Vi­rage : le Pe­dro­sa cor­ner

GP Racing - - Sommaire - Par Jean-Ai­gnan Mu­seau. In­fo­gra­phie Laurent Hin­dry­ckx.

Sixième vi­rage du cir­cuit de Je­rez, ce droite au frei­nage violent est le lieu de somp­tueuses passes d’armes comme de mons­trueuses ca­brioles. Il vient d’être bap­ti­sé « Cur­va Da­ni Pe­dro­sa », en hom­mage au pi­lote es­pa­gnol fraî­che­ment re­trai­té.

Nous sommes le 6 mai 2018. La mé­téo est au beau fi xe et le pu­blic mas­sé sur la col­line qui encercle le cir­cuit an­da­lou ne perd pas une miette de la par­tie qui se joue à trois. Si Marquez a dé­jà pris les de­vants, les deux Du­ca­ti of­fi cielles de Lo­ren­zo et Do­vi­zio­so sont en pleine ex­pli­ca­tion avec la Hon­da de Pe­dro­sa. Au mo­ment où ils prennent les freins au bout de la longue ligne droite qui com­mence par une nette des­cente, les trois fu­rieux sont à 295 km/ h. Do­vi­zio­so loupe un peu son frei­nage et se trouve obli­gé d’élar­gir. Au mo­ment où il re­joint la piste, Pe­dro­sa se monte un peu trop violent dans sa re­mise des gaz. La Hon­da dé­croche sè­che­ment de l’ar­rière. Au mo­ment où le Mi­che­lin re­prend l’adhé­rence, la ruade est d’une ex­trême vio­lence. Pe­dro­sa

et ses cin­quante ki­los tout mouillés sont pro­pre­ment ca­ta­pul­tés. La Hon­da conti­nue sa course sur Lo­ren­zo qui, lui- même, se couche, dans une gerbe d’étin­celles, sur la ma­chine de Do­vi­zio­so. La tête de course est dé­ca­pi­tée mais les trois hommes s’en sortent in­demnes. Si, au fi nal, ce type de fi gure reste ra­ris­sime, la re­mise des gaz sur l’angle de­mande tou­te­fois fi nesse et doig­té. Car le frei­nage pré­cè­dant le 180° est sou­vent le théâtre d’at­taques et d’em­poi­gnades ho­mé­riques. Par­ti­cu­liè­re­ment en Mo­to3 où il n’est pas rare de voir plus de cinq pi­lotes de front prêts à tout pour ar­ri­ver en pre­mier au point de corde. Et ce, pour le plus grand bon­heur des spec­ta­teurs.

« CE N’EST PAS UN VI­RAGE FA­CILE, MAIS JE L’AI TOU­JOURS AI­MÉ. LORS­QU’ON SORT DU VI­RAGE PRÉ­CÉ­DENT, ON LUTTE POUR COM­BATTRE LE WHEELING, AVANT DE SE DÉPORTER DE NOU­VEAU SUR LA GAUCHE AU MO­MENT DU FREI­NAGE. ET POUR CONTRER LE TRANS­FERT DE MASSE DI­RECT, BEAU­COUP DE PI­LOTES SE METTENT EN GLISSE AFIN DE RA­LEN­TIR LA MA­CHINE AVANT D’AL­LER CHER­CHER LE POINT DE CORDE. EN­SUITE, IL FAUT LE TE­NIR LONG­TEMPS POUR OF­FRIR LE PLUS DE PLACE POS­SIBLE SUR LA GAUCHE DE LA PISTE AU MO­MENT DE LA RÉACCÉLÉRA­TION. » BRADLEY SMITH

En­trée : Le frei­nage du Pe­dro­sa Cor­ner est violent. Les MotoGP passent de 295 km/h à 65 km/h en cinq se­condes

Le Turn 6 de Je­rez porte le nom de Da­ni Pe­dro­sa. Une stèle a été inau­gu­rée en mai der­nier afin que tous s’en sou­viennent. (à droite).

L’ac­cé­lé­ra­tion sur l’angle est délicate. Ce que Da­ni Pe­dro­sa illustre par­fai­te­ment sur cette image du Grand Prix 2018 !

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