­cise. En contre­par­tie, 70% des composants du mis­sile in­ter­cep­teur sont pro­duits aux États- Unis.

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