Grand Seigneur

“IL FAUDRAIT UN SCÉNARIO EN BÉTON "

Pour le comédien, bientôt à l’affiche de Neuilly sa mère 2 (en salles le 8 Août), le film à boire ultime reste encore à venir... Et si c’était lui qui l’écrivait ?

- Frédéric Quidet / Charlélie Marangé /

Le cinéma français consacre assez peu de films au vin, le sujet est-il bouchonné ?

F.X.— Ce n’est pas le genre de film facile à réaliser, il ne suffit pas de montrer des gens en train de trinquer dans une cave ! Il faut une vraie histoire, comme dans Tu

seras mon fils (de Gilles Legrand, sorti en 2011 ndlr.), qui conte le poids de l’héritage, de la transmissi­on. Cette question est une préoccupat­ion permanente pour les vignerons, ils ont l’impression d’être des passeurs. Avec Ce qui nous lie, sorti l’année dernière, Cédric Klapisch s’est attaché à filmer la vigne durant les quatre saisons, en mettant en lumière ses artisans. Tout ça, ce sont des choses qui parlent aux gens, actuelleme­nt. Il y a donc un créneau à exploiter ? F.X.— Oui, car on assiste à un retour en force de l’univers agricole et de ses valeurs. Aujourd’hui, le boulanger tatoué est plus sexy que le banquier en costard-cravate. C’est une tendance qui émerge au sein d’une époque morose : on a envie de se réfugier dans la bonne bouffe, le bon pinard. Et vous, vous seriez prêt à n’importe quoi pour tourner dans un film de soif ?

F.X.— Un ou deux réalisateu­rs m’ont déjà proposé de tourner des films dans des vignobles mais j’ai refusé, car les scénarios étaient faiblards. Le grand film français sur le vin reste à faire ! Et puis, je suis da-

vantage passionné par mon métier que par le pinard : j’adore ça mais pour moi, c’est la détente, pas le boulot. Bref, il faudrait un scénario en béton. Dans ce cas, pourquoi ne pas l’écrire vous-même ?

F.X.— J’avais une idée qui s’appelait Wine Therapy, avec deux mecs qui partent entre copains sur la route des vins. C’était assez proche de Sideways, d’Alexander Payne, un film sorti en 2004, que j’adore. L’histoire de deux potes, un écrivain raté divorcé et un acteur sur le point de se marier, qui parcourent la route des vins en Californie, dans la vallée de Santa Ynez. Ils vont de dégustatio­n en dégustatio­n, en s’interrogea­nt sur le sens de la vie… Votre relation avec Antoine Arena, vigneron corse de Patrimonio, ça ferait un bon film aussi, non ?

F.X.— Les vignerons sont de vrais personnage­s de cinéma ! Il y a des histoires passionnan­tes à explorer à l’image de celle de Christine Vernay, du domaine Georges Vernay, à Condrieu, dans la région du Rhône. Fille du fondateur, elle était d’abord passionnée par la culture italienne et officiait comme professeur­e de lettres à l’ENA, puis elle a tout abandonné en 1996 pour suivre le chemin tracé, avec son mari Paul Amsellem. Maintenant, elle est au sommet. C’est pas du scénario, ça ?

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