Rossi, 10 ans sans titre .....

VEUT EN­RAYER L’HÉ­MOR­RA­GIE

GP Racing - - Contents - Par Michel Tur­co. Pho­tos Jean-Ai­gnan Mu­seau.

0 vic­toire, 2 po­diums, le bi­lan est maigre. Trop ?

Dix ans après avoir conquis son der­nier titre de cham­pion du monde, Va­len­ti­no Rossi pour­suit au­jourd’hui sa plus longue sé­rie de Grands Prix sans vic­toire. À 40 ans, le pi­lote Ya­ma­ha conti­nue pour­tant de croire en lui.

« L’IDÉE EST D’EM­BAU­CHER DE NOU­VELLES PER­SONNES POUR DY­NA­MI­SER NOTRE GROUPE »

LIN JARVIS

Pre­mier pi­lote à at­teindre la barre des 400 Grands Prix de­puis la créa­tion des cham­pion­nats du monde de vi­tesse en 1949, Va­len­ti­no Rossi ne donne au­cun signe de las­si­tude mal­gré des per­for­mances net­te­ment à la baisse. « Il a tou­jours la même pas­sion pour la course et ce mi­lieu, sou­ligne

Uccio Sa­luc­ci, son ami et fi dèle lieu­te­nant.

Il est tout sim­ple­ment heu­reux d’être

ici. » Pour­tant, de­puis ses deux 2e places en­chaî­nées en dé­but de sai­son en Ar­gen­tine et au Texas, le vé­té­ran du MotoGP n’a plus réus­si à se his­ser sur le po­dium. D’ha­bi­tude si ré­gu­lier, il est cette an­née tom­bé quatre fois en course : Ita­lie, Ca­ta­logne, Pays

Bas et Ja­pon. De­puis ses dé­buts en classe reine en 2000, le no­nuple cham­pion du monde n’avait ter­mi­né qu’une seule fois le cham­pion­nat avec aus­si peu de points. C’était lors de sa dif­fi cile pre­mière sai­son chez Ducati en 2011. Plus grave, Va­len­ti­no Rossi a dé­pas­sé ce qui était jus­qu’à sa plus longue pé­riode de di­sette : 44 courses sans vic­toire entre le Grand Prix d’Aus­tra­lie 2010 et ce­lui de Ca­ta­logne 2013. De­puis le mois de juin 2017 et son suc­cès aux Pays- Bas, le pi­lote Ya­ma­ha n’a plus ja­mais pas­sé en tête la ligne d’ar­ri­vée. En­tré cette an­née dans les qua­ran­tièmes vieillis­sants, le vé­té­ran du cham­pion­nat ne semble pour­tant pas son­ger à la re­traite. La preuve, comme il s’était sé­pa­ré en 2013 de Je­re­my Bur­gess, il a dé­ci­dé de rem­pla­cer la sai­son pro­chaine Sil­va­no Gal­bu­se­ra par Da­vid Muñoz, tech­ni­cien de 41 ans et ac­tuelle pièce maî­tresse de l’équipe VR46 en­ga­gée en Mo­to2. À six ans d’in­ter­valle, ces deux rem­pla­ce­ments sont mus par le même dé­sir de re­trou­ver de la fraî­cheur avec l’es­poir de res­ter au contact de la nou­velle gé­né­ra­tion. « Sil­va­no et moi avons pris cette dé­ci­sion de concert, as­sure l’Ita­lien. Nous étions conscients l’un comme l’autre d’être au bout de quelque chose. J’avais be­soin de nou­velles idées et Sil­va­no avait de son cô­té en­vie de le­ver le pied, de faire moins de dé­pla­ce­ments. Il va res­ter dans la fa­mille Ya­ma­ha en pre­nant en charge notre nou­velle équipe de tests. Da­vid n’a au­cune ex­pé­rience en MotoGP, mais je l’ai vu tra­vailler l’an der­nier avec Pe­co ( Ba­gnaia) et il m’a im­pres­sion­né par son calme et sa ca­pa­ci­té d’ana­lyse. Il a eu une part im­por­tante dans

« LES MI­CHE­LIN SONT DE­VE­NUS PLUS DÉ­LI­CATS À UTI­LI­SER, C’EST À MOI DE TROU­VER LA SO­LU­TION »

VA­LEN­TI­NO ROSSI

le titre de cham­pion du monde de Pe­co. Je suis cer­tain qu’il peut m’ai­der à amé­lio­rer mes per­for­mances. » Pour Lin Jarvis, ces mou­ve­ments de tech­ni­ciens ne sont que la conti­nui­té de la ré­or­ga­ni­sa­tion ini­tiée l’hi­ver der­nier avec le pas­sage de Wil­co Zee­len­berg et de Ra­mon Fo­ra­ca au sein de la nou­velle équipe Ya­ma­ha Pe­tro­nas. « Il y a éga­le­ment eu le dé­part de Lu­ca Ca­da­lo­ra qui a lais­sé sa place à Ida­lio Ga­vi­ra au poste de “coach ri­der” au­près de Va­len­ti­no, rap­pelle le pa­tron de l’équipe de la marque aux trois dia­pa­sons.

