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Green Innovation - - Sommaire N° 23 -

Qui a dit que la RSE de­vait être l’apa­nage des grands groupes ? Même une start-up peut bé­né­fi­cier des conseils pré­cieux de pro­fes­sion­nels aguer­ris. Pour ce­la, il faut réus­sir la réunion du mé­cé­nat de com­pé­tences, d’une oc­ca­sion spé­ciale, de la bonne ren­contre et, sur­tout, de beau­coup de va­leurs. Re­tour sur une aven­ture très fé­mi­nine.

Quynh, Clau­dia et Hé­lène ont un point en com­mun. Elles ont eu en­vie, à un mo­ment de leur car­rière pro­fes­sion­nelle, de se po­ser et se sont de­man­dé si ce qu’elles fai­saient au quo­ti­dien les sa­tis­fai­sait plei­ne­ment. « Qu’est-ce que je peux faire ? À quoi je sers ? » : des ques­tions qui re­ve­naient sou­vent dans la tête de ces jeunes femmes cadres ju­ri­diques ou in­gé­nieures. Des in­ter­ro­ga­tions qui au­ront eu la ver­tu de l’ac­tion. Cha­cune dans une pro­mo­tion dif­fé­rente, elles ont in­té­gré le Mas­tère Spé­cia­li­sé Ma­na­ge­ment glo­bal de la RSE et du dé­ve­lop­pe­ment du­rable, me­né conjoin­te­ment par Ce­gos et Mines Pa­risTech, afin de trou­ver des ré­ponses à ces ques­tion­ne­ments.

Cé­lé­brer les dix ans du mas­tère

Cette for­ma­tion, de l’avis de toutes, au­ra eu le bé­né­fice de struc­tu­rer leur ré­flexion et de leur four­nir les connais­sances et ou­tils pour pas­ser de l’en­vie à la com­pé­tence. Pour Hé­lène Re­ver­sat, di­plô­mée de la pro­mo­tion no­vembre 2017, « c’est le socle scien­ti­fique de la for­ma­tion qui est in­dis­pen­sable pour com­prendre et connaître les en­jeux ». Clau­dia Pier­rot, pro­mo­tion no­vembre 2015, as­sure que « le fait d’abor­der un large spectre de pro­blé­ma­tiques et de voir, sur le ter­rain, les ap­pli­ca­tions concrètes du dé­ve­lop­pe­ment du­rable » ont été des étapes clés dans son évo­lu­tion pro­fes­sion­nelle et per­son­nelle.

À l’oc­ca­sion des dix ans de ce Mas­tère Spé­cia­li­sé, créé en 2008, l’équipe pé­da­go­gique a sou­hai­té or­ga­ni­ser un évé­ne­ment spé­cial. « Le prin­cipe de pro­po­ser un mé­cé­nat de com­pé­tences à nos par­ti­ci­pants est dé­jà in­clus dans le mas­tère », pré­cise Ja­sha Oos­ter­baan, di­rec­trice de l’ISIGE, l’ins­ti­tut de Mines Pa­risTech consa­cré à l’en­vi­ron­ne­ment et au dé­ve­lop­pe­ment du­rable, et res­pon­sable de la for­ma­tion, « mais c’est une ac­tion in­di­vi­duelle. Pour notre dixième an­ni­ver­saire, nous avons ima­gi­né l’équi­valent, mais sous forme col­lec­tive ». C’est Quynh Bui, pro­mo­tion juin 2017, qui fait la mise en re­la­tion. Celle qui « ne vou­lait pas être une re­belle de ca­na­pé » a dé­jà ren­con­tré à plu­sieurs re­prises Zé­phyr So­lar, une start-up qui pro­pose une so­lu­tion dis­rup­tive d’ac­cès à l’éner­gie, à la croi­sée de l’hu­ma­ni­taire et de la haute tech­no­lo­gie. Elle en parle à Ja­sha et à Flo­rence Gillet-Goi­nard, res­pon­sable du mas­tère et ma­na­ger de l’offre de for­ma­tion QSSE-RSE chez Ce­gos, avec des mots simples : « Il faut vrai­ment les ren­con­trer ! » L’aven­ture com­mence là.

