GLAMMAGAZINE dans l’ère du

Glamour (France) - - Glam Magazine -

’ou­ver­ture d’une bou­tique Lu­lu­le­mon à Pa­ris, est un signe qui ne trompe pas. Preuve qu’entre les Fran­çais et le yo­ga, c’est du sé­rieux. La griffe, connue pour ses leg­gings à plus de 100 eu­ros, ne consent à ou­vrir un ma­ga­sin que lors­qu’une large com­mu­nau­té yo­gi est en place. « Au­jourd’hui avec quatre mil­lions de pra­ti­quants, le mar­ché est en­fin ma­ture », af­firme Jo­han­na Ji­me­nez, com­mu­ni­ty con­nec­tor. Autre in­dice ré­vé­la­teur, la pa­ru­tion de­puis mars der­nier de l’adap­ta­tion fran­çaise du Yo­ga Jour­nal, consi­dé­ré aux Etats-unis comme le Vogue des yo­gis. Sans comp­ter les stu­dios qui poussent comme des cham­pi­gnons. « Rien qu’à Pa­ris on en re­cense trois fois plus qu’en 2011 », es­time Mar­tine Tré­laün de Yo­ga­teau. com, un blog qui ré­per­to­rie les éta­blis­se­ments de la ca­pi­tale. Le plus chic d’entre eux, le Tigre Yo­ga Club, qui réunit la crème des pro­fes­seurs, vient même d’inau­gu­rer un deuxième es­pace de 600 m2, moins de deux ans après l’ou­ver­ture du pre­mier. La de­mande est telle que pour cer­tains cours, comme le Yin d’anne-gaëlle Guillot ou le Vi­nya­sa de Mi­ka de Bri­to, mieux vaut ré­ser­ver deux se­maines à l’avance ! « Il y a 15 ans, le yo­ga en France était en­core per­çu comme une ac­ti­vi­té sec­taire pra­ti­quée en robe orange, ex­plique Renaud Cel­lier, di­rec­teur du Jour­nal du Yo­ga et or­ga­ni­sa­teur du Yo­ga Fes­ti­val Pa­ris. Au­jourd’hui, on l’as­si­mile à une ac­ti­vi­té bonne pour la san­té. » En de­ve­nant mains­tream, la dis­ci­pline réus­sit même à sé­duire les adeptes du fit­ness. « Les yo­gis purs et durs dé­testent qu’on le dise, mais les cha­tu­ran­gas par exemple – des planches les bras pliés – sculptent les bras et to­ni­fient les ab­dos à mer­veille. Au­jourd’hui, beau­coup de per­sonnes se mettent au yo­ga sim­ple­ment pour af­fi­ner leur sil­houette », constate Mar­tine Tré­laün.

YO­GA

ou fit­ness ?

Si le ber­ceau du yo­ga est en Inde, le yo­ga mo­derne, avec sa dose de car­dio et son ap­proche plus show off vient in­con­tes­ta­ble­ment des Etats-unis qui comptent 21 mil­lions de pra­ti­quants. « A Los An­geles où le yo­ga est éle­vé au rang d’art de vivre, et où il y a des stu­dios à chaque coin de rue, le man­tra c’est « six days a week », s’en­thou­siasme Aria Cres­cen­do, chan­teuse et prof de yo­ga qui par­tage sa vie entre Pa­ris et la Ca­li­for­nie et ses deux comptes Ins­ta­gram @Aria_of­fi­cial et @heal­thy­war­riors­pa­ris. « Si tu ne te lèves pas à 6 h du ma­tin pour pra­ti­quer, c’est que tu n’es pas dans le coup », pour­suit la coach qui compte Ja­red Le­to, Ash­ton Kut­cher ou en­core Karlie Kloss par­mi ses élèves. A New York, dans le sillage de la cha­ris­ma­tique Ta­ra Stiles et de sa mé­thode Stra­la, c’est un yo­ga dé­com­plexé, sou­vent net­toyé de ses as­pects spi­ri­tuels qui fait rage. « Le yo­ga tra­di­tion­nel, c’est dé­pas­sé ! »,

