Une forte pré­sence dans les in­no­va­tions de rup­ture

Les so­cié­tés is­raé­liennes sont in­ves­ties dans les ap­pli­ca­tions les plus pro­met­teuses comme la voi­ture au­to­nome, le fer­ro­viaire, l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle, les ob­jets con­nec­tés.

Electronique S - - Dossier - JACQUES MA­ROUA­NI

Is­raël est à la pointe de l’in­dus­trie high- tech, comme en té­moignent nombre d’ap­pli­ca­tions émer­gentes aux­quelles ont pris part les en­tre­prises du pays. L’ins­ti­tut Tech­nion et In­tel ont ain­si créé il y a quelques se­maines, un centre dé­dié à l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle. « Le Tech­nion est en pre­mière place des uni­ver­si­tés is­raél iennes dans l e do­maine de l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle, et l’une des dix meilleures uni­ver­si­tés au monde dans ce do­maine », se­lon le pro­fes­seur Shie Man­nor de la Fa­cul­té d’In­gé­nie­rie élec­trique du Tech­nion. « In­tel sou­tien­dra les pro­jets de re­cherche du corps pro­fes­so­ral du Tech­nion qui sont en­ga­gés dans l’ap­pren­tis­sage in­for­ma­tique et l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle en col­la­bo­ra­tion

étroite avec ses cher­cheurs d’In­tel », a-t-il ajou­té. Les re­cherches cou­vri­ront une grande va­rié­té de do­maines, y com­pris le trai­te­ment au­to­ma­tique du lan­gage na­tu­rel, le

deep lear­ning, les smart tech­no­lo­gies et l’op­ti­mi­sa­tion ma­té­rielle pour dif­fé­rents al­go­rithmes d’ap­pren­tis­sage. In­tel et le Tech­nion en­tre­tiennent des re­la­tions étroites de­puis de nom­breuses an­nées. Dé­jà en 2009, In­tel a dé­cer­né le « Prix

In­tel » au Tech­nion, en re­con­nais­sance à l’uni­ver­si­té dont les di­plô­més consti­tuaient le noyau fon­da­teur de leur fi­liale qui s’est éta­blie à Haï­fa en 1974. Plus lar­ge­ment, Is­raël est de­ve­nu une puis­sance en ma­tière d’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle avec un nombre re­cord de start-up qui se consacrent à ce su­jet dans un pays de moins de 8 mil­lions et de­mi d’ha­bi­tants. Is­raël se si­tue sur le po­dium puisque se­lon un clas­se­ment mon­dial, trois pays sont dans le pe­lo­ton de tête : les États-Unis, la Chine et Is­raël. C’est du moins ce que dé­clare la so­cié­té As­gard, ba­sée à Ber­lin et spé­cia­li­sée dans l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle, in­dique le site lphin­fo.com. « Les

trois pre­mières places sont te­nues par les États-Unis, avec 40 % des start-up mon­diales dans ce do­maine, sui­vis par la Chine et Is­raël qui dé­tiennent cha­cun 11% du nombre de start-up mon­diales. Is­raël de­vance donc des pays comme le Ja­pon, la Co­rée du Sud et tous les pays eu­ro

péens ». Se­lon la même source, dans le pal­ma­rès des villes, Tel-Aviv ar­rive en 3e place mon­diale avec la pré­sence de 189 start-up, pré­cé­dée par Londres (211) et San Fran­cis­co (596). Tel-Aviv de­vance des villes comme New York (180), Pé­kin (150) ou en­core Pa­ris (50). Le rap­port d’As­gard af­firme qu’Is­raël se­ra un ac­teur clé mon­dial dans le do­maine de l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle dans le fu­tur et que ce pays a qua­rante fois plus de start-up par ha­bi­tant que les États-Unis dans le do­maine de l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle ! Le rap­port site éga­le­ment quatre grandes uni­ver­si­tés is­raé­liennes qui consacrent d’im­por­tants bud­gets à la re­cherche sur l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle : l’Uni­ver­si­té hé­braïque de Jé­ru­sa­lem, le Tech­nion de Haï­fa, l’Uni­ver­si­té Bar-Ilan

et l’uni­ver­si­té Ben-Gou­rion à BeerS­he­va. Comment les Is­raé­liens se sont his­sés dans le trio de tête? « De bonnes uni­ver­si­tés, des uni­tés d’élite de cy­ber­sé­cu­ri­té dans l’ar­mée et une

bonne dose de tou­pet », se­lon Da­vid Se­gev, le res­pon­sable scien­ti­fique de The­taRay, un des lea­ders de la dé­tec­tion des fraudes ban­caires à l’aide d’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle, ci­té par le site In­ter­net de RFI. « Les Is­raé­liens sont avant tout très ima­gi­na­tifs, fron­deurs. Ils osent in­ven­ter et tes­ter de nou­velles tech­no­lo­gies, sou­vent sans peur de l’échec, sans peur des concur­rents ».

