Édi­to

Mer­ci Pa­pa Noël !

Infrarouge - - Édito - Ma­rie-Laure Com­belles

Mieux vaut vous pré­ve­nir avant que vos bam­bins ne vous l’ap­prennent au re­tour de l’école : Noël n’a plus lieu le 25 dé­cembre ! Et si Noël n’est plus le 25 dé­cembre, le ré­veillon du 24 prend lui aus­si une sa­crée claque. Ex­pli­ca­tions. Jus­qu’ici, on se dé­brouillait avec une or­ga­ni­sa­tion fa­mi­liale du genre « clas­sique » pour les plus chan­ceux : le 24 chez les beaux-pa­rents, le 25 chez les pa­rents, en al­ter­nance une an­née sur deux. Un vrai casse-tête pour peu qu’il y ait de la route à par­cou­rir entre les deux, mais on s’en sor­tait tou­jours, ou presque. Oui, mais ça, c’était avant ! Avant nos 40 ans, d’abord. Eh oui, parce que, à pré­sent qu’on est grands, pas loin d’être épa­nouis, presque ac­com­plis, on n’a plus en­vie de se lais­ser im­po­ser les règles, Noël com­pris. C’est bien jo­li ces 24 et 25 dé­cembre, mais ça tombe quand même en plein mi­lieu des va­cances sco­laires ! Pas très pra­tique quand même. Alors, pen­dant des an­nées, on a ac­cep­té le ca­len­drier. Main­te­nant, c’est nous qui le fai­sons. Cette an­née, on se barre à Zan­zi­bar avec les co­pains et la mar­maille : dé­co­ra­tion du sa­pin le 1er, dinde et dis­tri­bu­tion des ca­deaux le 16 ou le 23. Les billets sont pris, l’hô­tel est « boo­ké ». Pa­pa Noël est pré­ve­nu, la fa­mille aus­si. C’est ré­glé !

Et puis, c’était aus­si avant le rou­leau com­pres­seur des sta­tis­tiques. Avant qu’on soit sé­pa­rés, di­vor­cés, écla­tés ou re­com­po­sés. Avant la se­maine paire chez pa­pa, im­paire chez ma­man. Avant de de­voir se réunir avec les en­fants, les beaux-en­fants (eux-mêmes pa­rents), avec les nou­veaux membres élar­gis de la tri­bu king size mais sans l’ex-femme et les ex-beaux-pa­rents (qui étaient plu­tôt sym­pas fi­na­le­ment). C’est de­ve­nu tel­le­ment com­plexe que, non seule­ment on a une chance sur deux d’être seul le jour J, mais en­core les en­fants se re­trouvent à fê­ter plu­sieurs Noël de suite, à man­ger plu­sieurs dindes et à ou­vrir, pour leur plus grande joie (s’il faut une com­pen­sa­tion à la si­tua­tion), des jouets par cen­taines.

Les pa­rents sur­vi­vants du mo­dèle tra­di­tion­nel n’ont plus qu’à bien se te­nir au mi­lieu de ce Noël 2.0, pour ne pas dire free style, parce qu’en plus de de­voir chaque an­née re­dou­bler d’in­gé­nio­si­té pour plan­quer les ca­deaux jus­qu’au 24, ils doivent dé­sor­mais faire preuve de créa­ti­vi­té pour ex­pli­quer pour­quoi deux co­pains sur trois dans la classe ont ou­vert leurs pa­quets deux se­maines avant !

La bonne nou­velle dans tout ça, c’est qu’en étant par­fois contraints de tout ré­in­ven­ter, il souffle sur nos sains es­prits comme un vent de li­ber­té. Un très jo­li ca­deau, en somme. Mer­ci Pa­pa Noël !

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.