Esprit Yoga

MÉ­DI­TA­TION POUR TOUS

Voi­ci une mé­di­ta­tion qui nous aide à res­sen­tir nos mou­ve­ments in­té­rieurs pour prendre le temps de se re­lier à la vie et d'avan­cer avec plus de vi­si­bi­li­té.

- PAR JEANNE SIAUD-FACCHIN & ALAIN FACCHIN

S'ar­rê­ter pour mieux re­par­tir

ÊTRE EN che­min. Se sen­tir sur sa route. Par­fois le stress nous sub­merge et em­brume nos pas. Par où pas­ser ? Où al­ler ? Se sen­tir per­du est une sen­sa­tion que nous tra­ver­sons tous, ponc­tuel­le­ment, plus du­ra­ble­ment. Mieux iden­ti­fier la di­rec­tion à prendre, c'est en nous que nous pou­vons trou­ver le che­min, le res­sen­tir plu­tôt. Ce sont nos émo­tions qui ba­lisent nos pas. Comme les pan­neaux de si­gna­li­sa­tion rou­tière : im­passe, sens in­ter­dit, sens unique… Alors, si nous nous ar­rê­tions un ins­tant. S'ar­rê­ter pour sa­voir où al­ler ? Ce­la peut sem­bler contra­dic­toire, mais c'est es­sen­tiel sur notre che­min de vie : je res­pire un ins­tant, en conscience, je suis en train de pen­ser, d'agir, d'en­tre­prendre, qu'est-ce que je res­sens au creux de moi ? Quelle émo­tion se dé­ploie ? La mé­di­ta­tion per­met de ra­len­tir pour être à l'écoute de ce que nous éprou­vons et vivre de fa­çon plus ajus­tée.

Pour cette mé­di­ta­tion de marche lente en pleine conscience, je choi­sis un en­droit calme. À l'in­té­rieur, je re­tire mes chaus­sures et dé­li­mite un es­pace de quelques mètres où je peux cir­cu­ler sans en­combres. Je reste quelques ins­tants de­bout, en po­si­tion im­mo­bile. Je prends conscience de ma pos­ture, de ma ver­ti­ca­li­té et de la pré­sence de ma res­pi­ra­tion. Je res­sens les sen­sa­tions pré­sentes dans mes pieds, dans les plantes de mes pieds en contact avec le sol. Puis je marche le plus len­te­ment possible, mon re­gard est di­ri­gé à un ou deux mètres de­vant moi. Je res­pire nor­ma­le­ment. Un pas puis un autre pas, len­te­ment, tran­quille­ment. Je suis at­ten­tif à ce qui m'ha­bite, sen­sa­tions cor­po­relles, émo­tions ou pen­sées. Si je suis trop dés­équi­li­bré, je peux croi­ser les mains der­rière le dos.

Je fais ain­si une dou­zaine de pas puis je m'ar­rête et ex­pire bruyam­ment, comme si je dé­po­sais des va­lises. Je fais de­mi-tour et lors d'une ins­pi­ra­tion, je re­com­mence à mar­cher dou­ce­ment et à res­pi­rer nor­ma­le­ment. Juste re­lié au mo­ment pré­sent. Et, pro­gres­si­ve­ment, je prends conscience des sons qui par­viennent à mes oreilles, des odeurs qui m'en­tourent, mon re­gard se lève, et je laisse ma conscience s'ou­vrir à tous mes sens pour ac­cueillir ce qui s'offre à moi, ce qui est là.

Une quin­zaine de pas, je m'ar­rête et re­com­mence. Un pas après l'autre, je reste cu­rieux de l'ex­pé­rience qui est la mienne. Lorsque je marche en pleine conscience, je ne vais nulle part, je suis to­ta­le­ment dans mon corps, dans l'ici et main­te­nant, pas après pas, mo­ment après mo­ment. Mon corps est là, je le sens, ma res­pi­ra­tion est pré­sente, je la res­sens, mon corps bouge, se dé­place, res­pire, je suis en vie.

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