Par un pro­jet fé­dé­ra­teur

Il faut dire que Zé­phyr So­lar a de quoi sé­duire nos pro­fes­sion­nelles en re­cherche de sens et de va­leurs. Pour sa co­fon­da­trice Ju­lie Dau­tel – ils sont deux dans l’aven­ture, le se­cond étant Cé­dric To­mis­si –, la start-up, « en tant qu’en­tre­prise de l’éco­no­mie so­ciale et so­li­daire (ESS), s’est en­ga­gée à avoir un im­pact po­si­tif sur la so­cié­té et l’en­vi­ron­ne­ment ». Con­crè­te­ment, le par­te­na­riat avec l’équipe du mas­tère RSEDD se tra­duit par un ac­com­pa­gne­ment de neuf jours, ré­par­tis sur six mois, le temps de po­ser les bases d’une dé­marche RSE qui per­mette à la start-up de se struc­tu­rer pour ré­pondre aux nom­breux ques­tion­ne­ments des fu­turs clients, des in­ves­tis­seurs, ou de la presse. Au me­nu : la dé­fi­ni­tion d’une charte éthique, les achats res­pon­sables et l’ana­lyse du cycle de vie des pro­duits. Un pro­gramme qui n’a rien à en­vier aux en­tre­prises dé­jà bien éta­blies ! Mais, sur­tout, « de quoi se sen­tir mieux ar­més pour af­fron­ter le fu­tur », d’après Ju­lie Dau­tel, « et être plus struc­tu­rés, ces tra­vaux com­plé­tant nos convic­tions en as­seyant notre offre sur des bases so­lides ».

Et une aven­ture hu­maine

Six mois d’ac­com­pa­gne­ment pour trois per­sonnes, le vo­lume peut pa­raître faible, en re­gard des be­soins de l’en­tre­prise. La ré­ponse est la même chez les trois di­plô­mées : l’en­vie de faire plus. Pour ne pas dire une vraie frus­tra­tion de ne pou­voir al­ler plus loin dans l’aven­ture avec Zé­phyr So­lar. « Ils sont bour­rés d’en­thou­siasme, mo­ti­vés, ça donne en­vie de les ai­der », confie Clau­dia. « C’est un plai­sir, hu­main – les deux as­so­ciés sont ado­rables – et pro­fes­sion­nel. Les star­tup sont sou­vent lan­cées par des gens jeunes avec peu de

“Le fait d’abor­der un large spectre de pro­blé­ma­tiques et de voir, sur le ter­rain, les ap­pli­ca­tions concrètes du dé­ve­lop­pe­ment du­rable ont été des étapes clés dans son évo­lu­tion pro­fes­sion­nelle et per­son­nelle.”

moyens, mais avec beau­coup d’en­vie et de convic­tion. Je pense que si je lance mon propre pro­jet d’in­cu­ba­teur de start-up à im­pact po­si­tif, ce se­ra grâce à des en­tre­prises comme Zé­phyr So­lar », as­sure Quynh. Quant à Hé­lène, qui concède « s’en­ga­ger très fa­ci­le­ment dans des causes », elle re­tient « un pro­jet ex­tra­or­di­naire por­té par une équipe qui sait ré­flé­chir sur un su­jet en­ga­geant ». Une his­toire de femmes ? Sans doute. Pour Flo­rence Gillet-Goi­nard, « les femmes ont peu­têtre un fee­ling et une in­tui­tion qui peuvent comp­ter dans les ap­proches RSE. Les trans­for­ma­tions se font par pe­tites touches ». « Ce sont des peintres de la RSE », sou­rit-elle.

Et après ?

Au terme de six mois de col­la­bo­ra­tion, l’aven­ture pren­dra fin. Au-de­là du tra­vail pro­duit qui per­met­tra à Zé­phyr So­lar de struc­tu­rer une dé­marche RSE, il res­te­ra l’en­ga­ge­ment mis au ser­vice de va­leurs per­son­nelles. Et sans doute beau­coup de fier­té. « Une vraie fier­té de par­ti­ci­per à ce pro­jet, in­no­vant », as­sure Flo­rence Gillet-Goi­nard. Mais aus­si plein d’« éthique, d’in­té­gri­té, et de par­tage », des mots qui comptent pour Clau­dia, confor­tée par Hé­lène pour qui « on n’échappe pas à ses va­leurs. On peut les mettre sous un cou­vercle, mais pour être heu­reux, il faut être en adé­qua­tion avec ses va­leurs pro­fondes ».

Ja­sha Oos­ter­baan re­tien­dra « la mise en oeuvre d’une dé­marche plus large que le seul par­tage des com­pé­tences et du temps, au pro­fit d’une struc­ture en­ga­gée avec des va­leurs fortes et im­por­tantes, une aven­ture dont nous sommes fières ! ». Quant à Quynh, à l’ori­gine de cette col­la­bo­ra­tion, elle note que « dans cette aven­ture hu­maine, c’est la confiance et l’en­ga­ge­ment qui rap­prochent ».

Ce à quoi ré­pond Zé­phyr So­lar, par la voix de Ju­lie : « Nous sommes heu­reux de tra­vailler avec elles et nous les re­mer­cions. Nous es­pé­rons al­ler le plus loin pos­sible en­semble ! »

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