Le groupe Eif­fage construit un fu­tur du­rable

Green Innovation - - Sommaire - En­tre­tien avec VALÉRIE DA­VID Di­rec­trice du dé­ve­lop­pe­ment du­rable du groupe Eif­fage

Green In­no­va­tion. Pou­vez-vous re­ve­nir sur la Charte des va­leurs et fi­na­li­tés d’Eif­fage ?

Valérie Da­vid. La Charte des va­leurs et fi­na­li­tés d’Eif­fage date de 1992 et a été ac­tua­li­sée en 2008. Elle est si­gnée de M. Jean-Fran­çois Ro­ve­ra­to, le créateur du groupe consti­tué d’un cer­tain nombre d’ap­ports his­to­riques d’en­tre­prises (Fou­ge­rolle, SAE, Quille­ry…). L’acte fon­da­teur d’Eif­fage est bel et bien l’ac­tion­na­riat sa­la­rié. Et M. Ro­ve­ra­to a créé une SI­CAV d’ac­tion­na­riat sa­la­rié qui est au­jourd’hui la plus im­por­tante de France avec celle d’Es­si­lor ! D’ailleurs, nous par­ta­geons avec cette so­cié­té la par­ti­cu­la­ri­té d’avoir l’ac­tion­na­riat sa­la­rié le plus dy­na­mique de France. Au­jourd’hui, dans notre pays, ce sont 90 % des sa­la­riés du groupe qui sont ac­tion­naires. En d’autres termes, l’ac­tion­na­riat sa­la­rié est vrai­ment un socle fort chez Eif­fage… Il re­pré­sente certes une fa­çon de re­dis­tri­buer les ri­chesses. Mais il per­met aus­si de faire face de ma­nière ef­fi­cace et mo­derne aux mou­ve­ments ca­pi­ta­lis­tiques su­bis, contraints et très ra­pides qui peuvent se ma­ni­fes­ter… comme ce fut le cas en 2007 avec le groupe es­pa­gnol Sa­cyr.

Green In­no­va­tion. Est-il pos­sible d’éta­blir un lien entre cette charte et la stra­té­gie RSE dé­ployée au sein de votre groupe ?

Valérie Da­vid. Oui, on peut consi­dé­rer que cet ac­tion­na­riat sa­la­rié consti­tue les fonds bâ­tis­seurs de la RSE au sein de notre groupe. C’est un fait im­por­tant et, en au­cun cas une vi­sion lé­gère, voire op­por­tu­niste, de la si­tua­tion. Ce­la a un tel sens que M. Ro­ve­ra­to avait pré­vu à l’époque, pour les nou­veaux em­bau­chés, des prêts rem­bour­sables au bout de cinq ans leur per­met­tant de de­ve­nir ac­tion­naires im­mé­dia­te­ment. Au sein d’Eif­fage, cette vo­lon­té de re­pré­sen­ta­ti­vi­té de cet ac­tion­na­riat est pré­sente dans toutes les strates de l’en­tre­prise. Et c’est une vraie sa­tis­fac­tion que de consta­ter qu’au­jourd’hui 86 % des com­pa­gnons ou des ou­vriers sont ac­tion­naires !

Green In­no­va­tion. La RSE a for­te­ment évo­lué jus­qu’à ce jour…

Valérie Da­vid. Oui, et tout d’abord d’un point de vue ré­gle­men­taire. La pre­mière pé­riode d’ac­cé­lé­ra­tion, vrai­ment no­table, avait com­men­cé avec la loi de 2002 dite «Nou­velles Ré­gu­la­tions éco­no­miques », qui a, la pre­mière, in­tro­duit l’obli­ga­tion de rap­port en­vi­ron­ne­men­tal et so­cial. C’était un bon dé­but, mais dé­cla­ra­tif et sans réels con­trôles. Dès 2009, au sein d’Eif­fage, nous fai­sions pro­cé­der au contrôle de nos chiffres so­ciaux et en­vi­ron­ne­men­taux par des com­mis­saires aux comptes. Or ce­la ne fut ren­du obli­ga­toire que par l’en­trée en vi­gueur de la loi Gre­nelle 2 (art. 225)… Ce cercle ver­tueux très po­si­tif per­met­tait de struc­tu­rer et de dé­fi­nir des obli­ga­tions. Par la suite, ce dé­par­te­ment RSE s’est en­ri­chi d’ac­ti­vi­tés opé­ra­tion­nelles éma­nant di­rec­te­ment du dé­ve­lop­pe­ment du­rable et ap­pli­qué à nos mé­tiers : ceux de la construc­tion, de l’éner­gie et des in­fra­struc­tures. Au­jourd’hui, sur les 23 col­la­bo­ra­teurs au sein de la di­rec­tion dé­ve­lop­pe­ment du­rable, trois sont « iden­ti­fiés » spé­ci­fi­que­ment RSE. Tous les autres tra­vaillent sur des su­jets émer­gents com­plexes qui donnent au dé­ve­lop­pe­ment du­rable ses lettres de no­blesse en termes d’atout concur­ren­tiel. On s’éloigne donc de la simple maî­trise du risque so­cial ou en­vi­ron­ne­men­tal pour créer de la com­pé­ti­ti­vi­té avec le dé­ve­lop­pe­ment du­rable.

© Phos­phore IV

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