Des centres de re­cherche pour Nvi­dia et Air­bus

Outre In­tel, Nvi­dia, géant amé­ri­cain dans le do­maine des cartes gra­phiques dé­diées au jeu vi­déo, a éga­le­ment an­non­cé en oc­tobre qu’il pré­voit l’ou­ver­ture pro­chaine d’un centre de re­cherche en Is­raël consa­cré à l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle. Le centre se­ra di­ri­gé par le pro­fes­seur Gal Che­chik, an­cien res­pon­sable de la di­vi­sion de l’in­tel­li­gence

ar­ti­fi­cielle de Google et du la­bo­ra­toire d’IA de Stan­ford, a fait sa­voir l’en­tre­prise dans un com­mu­ni­qué. « Is­raël est une force im­mense dans l’in­dus­trie de l’in­tel­li­gence ar­ti­fi

cielle », a dit Bill Dal­ly, di­rec­teur scien­ti­fique de Nvi­dia. L’en­tre­prise amé­ri­caine a in­ves­ti dans trois star­tup au cours des der­nières an­nées: Ze­bra Me­di­cal, créa­teur d’un lo­gi­ciel d’ima­ge­rie mé­di­cale qui uti­lise l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle, Deep Ins­tinct, qui uti­lise l’ap­pren­tis­sage pro­fond pour pré­dire les cy­ber­me­naces, et Ro­cke­tick, une en­tre­prise de si­mu­la­tion et d’es­sais de puces qui a été ache­tée par Ca­dence en 2016, in­dique le site The Times of Is­rael. Air­bus a aus­si an­non­cé son in­ten­tion d’ou­vrir un centre de re­cherche en Is­raël. Ce centre ne se­ra pas consa­cré di­rec­te­ment à l’aé­ro­nau­tique, mais à des re­cherches sur la cy­ber­né­tique et l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle. Cette an­nonce a été faite à Pa­ris par Fran­çois Auque, qui pré­side Air­bus Ven­tures, le co­mi­té des in­ves­tis­se­ments du fonds de ca­pi­tal­risque do­té de 150 mil­lions d’eu­ros par Air­bus.

Forte im­pli­ca­tion dans l'au­to­mo­bile et le fer­ro­viaire

Autre ap­pli­ca­tion de pré­di­lec­tion des en­tre­prises is­raé­liennes, qui uti­lise aus­si beau­coup l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle : l’au­to­mo­bile. Ain­si, Re­nault a ou­vert un « Open In­no­va

tion Lab » à Tel-Aviv dans le but de pro­mou­voir le vé­hi­cule élec­trique et de fa­vo­ri­ser plus gé­né­ra­le­ment les tech­no­lo­gies pour la mo­bi­li­té de de­main, in­cluant les pro­blé­ma­tiques liées à la sé­cu­ri­té. Le pre­mier vé­hi­cule au­to­nome du Tech­nion, qui est à un stade avan­cé d’ex­pé­ri­men­ta­tion sur les routes du nord d’Is­raël, a été pré­sen­té le 18 oc­tobre à la confé­rence sur l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle de Nvi­dia qui s’est te­nue au centre de conven­tions de Tel Aviv. Les étu­diants l’ont con­çu et fa­bri­qué dans le cadre du cours « Concep­tion de nou­veaux pro

duits » or­ga­ni­sé à la Fa­cul­té de gé­nie mé­ca­nique. Se­lon Ma­tan Weks­ler du pro­gramme de sys­tèmes autonomes du Tech­nion, le sys­tème au­to­nome a été construit sur un vé­hi­cule de For­mule 1 qui a concou­ru en Eu­rope en 2016. Les trois étu­diants – Tom Hir­sh­berg, Amir Bi­ran et Din Za­dok – ont mis au point un al­go­rithme en deep lear­ning per­met­tant au vé­hi­cule au­to­nome d’amé­lio­rer pro­gres­si­ve­ment la conduite. Ce­ci est fait en pré­di­sant l’angle de bra­quage du vé­hi­cule. Le lien entre l’al­go­rithme et l’en­vi­ron­ne­ment réel est ef­fec­tué par les ca­mé­ras installées sur le vé­hi­cule et l’or­di­na­teur Drive-PX2 of­fert par Nvi­dia. Le si­mu­la­teur tient compte de toutes les consi­dé­ra­tions per­ti­nentes - la mé­téo, la route, la vi­tesse, etc. Et per­met à la voi­ture d’ac­qué­rir une connais­sance réelle des fac­teurs qui l’en­tourent. Dans le do­maine du fer­ro­viaire, no­tons le par­te­na­riat de la SNCF avec Smart Tran­spor­ta­tion, ac­cé­lé­ra­teur is­raé­lien lan­cé sous l’égide de l’uni­ver­si­té de Tel-Aviv, de l’ini­tia­tive gou­ver­ne­men­tale « Fuel