celle des ar­tistes ou des spor­tifs de­puis 2010. Dans son écu­rie, une qua­ran­taine d’ins­truc­teurs émé­rites à l’ins­tar d’une Sa­die Nar­di­ni ou d’un Pa­trick Beach. « Au­jourd’hui, même le plus grand influenceur yo­ga gagne pea­nuts com­pa­ré à un ac­teur de qua­trième zone d’hol­ly­wood. Il y a 650 000 en­sei­gnants de yo­ga dans le pays : un prof qui se dé­brouille bien peut es­pé­rer entre 35 et 40 000 dol­lars par an, les nôtres gagnent en moyenne 100 à 150 000 dol­lars par an. » Pour cette yo­gi en­tre­pre­neuse, ce qui se passe au­jourd’hui dans le monde du yo­ga s’ap­pa­rente à la ré­vo­lu­tion food il y a quelques an­nées. Pour elle, nul doute, les grands noms du bien- être se­ront bien­tôt aus­si connus que les chefs stars. De là à pou­voir bien­tôt s’of­frir des cou­ver­tures es­tam­pillées du nom d’un cé­lèbre yo­gi comme on achète des poêles et des cas­se­roles Ja­mie Oli­ver… « Le po­ten­tiel est énorme : il y a deux ans, seuls deux pro­fes­seurs ga­gnaient 500 000 dol­lars par an, au­jourd’hui je di­rais qu’il y a en a 25… »

RAVES,

om et DJ.

Re­traites loin­taines ou ur­baines, brunchs ou bals, la po­pu­la­ri­té du yo­ga se tra­duit éga­le­ment par une mul­ti­tude d’évé­ne­ments. Par­mi les plus spec­ta­cu­laires, les ras­sem­ble­ments XXL à l’ins­tar de la der­nière es­cale de la White Tour de la marque Lolë qui a réuni près de 10 000 yo­gis sur la pe­louse de Cen­tral Park en sep­tembre der­nier. L’ob­jec­tif : « Faire vivre dans des lieux gran­dioses, comme le Grand Pa­lais ou le MOMA, des ex­pé­riences po­si­tives char­gées en émo­tions », ex­plique son P. D- G, Ber­nard Ma­riette. Ou­vrir ses cha­kras et se re­char­ger en bonnes ondes à tra­vers l’éner­gie de la foule est aus­si la rai­son d’être des Yo­ga Raves qui car­tonnent de Londres à Stock­holm en pas­sant par Bue­nos Aires. Sans al­cool ni drogue, ces fêtes avec DJS réunissent des cen­taines de yo­gis qui se dé­chaînent sur la piste une fois les sa­lu­ta­tions ter­mi­nées et les ta­pis enroulés. Quant au nec plus ul­tra en ma­tière de ras­sem­ble­ment yo­gi cool, c’est tou­jours le Wanderlust, un fes­ti­val yo­ga et mu­sique qui a vu le jour dans le dé­cor spec­ta­cu­laire de la Squaw Val­ley (Ca­li­for­nie) en 2009. Aus­si cou­rue (et aus­si chère) que Coa­chel­la ou Bur­ning Man, cette cé­lé­bra­tion de quatre jours per­met tour à tour d’as­sis­ter à un cours de SUP yo­ga (sur une planche de surf) avec Ra­chel Bra­then, de par­ti­ci­per à une séance plus mé­di­ta­tive avec Ele­na Bro­wer, d’écou­ter un live de Mo­by, une confé­rence de Dee­pak Cho­pra et de faire un peu de ran­don­née ou d’es­ca­lade avant de se res­tau­rer avec une nour­ri­ture lo­cale et bio pré­pa­rée par les meilleurs chefs. Une sorte d’apo­gée de l’art de vivre, ver­sion pleine conscience, loin de la grotte du yo­gi. n

La plus souple @Ki­noyo­ga

853 K Ré­pu­tée aus­si bien pour ses te­nues ri­qui­qui que pour ses pos­tures de contor­sion­niste, Ki­no Macgregor est une poin­ture mon­diale en yo­ga ash­tan­ga avec six DVD et trois livres à son ac­tif.

La plus gyp­set @ ta­lia_ su­tra

172 K Cri­nière blonde au vent, cette globe-trot­teuse a dé­bu­té le yo­ga à 6 ans. La spé­cia­li­té de Ta­lia

Grace Pe­retz : des cli­chés ul­tra-lé­chés dans des dé­cors ur­bains, fa­çon sé­rie de mode.

La plus ronde @big­ga­lyo­ga

88 K Acroyo­ga, pos­tures sur

la tête… rien ne fait peur à Va­le­rie Sa­gun qui dé­montre à tra­vers son compte que le yo­ga s’adresse à tout le monde. Son pro­chain

dé­fi, de­ve­nir prof.

La plus beach babe @yo­ga_ girl

1,60 M Ba­sée sur l’île d’aru­ba, dans les Ca­raïbes, où elle anime des re­traites, Ra­chel Bra­then ex­celle tant dans

la pose que sur les ré­seaux. Même son chien @rin­go_­the­grin­go a plus

de 89 K d’abon­nés !

Le plus sexy @pa­trick­beach

265 K Barbe de hips­ter et tat­toos bien pla­cés, ce beau gosse qui af­fole la pla­nète yo­ga vient de

lan­cer une ligne de mens­wear. Une pho­to de lui à la plage, c’est plus de 4 000 likes illi­co.

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