Les Su­premes, la bande-son d’une époque re­belle

Glamour (France) - - La Une -

L’his­toire des Su­premes, trois amies ori­gi­naires de De­troit, est liée à celle du cé­lèbre la­bel Mo­town sur le­quel elles signent en 1961. Leur car­rière dé­bute alors que le Mou­ve­ment des droits ci­viques tente de mettre un terme à la sé­gré­ga­tion ra­ciale à tra­vers les États-unis. Juste après la si­gna­ture d’une loi dé­cla­rant illé­gale la dis­cri­mi­na­tion ba­sée sur la cou­leur de peau, leur titre « Where Did Our Love Go » (1964) de­vient le pre­mier d’une longue sé­rie à at­teindre la pre­mière place des hits. Par le simple pou­voir de sa mu­sique soul, le trio a ou­vert la voie de la dif­fu­sion ra­dio et des charts à d’autres ar­tistes noirs. Ma­ry Wil­son, l’une des Su­premes, ra­conte au ma­ga­zine The In­de­pendent « Il y avait beau­coup d’ar­tistes noirs avant nous. Mais nous sommes ar­ri­vées au mo­ment où le monde com­men­çait à ou­vrir son es­prit. » « Ba­by Love », « Stop! In The Name Of Love » ou « You Keep Me Han­gin’ On » font par­tie des tubes qui leur per­mettent de ri­va­li­ser avec les Beatles, ces quatre gar­çons dans le vent ve­nus d’an­gle­terre. Fort de son suc­cès, le trio ne s’ar­rête pas là : en 1968, alors que la pi­lule contra­cep­tive est en­core su­jette à po­lé­miques, les Su­premes sortent « Love Child », une chan­son en­ga­gée, loin de leurs stan­dards ha­bi­tuels. Le groupe y ra­conte l’his­toire d’une jeune femme née hors ma­riage, qui re­fuse de re­pro­duire ce sché­ma alors que son pe­tit ami ne cesse de vou­loir cou­cher avec elle. La chan­son de­vient leur on­zième titre à at­teindre le som­met des charts. Preuve que leur mu­sique con­tes­ta­taire était en phase avec leur époque.

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