Fred­die Spen­cer

GP Racing - - Rétro/Thierry Espié -

Ro­berts avait dé­jà ap­por­té la glisse, Spen­cer, lui, a en­core in­no­vé dans le pi­lo­tage. On l’a ana­ly­sé avec Alain Che­val­lier : nous, on ar­ron­dis­sait les vi­rages, on fai­sait de belles ara­besques, quelque chose d’es­thé­tique, de pur. Lui, il fal­lait qu’il gagne du temps. Donc s’il fal­lait ga­gner du temps sur le frei­nage parce que der­rière, y avait une chi­cane de merde, il frei­nait le plus tard pos­sible, il en­trait là-de­dans comme il pou­vait parce que de toute fa­çon, la vi­tesse de pas­sage dans la chi­cane était la même... En re­vanche, s’il y avait une ligne droite à la sor­tie d’un vi­rage, il soi­gnait la sor­tie et ac­cé­lé­rait le plus tôt pos­sible. Si t’as deux bornes de plus à la sor­tie du vi­rage, tu les gardes tout le long de la ligne droite, hein... Il cas­sait les vi­rages, soit à l’en­trée, soit à la sor­tie. C’était une pe­tite ré­vo­lu­tion dans le pi­lo­tage que tout le monde a es­sayé d’imi­ter par la suite. En 1985, sau­ter de la 250 à la 500 (ou vice ver­sa sui­vant les GP) comme il l’a fait l’an­née de son dou­blé, c’est un truc im­pen­sable. Et puis j’ajou­te­rais qu’il a aus­si ame­né ce cô­té « com­bat de gla­dia­teurs » en course. Parce qu’en 1983, au Grand Prix de Suède, c’est quand même li­mite sui­ci­daire, hein ? Moi qui ai vu la course de l’ex­té­rieur, j’ai pen­sé à un mo­ment que Ro­berts et lui fi­ni­raient tous les deux par terre (Spen­cer était sor­ti de la piste au der­nier frei­nage et avait em­me­né Ro­berts avec lui dans la terre ; le titre mon­dial s’était joué lors de cette avant-der­nière course,ndlr) ! Au­jourd’hui, ce genre de si­tua­tion, c’est as­sez cou­rant.

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