LA VOI­TURE EN PAR­TAGE PREND DE LA VI­TESSE

Parce qu’une voi­ture coûte cher à l’achat et à l’en­tre­tien, même lors­qu’elle ne roule pas, la lo­ca­tion entre par­ti­cu­liers per­met de faire coup double. en re­met­tant ses clés de contact, le pro­prié­taire ré­duit ses frais tan­dis que le locataire dis­pose d’un

Intérêts Privés - - SOMMAIRE -

ouiCar, Dri­vy, Koo­li­car, De­ways, Tra­vel­car… les sites de lo­ca­tion de vé­hi­cules entre par­ti­cu­liers fleu­rissent, signe que la demande ne cesse de croître, no­tam­ment dans les grandes ag­glo­mé­ra­tions. « Ha­bi­tant à Pa­ris, je n’ai pas be­soin d’une voi­ture tous les jours ni les moyens de me payer un par­king » dé­clare Yann. « De­puis que j’ai dé­cou­vert la lo­ca­tion entre par­ti­cu­liers, je m’or­ga­nise des es­ca­pades plu­sieurs week-ends par an ». L’ar­ri­vée pro­chaine des va­cances d’été de­vrait am­pli­fier un peu plus en­core la tendance pour ce nou­veau mode de consom­ma­tion au­to­mo­bile.

Pour ce­lui qui met son vé­hi­cule en lo­ca­tion, c’est l’oc­ca­sion de ré­duire ses frais (en­tre­tien, as­su­rance, par­king, etc.) pour un vé­hi­cule dont il ne se sert pas quo­ti­dien­ne­ment en per­ce­vant des re­ve­nus com­plé­men­taires. Pour le locataire, c’est le moyen de se pas­ser de sup­por­ter le coût an­nuel d’un vé­hi­cule ou de le louer à un ta­rif in­fé­rieur à ce­lui pro­po­sé par les loueurs pro­fes­sion­nels. « C’est du gagnant-gagnant, en quelque sorte » ré­sume Ma­rion Ca­rette, fon­da­trice de OuiCar, un site qui re­ven­dique 30000 vé­hi­cules sur l’en­semble du ter­ri­toire.

➜ FORMALITÉS SIMPLES

Que vous soyez loueur (pro­prié­taire) ou locataire, les formalités d’ins­crip­tion sur les sites de lo­ca­tion sont très simples et s’ef­fec­tuent di­rec­te­ment en ligne. « En tant que loueur, vous pré­sen­tez votre voi­ture (mo­dèle, pho­to, ki­lo­mé­trage, etc.), vous in­di­quez les dates de dis­po­ni­bi­li­tés, le prix jour­na­lier de lo­ca­tion et vous ré­pon­dez aux de­mandes » ex­plique Ca­mille Hen­ry, di­rec­trice de la com­mu­ni­ca­tion de Dri­vy, site qui re­groupe 32000 vé­hi­cules. Si vous êtes locataire, vous sé­lec­tion­nez le vé­hi­cule qui vous convient (taille, date de dis­po­ni­bi­li­té, prix), vous dé­po­sez une demande et vous at­ten­dez la ré­ponse. Une pro­cé­dure on ne peut plus simple et qui n’en­gage à rien car il est pos­sible de se dés­ins­crire à tout mo­ment, que l’on soit pro­prié­taire ou locataire.

La du­rée des lo­ca­tions est va­riable d’une en­seigne à l’autre. Chez Koo­li­car, qui fé­dère 40000 vé­hi­cules, « la moi­tié des lo­ca­tions durent moins de 24 heures et un tiers porte sur une de­mi-jour­née » dé­clare Fré­dé­rique Lo­rentz, di­rec­trice de la com­mu­ni­ca­tion. « La du­rée moyenne de lo­ca­tion est

de 4 jours chez Dri­vy avec une li­mite fixée à un mois » pré­cise Ca­mille Hen­ry. Pour Ouicar, c’est plu­tôt 3 jours en moyenne.

