France Football

Paris doit (quand même) éliminer Barcelone

- Par Patrick Sowden 

PARCE QUE LE BARÇA N’A JAMAIS

ÉTÉ AUSSI PRENABLE

C’est la raison première. Bien sûr, on a connu le PSG avec davantage de certitudes dans son jeu, mais que dire du Barça ! Les deux clubs, comme beaucoup d’autres, subissent les conséquenc­es (fatigue, blessures) du rythme infernal imposé par la pandémie. Certes, mais, à cette situation, Barcelone ajoute des faiblesses qui n’ont cessé de s’accentuer ces dernières saisons sans que les entraîneur­s qui se sont succédé à une fréquence inhabituel­le – preuve de ses difficulté­s – ne trouvent de solutions. Le Barça n’a pas su se réinventer. Xavi et Iniesta ont arrêté, Busquets est en préretrait­e, Suarez et Neymar ne sont plus là, mais le Barça a continué de faire comme si et offre souvent une caricature de ce qu’il fut. La possession reste un réflexe mais elle est trop souvent inoffensiv­e, faute d’impact et de finisseurs de talent. Le Barça ne fait plus peur parce qu’il ne fait plus mal. Bien sûr, le génie de Messi, 34 printemps en juin, est intact même s’il prend un an de plus chaque saison. Mais ses états d’âme montrent sa lassitude à vivre dans la nostalgie. Griezmann, même s’il affiche du mieux depuis quelques semaines, notamment dans sa relation avec le sextuple Ballon d’or, est loin d’être redevenu le Grizou des Bleus et de l’atletico dans une équipe où il peine à s’intégrer. Avec Ousmane Dembélé qui confirme son talent quand il n’est pas blessé, le trio offensif demeure cependant le point fort des Blaugrana. Car, pour le reste... De Jong montre moins de timidité qu’au début, mais ne confirme pas les espoirs placés en lui, Pedri est prometteur, mais tire la langue à force d’être aligné.

Le milieu catalan est un premier rideau trop vite transpercé lorsqu’il est sous pression et, comme la défense ne digère pas l’absence de Piqué, le Barça se retrouve facilement en grande difficulté.

PARCE QUE PARIS DOIT CONFIRMER SA PROGRESSIO­N Ce n’est pas le tout de rêver plus grand, à un moment il faut ouvrir les yeux. La confrontat­ion face au Barça ne doit pas être juste la revanche de la remontada de 2017 mais le signe que Paris joue enfin d’égal à égal avec les historique­s de l’europe. Oui, il a atteint la finale la saison dernière mais les mauvaises langues ne retiennent que la notoriété des clubs qu’il a écartés : Dortmund, Atalanta et Leipzig. Et son échec face au Bayern après ceux, les années précédente­s, face au Real, Manchester United ou le Barça, des clubs qui écrivent l’histoire de la Ligue des champions. Ne pas aller plus loin que les huitièmes ferait redescendr­e le PSG de quelques marches. Ce serait d’autant plus dommageabl­e que Paris a démontré qu’il pouvait être à la hauteur dans ces duels avant de gâcher, parfois inexplicab­lement. Quand on parvient à poser une fesse et demie sur la banquette à la table des grands, il ne faut pas se relever aussi sec dès que celui que vous aviez commencé à écarter en jouant des coudes vous fait les gros yeux.

PARCE QUE MBAPPÉ A RETROUVÉ DES JAMBES

« La vérité, c’est que depuis trois ans et demi, en raison de nos blessures respective­s, on n’a pas si souvent joué que ça ensemble en étant l’un et l’autre au top. » En déclarant cela il y a quinze jours à FF à propos de son associatio­n avec Neymar, Mbappé a joué malgré lui les oiseaux de mauvais augure. Le Brésilien et Di Maria absents, il lui appartient maintenant d’assumer un statut qui a eu tendance à s’effriter ces derniers mois. Certes, il a battu tous les records de précocité depuis le titre mondial de 2018 mais il est désormais à un âge (22 ans) où il doit montrer qu’il est un leader. De quels matches de Ligue des champions se souvient-on quand évoque le prodige ?

Ceux avec Monaco. Depuis, on reste un peu sur notre faim en cherchant un match couperet où il aurait été déterminan­t avec le PSG. On attend l’étincelle dans un tel rendez-vous où sa vitesse retrouvée, comme il l’a démontré à Marseille, doit faire mal à un Barça qui peine à contrôler la profondeur. Sa saison dernière a été frustrante avec un Final 8 disputé sur une jambe, tout comme la campagne actuelle où il a trop souvent cherché à débloquer son compteur buts, à l’arrêt toute l’année 2020 en C1, jusqu’à son doublé face à Basaksehir en décembre après neuf matches sans marquer. Neymar, Di Maria, même Marquinhos ont eu leur instant de gloire dans les grands matches.

À Mbappé de les rejoindre en étant décisif.

 ??  ?? Atout. Avec les forfaits d’angel Di Maria et de Neymar, Kylian Mbappé sera la principale arme offensive du PSG contre le Barça.
Atout. Avec les forfaits d’angel Di Maria et de Neymar, Kylian Mbappé sera la principale arme offensive du PSG contre le Barça.
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