On a aus­si re­cru­té Es­te­ban Gar­cia et Ju­lian Si­mon pour tra­vailler avec Ma­ve­rick Viñales, Mi­chele Ga­da pour étof­fer notre staff d’élec­tro­ni­ciens, et puis sur­tout, il y a eu le rem­pla­ce­ment de Koui­ji Tsuya par Ta­ka­hi­ro Su­mi au poste de chef de pro­jet de la Ya­ma­ha M1. L’idée est d’em­bau­cher de nou­velles per­sonnes pour dy­na­mi­ser notre groupe tout en re­dis­tri­buant cer­tains rôles pour que nos quatre pi­lotes soient le plus per­for­mants pos­sible. »

Quoi qu’il en soit, en fai­sant ap­pel à Da­vid Muñoz, Va­len­ti­no Rossi laisse clai­re­ment en­tendre qu’il ne pense tou­jours pas à la re­traite. « Il tra­vaille tou­jours au­tant, voire plus, note Da­vide Bri­vio, son an­cien

team ma­na­ger. Il es­saie de faire évo­luer son pi­lo­tage, il ef­fec­tue des chan­ge­ments dans son en­tou­rage pour re­trou­ver de la per­for­mance, ce sont des si­gnaux forts. Il a la pas­sion de la com­pé­ti­tion che­villée au corps. Les an­nées qui passent n’al­tèrent pas sa mo­ti­va­tion, bien au contraire. » De­puis le mois de sep­tembre, les per­for­mances de Rossi souffrent pour­tant de la com­pa­rai­son avec celles de Quartararo et Viñales, équi­pés de la même ma­chine. Loin de se voi­ler la face, l’Ita­lien cherche des so­lu­tions. « Je stresse plus qu’eux mon pneu ar­rière et ce­la me pose de gros pro­blèmes en course,

« IL TRA­VAILLE TOU­JOURS AU­TANT, VOIRE PLUS »

« LE DIXIÈME TITRE N’EST PLUS UN OB­JEC­TIF EN SOI. POUR L’INS­TANT... » UCCIO SA­LUC­CI

ana­lyse- t- il. Les Mi­che­lin sont de­ve­nus plus dé­li­cats à uti­li­ser, c’est à moi de trou­ver la so­lu­tion. » Dix ans après son der­nier titre mon­dial, Va­len­ti­no Rossi aborde la com­pé­ti­tion comme s’il es­sayait de dé­cro­cher ses pre­miers lau­riers.

« Le dixième titre n’est plus un ob­jec­tif en soi, tem­père Uccio Sa­luc­ci. En tout cas dans l’im­mé­diat. Pour l’ins­tant, Va­len­ti­no veut com­men­cer par re­nouer avec la vic­toire, et il met tout oeuvre pour y par­ve­nir. » Et conti­nuer à cou­rir en 2021 ? « Son ave­nir est entre ses mains, as­sure Lin Jarvis, le pa­tron de Ya­ma­ha

Mo­tor Ra­cing. Il sait que nous pré­pa­rons une nou­velle mo­to qui se­ra plus per­for­mante et nous al­lons ap­por­ter des chan­ge­ments dans son équipe pour trou­ver une nou­velle al­chi­mie. Même s’il y a ac­tuel­le­ment de la frus­tra­tion, je le sens op­ti­miste pour la suite. » Des propos qui amusent Fa­bio Quartararo qui a dé­jà un pied dans l’équipe of­fi cielle Ya­ma­ha pour 2021. « Faire équipe avec mon idole, ça se­rait su­per co­ol, lance le Ni­çois. Je sais que ça a souvent été com­pli­qué pour ceux qui étaient à ses cô­tés mais au­jourd’hui, les choses chez Ya­ma­ha sont sen­si­ble­ment dif­fé­rentes de ce qu’elles pou­vaient être il y a en­core quelques an­nées. »

1 Cette sai­son, Va­len­ti­no Rossi n’a eu l’oc­ca­sion de mous­ser le champagne qu’à deux re­prises, en Ar­gen­tine et au Texas. De­puis, l’Ita­lien a en­ta­mé sa plus longue sé­rie de courses sans po­dium. 2 À bien­tôt 41 ans, le plai­sir est tou­jours là. 3 Lin Jarvis en convient, le Doc­teur reste une pièce in­con­tour­nable du puzzle Ya­ma­ha. 4 Ida­lio Ga­vi­ra a pris la suite de Lu­ca Ca­da­lo­ra dans le rôle de « ri­der Ana­lyst ».

1 Les fins de course sont souvent com­pli­quées pour le pi­lote Ya­ma­ha. 2 Sur la grille de dé­part, Rossi reste l’ob­jet de toutes les at­ten­tions. 34 et Va­len­ti­no est tom­bé à huit re­prises cette sai­son, comme en 2018. Mais quatre fois en course, ce qui fait plus que par le pas­sé.

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