IN­NO­VA­TION

Der­rière chaque in­no­va­tion se cachent des gé­nies et/ou des in­ves­tis­seurs. Voi­ci quatre per­son­na­li­tés qui dé­tonnent dans leur do­maine.

GQ (France) - - Sommaire - Par Loïc H. Rechi

Les en­tre­pre­neurs de la tech à suivre.

Luc Ju­lia est un gé­nie fran­çais de l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle – même s’il pré­fère les termes dee­plear­ning ou ma­chi­ne­lear­ning. Le vice-pré­sident du centre de re­cherches de Sam­sung, 51 ans, in­vente ac­tuel­le­ment une pla­te­forme pour rendre les ob­jets connec­tés in­ter­opé­rables. De­puis trois dé­cen­nies, ce cher­cheur aus­si drôle que brillant s’éver­tue à amé­lio­rer la ca­pa­ci­té des ma­chines à in­ter­agir avec les humains. In­ven­teur de Si­ri, il nous a ra­con­té la pe­tite his­toire der­rière l’as­sis­tant le plus cé­lèbre du monde.

« Beau­coup de gens pensent qu’ils sont le père de Si­ri. Je pré­fère dire grand-père. On est deux, avec Adam Cheyer, à être à l’ori­gine des deux ou trois bre­vets, en 1997, qui ont en­gen­dré Si­ri. Par des voies ty­piques de la Si­li­con Val­ley, après le ra­chat de Si­ri, je me suis re­trou­vé de nou­veau à sa tête en 2011, chez Apple cette fois, tou­jours avec mon pote Cheyer. Je n’y suis pas res­té très long­temps parce qu’il y a eu une in­com­pa­ti­bi­li­té d’hu­meur avec Apple, mais ça res­tait mon bé­bé. Si­ri est l’as­sis­tant qui a ou­vert une voie blo­quée pen­dant une ving­taine d’an­nées. On a créé un truc ri­go­lo, plus hu­main, pour que les gens s’amusent avec, sur une pla­te­forme ac­ces­sible à 300 mil­lions d’uti­li­sa­teurs. C’est pa­ra­doxal mais il a fal­lu ad­mettre que la re­con­nais­sance vo­cale comme l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle ne marchent pas. La meilleure fa­çon d’hu­ma­ni­ser Si­ri était de la rendre un peu bête. C’est la mé­ta­phore de la boîte de nuit : on est bour­ré, on ne com­prend pas la moi­tié de ce que les gens ra­content à cause du bruit, mais on ne veut pas avoir l’air con alors on sou­rit bê­te­ment et on ac­quiesce. Avec Si­ri, quand elle ne com­pre­nait pas, elle sou­riait bê­te­ment, par­tait sur d’autres conver­sa­tions, fai­sait une blague… Il fal­lait faire en sorte qu’il n’y ait pas for­cé­ment de conti­nui­té dans la conver­sa­tion. C’est l’hu­ma­ni­sa­tion par la stu­pi­di­té. Ça va être très com­pli­qué de com­mu­ni­quer sim­ple­ment avec une ma­chine. Dé­jà entre nous, on a du mal à se com­prendre mais on a la chance d’avoir le re­gard, les gestes, etc. qui aug­mentent notre com­mu­ni­ca­tion ver­bale. Mais on avance. Les ob­jets vont être de plus en plus des as­sis­tants mais il ne faut pas ima­gi­ner qu’on va leur par­ler comme à un pote. »

JEAN LIU & CHENG WEI, LES ROIS DU VTC CHI­NOIS

Cette Chi­noise, 40 ans, et son as­so­cié, 35 ans, ont ubé­ri­sé Uber. À la tête de Di­di, ils ont pous­sé l’amé­ri­cain à leur cé­der son ac­ti­vi­té de VTC en Chine en 2016. Grâce à un jeu de par­te­na­riats ma­lins – Taxi­fy en Eu­rope, Ola en Inde et Lyft aux États-unis – leur ex­pan­sion est mon­diale. Ils pèsent plus de 50 mil­liards de dol­lars. Au même titre que Jack Ma (Ali­ba­ba), Robin Li (Bai­du) ou Ma Hua­teng (We­chat), Liu et Wei font par­tie de ces nou­veaux Chi­nois rois de la tech qui pèsent au­tant que les Ca­li­for­niens.

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