Il existe des res­tric­tions propres à chaque site. Chez Koo­li­car, les lo­ca­taires doivent jus­ti­fier d’au moins 5 ans de per­mis de conduire, en ayant 9 points et plus et n’avoir pas cau­sé d’ac­ci­dent au cours des 36 der­niers mois. Chez Dri­vy, il faut jus­ti­fier de 2 ans de per­mis « et jus­qu’à 4 ans pour louer cer­tains mo­dèles puis­sants ». Chez Ouicar, le locataire doit dis­po­ser d’un per­mis de conduire de­puis au moins 2 ans.

Les pro­prié­taires sont éga­le­ment sou­mis à quelques res­tric­tions. Chez Koo­li­car, le vé­hi­cule doit être âgé de moins de 10 ans, d’une puis­sance ad­mi­nis­tra­tive maxi­male de 11 CV, d’un ki­lo­mé­trage in­fé­rieur à 120000 km et d’une va­leur jus­qu’à 50 000 €. « Nous ac­cep­tons tous les vé­hi­cules, quel que soit leur âge, dès lors qu’ils sont bien en­tre­te­nus et que leur va­leur n’ex­cède pas 50000 € (pour des ques­tions d’as­su­rance) » pré­cise, pour sa part, Ma­rion Ca­rette, pour Ouicar.

➜ Ta­rifs aTT­racTifs pour les lo­ca­Taires…

Le suc­cès gran­dis­sant de la lo­ca­tion entre par­ti­cu­liers s’ex­plique avant tout par l’at­trac­ti­vi­té des prix, li­bre­ment fixés par les pro­prié­taires… sauf chez Koo­li­car. « C’est un par­ti pris » ex­plique Fré­dé­rique Lo­rentz. « Nos ta­rifs, fixés en ac­cord avec les pro­prié­taires, sont iden­tiques par­tout en France pour chaque ca­té­go­rie de vé­hi­cule ». Le pro­prié­taire qui s’ins­crit chez Ouicar se voit pro­po­ser un ta­rif qui tient compte, se­lon le vé­hi­cule pro­po­sé, des sta­tis­tiques du site. « Mais il reste libre de fixer son prix » pré­cise Ma­rion Ca­rette. Quoi qu’il en soit, à mo­dèle équi­valent, les ta­rifs de lo­ca­tion entre par­ti­cu­liers sont in­fé­rieurs de 20 à 40 % à ceux pra­ti­qués par les grandes en­seignes du sec­teur. De quoi ré­pondre au be­soin de la ma­jo­ri­té des lo­ca­taires qui s’at­tachent d’abord à l’as­pect pra­tique du vé­hi­cule plu­tôt qu’à conduire un mo­dèle pré­cis de voi­ture.

La pé­riode es­ti­vale qui ap­proche va ac­cen­tuer un peu en­core l’écart de prix moyen entre les loueurs pro­fes­sion­nels, qui gonflent leurs ta­rifs du­rant les va­cances d’été alors que les par­ti­cu­liers, dans leur im­mense ma­jo­ri­té, laissent à l’iden­tique leurs pro­po­si­tions ta­ri­faires.

La proxi­mi­té consti­tue un autre avan­tage pour les lo­ca­taires. Con­trai­re­ment aux loueurs pro­fes­sion­nels, pour les­quels il faut se dé­pla­cer dans une agence, les sites de mise en re­la­tion per­mettent de trou­ver une offre de lo­ca­tion proche de chez soi dès lors qu’on ne cherche pas un mo­dèle très pré­cis. D’ailleurs, la mo­ti­va­tion pre­mière des lo­ca­taires est avant tout pra­tique et porte sur un type de vé­hi­cule - ci­ta­dine, grande ber­line ou vé­hi­cule uti­li­taire - plu­tôt qu’une marque. Se­lon Fré­dé­rique Lo­rentz,« les mo­no­spaces à sept places et les vé­hi­cules uti­li­taires sont très de­man­dés ». Les dé­mé­na­ge­ments entre amis et les achats de meubles en pé­ri­phé­rie des villes ex­pliquent le suc­cès des lo­ca­tions d’uti­li­taires.

