Deux jours en France

Deux ré­gions, deux dé­par­te­ments, mais seule­ment une de­mi-heure de route sé­pare les golfs de La­val-la Mayenne et des Ro­chers-sé­vi­gné, près de Vi­tré. Deux par­cours en pleine cam­pagne, évo­luant au gré des val­lons, à dé­cou­vrir et ar­pen­ter sans mo­dé­ra­tion.

Golf Magazine - - SOMMAIRE - DE NOTRE EN­VOYÉ SPÉ­CIAL EN MAYENNE ET ILLE-ET-VI­LAINE, CLAUDE GRANVEAUD (TEXTE ET PHO­TOS).

Par­tez entre la Mayenne et l’ille-et-vi­laine à la dé­cou­verte de deux golfs: La­val et Ro­chers-sé­vi­gné.

Un seul golf en Mayenne, dé­par­te­ment li­gé­rien axé sur l’éle­vage bo­vin (Châ­teau-gon­tier ac­cueille le pre­mier mar­ché eu­ro­péen de veaux) et riche d’un pa­tri­moine mé­dié­val im­por­tant, c’est peu, mais La­val fait le plein. Tout comme le golf des Ro­chers, en Ille-etVi­laine bre­tonne, un par­cours des­si­né dans le cadre his­to­rique du châ­teau de Ma­dame de Sé­vi­gné, aux portes de Vi­tré. Un ca­chet hors du com­mun, même si les tou­relles se dé­voilent peu en jouant. La proxi­mi­té entre ces deux clubs fait fi des contrainte­s géo­gra­phiques, of­frant des idées de sé­jours aus­si spor­tifs que cultu­rels et gas­tro­no­miques. Un pre­mier par­cours a vu le jour à La­val en 1972, mais c’est vingt ans plus tard que le golf a vé­ri­ta­ble­ment pris son es­sor en Mayenne, lorsque Jean-pas­cal Fou­rès a des­si­né le La­val Golf La Mayenne, un par­cours qui épouse les re­liefs des bords de la ri­vière au nord de la ville. C’est le seul du dé­par­te­ment, des que­relles de clo­chers ayant eu rai­son d’un se­cond pro­jet près de Châ­teauGon­tier, il y a quelques an­nées. La­val vit bien, même si son men­tor, le pro ta­hi­tien Exalt Ho­pu, nous a quit­tés ré­cem­ment. Le pas­sage de la ligne à grande vi­tesse entre Pa­ris et Rennes a obli­gé à re­pen­ser quelques trous, une mis­sion confiée en 2011 à Yves Bu­reau, qui a re­des­si­né les trous 13, 14 et 15 de la Cha­bos­sière, tout en créant le Ja­riel, un com­pact mo­du­lable en pitch-and-putt. Plu­tôt phy­sique, le tra­cé prin­ci­pal voit se suc­cé­der trous clas­siques, d’une lec­ture fa­cile, et pas­sages plus com­pli­qués, où les coups en pente et en dé­vers s’en­chaînent à un rythme sou­te­nu. Du 5 au 7, il y a de quoi perdre son souffle comme ses es­poirs, tan­dis que les grim­pettes et les vi­rages ap­portent la « 3D » au jeu ! Sur le 7, les plus in­tré­pides cherchent le green au drive, les autres – les plus nom­breux – se contentent de vi­ser la mire et d’évi­ter les quatre bun­kers fort ac­cueillants de­vant le green. À l’at­taque du re­tour, re­be­lote, le re­lief

Plu­tôt phy­sique, le par­cours de la Cha­bos­sière est une suc­ces­sion de trous clas­siques et de pas­sages plus com­pli­qués

force à la pru­dence face au to­bog­gan du 10 ou à la mise en jeu étroite du 12. Un trou en des­cente et en do­gleg qui mé­ri­te­rait d’être re­pen­sé… Tan­dis que l’ou­vrage d’art fer­ro­viaire pointe, ma­jes­tueux, der­rière le green du 14 bor­dé par une pièce d’eau re­liée à la Mayenne, la der­nière as­cen­sion se pré­cise au dé­part du 15, un par 5 sans fin. Il faut s’ar­mer de pa­tience pour sau­ver la mise (s’il en est en­core temps !). Les deux pièces bor­dant le green du 18 sont un der­nier obs­tacle avant la ter­rasse face au dé­part du 10… et un ré­pit bien mé­ri­té. En re­joi­gnant la Bre­tagne vers Rennes, l’étape de Vi­tré est obli­ga­toire. Pas ques­tion de faire l’im­passe sur le châ­teau des Ro­chers, un site en­chan­teur et un cadre his­to­rique – un ma­noir go­thique du XV e siècle dans le­quel vé­cut la mar­quise de Sé­vi­gné. De­puis 1990, le golf des Ro­chers-sé­vi­gné a trou­vé place dans le parc de ce do­maine pour le plus grand bon­heur des joueurs. Le club-house, ins­tal­lé dans les an­ciennes écu­ries, offre un ca­chet nos­tal­gique avec ses pa­vés d’époque et les man­geoires équines dans les ves­tiaires. En pre­nant la route vers le tee du 1, on com­prend vite que le coin est val­lon­né. Un bo­cage se­mé de bos­quets, dé­vers, mon­tées, des­centes… Le des­sin de Jean-claude Var­ro – re­pris de­puis par Pa­trick Le Fur, le di­rec­teur de­puis plus de vingt ans, pour l’adou­cir et l’adap­ter – n’en­gendre pas la mo­no­to­nie. Sans ou­blier la Valière, une pe­tite ri­vière si­nueuse par­se­mée de cinq étangs en­trant en jeu sur le par­cours. Chaque trou porte un nom en ré­fé­rence à la cor­res­pon­dance épis­to­laire, re­la­tant la vie de pro­vince au siècle de Louis XIV, écrite par Ma­rie de Sé­vi­gné, es­sen­tiel­le­ment à sa fille Fran­çoise, ins­tal­lée à Gri­gnan, dans la Drôme. Au vu des trous et de leurs noms, on peut ima­gi­ner les pen­sées de la maî­tresse des lieux. Une poé­sie po­sée sur la carte de scores, la ren­contre de deux mondes avec tant de choses en com­mun, à com­men­cer par l’amour de la na­ture : « L’al­lée des lau­riers », un par 4 bucolique bor­dant la ri­vière vers un green tor­tu­ré ; « La Valière », un court par 3 tra­ver­sé par la ri­vière ; « L’hu­meur de ma fille », un trou tac­tique et com­pli­qué… Et que dire de « L’al­lée des ivrognes » jouée sur le 17, un par 4 en do­gleg gauche cou­pé par la Valière avec un green en hau­teur. De re­tour vers le châ­teau, le der­nier trou « Place Ma­dame » est un par 3 en mon­tée, au green per­ché et bien pro­té­gé par deux bun­kers, tan­dis que le dra­peau on­dule de­vant les tou­relles aux toits ar­doi­sés et la cha­pelle sur­mon­tée d’une croix de fer for­gé. Après ce fi­nish unique en son genre, les joueurs peuvent re­joindre la Table d’os­car, le res­tau­rant du golf. His­toire, cette fois, de goû­ter à d’autres plai­sirs.

Le club-house de La­val s’in­tègre bien dans le dé­cor.

De jo­lis val­lons à l’ap­proche du trou n° 16 de La­val, un so­lide par 3 au green étroit.

Un bo­cage val­lon­né, se­mé de bos­quets, dé­vers, mon­tées et des­centes…

Au dé­part du trou n° 6 des Ro­chers, mieux vaut être pré­cis pour at­teindre le green de ce par 3...

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