LE VIN NOIR DU TSAR PIERRE LE GRAND

Historia - - Voyage -

Avant même d’avoir trem­pé ses lèvres dans un verre de cham­pagne, dont la cour de Saint-pé­ters­bourg fit par la suite grand usage, le tsar Pierre le Grand (ci-des­sus, ta­bleau de Klaw­dy Was­si­lie­vitch Le­be­dieff [1852-1916]) , ré­pu­té pour sa dé­me­sure, étan­chait sa soif im­mense avec du vin de Ca­hors. Il le dé­couvre grâce aux mar­chands hol­lan­dais, prin­ci­paux né­go­ciants de cette ré­gion pro­digue qui s’étend de la Loire aux rives du Lot et de la Ga­ronne. Les ta­nins ve­lou­tés du ca­hors cal­maient sa di­ges­tion, ren­due dif­fi­cile par ses nom­breux abus. Sous son ins­ti­ga­tion, les popes russes en firent même leur vin de messe sous sa dé­cli­nai­son cuite et épi­cée de ro­gomme (vieille re­cette du Quer­cy qui consiste à chauf­fer le moût à feu doux puis à le mu­ter à l’eau-de-vie comme un por­to). Bien avant le tsar de Rus­sie, c’est le ma­riage d’alié­nor d’aqui­taine avec Hen­ri Plan­ta­ge­nêt, bien­tôt roi d’an­gle­terre, qui fut dès 1152 à l’ori­gine d’une for­mi­dable ex­pan­sion pour les vins du Quer­cy. Ils se­ront ex­por­tés sur la place de Londres sous le nom de « vins noirs de Ca­hors », dont on a re­trou­vé une pre­mière co­ta­tion da­tée de 1225. Trans­por­té par barges et ga­barres sur les ri­vières du Lot puis de la Ga­ronne, le vin noir de­vient un concur­rent des vins plus lé­gers de Bor­deaux, ap­pe­lés clai­rets. On l’uti­li­se­ra même pour for­ti­fier ceux-ci et en fon­cer la cou­leur.

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