LA VÉ­RI­TÉ DU TER­RAIN VAUT TOUS LES DIS­COURS TECH­NIQUES

Golf Magazine - - PORTRAIT -

Par­fois, à l’heure des grandes ré­vi­sions, comme ce­la a été le cas ré­cem­ment avec Adrien Sad­dier et Ro­main Lan­gasque, il faut al­lier per­sua­sion et psy­cho­lo­gie. « Je lui ai fait en­tiè­re­ment confiance après deux pre­miers mois dif­fi­ciles», dit Adrien. «Au dé­but, c’était com­pli­qué, mais c’est pas­sé», ré­sume Ro­main pour qui un mot a agi comme un dé­clic à Car­nous­tie, lors du Bri­tish Ama­teur. « J’ai pris l’avion le ma­tin pour le re­joindre en Écosse et j’ai vu qu’uti­li­ser le mot ‘‘en­semble’’ lui par­lait », ra­conte Be­noît Du­cou­lom­bier. « ‘‘En­semble’’, c’était lié à mon rythme et, ce jour-là, j’ai réus­si à mettre toutes les pièces ‘‘en­semble’’ », confirme le joueur de Bor­deaux-lac. En l’ob­ser­vant, il n’avait pas échap­pé non plus à l’en­traî­neur qu’en cer­tains points, le jeu de l’écos­sais Grant For­rest, l’ad­ver­saire de Ro­main en fi­nale, «pou­vait lâ­cher sous la pres­sion» . «Pour un en­traî­neur, il faut tou­jours iden­ti­fier les phases de jeu où le joueur que l’on en­traîne peut fai­blir sous l’ef­fet du stress et tra­vailler là-des­sus », ex­plique Be­noît Du­cou­lom­bier à la culture de la gagne bien af­fir­mée. «Parce que c’est bien la vic­toire que l’on veut, non? », in­ter­roge le «druide» sans qu’il sache vrai­ment d’où vient ce sur­nom même s’il émet l’hy­po­thèse, en s’amu­sant, de pos­sé­der peut-être «la po­tion ma­gique» du suc­cès. À l’al­stom Open de France, la li­queur di­vine a, hé­las, man­qué. Vic­tor Du­buis­son, en course pour le titre à l’is­sue des trois pre­mières jour­nées, n’a pas réus­si à ter­mi­ner sur une note suf­fi­sam­ment éle­vée et a fi­na­le­ment glis­sé à la 12e place. Julien Quesne, après une en­tame com­pli­quée, est re­mon­té au 27e rang. Adrien Sad­dier, 69e, a dif­fi­ci­le­ment en­chaî­né après son jo­li 70 du pre­mier jour. Re­mettre l’ou­vrage sur le mé­tier est le sa­cer­doce de tout gol­feur comme de tout en­traî­neur avec par­fois des pé­riodes arides ou bé­nies comme en juin 2004, lorsque Be­noît Du­cou­lom­bier avait «rem­por­té» les deux Open de France coup sur coup : le fé­mi­nin à Ar­ras aux cô­tés de Sté­pha­nie Ar­ri­cau et, deux se­maines plus tard, le mas­cu­lin au Golf Na­tio­nal avec JeanF­ran­çois Re­mé­sy. « Il sent ve­nir la vic­toire » , per­çoit Sté­pha­nie Ar­ri­cau. Au­jourd’hui, le rêve du coach, qui a no­tam­ment em­me­né Gré­go­ry Ha­vret à la deuxième place de L’US Open en 2010, se­rait «un ma­jeur na­tu­rel­le­ment» , pour l’un de ses joueurs, mais aus­si pour lui-même, comme le cou­ron­ne­ment d’une pas­sion pour ce sport née au golf de Bri­gode, dans la ban­lieue de Lille, et à la­quelle il consent quelque 150 nuits d’hô­tel par an – «beau­coup trop» , souffle-t-il–, au gré no­tam­ment de la grosse ving­taine de tour­nois où il est pré­sent en fonc­tion des de­mandes des uns et des autres. Is­su d’une fa­mille d’in­dus­triels du tex­tile, Be­noît Du­cou­lom­bier a com­men­cé le golf trop tard, à 17 ans, pour se rê­ver en cham­pion, mais ce sport, ren­con­tré par ha­sard, l’a sor­ti de l’en­nui dans le­quel le plon­geait l’école. «J’avais des pa­rents qui jouaient au golf et qui avaient beau­coup voya­gé, en Aus­tra­lie et en Nou­velle-zélande, et pour qui le golf n’était donc pas une bi­zar­re­rie parce qu’ils étaient glo­ba­le­ment ou­verts d’es­prit, ra­conte-t-il. Alors, ils m’ont lais­sé faire comme ils ont lais­sé mon frère de­ve­nir un ma­rin au long cours.»

Sur le par­cours, lors d’une par­tie de re­con­nais­sance.

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