➜ … eT maigres gains pour les loueurs

Du point de vue fi­nan­cier, louer sa voi-

ture ne per­met pas d’es­pé­rer ga­gner le jack­pot, con­trai­re­ment à ce que font mi­roi­ter la plu­part des sites de lo­ca­tion. Les si­mu­la­tions qu’ils an­noncent sur les ren­trées d’ar­gent po­ten­tielles du loueur - de l’ordre de 300 € par mois - sont as­sez trom­peuses compte te­nu des sommes réel­le­ment en­cais­sées gé­né­ra­le­ment bien moins éle­vées, voire nulles. « C’est le par­tage des frais qui im­porte plus que l’es­pé­rance d’un re­ve­nu com­plé­men­taire » tem­père-t-on ches Koo­li­car. « Chez nous, la lo­ca­tion jour­na­lière moyenne s’élève à 29 € et le gain an­nuel peut at­teindre 600 € mais c’est un ordre de gran­deur car tout dé­pend du lieu de la lo­ca­tion » dé­clare Ca­mille Hen­ry (Dri­vy). Des es­ti­ma­tions très op­ti­mistes si on en juge par une étude pu­bliée sur le blog du par­tage et de la consom­ma­tion col­la­bo­ra­tive Sha­rin­blog, ba­sée sur les trois prin­ci­paux sites fran­çais de lo­ca­tion (voir en­ca­dré ci contre). Par ailleurs, si l’ins­crip­tion sur tous les sites est to­ta­le­ment gra­tuite, ceux-ci pré­lèvent une com­mis­sion de l’ordre de 30 % du mon­tant to­tal de la lo­ca­tion. « Ce prélèvement couvre nos frais de fonc­tion­ne­ment et le coût de l’as­su­rance » jus­ti­fie Ca­mille Hen­ry, de Dri­vy.

➜ As­su­rAnce tous risques in­cluse

En ef­fet, l’avan­tage de pas­ser par un site de lo­ca­tion entre par­ti­cu­liers concerne aus­si l’as­su­rance. À par­tir du mo­ment où le vé­hi­cule est loué, c’est l’as­su­rance sous­crite par le site qui se sub­sti­tue à celle du pro­prié­taire du vé­hi­cule. « Tous les vé­hi­cules loués sont au­to­ma­ti­que­ment cou­verts par une ga­ran­tie tous risques » ex­pliquent les re­pré­sen­tants des sites in­ter­viewés. « En cas d’ac­ci­dent res­pon­sable, le loueur comme le locataire ne sup­portent au­cun ma­lus puisque c’est notre as­su­rance qui joue ». Un ar­gu­ment de poids pour le pro­prié­taire qui peut, à l’oc­ca­sion, re­né­go­cier à la baisse son propre con­trat d’as­su­rance s’il loue fré­quem­ment son vé­hi­cule.

L’ab­sence de ma­lus en cas d’ac­ci­dent res­pon­sable concerne éga­le­ment le locataire. Un avan­tage qui ne per­met pas, tou­te­fois, de faire n’im­porte quoi. « Les lo­ca­taires qui ne jouent pas le jeu sont radiés en cas de pro­blèmes à ré­pé­ti­tion » aver­tit Fré­dé­rique Lo­rentz. « Non seule­ment en cas d’ac­cro­chages mul­tiples mais aus­si si le vé­hi­cule n’est pas ren­du à l’heure pré­vue ou avec un ha­bi­tacle sale ». Un bé­mol qui s’ap­plique éga­le­ment à ceux qui passent par un loueur pro­fes­sion­nel. Les désac­ti­va­tions de compte sont tou­te­fois ra­ris­simes car les sites ont cha­cun mis en place un sys­tème d’éva­lua­tions ré­ci­proques du pro­prié­taire et du locataire. Un gage de bonne conduite.

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