Choices » et de la com­mu­nau­té lo­cale des trans­ports in­tel­li­gents, EcoMo­tion. « C’est une vé­ri­table op­por­tu­ni­té d’ac­cès aux start-up et aux tech­no­lo­gies is­raé­liennes les plus pro­met­teuses », ex­plique aux Échos Ma­thias Em­me­rich, le di­rec­teur gé­né­ral dé­lé­gué per­for­mance SNCF mo­bi­li­tés. Al­stom est éga­le­ment très im­pli­qué en Is­raël. Après avoir été l’un des prin­ci­paux contri­bu­teurs à la mise en ser­vice d’une ligne de tram­way à Jé­ru­sa­lem, il a été par­tie pre­nante dans la ligne fer­ro­viaire du train ra­pide qui re­lie par­tiel­le­ment TelA­viv à Jé­ru­sa­lem de­puis fin sep­tembre. Cette nou­velle ligne passe par l’aé­ro­port in­ter­na­tio­nal Ben Gou­rion, près de Tel-Aviv. La nou­velle ligne fer­ro­viaire n’est pas en­core opé­ra­tion­nelle dans sa to­ta­li­té mais, à terme, Jé­ru­sa­lem et Tel-Aviv de­vraient être à une de­mi­heure l’une de l’autre, avec des trains cir­cu­lant à 160km/heure. Une au­baine pour les nom­breux Is­raé­liens qui par­courent ré­gu­liè­re­ment les 70km sé­pa­rant ces deux villes, où se concentre l’es­sen­tiel de l’ac­ti­vi­té éco­no­mique et po­li­tique du pays. Jé­ru­sa­lem et Tel-Aviv n’étaient jus­qu’alors des­ser­vies que par une ligne si­nueuse qui sui­vait le tra­cé de l’an­cienne ligne du man­dat bri­tan­nique et il fal­lait comp­ter au moins une heure et de­mie pour faire le tra­jet par rail. Quant au tra­jet en voi­ture, il né­ces­site au moins une heure de temps de trans­port. À condi­tion qu’il n’y ait pas de bou­chons, ce qui est tou­jours le cas en heures de pointe. Le chan­tier était sous maî­trise is­raé­lienne en par­te­na­riat avec des en­tre­prises chi­noises, ita­liennes et russes. Les groupes ca­na­dien Bom­bar­dier, es­pa­gnol Se­mi et fran­çais Al­stom ont éga­le­ment pris part au pro­jet. La nou­velle ligne, dont le chan­tier est chif­fré à 6,5 mil­liards de she­kels (1,5 mil­liard d’eu­ros), est pré­sen­tée par ses pro­mo­teurs comme une prouesse d’in­gé­nie­rie. Cou­pant en plein dans le re­lief se­mi-mon­ta­gneux qui en­toure Jé­ru­sa­lem, elle com­pren­dra à terme 40 ki­lo­mètres de tun­nels et huit ponts.

Tel- Aviv fi­gure par­mi les toutes pre­mières villes mon­diales par le nombre de start- up. Se­lon la so­cié­té As­gard, ba­sée à Ber­lin et spé­cia­li­sée dans l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle, la pre­mière ville cô­tière d’Is­raël ar­rive en 3e place mon­diale avec la pré­sence de 189 start- up dans ce do­maine, pré­cé­dée par Londres ( 211) et San Fran­cis­co ( 596). Tel- Aviv de­vance des villes comme New York ( 180), Pé­kin ( 150) ou en­core Pa­ris ( 50).

≥ Après avoir été l’un des prin­ci­paux contri­bu­teurs à la mise en ser­vice d’une ligne de tram­way à Jé­ru­sa­lem, Al­stom a été par­tie pre­nante dans la ligne fer­ro­viaire du train ra­pide qui re­lie par­tiel­le­ment Tel- Aviv à Jé­ru­sa­lem de­puis fin sep­tembre.

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