LE GMT 94 À LA CHASSE AU TITRE

GP Racing - - Technique -

« NOTRE OB­JEC­TIF EST D’AME­NER UN JEUNE VERS LES SOM­METS DU CHAM­PION­NAT DU MONDE » CH­RIS­TOPHE GUYOT

Ce qui semble être un re­tour du GMT 94 vers la vi­tesse n’en est pas un : « Nous avons tou­jours eu un pied dans la vi­tesse. La seule an­née du­rant la­quelle nous n’avons pas été engagés était en 2017 puisque nous sa­vions que nous re­vien­drons en force en 2018 » , rap­pelle Ch­ris­tophe Guyot. Sur la durée, le pal­ma­rès s’avère plu­tôt consé­quent. Le pa­tron s’en­or­gueillit de ces ré­sul­tats : « Nous avons quatre titres de champion de France, dont le der­nier avec Da­vid ( Che­ca) en 2016. Moi- même, j’ai été en­ga­gé en Mon­dial Su­per­bike, puis en Su­per­sport avec Che­ca et Gim­bert. » Le point cri­tique est at­teint en 2009 : « La pé­nu­rie de spon­sors avec la crise éco­no­mique, l’ar­ri­vée de l’élec­tro­nique et de la nou­velle R1. Notre seule sai­son vrai­ment noire » À ce mo­ment, Ch­ris­tophe sait qu’il re­vien­dra pour dé­cro­cher un titre de champion du monde de vi­tesse : « Pas pour moi en tant que pi­lote, il y a long­temps que j’ai fait une croix des­sus, mais pour mon team. Mon titre fran­çais en Su­per­bike res­te­ra le plus beau mo­ment de ma car­rière de pi­lote, mais je rêve main­te­nant d’em­me­ner un pi­lote fran­çais vers un titre. » Le choix du vi­rage vers la vi­tesse, et donc du re­trait de l’en­du­rance mon­diale, a été ac­cé­lé­ré par deux fac­teurs : « La si­tua­tion du sport moto qui est dé­ser­té par les jeunes. Quand je suis champion en 1998, j’ai 36 ans, mais j’ai des jeunes qui courent der­rière moi. Là, il n’y en a plus. Quand Shane Byrne est champion d’An­gle­terre en 2017, il n’y a pas de jeunes pour prendre le re­lais. C’est pa­reil aux USA avec To­ni Elias. En Es­pagne, Car­me­lo Mo­rales a 40 ans. Et en France... Si tu n’as pas 150 000 € pour dis­pu­ter le cham­pion­nat de France, ce n’est pas la peine.

POUR DI ME­GLIO, C’ÉTAIT LA PRE­MIÈRE PLACE OU RIEN

Notre ob­jec­tif est donc d’ame­ner un jeune, sans qu’il ait à payer, et même qu’il soit ré­mu­né­ré, vers la plus haute marche du cham­pion­nat du monde. Afi n de re­don­ner de l’es­poir et de l’en­vie pour le sport moto. La conjonc­ture com­plè­te­ment bou­chée de l’en­du­rance a été un fac­teur sup­plé­men­taire. J’au­rais ai­mé conti­nuer à m’en­ga­ger au Mans et au Bol, mais il y a concur­rence de dates avec le SBK pour les deux épreuves ! » S’il avoue avoir sui­vi la course de Che­ca au Bol, la page semble bien tour­née. Comme pour Ca­ne­pa, ses pi­lotes sont pas­sés à autre chose. Pour Mike Di Me­glio, l’his­toire est pliée de­puis le dé­but de la sai­son der­nière. Ini­tia­teur du pro­jet Su­per­sport, le champion du monde 125 2008 a es­suyé un échec lors des deux pre­mières courses du cham­pion­nat l’an­née der­nière. « À la dé­charge de Mike, on s’at­ten­dait à ce que ce soit beau­coup plus fa­cile. Pour le team et le pi­lote. Lorsque nous sommes ar­ri­vés en Aus­tra­lie, on a pris une gi­fl e. On ne pen­sait pas qu’une somme de pe­tits dé­tails pou­vait faire une telle dif­fé­rence. Très ob­jec­ti­ve­ment, la moto dont dis­po­sait Mike en Aus­tra­lie pou­vait faire un Top 5. Mais il vou­lait ga­gner et seule­ment ga­gner. Quand il s’est re­trou­vé der­nier, vi­ser cette 5e place qu’il au­rait pu ac­cro­cher ne l’in­té­res­sait plus. » Au soir de la se­conde manche, après un ré­sul­tat en­core pire que l’Aus­tra­lie, Mike a dé­ci­dé de je­ter l’éponge. « Le mes­sage était clair ; le team était nul. On s’est re­trou­vé dans une si­tua­tion com­plexe. Si je re­pre­nais un pi­lote du ni­veau de Mike et que ça ne fonc­tion­nait pas, c’était la fi n du pro­jet. Her­vé Pon­cha­ral m’avait aler­té quinze jours au­pa­ra­vant en me de­man­dant pour­quoi j’avais choi­si Mike plu­tôt qu’un jeune. Ré­my ( le fi ls de Ch­ris­tophe qui ter­mine des études de mar­ke­ting et qui va in­té­grer le team, ndlr), a dres­sé une liste que j’ai com­mu­ni­quée à Her­vé. Il a tout de suite til­té sur Pe­ro­la­ri. » Co­ren­tin, qui sort de trois an­nées sans vrai­ment d’ac­ti­vi­té pi­lote, se jette à corps

per­du dans le dé­fi et pro­gresse à vue d’oeil pour ac­cro­cher à plu­sieurs re­prises le Top 5 en fi n de sai­son. « Je lui ai me­né la vie dure. J’ai bien vu qu’il man­quait de mo­teur, mais j’ai at­ten­du qu’il confi rme son pi­lo­tage avant de de­man­der à Ya­ma­ha d’être plus per­for­mant. » Ca­ne­pa ap­porte sa pierre à l’édi­fi ce sous forme d’une de­mi- jour­née de rou­lage au Mans pour re­mettre en ordre le com­por­te­ment du cadre. Avec les bons ré­sul­tats de fi n de sai­son, les sol­li­ci­ta­tions se font plus nom­breuses de la part de pi­lotes in­té­res­sés par la se­conde moto pré­vue pour 2019. « Nous pen­chions pour Fe­de­ri­co Ca­ri­ca­su­lo pour avoir un mo­teur ca­pable de jouer le titre. Mais il n’avait pas l’air très en­thou­siaste.

UN JEUNE ET UNE LOCOMOTIVE

Jules Clu­zel s’est fait très pres­sant, au tra­vers de son ma­na­ger Éric Ma­hé, et nous lui avons entre- ou­vert la porte. Il faut sa­voir qu’au sein du team GMT 94, il y au­ra tou­jours un pi­lote fran­çais. Que ce soit un jeune en pro­gres­sion ou une locomotive pour se battre pour le titre. Là, c’est su­per, nous avons les deux ! » En attendant un titre, Ch­ris­tophe Guyot ne cache pas ses in­ten­tions : le Su­per­sport est un pas­sage. Pour le Su­per­bike ou autre chose. « Au re­tour de Thaï­lande, je com­men­ce­rai à construire la sai­son pro­chaine. »

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