Stal

Golf Magazine - - PORTRAITS -

Pour Ga­ry Stal, la sai­son 2015 a com­men­cé par un coup de ton­nerre dont l’éclair a conti­nué d’illu­mi­ner les mois qui ont sui­vi. En rem­por­tant en jan­vier le tour­noi d’abu Dha­bi –à la stu­pé­fac­tion gé­né­rale, et en pré­sence d’un par­terre de joueurs étoi­lés (il a de­van­cé Ro­ry Mcil­roy d’un coup, Mar­tin Kay­mer de deux et Vic­tor Du­buis­son de trois)–, ce­lui qui était alors 357e mon­dial s’est re­trou­vé ca­ta­pul­té dans un autre monde au­quel il s’était pré­pa­ré. « J’avais en­vie de ga­gner un tour­noi en 2015 et c’est vrai que le fait de m’im­po­ser face à une telle concur­rence était d’au­tant plus élec­tri­sant, ex­plique-t-il. Si je joue au golf, c’est jus­te­ment pour me frot­ter aux meilleurs. En quelque sorte, j’étais donc “à ma place” même si je suis peut-être mon­té en pres­sion lors de la pé­riode qui a sui­vi. » Après de nom­breuses sol­li­ci­ta­tions la se­maine sui­vante, au Qa­tar –les jour­na­listes fran­çais y cou­vraient le Mon­dial de handball pa­ral­lè­le­ment à l’épreuve du cir­cuit eu­ro­péen–, il s’est res­sai­si émo­tion­nel­le­ment pour ter­mi­ner 4e dé­but fé­vrier à Du­baï. Si­non, le reste de la sai­son s’est pour­sui­vi, se­lon lui, « avec des hauts et des bas », jus­qu’à une bonne conclu­sion lors des phases fi­nales du cir­cuit eu­ro­péen (22e à Du­baï en no­vembre), mais avec le re­gret, tou­te­fois, de ne pas avoir réus­si à par­ti­ci­per à un tour­noi du Grand Che­lem en 2015. Car un suc­cès dans un ma­jeur reste l’ob­jec­tif nu­mé­ro 1 clai­re­ment af­fir­mé, no­tam­ment « Lorsque je l’ai ren­con­tré à ses dé­buts pro­fes­sion­nels, et avec l’ex­pé­rience qui est la mienne dans le sport de haut ni­veau, j’ai tout de suite ci­blé les très grandes ca­pa­ci­tés men­tales de Ga­ry, ra­conte-t-il. Et je lui ai dit : “Avec toi, le mi­ni­mum syn­di­cal, c’est un ma­jeur.” » Ces qua­li­tés psy­cho­lo­giques de Ga­ry Stal font aus­si l’ad­mi­ra­tion de Georges, son père, très im­pli­qué dans le pro­jet spor­tif de son fils. « Il m’épate vrai­ment, sou­rit-il. Il a une réelle force en lui qui lui a per­mis, comme en 2014, de sur­mon­ter le décès ful­gu­rant de sa ma­man. C’est un roc! » En dé­taillant l’an­née 2015 de Ga­ry Stal, Hu­bert Sau­zet, son en­traî­neur, pointe, lui, quelques er­reurs de pro­gram­ma­tion, tout en se ré­jouis­sant de l’amé­lio­ra­tion d’un point tech­nique. « Il n’a pas suf­fi­sam­ment joué avant quelques gros tournois et il a per­du du rythme, re­con­naît-il. Son chip­ping a man­qué de consis­tance au ni­veau du contact de balle tout comme ses coups à 30-40 mètres. Mais c’est un pro­blème que nous avons fi­ni par ré­soudre il y a peu. » Alors que 2016 dé­marre pour lui sur les cha­peaux de roue, avec la dé­fense de son titre aux Émi­rats arabes unis, Ga­ry Stal peut aus­si me­su­rer le fait d’être plus re­con­nu par ses pairs dont les grands noms du jeu avec qui il a par­ta­gé quelques par­ties après Abu Dha­bi. Ain­si, Lee West­wood lui a-t-il glis­sé quelques conseils par rap­port à la ges­tion de son ca­len­drier. « Mais au golf, il faut res­ter simple et humble, ad­met-il. C’est un sport qui vous ra­mène sou­vent très vite sur terre. » Dans le sillage de quelques jours d’en­traî­ne­ment au Ma­roc en dé­cembre, le voi­là donc prêt à em­bras­ser cette an­née olym­pique (« un ob­jec­tif ») sans pré­pa­ra­teur phy­sique pour le mo­ment (« un choix »). « Quitte à pa­raître pré­ten­tieux, je crois qu’il peut en­core ga­gner en 2016, s’avance Hu­bert Sau­zet. Son im­mense pou­voir de concen­tra­tion doit lui per­mettre de faire la dif­fé­rence une fois en­core. »

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